‹ Dictionnaire héraldique contenant: l'explication et la description des termes et figures usités dans le blason, des notices sur les ordres de chevalerie, les marques des charges et dignités, les ornements et l'origine des armoiries, les rois d'armes et les tournois, etc. Avec un grand nombre de planches et d'exemples tirés des armoiries des familles, villes et provinces de France. Suivi de l'Abrégé chronologique d'édits, déclarations, règlements, arrêts et lettres patentes des rois de France de la troisième race, concernant le fait de la noblesse;Chapitre 109 sur 162 · VV. M duicsb. t. m. Hlsl. Angl. p · texte numérisé non relu

VV. M duicsb. t. m. Hlsl. Angl. p

4) Haïti. Par. p. 194. r

5) lo. Beka, W. Heda, lo. à Leyilis 1. xxn, e. 19. 0U;o*f. Moh. À.

p. in*.

(7) Mail, . Pari< 583.

(X) MmU. \\. >j f. m.

il) Chr. Aust. A. |m

Ch. 31. Malli. Wesm». A. 129."».

(13) Ton,. H. flon.sl? W ». ttu, 222.

Peirarch. Episl. FamiL.73.

M. Cbr. Belg. A 1240.

(16) .Te». V. Uisl. f r. p. 759.

a fait dire à Cwsarius (1) qu'il ne faisoit pas de difficulté d'avancer que ceux qui estoient tuez dans les tournois estoient damnez : De his qui in torneamentis aidant , nulla qnœstio est quin codant ad inferas% si non [aeriut adjuti beneficio contrit tonis. Il parle ensuite d'une vision qu'un prestre espagnol eut de

Quelques chevaliers qui avoient esté tuet ans les tournois, qui demandoient d'estre secourus par les prières des fidèles. A quoy l'on peut rapporter une autre vision, dont Mathieu Paris (2) parle en l'an 1227, écrivant que Koger de Toëny raillant ehevalior s'apparut à Raoul son frère, et lui tint ce discours : Jam et panas ridi tmforum, et gaudia beatorum : née non supplicia magna, quibus miser deputatus #m», oeutis meis conspexi. Vm, us mihi, quart unquam tornenmenta exerçai, et en tanto studio éilexi. La grande Chronique Belgique (3) raconte qu'en l'an 1240 il se fît un tournoy à Nuis près de Cologne ajwès la Penlecoste, où soixante tant chevaliers qu'ecuyers ayaut perdu la vie, pour avoir esté pour la pin" part sutToqurz de la poussiero, on entendit après leur mort lus cru des démons, qui y parurent en guise de corbeaux et de vautours, audessus du leurs corps. C'est donc des termes de ces conciles que les tournois sont appeliez par S. Bernard (4), l'aulheur de sa vie (5), Cœsarius (0>, et Lamburt d'Ardres, (7), i»»ndinm sxecrubiUs et maledictat.

Innocent iY n'apporta pasmoinsde rigueur pour abolir les tournois, que ses prédécesseurs (8). Mais ne pouvant en empêcher entièrement l'usage, il les défendit pour trois ans au concile tenu à Lyon (9) l'an 1245, prenant pour prétexte qu'ils empéchoient les geoUls-hotnnies d'aller aux guerres d'outremer. On prenoil encore oeluy de la dépense que les chevaliers faisoieat dans ces oceasions , que l'on tàchoit -l'arrêter, aussi bien que toutes les autres, comme superflues, et qui les mettoient dans l'impuissance de fournir à celles qu'il leur faloit foire pour les guerre* saintes, Lambert d'Ardres (10), Çum omnino tunç temparit propter Doaunici seputchri peregrinatiunem in loto orbe interdicta faisssent ias-niasnenta. Et véritablement les gentils-hommes faisoient de prodigieuses dépenses dans ces rencontres, soit acause de la magnificence de leurs habits, et de leurs guites, et le prix de leurs chevaux, que parce qu'ils estoieut souvent, obligez d'entreprendre de longs voyages pour en uller chercher les occasions ; ce qui a fait tenir ces paroles au cardinal Jacques de Vi- Ury (11), au sujet des peuples qui souOroient

a) Ùiaw.UViU*. del Mira», b xu, eap, ttt, 17.

2) Mulli. Par. p, 237.

3) M. CUr. BtLA. 1240,

4) S. Bcrn. Kp. S3«.

5) Tbeoder. Altb. in vil* S. Bern. 1. 11, c. 11. 0) Cxt»r. 1. vu, c. ">'»; 1. xii, t. 17,

7) Lambert, AN. p. 13, 29.

8) Math. Par. p. 455.

9) Concil. Lug.

10) Lambert. Ard. p. 250.

11) Jac. de Vit. I. u, llisi. Occid. c 5.

infiniment par ces dépenses des seigneurs : Maxime cum eorum domini prodigaiitati vacantes et luxui pro tomeameniis et pomposa sœculi vanitate i rpensis tuperfluis et debitù astringebantur et mûris. Et le môme Lambert (1) parlant des prodigalitez d*Arnoul, le jeune seigneur d'Ardres, Licet extra patriam munificus et liberalis, et expensaticus diceretur , et circa militiam qwdquid militantium et torneamentantium conmetudo procebat et ratio, quasi prodigaiiter expenderet.

Le pape Nicolas IV témoigna le même zèle pour éteindre les tournois, particulièrement en France, où ils se faisoient plus fréquemment que dans les autres royaumes, excommuniant ceux qui contreriendroient à ces défenses (2). Et sur ce que le cardinal de Sainte-Cécile légat du saint-siége, qui les avoit fait publier, en accorda la surseance pour trois ans à la prière du roy, il l'en reprit aigrement par la lettre qu'il lui écrivit, qui est insérée dans les Annales ecclésiastiques.

Clément V interdit pareillement les tournois (3), principalement acause du dessein qu'il avait défaire entreprendre aux princes chrétiens la guerre contre les infidèles. Sa bulle est datée à Peraende Granfille, près de Malausane au diocèse de Bazas, le 14 de septembre, l'an 8 de son pontificat, de laquelle j'ay extrait ce qui sert à mon sujet : Cura enim in torneamentis et iustis in aliquibus partibus fieri solitis multa pericula immineant animarum et corporum , quorum destructiones plerumque contingunt, nemini vertitur in dubium sanae mentis, quin illi qui torneamenta faciunt, vel fieri procurant, . impedimentum procurant passagio faciendo, ad quos homines, equi.et peennia et expensœ fore necessaria dinoscuntur, quorum torneamentorum factura cum gravis pœnœ adlectione a nostris prœdecessoribus et interdicta.

Mais l'ardeur de la noblesse estoit si grande, pour les occasions qui s'offroient de donner des preuves de sa valeur dans les temps de paix, qu'il n'y avait point d'anatherae , ni de bulle des panes qui en pût arrêter le cours. Ce qui a lait dire à Guillaume de Neubourg (fc) : Licet solemnem illum tironum concursum tanta sub gravi censura vetuerit pontificum auctoritas, fervor tamen juvenum armorum vaniêsimam affectantiam gloriam, gaudens favore principum probatos habere tînmes volentium, eccletiastiect provisionie sprevit decretutn. Et Henry de Knyghton (5) en l'an 1191 : Fiebant interea ad tironum exercitium intermisea diu torneamenta , quasi bellorum prœludia, nonobstante papalt prohibitione.

Comme donc le péril qui se trouvoit dans

HERALDIQUE.

TOU

les combats des tournois estoit si grand (1), que cela a donné premièrement sujet aux papes de les interdire sous les peines d'excommunication, l'on jugea aussi h propos d'en dispenser au moins les souverains, et les princes de leur sang, acause de l'importance de leurs personnes. Du Tillet (2) raconte que le roy Philippes Auguste prit au mois de may l'an 1209, le serment de Louys de France son fils aîné, et de Philippes comte de Bologne son autre fils, qu'ils n'iroient en aucun tournoy sans son congé, sous prétexte d'y faire signaler leur valeur, et d'y remporter le prix : leur permettant toutefois que s'il s'en faisoit quelqu'un près d'eux, d'y aller, sans y porter les armes comme chevaliers, mais seulement avec l'halecret et l'armet. Pétrarque (3), écrivant à Hugues marquis de Ferrare , dit qu'il n'appartient qu'à de simples chevaliers de se trouver aux tournois, qui n'ont pas d'autres moyens, ni d'autres occasions pour donner des preuves de leur valeur et de leur adresse, et dont la mort est de petite conséquence. Mais que les princes pouvans faire éclater leur courage en mille autres rencontres, et d'ailleurs leur vie estant importante à leurs peuples, s'en doivent abstenir.

Nous lisons neantmoins que souvent, non seulement les princes de haute condition se sont truuvezà ces exercices militaires, etqu'ils y ont combattu comme simples chevaliers, mais mêmes les empereurs et les roys. Nicetas (k) écrit que 1 empereur Manuel Comnene avec les Grecs combattit au tournoy qui se fit à Antioche par le prince Raymond, et qu'il jetta par terre d'un seul coup de lance deux chevaliers françois, lesquels il renversa l'un sur l'autre. L'empereur Andronique Paléologue le jeune combattit en personne au tournoy qu'il fil à Didimotique, pour la naissance de Jean son fils (5). Edouard III roy d'Angleterre combattit en un tournoy dans la ville de Chalon, comme j'ay remarqué. Froissart (6) dit que Charles VI, aux noces de Guillaume de Hainaut avec Marguerite de Bourgogne, solennisées à Cambra v l'an 1385, joutta à un chevalier de Hainaut, qui s'appelait Nicole d'Espinoil. Le roy François I et Henry VIII roy d'Angleterre, à leur entrevuë qui se fit entre Artlros et Guines, l'an 1250, combattirent au tournoy qui s'y fit (7). Enfin le roy Henry II jousta à Paris contre le comte de Montgomery, et reçut une blessure en l'œil, dont il mourut.

Les princes séculiers interdirent aussi quelquefois les tournois, mais pour d'autres raisons que celles qu'eurent les papes. Guillaume de Nangis (8) écrit que saint Louys ayant receu du pape, en l'an 1260, les nou-

Jj Fauyn. Tom. 11, j). 1751.

Lambert. Ard. p. 167.

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