‹ Dictionnaire héraldique contenant: l'explication et la description des termes et figures usités dans le blason, des notices sur les ordres de chevalerie, les marques des charges et dignités, les ornements et l'origine des armoiries, les rois d'armes et les tournois, etc. Avec un grand nombre de planches et d'exemples tirés des armoiries des familles, villes et provinces de France. Suivi de l'Abrégé chronologique d'édits, déclarations, règlements, arrêts et lettres patentes des rois de France de la troisième race, concernant le fait de la noblesse;Chapitre 48 sur 162 · CR · texte numérisé non relu

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Il est bien vray qu'on dit que Clovis réclama en cette occasion le Dieu que Chlotilue sa femme adoroit, et protesta que s il remportoit ln victoire, que ce seroit fe sien : Raoul de Praesles semble couvenir que Clovis tut le premier de nos roys qui prit le cry d armes. Estienne Pssquior se persuade qu il est plus probable que le mol de Montjote a esté pris au lieu do ma joie, par Clovis, ou çeluy de ses successeurs qui le premier a choisi ce cry d'armes, par lequel il vouloit donner a. coonoître que saint Denys estoit sa ioie, son espoir, et sa consolation, et auquel il a voit toute conÛatM*; Orderic Vital est aussi de co sentiment. Mais sans faire tort à 1 opi'iiou do cas deux auteurs, j'estime qu'il y a bien plus de fondement de croire que nos roys su sont servis d'un tenue pur frauçois, que non |>as déguisé, comme l'on veut se persuader, et que par le cry de Montjote saint Denys, ils ont entendu la montagne ou la colline de Montmartre, où saint Denys soutint le martyre avec ees compagnons, sous Decius.

Doublet (1) remarque que la royale abonve de Saint-Denys a conservé pour devise de ses armes, ces mots, Montjoit saint Denis. La Chronique MS. de Frauoo do la Bibliothèque do M. do Mesraes donne pour cry au comto de St. Paul, à la bataille de Bovines, Montjoit à Chastillon, qui estoit c imposé de coluy du roy, et de celuy do sa famille.

Los ducs de Bretagne avoieut pour cry Maltm, ou, selon quelques Provinciaux, S. Mnlo au riche duc. Monstrelel, et Berry heraud d'armes, eu l'histoire de Charles Vil, disent que les Bretons, à la prise du Pont de l'Arène l'an 1W9, crièrent Saint ïves Bretagne. L'histoire remarque que Charles, duc de Bretagne, de la maison de ChAtillon, portoit une dévotion si particulière h te saint, qu'il voua d'aller nus pieds jusques à l'église de Triguier, où son corps répose, depuis le lieu de la Hochedarien, où il avoit esté pris en bataille. Froissai t écrit que Bertrand du Guesclin, connétable de France et gentiHiomœo breton, criait SaùU ïvt$ GuéseUn.

Tous les cris de guerre n'estoient pas toujours conçus en termes d'invocation:

car souvent ils estoieut tirer de quelques devises des ancêtres, qui avoient leur origine de quelque aventure notable, ou de quelques mots qui «narquoiont la dignité, ou rexceilenoo de la maison; ils estokmt même quelquefois tirez des armoiries; et la plus ordinairement la simple nom de la famille servoit de cry. Nous avons plusieurs exemples de la première sorte de ces cris énoncez eu formes de devises, tirées pour la plûpart do quelque action généreuse, ou de quelques discours de bravade tenus dans les occasions de la guerre. Ce sont ces cris

Sui sont appeliez par Guibert (2), abbé de ogent, arrogant varietat signorum, lorsqu'il

parle de nos François qui alloient en la guerre sainte : Remota ttulem arroganti variante signorum, humiliter in bellis fidrli terque conclamabunt, Deus id vult. Ce qui fait voir l'antiquité de ces cris d'armes, et qu'ils cstoienl en usage parmy nos François avant les guerres d'outremer : tel fut le cry des comtes de Champagne et de Sancerre, Passavant li Meillor, ou Passavant la Thibaut, qui leur fut si familier, qu'aucuns d'eux le portèrent en leur contreseel pour devise, commo l'on peut voir en un seau de Thibaut IV, surnommé le Posthume. Je réduis encore sous cette espèce do cris de guerre les suivans : le cry do la maison de Montoison en Dnuphiné, à la rerousse Montoison, que Philibert de Clermont , seigneur do Montoison, obtint du roy Charles V1U en la bataille de Fouruouu.

La maison de Chauvigny en Berry, suivant l'auteur du Kov d'armes, avoit pour cry, Chevaliers pleurent. Mais uu Provincial ms. dit que le seigneur de Chauvrgny crie Hierusalem ploinenient.

Le seigneur de la Chastre, à l'attrait des bons Chevaliers.

Le seigneur de Culant, au peigne d'or.

Salvaing Boissieu en Daupluné , à Soivaing le plus Gorpius.

Vaud.may, au bruit.

La maison de Savoyo, crioit quelquefois Savoye, quelquefois Saint Maurice, et souvent Bonnes nouvelles.

Le seigneur de Rosière en Barrois, Grand joie.

Le vicomte de Villenoir en Berry, d la belle.

Le seigneur do Chasteau-vilkiiD, Chatelvilain à l'arbre d'or.

Le seigneur d'Etemnc, Main droille.

Le seigneur de Ncufchâtel en Suisse, E$pinart à l'Escosse.

Le seigneur de Waurins en Flandres, Mains que le pas.

Le seigneur de Kercournadeck en Bretagne, bn Diex est.

Ceux de Bar, nu feu, au feu.

Ceux de Prie, Cans d'oiseaux.

Ceux de Buves en Artois, Butes tosl assis.

La maison de Molac, Grtc à Molac, qui signifie, silence.

Messire Simon Morhior, grand maistre d'hostel de la revne de France, (ce sont les termes d'un Provincial), prevost de Pans sous Charles VI, et grand partisan des Auglois, crioit Morhier de l'extrait des Preux.

Les chevaliers du Saitit-Ksprit au droit désir, autrement de l'J?nncM,ou del iïodo, instituez par Louys de Tarente, roy de Sicile, le jour de la Pentecoste, l'an 1352, après avoir crié le cry de leurs familles, crioiont le cry de l'ordre qui estoit au droit désir.

Les anciens seigneur* de Preaux en Normandie \\) avoient pour cry, César Auguste.

Il y avoit de ces cris de guerre qui marquoient la dignité annexée à la famille, dont 1 le prince ou seigneur estoit issu. Ainsi les

i) Doublet, aux Antiq. de S.

(4) Guibert, L u, 6, I.

(t) Traité ms. de»;

die éteintes.

i dos familles de

245 CRÏ DICTIONNAIRE

premiers ducs do Bourgogne avoient pour cry ChastiUon au noble duc ; les dues de Brabant. Louvain au riche duc ; le due de Bretagne, Sainl-Malo au riche duc ; les comtes dauphins d'Auvergne, Clermonl au dauphin d'Auvergne.

11 y en avoit qui estaient lirez de quelques épithetes d'honneur attribuez aux familles.

Ainsi les seigneurs de Coucy en Picardie, citaient Coucy à lu merveille, ou, selon d'autres. Place à la bannière.

Les seigneurs de Vilain, issus de chasteliains de Gand (i), Gand à Vilain .sans reprochef

On en remarque d'autres tirez et extraits du blason des armes de la famille : tel estait le cry des comtes de Flaudrcs, Flandres au Lyon; et celuy de la maison de Waudripont en Haiuaull, cul à cul Waudripont, parce qu'elle porte en armes deux lyons adossez.

Quelques princes parvenus à des royaumes, ou priueipautez souveraines, pour marquer l'origine de leur ancienne extraction, en ont conservé la mémoire par le nom de leur famille, dont ils estaient issus, qu'ils ont pris pour cry d'armes. C'est pour cela que les roys de Navarre, si nous croyons André Favyn (2), avoient pour cry do guerre, Hegorre, Éegorre, comme issus et prenaus leur ex traction des anciens comtes de Bigorre.

Mais pour le plus souvent le cry d'armes estoit le nom de la maison; d'où vient quo nous lisons prosque à toutes rencontres dans les Provinciaux, ou Bccueils de blasons, t7 porte de etc., et crie son nom, c'est-à-dire que le cry d'armes est semblable au nom de la famille.

(3) De l'usage du cry d'armes. Tous les gentilshommes et tous les nobles n'avoient pas le droit du cry d'armes : e'estott un privilège qui n'apparlenoit qu'à ceux qui estaient chefs et conducteurs de troupes, et qui avoient bannière dans l'armée. C'est pourquoy ceuxlà ont raison {h}, qui entre les prérogatives du chevalier bauneret, y mettent celle d'avoir cry d'armes : d'autant que le cry servoit proprement à animer ceux qui estaient sous la conduite d'un chef, et à les rallier dan* le besoiu. Desorte qu'il arrivoit que dans une armée il y avoit autant de cris, comme il y avoit de bannières, cbâquo cry estant pour le particulier de chaque compagnie, troupe, ou brigade, ou, pour parler en termes du temps, de chAque roule.

Mais, outre ces cris particuliers, il y en avoit un qui estoit général pour toute l'armée, différent du mol du guet, lequel cry estoit ordinairement le cry de la maison du général de l'armée, et de celuy qui commandoitaux troupes, si oe n'est que le roy yfusl •n personne : car alors le cry général estait celuy du roi. Ce que nous apprenons de Froissard, écrivant de la bataille de Cocherel (5).

(I) Ai»!, de la maison de Gsnd.

{?) A. Favyn.

(3) Du Cango, duaerU 14»

(i) A. Favyn au Théâtre d'Mmui. 1. 1, p. 44.

\jï) Froi*»., vol. I, c. 164; vol. Il, c. lii.

HERALDIQUE. CRY 246

Quelquefois il y avoit deux cris généraux dans une même armée ; mais c'estoit lorsqu'elle estoit composée de deux différentes nations. Ainsi (1) en la bataille qui futdon- . née entre le bâtard Henry de Castille et le roy dom Piètre, on cria de la part des Espagnols, Castille an roy Henry, et de la part nos François qui estaient au secours, et dans l'armée du même Henry, sous la conduite de Bertrand du Guesclin, on cria Nostre Dame Gttesclin.

Souvent toutefois dans les batailles on crioit le cry du prince, quoiqu'il n'y fusl pas présent. La chronique de Flandres "(2) racontant un combat qui Ait donné en Gascogne, entre le comte d'Artois, général du roy Philippe le Bel, et les Gascons et les Anglois, le comte de Foix qui estoit joint aux troupes de France, «s'avança et cria Mont joie à haute voix, et assembla a ses ennemis. >» En la bataille de Furnes, l'an 1297, le même comte d'Artois y cria encore Montjoie. 11 est vrai que le cry des comtes d'Artois estoit aussi Montjoie, comme il sera dit cy après; ce qui pourroit faire douter que l'on ail alors crié son cry, plutôt que celuy du roy. Quoy qu'il en soit, on peut justifier par quelques passages de Monstrelet, et autres, que l'on a souvent crié le cry du roy de France en son absence; mais quant au cry du banneret, il ne se crioit point en son absence, quoy que ses troupes lussent en l'armée, comme nous apprenons de Froissart {3}.

Le cry général se prononçoit unanimement par tous les soldats en même temps, et avant que de venir aux mains avec les ennemis, ou plutôt dans l'instant de la mêlée, et lors qu'on s'approchoit do près. Ce qui se faisoit, tant pour implorer l'assistance du Dieu des armées par des cris et des termes d'invocation, que pour s'animer les. uns les autres à combattre vaillamment et à défendre l'honneur et la réputation du général. Ces cris se poussoient avec vigueur et avec allégresse, qui inarquoient tout ôloignement de frayeur et de crainte : aux assauts des villes, et lorsqu'on montait à l'escalade, on crioit ordinairement le cry général. Ainsi à la prise de la ville de Luxembourg par les Bourguignons, les soldats y crièrent Bourgongnc.

Le cry général, aussi bien que le particulier, servoit encore aux soldats pour se reconnoîtro dans la mêlée. L'on se sert aujourd'hui du terme , qui vive. Mais comme le cry estoit connu également des deux partis, il arrivoit souvent que les ennemis s'en prévaloient, et lorsqu'ils estaient on péril de leurs personnes, ils crioient le cry de leur onneiny, et à sa faveur ils s'évadoienL

Quant au cry particulier, il estoit ordinairement prononce par les chefs, pour animer dans la mêlée les troupes qui estaient sous leur conduite: et le plus souvent par le chef même, ou celui qui portait sa bannière,

m Froissart, vol. I, c.445.

(4) Chroniq. de FUnd., c. 54,86.

(3) Froissart, vol. H, c. 116, 117.

Ut Y

qui marchoil «devant luy, ifin de les porter par les cris d'allégresse a le défendre courageusement. Que s'il arrivoit qu'un chevalier commandât à plusieurs bannières, ou compagnies, comme le plus ancien, ou le plus qualifié, et qu'il iust envoyé pour atta-* quer, ou défendre une place, ou contre des troupes ennemies, alors le cry de ce banneret estoil général pour tous ceux qui estoiont sous sa conduite. Froissart en fournit quelques exemples fl).

Comme lo principal usage des cris de guerre estoit de les pousser avec vigueur, et quelque sorte d'allégresse, dans les attaques, et dans les occasions, où la bonne lortune sembloit favoriser pour animer davantage les soldats contre leurs ennemis: ainsi lorsqu'un chef estoit en péril, pour estre vivement attaqué, ou environné de tous côtez, et hors de pouvoir do se tirer sans l'assistance des siens : luy-méme ou ceux qui estoient près de luy , crioient son cry , afin d'attirer du secours de toutes parts pour le venir dégager.

Philippes Auguste, selon la Chronique de Flandres, en la bataille de Bovines, ayant eu son choval abatu ou tué sous luy, « cria Montjoie à haule voix et fust aussi-losl remonté sur un autre destrier. » La même Chronique (2) parlant du siège de Damietto entrepris par saint Louvs, « Quand les chrestiens virent le roy s'abandonner, tous saillirent hors des nefs, prirent terre, et crièrent tous à haute voix Montjoie saint Denus. » En la bataille de Mons en Puellel'an 1304 le roy Philippes le Bel voyant « que les Hamens avoient ià tué deux bourgeois de Paris, qui à son frein estoient, et messiro Gilbert de Chevreuse qui gisoit mort devant luy, l'oriflame entre ses bras, s'escria le noble roy, Montjoie saint Denys, et se ferit en 1 estour. » Tels cris estoient appeliez, cris à larecousse, ainsi que Froissart nous enseigne on plusieurs endroits (3) : et comme par es cris on faisoit venir du secours, il en arrivoit quelquefois inconvénient, spécialement dans les querelles particulières, ou ceux qui se battoient crioient les cris do leurs seigneurs, afin d'attirer par ce moyen a eux ceux de leur party et do lour brigade.

Non seulement on crioit lo cry général au commencement de la bataille, mais encore chaque soldat crioit le cry do son capitaine, et chaque cavalier celui de son banneret c est ce qui se voit dans un récit que fait Froissart (41 du combat qui se livra au Pont a "Moines I an 1382 entre une petito troupe de cavaliers françois, sous la conduite du maréchal de Sancerre , et un grand nombre de Flânions. °

On crioit encore le cry des chevaliers dans les occasions des tournois, lorsque les

I ) Froissart vol. I, c. 208, 209.

1 Chr. de Fl»nd.,ç. 15, 23,14.

(*)Froiss., tel. Il, c. 116, 117.

HERALDIQUE. CYC 248

chevaliers tournoyans estoient prêts d'entrer en lice et au combat. 11 estoit aussi d'usago de crier le cry du seigneur prédominant, lorsqu'on arboroit la bannière au château de son vassal, quand il luy faisoit hommage.

Comme il n'estoit pas loisible aux pufnez de prendre les armes de la maison qu'avec brisure, de même ils ne pouvoient pas en prendre le cry qu'avec différence ; d'autant que par la règle générale receùe universellement, les plaines armes, le nom et le cry do la famille anpartenoient à l'alné, comme jo l'ay justifie par quelques articles de nos coutumes ; ce qui se pratiquoit ordi nairement , en soustrayant , ou ajoûtant quelques paroles aux mots qui composoient le cry d'armes. Les exemples s'en peuvent observer en la maison royale de France , dont le cry estoit Montjoie saint Denis ; car les princes de cette famille ont voulu conserver les marques de cette illustre extraction, non seulement dans les armes qu'ils ont portées avec brisure, mais encore dans le cry de Montjoie qu'ils ont retenu, auquel mot ils en ont ajoûté d'autres pour différence de celui du roy de France, chef de la maison. Il en estoit de même de toutçs les familles particulières , dont les pulnez crioient le cry ou le nom de la maison, mais avec addition du nom de seigneuries ; car le cry simple, aussi bien que les armes, appartiennent à l'aîné.

Depuis que le roy Charles VII eut étably des compagnies d'ordonnance, et dispensé les gentils-hommes fievez d'aller a la guerre, et d'y conduire leurs vassaux, et par conséquent d'y porter leurs bannières, l'usage du cry d'armes s'est aboly. •

CYCLAMOR. — Espèce do grand annclet 3lat, que quelques-uns nomment orle rond. Il n'en entre jamais plus d'un dans un écu ; lorsqu'il y en a davantage, on les nomme annelets.

Barburo — d'argent, au cyclaraor de gueules. Originaire de Venise.

CYGNE. — Fréquent en armoiries.

Tour — d'azur, au cygne d'argent. Champagne.

Luysets — d'azur, à un cygne d'argent membré et becqué de sable. Bresse

Thoion — de sinonle, au cygne d'argent, becqué et raembré d'or. Guyenne et Gascogne.

Foissy — d'azur, au cygne d'argent becqué de gueules et membré de sable. Bourgogne.

Cygni — de gueules, au cygne d'argent becqué et membré de sable. Berry.

■ Ray — de gueules, à un cygne d'argent becqué et onglé de sable. Poitou.

Odon — d'azur, au cygne et membré de sable.

Godon — d'azur, au cygne d'argent accollé d'une couronne d'or.

Vobon — do sinople , au cygne d'argent raembré et becqué d'or. Comtat Venaissin.

Gau — d'or au cygne d'azur membré de gueules. Languedoc.

240 DAU IHCTIOSNAIRE

tiofjnicr — d'azur, au cygne d'argent. Orléanais.

Henddot — de gueules, au cygne d argent. Le Blanc ( V. )— d'azur, au cygne d'argent.

Berry.

Boulogne-sur-Mer ( V. ) — de gueules, au cygne d argent , becqué et inembré de sable.

Uuguet de Sémonvillc—éc&rlelè, aux 1 et k d'azur, au cygne d'argent; aux 2 et 3 d'or, au chêne arraché de sinople glanté d'or. Beauce.

Quirit — de sinople, au cygne d'argont, nageant sur une rivière de môme. Poitou.

Percin ou Per.ùn — d'azur, au cygne d'argont, sur une rivière du môme, accompagné en chef de trois molettes d'éperon d or. Guyenne et Gascogne.

Garce» — d'azur, au cygne nageant sur des ondes d'argent, surmonté de trois étoiles d'or en chef.

Gogue— d'azur, au cygne d'argent au chef cousu de gueules, chargé de trois croix d'or. Champagne.

Fanv — d'azur, au cygne d'argent au chef d'or chargé de trois roses de gueules. Normandie.

Duroie — d'azur, au cygne d'argent, becqué et membré de gueules, au chef d'or, chargé de trois merlettes de sable. Normandie.

Bachelier — d'azur, au cygne d'argent, au chef d'or, chargé de trois coquilles de gueules. Normandie.

Rivière, d'azur, au cygne d'argent, à une épée de môme passée en bande au-dessous du col, et en chef un croissant d'argent, entre deux étoiles d'or. Languedoc.

Berauli — d'azur, au cygne d'argent membré ot becqué do sable, élevé sur une terrasse de sinople, surmonté d'une étoile du second émail en chef. Berry.

ù'Atbis — d'azur, au cygne d'argent, accompagné en chef d'un croissant accosté de deux étoiles, le tout du môme. Rouergue.

Saint-Mor — d'argent, a doux cygnes de

HEUALDKiUE. DAU 250

sai/e, l'un sur l'autre, becqués et pattés d'or.

Chalignault-dc-Crome — d'azur à trois cygnes d'argent.

Darot — de sable, h deux cygnes affrontés, accolés de leurs cols, entrelacés d'argent, tenant chacun au bec un anneau d'or, leurs iôtes contournées. Poitou.

Vergne — d'azur, à trois cygnos d'argent. Limosin.

Ravault — d'azur, à trois cygnes d'argent. Champagne.

Wfuii — do sable, à un cygne d'argent, becqué et membré de sable. Bretagne.

Du Masle—ùc gueulos, à trois cygnos d'ar gent, becqués et membrés d'or. Bretagne.

Blanchet — de sable a trois cygnes d'ar gent.

Senot — de sable, à trois cygnes d'argent

Longuet — écartelô, aux 1 et % de gueules à trois cygnes d'argent; aux 2 et 3 a argent, a trois roses de gueules. Guyenne et Gascogne.

Morant — d'azur, è trois cygnes d'argent, becqués et membrés de gueules. Normandie

CYPRÈS. — Arbre vert, qui s'élève droit et en pointe. Son émail particulier est le sinople; il y en a cependant de différents émaux.

Du Boit de Kerlo$quet — û argent, au cyprès do sinople. Bretagne.

Blou de» Précis — d'argent, au cyprès de sinople. Languedoc.

Rambaud de Beaurepaire — de sable, au cyprès au naturel, sommé d'unecolombe d'argent. Dauphiné.

LaBorie — d'argent, au cyprès do sinople; au chef d'azur, chargé de deux croissants d'or. Guyenne et Gascogne.

Boisgautier — d'or, à trois cyprès do sinople en bando. Orléanais.

De la Motke de Campels — d'argent, à trois cyprès rangés et terrassés de sinople, cha cun sur une motte du môme. Guyenne et Gascogne.

DARD. — Arme offensive, qui, comme le javelot, se lance à la main, il parait en pal dans l'écu.

Futé et empenné, se dit du dard, lorsque sou manche et les plumes qui sont au bout, sont d'émail différent.

Boudard de Vaudésir — d'azur, au dard d'or. Ile de France.

Peltegart de Malortie— d'azur, au chevron d'or, accompagné de trois dards d'argent, la pointe en bas. Normandie.

DAUPHIN. — Sorte de poisson, dont la position ordinaire est d'être courbé en demi-cercle cl de profil, son museau et lebout de sa queue tournés vers la dextre de l'écu.

.On dit du Dauphin allumé de son œil, lorré de ses nageoires, peautré de sa queue, lorsque ces choses sont d'un émail différent. On ait encore pâmé du Dauphin qui a la gueule ouverte, sans dents, qui semble expirer; et couché de celui dont la tôle et la queue tendent vers le bas de l'écu.

Dauphin de France — écartelé de France et de Dauphiné.

Dauphins de Dauphin/ — d'or, au dauphin d'azur crêtô, oreille et barbé de gueules.

James — de gueules, a un dauphin d or pâmé et couché. Bourbonnais.

Le Duc du Buisson** Ange — de gueules, au dauphin d'argent. Normandie.

Gassendi — d azur, au dauphin d'argent

au Ciief d'or, chargé de trois membres d'aigle de sable. Provence.

Le Bihannic de i'Isk — d'azur, à deux dauphins affrontés d'or. Bretagne.

Kersean de Pontblanc — d'argent, à deux dauphins adossés d'argent. Bretagne.

Lespinasse — Ecartelé, aux 1 et 4- d'or, au dauphin |>amé d'azur; au 2 d'or au gonfanon de gueules ; au 3 d'a/ur semé de Heurs de lis d'or, à la tour d'argent brochante. Sur le tout , fascé d'argent et de gueules de huit pièces. Bourgogne.

Dantil—tle gueules, au dauphin d'argent, crèté, oreillé et barbé d'azur. Auvergne.

Auvergne (Dauphins d') — d'or, au dauphin pâmé d'azur, crête, oreillé et barbé de gueules.

Le Duc — de gueule?, au dauphin contourné d'argont,eiilravaillé dans une jumelle d'azur en uaude. Normandie.

Beget — d'azur, au dauphin courbé d'argent, accompagné de trois étoiles de mCme. Forez.

Cheilus — d'azur, h un dauphin d'argent crôté et oroillé de gueules, couronné d'or à l'antique, et un lévrier d'or colleté et bouclé de gueules, affrontés. Comtat Venaissin.

h ourmliere — d'or, au dauphin d'azur, au chef de môme chargé de trois étoiles d'argent.

Tredoulao — parti, au 1 de gueules, à deux dauphins d'argent; au 2 d'argent, à la bande d'azur.ohargéude trois étoiles d'or. Guyenne et Gascogne.

Nenùer — d'azur à deux dauphins adossés d'argent.

Pazsi — d'azur, a deux dauphins adossés d'or, crètés et oreillés de gueulos, l'écu semé de croix recroisettées au pied tiebé d'or. Comtat Venaissiu.

Jtordm — do sinople, à trois dauphins d'arpent. Poitou.

Rr longue — d'nzur, à une queue de dauphin d' argent, posée en chef, couronnée d'une rose de gueules surmontée de trois étoiles de gueules posées en bande. Languedoc et Champagne.

DÉFENSK. — Meuble d'armoiries , qui représente la dent de l'éléphant, du sanglier, saillante de la hure de cet animal.

Kernechquivilly de Qucringant — de sable, à trois défenses do sanglier d'argent. Bretagne.

Godùri — d'or, à la bande d'azur, chargée de trois défenses de sanglier d'argent- He de France.

DEGRÉ DE NOBLESSE. — C'est la distance qu'il y a d'une génération a l'autre, depuis le premier qui a été anobli. Cos degrés ne se comptent qu'en ligne directe, ascendante et descendante , de manière que l'anobli fait dans sa ligue le premier dogré, ses enfants font le second, ros petits-^ufaufs le troisième, ainsi des autres.

Il y avait des offices qui transmettaient la noblesse au premier degré, c'est-à-dire qui communiquaient la noblesse aut enfants de l'oUicier qui mourait revêtu de sou office ; tels

HERALDIQUE. DER 252

étaient les officiers de présidents et conseillers des parlements de Pans,deDauphiné et de Besançon ; ceux du conseil et du parlemont de Dombes ; ceux des sénats, conseils et cours souveraines de toute l'Italie ; les offices do secrétaires du roi du grand-collège, les offices d'ôchevins, capitouls et iurats dans les villes où ils donnaient la noblesse. La plupart des autres offices qui anobrissaient celui qui on était pourvu ne transmettaient la noblesse aux descendants de f'offieicr qu'au second degré, ou, comme on dit ordinairemont, pâtre et avo consulibus , c'est-à-diro qu'il fallait que le père et le fils eussent rempli successivement un office noble pendant chacun vingt ans, ou qu'ils fussent décédés revêtus de leur office, pour transmettre la noblesse aux petits-enfants du premier qui a été anobli.

DENCHURE. - Filet ou listel deocuô au bord supérieur de l'écu.

La donchure est très-rare en armoiries; on la nomme après les pièces qui chargeai l'écu

Ver de Saint-Martin — d'or, h deux fasces de gueules; à la donchure du même. Normandie.

DEROGEANCE. — Action par laquelle on déroge à la noblesse. La profession des arts vils et mécaniques, exercée par des sujets nobles, établit un vice qui corrompt la noblesse et cause la dérogeance.

L'on déroge encore par l'exercice du trafic ou commerce en détail, par l'exercice do charges jugées incompatibles arec la noblesse, telle que sergent, huissier, notaire, procureur et grefflier, et par l'exploitation des fermes d'nutrui.

L'omission des qualifications nobles est encore une sorte de dérogeance que l'on nomme tacite, mais qui n'a l'effet de la première que dans le cas où elle serait prolongée pendant un certain nombre de générations.

L'on distingue dans les effets de fa dérogeance l'enfant qui naît avant qu'elle ait été commencée par le père, et celui qui vient après ; le premier conserve la noblesse originaire dans toute sa pureté, et le second partage la dégradation de son auteur.

Les nobles de la province de Bretagne jouissaient, h l'égard de profession des arts dérogeants , do privilèges qui leur étaient particuliers. La noblesse y dormait,, selon d'Argcntré, niais ne s'y éteignait point. En effet, suivant les art. 51 et 53 de la Coutume de Bretagne, la noblesso ne pouvait se perdre, dans cette province, par prescription, par dérogeance, ni même par désistement, quelque longue qu'eût été la dérogeance ; soa seul effet était de suspendre ou d'assoupir, dans ceux qui en faisaient usage, le droit et les privilèges de la noblesse, et l'assujettissait aux impositions roturières pendant la durée de la dérogeance. Cette suspension leur était purement personnelle, et ne pouvait nuire au droit acquis à leurs descendants, qui n'étaient pas même obligés d'obtenir des lettres de réhabilitation.

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