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CRY

DICTIONNAIUL

[ircmiors durs de Bonrgogne avoicrit pour cry Chastillon au noble duc ; lus ducs «le Brabant, Lnurain au riche duc : le duc de Bretaj^ne, Sainl-Malo au riche duc; les codiles (hiiiphins d'Auvergne, Clennont au dauphin d'Aurerfine.

H V en avoil qui cstoierit lirez de rjuelques éjiitlïetes d'honneur attribuez aux lamilles.

Ainsi les seif^neurs de Cnucy en Picardie, crioienl Coucij à la merveille, ou, selon d'autres, Place à la bannière.

Les seigneurs de \'ilnin, issus de chasteliains de Gand (1), Gand à Vilain sans reproche.

On en remarque d'autres tirez et extraits du blason des armes de la famille : tel estoit le cry des comtes de Flandres, Flandres au Lyon : et coluy de la maison de AVnudripont en Hainault, cul à cul ]\'aHdrip(>nl, {)arce qu'elle porte en armi'S deux, lyoïis adossez.

Quelipies princes parvenus à des royaumes, ou (irincipautez souveraines, pour marquer l'oiii^i ne de leur ancienne extraction, en ont conscivé la mémoire par le nom de leur famille, dont ils esloient issus, qu'ils ont pris pour cry d'armes. C'est pour cela que les roys de Navarre, si nous croyons André Favvn (2), avoicnt pour cry de guerre, liegorre, Veijorre, comme issus et prenans leurextraclion des anciens comtes de Bigorre.

Mais |)our le plus souvent le cry d'armes estoit le nom de la maison; d'où vient que nous lisons firesque h toutes rencontres dans les Provinciaux, ou Recueils de blasons, il porte de etc., et crie son nom, c'est-à-dire (juc le cry d'armes est semblable au nom de la famille.

(.'}) De l'usage du cry d'armes. Tous les genliisliommes et tous les nobles n'avoient pas le droit du cry d'armes : c'estoit un jirivilege qui n'a|i|iarlenoit qu'à ceux qui esloient cliels et condiicUîurs de tioufies, et qui avoiiiit bannière dans l'armée. C'est nom (juoy ceuxlà ont raison {'*}, qui entre les prérogatives du chevalier bannerel, y mettent celle d'avoir cry d'armes : d'autant «pie le cry servoit jiroprement à animer ceux (|ui estoiiMit sous la conduite d'un chef, et à les rallier dans le besoin. Desorti; iju'il arrivoit que dans une armée il y avoit agitant de cris, comme il y avoit lie bannières, chaque cry estant pour 11.' |iarlienliir de cli.lipje comiia^nie, tr-onjie, ou brigade, on, pour |>arler en termes du temps, de cliAque roule.

Mais, outre ces cris parliculiers, il y en avoit un cpii estoit général pour toute l'armée, dilferent du mot du guet, lequel cry estoit onlinairi.'ment le cry delà maison du gén(''ral de l'aimée, et dec'eluy ipii comiii.uidoiliinx troupes, si ce n'est que le roy y t'ii-l en per.>onne : car alors le ciy géiiéi-al estoit celiiy <lu roi. Ce que nous aiiprenoiis d.i t'ioissard, écrivant de la bataille de Cocherel (5).

(Ij lllsl. (le la iiiaibUii ilo G:\nil.

(ô) pu ('.iiii).'ï, ilissorl. 12.

(ij A. Favyii jii Tliôalii' trilnmi. I. i, p. 21.

(b) Froiss., vol. I, c. I(J2 , vol. U, r. Ml.

1!i;i;aliihjlk, CUY 24C

Onelipiefois il y avoit deux cris généraux dans une nu'me armée ; mais c'estoit lorsqu'elle estoit composée de deux dit!(Tentes nations, .\insi (1) un la bataille qui lut donnée entre le bAlard Henry de Castille ut le roy doiii Pieire, on cria de la paît des Fsjjagnols, Caslille au roy Henry, et de l.i (lart des F'rançois (jui estoiunt au secours, et dans l'armée du même Henry, sous la conduite de Bertrand du Guesclin, on cria Nostre Dame Guesclin.

Souvent toutefois dans les batailles on crioit le cry du prince, quoicpi'il n'y fust pas présent. La chronique de Flandres {2} racontant un condjat qui fut donné en Cascogne, entre le comte d'Ai'tois, général du roy Philippe le Bel, et les Gascons ut les Anglois, le comte de Foix qui estoit joint aux troupes de France, «s'avança et cria Montjoie ;i haute voix, ut assembla à ses ennemis. >- En la bataille de Furnes, l'an 1297, le même comte d'Artois y cria encore Montjoie. U est vrai que le cry des comtes d'Artois estoit aussi Montjoie, comme il sera dit cy ajirùs; ci'. (|ui |)Ourroil faire douter que l'on ait aloi's crié son cry, plutôt (}ue celuy liu roy. Quoy qu'il en soit, on peut justiliur par quelques passages do .Monstrelet, ut autres, que l'on a souvent crié le cry du roy dti France en son absence; mais quant au cry du liaiineret, il nu se crioit point en son absence, quoy (|ue ses troupes fussent en l'armée, comme nous aii|ireiionsde F'roissart (3).

Le cry général se prononçoit unanimement par tims les soldats en même temps, et avant que de venir aux mains avec lus ennemis, ou [iliitôt dans l'instant de la niéi( e, et lors qu'on s'approchoit de près. (>«; qui se faisoit, tant pour implorer l'assistance du Dieu des armées par des cris et des tei'inus d'invocation, i|ue pour s'aijiinur les uns h;s aiilres à C(mibattre vaillamment et à ilél'endre riionueur et la ié|iulaiion du g('néral. Ces cris se [loussoient avec vigueur et avec allégresse, qui manpioiuiit tout éloignement de irayeiir ut de crainte : aux assauts des villes, et loi'sipi'oii monloit à l'esealade, on ci-ioil ordinairement le cry gémn-al. Ainsi à la prise de la ville de I-uxembouig jiar les Bourguignons , les soldats y crièrent Hour(/onijne.

Le eiy général, aussi bien que le particulier, servoit encore aux soldais pour se reconnoître dans la mêlée. L'on se sert auiour<riiui du terme, qui vire. Mais comnio le crv estoit connu ugalument des deux partis, il arrivoit souvent (pie les ennemis s'en pri'valoiuiil, ut I rsqn'ils ustoiuiit en péril de leurs persiiiiiies, ils crioienl le cry dt; leur (nineiny, et à sa faveur ils s'évadoient.

Quant au'cry parliculiur, il usioit ordinairuiiiunl |)roii(UiC('' par les cliels, pour animer dans la mêh'e lus troupes (pii otoient sous leur condnile : et le plus souvent [lar le chef même, ou celui qui portoit sa bannière,

(Il Finissart, vol. I, <•. 21.'!.

(2)(;inniiiii. .le Flaiid., c. M,"!!.

(5) Froibsarl, \ol. Il, c. »!l', \l'-

f.RY

nCTIONJiAlUE HERALDIQUE.

CYG

qui inarchoit devant luy, afin de les porter jiar les cris d'allégresse à le défendre courageusement. Que s'il arrivoit qu'un chevalier commandât à jjlusieurs bannières, ou compagnies, comme le plus ancien, ou le plus qualifié, et (ju'il lust envoyé pour attaquer, ou défendre une place, ou contre des troupes ennemies, alors le cry <le ce banneret estoit général (lour tous ceux qui estoientsous sa conduite. Froissart en fournit quelques exemples (1).

Comme le principal usage des cris de guerre estoit de les pousser avec vigueur, et quelque sorte d'allégresse, dans les attaques, et dans les occasions où la bonne fortune sembloit favoriser pour animer davantage les soldats contre leurs ennemis: ainsi lorsqu'un chef estoit en péril , pour estre vivement atlaipié, ou environné de tous cAtez, et hors de pouvoir de se tirer sans l'assistance des siens : luj'-méme ou ceux qui estoient près de luy, crioient son cry, afin d'attirer du secours de toutes parts pour le venir dégager.

Philippes Auguste, selon la Chronique de Flandres, en la bataille de Bovines, ayant eu son cheval abatu ou tué sous luy, « cria Montjoie h haute voix et fust aussi-tost remonté sur un autre destrier. » La même Chronique |2) parlant du siège de Damiette entrepris par saint Louys, « Quand les chrestiens virent le roy s'abandonner, tous saillirent hors des nefs, prirent terre, et crièrent tous à haute voix Montjoie saint Denijs. » En la bataille de Mons en Puellel'an ia04 le roy Philippes le Bel voyant « que les Flamens avoient jà tué deux bourgeois de Paris, qui à son treiu estoient, et messire Gilbert d? Chevreuse qui gisoit mort devant luy, l'oriflame entre ses bras, s'escria le noble roy, Montjoie saint Denys, et se ferit en l'estour. » Tels cris estoient appeliez, cris à larecoussc, ainsi que Froissart nous enseigne en plusieurs endroits (3) : et comme par les cris on faisoit venir du secours, il en arrivoit quelquefois inconvénient, spécialement dans les querelles particulières , ou ceux qui se battoient crioient les cris de leurs seigneurs, afin d'attirer par ce moyen à eux ceux de leur party et de leur brigade.

Non seulement on crioit le cry général au commencement de la bataille, mais encore chaque soldat crioit le cry de son capitaine, el chaque cavalier celui de son banneret, c'est ce qui se voit dans un récit que fait Froissart (4) du combat qui se livra au Pont à Comines l'an 1382 entre une petite troupe lie cavaliers françois, sous la conduite du maréchal de Sancene , et un grand nom- D e de Flamens.

On crioit encore le cry des chevaliers dans les occasions des tournois, lorsque les

(1) Froissant, vol. I, c. 208, 209.

(2) Clir. (le Fland., c. 13, 23, 44.

(5) Froiss., vol. I, eh. 151, 222; vol. Il, c. 162vol. III, c. 13. <^- "',

(i) Froiss., vol II, c. 116, 117.

chevaliers tournoyans estoient prêts d'entrer en lice et au combat. Il estoit aussi d'usage de crier le cry du seigneur prédominant, lorsqu'on arboroit la bannière au château de son vassal, quand il luy faisoit hommage.

Comme il ii'estoit pas loisible aux puînez de (ircndre les armes de la maison qu'avec brisure, de même ils ne pouvoient pas en prendre le cry qu'avec différence ; d'autant (jue parla règle générale receùe universellement, les plaines armes, le nom et le cry de la famille appartenoient à l'aîné, comme je l'ay justifié par quelques articles d« nos coutumes ; ce qui se pratiquoit ordinairement , en soustrayant , ou ajoutant quelques paroles aux mots qui composoieni le cry d'armes. Les exemples s'en peuvent observer en la maison royale de France , dont le cry estoit Montjoie saint Denis ; car les princes de cette famille ont voulu conserver les marques de cette illustre extraction, non seulement dans les armes qu'ils ont portées avec brisure, mais encore dans le cry de Montjoie qu'ils ont retenu, auquel mot ils en ont ajouté d'autres pour dilference de celui du roy de France, chef de la maison. Il en estoit de même de toutes les familles particulières , dont les puînez crioient le cry ou le nom de la maison, mais avec addition du nom de seigneuries ; car le cry .«limple, aussi bien que les armes, appartiennent à l'aîné.

Depuis que le roy Charles VU eut étably des com[)agnies d'ordonnance, et dispensé les gentils-hommes fievez d'aller à la guerre, et d'y conduire leurs vassaux, et jiar conséquent d'y porter leurs bannières, l'usage du cry d'armes s'est aboly.

CYCLAMOR. — Espèce de grand annelet plat, que quelques-uns nomment orle rond. Il n'en entre jamais plus d'un dans un écu ; lorsqu'il y en a davantage, on les nomme annclets.

Barburo — d'argent, au cyclamor de gueules. Originaire de Venise.

CYGNE. — Fréquent en armoiries.

Tour — d'azur, au cygne d'argent. Champagne.

Luy sets — d'azur, à un cygne d'argent membre et becqué de sable. Bresse.

Tholon — de sinople, au cygne d'argent, becqué et membre d'or. Guyenne et Gascogne.

Foissy — d'azur, au cygne d'argent becqué de gueules et membre de sable. Bourgogne.

Cygni — de gueules, au cygne d'argent bec({uê et membre de sable. Berry.

Ray — de gueules, à un cygne d'argent becqué et ongle de sable. Poitou.

Odon — d'azur, au cygne d'argent becqué et membre de sable.

Godon — d'azur, au cygne d'argent accollé d'une couronne d'or.

Vobon — de sinople , au cygne d'argent membre et becqué d'or. Comtal Venaissin.

Gau — d'or au cygne d'azur membre do gueules. Languedoc."

ItAll

DK.TION.NAIUK

(ioqnier — dazur, nu cygne d'argeat. Or-

l('<-.nais.

Hendelot — de gueules, au cygne d'argent. Ili' de France.

Le /?/anf( V. )— d'azur, au cygne d'argent. Berry.

liÔulogne-sttr-Mer (V. ) — de gueules, au rvgne d'argent, becqué et membre de sable.

Iluguet de Si'mornille— écarlc\6, aux 1 ot 4 d'azur, au cygne d'argent; aux 2 et 3 d'or, au fhriie arraché de sinople glanté d'or. Boauce.

Quiril — de sinople, au cygne d'argent, nagrant sur une rivière de môme. Poitou.

Percin ou Persin — d'azur, au cygne d'argent, sur une rivière du même, accompagné en clief de trois molettes d'é[ieron d'or. Guyenne et (îa.scogne.

Garces — d'azur, au cygne nageant sur des ondes d'argent, surmonté de trois étoiles d'or en cliel'.

Goyue — d'azur, au cygne d'argent au chef cousu de gueules, chargé de trois croix d'or. Champagne.

Failli — d'azur, au cygne d'argent au chef d"or chargé de trois roses de gueules. Normandie.

Diiroie — d'azur, au cygne d'argent, hi-cqué et membre de gueules, au chef d'or, chargé de trois merlettes de sable. Normandie.

Bachelier — d'aznr, au cygne d'argent, au chef d'or, chargé de trois coquilles de gueules. Normandie.

Rivière, d'azur, au cygne d'argent, à une épée de même passée en bande au-dessous du col, et en chef un croissant d'argent, entre deux étoiles d'or. Languedoc.

Hérault — d'azur, au cygne d'argent membre et becqué de sable, élevé sur une terrasse d(; sinople, surmonté d'une étoile du second émail en chef. Berry.

D'Albis — d'azur, au cygne d'argent, accompagné en chef d'un croissant accosté de di.'iii étoiles, le tout du môme. Houergue.

SainC-Mor — d'argent, à deux cygnes do

llKUAl.DiyLE. DAU 250

sah'e, l'un sur l'autre, becqués et pattes d'or.

Chalifjnault-de-Crosne — d'azur à trois cygnes d'argent.

Darut — de sable, h deux cygnes affrontés, accoh'S de leurs cols, entrelacés d'argent, tenant chacun au bec un anneau d'or, leurs tôtes cotilournées. Poitou.

Veryiie — d'azur, à trois cygnes d'argent. Liniosin.

Itavault — d'azur, à trois cygnes d'argent. Champagne.

Plessis — de sable, à un cygne d'argent, becqué et membié de sable." Bretagne.

Du Masle— de gueules, il trois cy^^nes d'argent, becqués et membres d'or. Bretagne.

Btanchet — de sable à trois cygnes d'argent.

Senot — de sable, à trois cygnes d'argent, Normandie.

Longuet — écartelé, aux 1 et i de gueules, à trois cygnes d'argent; aux 2 et 3 d'argent, à trois roses de gueules. Guyenne et Gascogne.

Morant — (l'azur, h trois cygnes d'argent, bec(jués et membres de gueules. Normandie.

CYPRÈS. — Arbre vert, qui s'élève droit et en |iointe. Son émail {)articulier est le sinople; il y en a cependant de dilférents émaux.

Du Bois de Kerlosquet — d'argent, au cyprès de simiple. Bretagne.

Blou des Précis — d'argent, au cyprès de sinople. Languedoc.

Bambaud de Beaurepaire — de sable, au cyprès au naturel, sommé d'unecolombe d'argeit. Dauphiné.

iaCorif — d'argent, au cyprès de sinople; au chef d'azur, chargé de deux croissants d'or. Guyenne et Gascogne.

Boisgaulier — d'or, à trois cyprès de sinople en bande. Orléanais.

De la Mulhe de Campels — d'argent, à trois cyprès rangés et terrassés de sino|)le, chacun sur une motte du môme. Guyenne et Gascogne.

DARD. — Anne offensive, qui, comme le javelot, se lance à la main. Il parait en pal dans l'écu.

Futé cl empenné, se dit du dard, lorsque son manche et les ()lumes qui sont au bout, sont d'émail dilférent.

Baudard de Yaudcsir — d'azur, au dard d'iir. Ile de Frarce.

Petlrgars de Malorlie—û'aznv, au chevron d'or, accouq)agiié de trois dards d'argent, la pointe en bas. Normandie.

DAFPHIN. — Sorte de poisson, dont la position onlinaire est d'iMre courbé l'ii dend-cercle et de profil, son museau et lebout de sa ipicuc lounu''s \Qis la dextre de l'écu.

On dit du Dauphin allumé de son œil, Inrré de ses nageoires, peautré ûc sa queue, lorsfiue ces choses sont d'un émail dilférenl. On dit encore pâmé du l)au|)hin (|ui a la gueule ouverte, sans dents, (jui send)le expirer; el couché do celui dont la tète et la (pieiu' leiiiji'nt vers le lias de l'écu.

Dauphin (/c /•'rrincc — écartelé de France et de Dauphiné.

Dauphins de Dauphiné — d'or, au dauphin d'azur crôlé, oreille et barbé de gueules.

James — de gueules, J\ un dauphin d'or pAmé el couché. Hourbnnnais.

Le Duc du lluisson-d. inge -- de gueules, nu dauphin d'ar^enl. Ndnuandie.

Gassendi — d'a/ur, au duuphiii d'argent,

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