‹ Dictionnaire héraldique contenant: l'explication et la description des termes et figures usités dans le blason, des notices sur les ordres de chevalerie, les marques des charges et dignités, les ornements et l'origine des armoiries, les rois d'armes et les tournois, etc. Avec un grand nombre de planches et d'exemples tirés des armoiries des familles, villes et provinces de France. Suivi de l'Abrégé chronologique d'édits, déclarations, règlements, arrêts et lettres patentes des rois de France de la troisième race, concernant le fait de la noblesse;Chapitre 73 sur 162 · GEN · texte numérisé non relu

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oui est le terme dont on qualilioit les armes du chevalier, et commençait à devenir soldat, miles, qui estoit le titre qui luy estoit donné.

Nos histoires (1) nous fournissent encore uue autre espèce d'adoption d'honneur qui se faisoit en coupant les cheveux de celuy qui estoit adopté en lils; lorqu'elles racontent que Charles Martel envoia Pépin son lils à Luithprand, roy des Lombards, atin qu'il lui coupai ses premiers cheveux, et que par cette cérémonie il lui tinst à l'avenir lieu de père. C'est ce que nous apprenons de Paul Warnefrid (2) en son histoire des. Lombards : cet auteur fait voir que Pépin estoit alors fort jeune, d'où il faut conjecturer que c'estoit pour la première fois qu'on luy coupoit les cheveux.

Celte coupe des cheveux se faisoit, lorsqu'après avoir passé l'âge d'adolescence, on entroit en celle de la jeunesse. L'ancienne loy Salique (3), c'est-à-dire celle qui fut rédigée par nos rois encore payens, ainsi qu'on prétend, nous apprend que la cérémonie de couper les cneveux aux enfans estoit en usage parmi les François, et qu'elle se faisoit au dessus de l'âgo de douze ans : les ternies de cette loy font voir encore que les enfants estaient présentez par leurs pères, qui avec le temps choisirent dans ces occasions uu parrain, qui est appellé pero spirituel dans la chronique de Novalese; co que lit Charles Martel lorsqu'il choisit Luithprand pour couper les cheveux de Pépin, son jeune lils.

La même cérémonio se pratiquait lors qu'on se faisoit couper les premiers poils de la barbe. Aimoin (k) dit que Clovis envoya ses ambassadeurs à Alaric pour traiter de paix avec luy, et le prier de luy toûchcr sa barbe, c'est-à-dire la couper, et d'estre par ce moyen son pere adoptif : ce n'estoit pas un usage nouveau, mais très-ancien , et qui avoit esté observé tant par les Grecs, que par les Komains. Car les uns et les autres avoient coùtume de se faire couper les premiers poils de la barbe par leurs amis, et de les consacrer à leurs deïlez.

Les Bomains solemnisoient les jours ausquels on faisoit cette cérémonie avec des festins et beaucoup d'appareil : ce que leurs histoires racontent au sujet des empereurs Auguste, Caligula et Néron : co dernier donna même à cette solemuité le nom do Juvcnnles, au récit de Xiphilin (5), et ayant fait mettre les floccons de sa barbe dans une boèle d'or, comme fut celle de Trimalcion dans Pétrone, il les consacra à Jupiter Capitolin.

Comme les chrétiens puritierent la céré-

(I) Chr. Aulc Regia\ch. 13. Bcç. des Fiefs de Chain»., f. 3, clc. L'ancienne Cousl. Ms. «le Nonn., part. II, ch. 2f>. ,

Paul Wanicf., de Gest. Long. L IV, c. 40; I.yi,

(5) Lei Bai, Ed. Hcroldi, lie. 58, S I, 11. (t) Aimoin., 1. 1 «le G est. Fr., c. ÏX. (.%) Xiphilin. i» Neronc.

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mouie de la coupe des cheveux des onfans par des prières saintes, ils (iront de même

G>ur celle des premiers poils de la barbe. . de Valois a écrit que cette cérémonie estoit appellée barbatoria.

Dans ces adoptions par la coupe des cheveux et de la barbe, il se contractoit une affinité spirituelle, qui faisoit donner te nom de pere à celuy qui estoit pris pour parrain et celuy de fils- à l'enfant de qui ou coupoit les cheveux, et le poil de la barbe. Celle même affinité se contractoit avec beaucoup plus de fondement entre les enfans qui esloient baptisez, et ceux qui en estoient les parrains. Car en ces occasions, comme les parrains prenoient le litre de pères spirituels, ainsi les baptisez prenoient celuy d'enfans ndoptifs. Procope dit que c'estoit la manière ordinaire d'adopter parmi les chrétiens. Les parrains dans celte cérémonie portoient les enfans enlre leurs bras ; ou si c 'estoient de grandes personnes ils les prenoient par la main et les présentaient aux prélrcs pour estro baptisez, se faisoient pièges de leur foy et de leur créance, respondoienl en celle qualité pour eux aux interrogations des prêtres ; et enfin ils s'obligeoient de les instruire, et d'en avoir le même soin, comme de leurs propres enfans. Dés lors il se formoit une étroite affinité enlre les parrains et les filleuls, qui estoit telle, qu'il ne se pouvoit contracter aucune alliance de mariage enlre eux.

A l'exemple de ces anciens empereurs et des princes étrangers, qui ont adopté par honneur ceux, avec lesquels ils ont voulu coi il racler une alliance étroite, les rois et les princes des derniers siècles ont inventé une autre manière d'adoption, par la communication qu'ils ont faite de leurs noms, et de leurs armes, ou armoiries, à quelquesuns de leurs plus aftidoz qu'ils ont admis par ce moyen dans leur famille, ce qui no s'est fait pareillement que par honneur, sans que pour cela les adoptez pussent prétendre aux successions, et aux autres droits et privilèges des maisons. Ainsi nous lisons que Ferdinand roy de Naples adopta Philippes de Croy, comte de Cuimay, et lui permit de porter le surnom et les armes d'Arragon.

Des chevaliers bannerets (1). — La noblesse a toujours esté dans une particulière estime eu tous les Etats de l'univers, et il n'y a presque à présent que celui des Turcs et des Chinois où elle n'est pas considérée. Ils défèrent tout à la vertu et aux belles qualitez des personnes , sans considérer le sang et la naissance (2) , suivant les paroles d'un ambassadeur de l'empereur Ferdinand i". Mais la France a esté le royaume du monde où elle a eu les plus grands avantages : y composant un ordre particulier , qui y tient le principal rang ; les honneurs et les gouveruemens des provinces et des places n'y sont confiez qu'aux gentilshommes, et l'on a toûjours crû que la force de l'Etat réside dans

(t) Du Gange, disserl. 9.

(4) uusbcq., iu Itincr. CP.

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leurs personnes, à cause de la générosité naturelle et de la grandeur de courage qui les accompagne.

Encore bien que le caractère de la noblesse soit uniforme, et qu'il est en quelque façon vray de dire qu'un gentilhomme n est pas plus gentilhomme qu'un autre : si est-co qu'il y a toujours eu divers degrez entre les nobles , qui ont composé des différents ordres enlre eux; car les uns ont esté phis relevez que les autres , à raison des dignitez qui leur estoient conférées par le pnnee : les autres par les préiogatives que les qualitez et les litres de chevaliers leur donnoient. Desorte que nous remarquons qu il y a eu en France trois degrez et trois ordresde noblesse. Le premier est celui de barons, qui corapreooil tous les gentilshommes qui estoient élevez en dignitez, tant à cause des titres qui leur avoient esté accordez par les rois, qu'à cause de leurs fiefs , en vertu desquels ils avoient le droit de porter la bannière dans les armées du roy, d'y conduireleurs vassaux , et d'avoir un'ery particulier. C'est pourquoy ils sont ordinairement reconnus sous le nom de bannerbts , et souvent sous le terme général de barons (1). Lesecond ordre estoit celui des bacheliers, qu des simples chevaliers , et le troisième celui des escuiers.

La noblesse de Bcarn (î) esloit pareillement distinguée en barons , en cavers ou chevaliers , et en dommongers ou damoiseaux, qui sont ceux que nous appelions escuiers (3j. Le royaume d'Arragon avoil aussi ces trois ordres dans sa noblesse : le premier estoil celui des ricos hombres , le second celui des cavalleros, et le troisième des in fonçons, qui sont les damoiseaux ou escuiers. Les ricos hombres, ou les riches hommes , estoient les principaux barons du. royaume. Ils avoient part au gouvernement du pays, et possedoienl les grands fiefs mouvaus de la couronne. Ils devoieut , à cause de ces fiefs , servir le prince dans ses guerres, et estoient obligez d'y conduire leurs vassaux sous leurs bannières, d'où ils lurent appeliez ricos hombres de senera, c'eslà dire bannerets ; cl parce que ces riches hommes, qui conduisoienl leurs vassaux èu la guerre sous leurs bannières , estoient ordinairement revêtus de la qualité de chevalier, il est arrivé delà que ces barons sont, reconnus pour le plus souvent sous les noms de chevaliers bannerets.

Les autres chevaliers qui n'avoiont pas celte prérogative sont nommez vulgairement bacheliers, c'est-à-dire bas chevaliers, acauso qu'ils estoient U'uu second ordre et inférieurs on dignité aux barons. De sorte qu'il estoit de ces chevaliers, comme de ces comtes, du premier, du second et du troisième ordre, dans la cour des empereurs romains^ Mais parce que mon dessein n'est h présent que de parler des chevaliers bannerets, à

(1) P. Divttus, I. vu Rer. Brabant., p. £>.

(î) llisl. «le Bearn., 1. vi, cb. 44.

(3) Hier. Blanca, in Comiuenl. Rer. Ara^.

DICTIONNAIRE IIERALDIQl'E.

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