‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 2)Chapitre 11 sur 329 · A AL · texte numérisé non relu

A AL

AADORF (C. Thurgovie, I). Frauenfeld. V. DGS).

Commune et grand village, paroisse prot. et catli. — Depuis le X.VIII" siècle la commune porte comme armoirie un écu tranché d'argent à une serpette au naturel et de sinople a un soc de charrue d'argent.

Colonie alémanique datant de la plus ancienne invasion (vers 400-420). Dorfan (1er An (ancien nom de la Lûtzelmurg). Les premiers seigneurs furent, dès 780 environ, les comtes de Linzgau (de l'autre côté du Bodan), landgraves de Thurgovie depuis 771. Le comte Ulrich III fonda en 886 la première église d'Aadorf qu'il dédia à saint Alexandre. Un couvent d'hommes y existait déjà en 894; la même année, le comte Ulrich plaça l'église et le couvent ainsi que leurs hiens sous l'obédience de l'abbé de Saint-Gall. Plus tard, Saint-Gall y introduisit ses propres moines. Mais aux environs de l'an 1000, le prieuré d'Aadorf fut supprimé. Pendant des siècles le village demeura petit et pauvre. En 1259 eut lieu près d'Aadorf un vif combat entre Eberhard de Bichelsee et Walter d'Elgg, deux vassaux de l'abbé Bertold de Saint-Gall. Après avoir été à plusieurs reprises ilonné en gage et racheté par l'abbaye de Saint-Gall, Aadorf dut être de nouveau engagé «n 1330, cette fois aux seigneurs de Hohenlandenberg-Greifensee. Hermann de Hohenlandenberg-Greifensee donna, le 24 juin 1349, le patronage de l'église d'Aadorf avec tous les droits s'y rattachant au couvent de Rùti, fondé en 1206 dans l'Oberlanil zuricois. En 1362 et 1364, les Landenberg, endettés, durent vendre le village d'Aadorf aux frères llarzer, de Constance. Le 17 août 1394, l'abbé Kuno de Stolfeln racheta Aadorf pour l'abbaye de Saint-Gall. En 1413, la souveraineté passa par vente au couvent de femmes de Tànikon, auquel il appartint jusqu'en 1798. Au commencement de juin 1469, Aadorf reçut un statut communal.

Aadorf manifesta tout d'abord une certaine opposition à la Réforme. Mais dans la nuit de Noël 1524 les crucifix et les tableaux de l'église furent volés, portés sur le « Ried », mis en pièces et jetés dans les fossés. Les coupables, en tant que sujets du comté zuricois de Kibourg, restèrent impunis. En juin 1525, Zurich supprima le couvent de Rùti et s'adjugea ainsi le patronage de l'église d'Aadorf. En 1529, toute la commune embrassa la foi nouvelle. Le premier prédicateur protestant, Gebhard Grùnder, y introduisit la nouvelle liturgie. En 1602, Wàngi se rattacha comme annexe à la paroisse réformée d'Aadorf et le resta jusqu'en 1858. L'abbesse de Tânikon, qui y possédait 10 fermes en fief, réussit dès 1609 à fonder de

Incendie d'Aadorf, le 28/29 octobre 1827. (D'après une gravure sur bois d'un calendrier cou temporain.)

nouveau à Aadorf une petite communauté catholique. La messe y fut derechef célébrée, avec l'autorisation de Zurich, dés le 27 août 1627. En 1843, Zurich céda à l'Etat de Thurgovie ses dro'»s de collation.

Pendant la guerre du Toggenbourg, en 17I2, Aadorf eut à subir un long cantonnement dus troupes zuricoises, Le 24 mai 1799, des combats d'avant-postes eurent lieu dans la contrée d'Aadorf-Elgg entre les Autrichiens et les Français. Le village fut très éprouvé à cette époque par le pillage et les réquisitions militaires. En 1842, le gouvernement de Zurich rattacha à la commune d'Elgg L'Aadorfer Feld, sur lequel quelques familles s'étaient établies. Cette décision provoqua un long différend (1861- 1869) qui fut porté jusque devant l'Assemblée fédérale à Rerne et fut tranché en faveur de l'interprétation zuricoise.

Aadorf reconstruisit son église, en 1478 et en 1516; le temple actuel date de 1863-1865. La première école réformée remonte à l'hiver 1598-1599. En 1746 une école catholique fut fondée. En 1870, réunion des deux écoles confessionnelles en une seule. Ecole secondaire depuis 1857. Les registres de la paroisse protestante datent de 1723, de la catholique de 1748.

La plus ancienne poste de Thurgovie allait de Winterthour par Aadorf à Saint-Gall (Zurich-Munich). Au « Lion » à Aadorf se trouvaient un bureau de poste et de grandes écuries (pour 18 chevaux); c'est là qu'on relayait et que l'on prenait des chevaux de renfort pour la rampe qui monte au Tuttwilerberg. L'entreprise de roulage de la maison Tiirler avait également son relai au «Lion». Bureau de poste fédéral depuis 1849, bureau de télégraphe au village depuis 1897, téléphone dès 1894. Station de la ligne Winterthour- Wil dès 1855. Premières industries : grande filature construite de 1825 à I827 par Ziegler et Goldschmid, de Winterthour. La teinturerie en rouge, fondée en 1833 par Henri Sulzer-Steiner, de Winterthour, et détruite par un incendie en 1847, fut rebâtie en 1857-1858. La caisse d'épargne et de prêt fondée en 1852 avec la garantie de la commune et qui accusait en 1909 un mouvement de 20 millions fit faillite en 1910 ce qui occasionna de grosses pertes à la commune. Dans la nuit du 28 au 29 octobre 1827, Aadorf fut la proie d'un terrible incendie. Habitants: 1860: 742 ; 188.S : 1076 ; 19I0: village 1524 hab., 218 maisons; commune 3224 hib., 517 maisons.

Originaires d'Aadorf. voir les articles : Aloïs Stadler (1823-1879), Jean-Henri Sulzer-Steiner (1805-1876) et son fils Jacques-Henri Sulzer-Rieter (1830-1894).

Voir Joli. Nater : Geschic,/ile von Aadorf u. Umgebung. Frauenfeld 1898. — Kasp. Hauser : Geschichle der Stadt, Herrschaft u. Gemeinde Elgg. Elgg 1895. [H. Br.]

AAHUSER ou AHUSER. Famille qui, jadis, fut une des plus considérées de la commune schwyzoise de Kûsnacht et dont le berceau fut un « Stecklihof » nommé Aahaus ou Aahus situé en dehors de la juridiction communale. — 1. Heini et six auties propriétaires prêtent serment à Kùsnacht à la Ste-Valburge 1293. — 2. Heini est bourgeois de Lucerne en 1352. Il demeure dans le district d'Immensee, apparemment à Aahaus, et paie 10 B. de redevances. Peut-être est-ce le même qui, en 1377, fut excommunié par l'évêque de Constance lors de la querelle relative à la collation entre la commune et l'abbé d'Engclberg. Il était sans doute membre du conseil. — 3. En 1420, Verena reçoit son héritage des enfants de Jenni Ahuser. C'est la dernière mention de la famille Ahuser. — Voir : Râle de la chambre domaniale de St- Lêger. — Rôle des impôts de 1382. — Collection de documents du rédacteur. [Al. Truttmann.J

A AL, Johannes, latinisé en Anguilla. f 28 mai 1551. Le plus remarquable dramaturge catholique de la Suisse. Prédicateur chassé en 1529 de Bremgarten, sa patrie, pour cause de religion ; vécut à Fribourg en Brisgau comme élève de Glarean, fut curé de Baden en Argovie et s'établit en dernier lieu à Soleure où il devint en février 1538 prédicateur et en 1544 prieur à Saint-Ours. 11 était en même temps excellent organiste et possédait de solides connaissances en théologie, en mathématiques el en philologie. Il composa la tragédie « Jean- Baptiste » (jouée à Soleure le21 juillet 1519), grand drame populaire arrangé pour deux joins de représentation. — Voir Jak. Bâchtokl : Geschichteder deutschen Literatur in derSchweiz. Frauenfeld 1887. - ADB 1, 1875. - Die Briefe Glareans an Joh. Aal... 1538-1550; éd. par E. Tatarinoff (dans Urkundio 2, 3 part. Soleure 1875). (II. Br.]

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