‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 2)Chapitre 12 sur 329 · A AH · texte numérisé non relu

A AH

aar iAII. Am.i.i. Rivière du Plateau Buisse. V. DGS. 280 i*ui. depuis ses Bources, aux glacière de I Aar, jusqu'à son embouchure dans le Rhin entre Koblenz et Waldsliut.

A. Nom. Il provient sans doute du galllo-celtique, sans qu'on puisse cependant le prouver absolument, et signifie probablement: fleuve; il est identique avec Ahr (un affluent du Rhin, dont l'embouchure est en aval de Sin/i^i et parent avec les rivières gauloises Arar (aujourd'hui Saône) et Arum (l'Arc). La plus ancienne forme dans la langue des Alémanes est certainement Ara (ce qu'indique entre autre la composition^ rgau, 761-62: in Argouwe) ; 622-38: flumen Ara ; dans la Passion de Saint-Justin de Bède(vers 700, si authentique) : Ara /himis ,■ 1155: flumen Are; 1254-55: m/ua Hara. La forme la plus ancienne esl Arura, ce qui ressort de deux inscriptions romaines (CIL X 1 1 1 . 2 N" 5000 , 5101): nautae aruranci (= A ruranici) et reg. arurei regioArurensis); dans la Narrât io (te martyribus ïegionis Thebaicae d'Eucherius (après 400i : Arulam flumen ; 983-1002 et 1002-24 : fluvium Arolam; vers 1220 : Arolae nions = Aarberg); 123o-36 : infra Ararim, encore très fréquent jusqu'au milieu du XIVe siècle; forme étrange (probablement adjective): fluminis Aralis (1271). Composés avec Aare, nous avons Aarau, Aarberg, Aarburg, Aarwangen et enfin Argovie. — Holder, Altcelt. Sprachschatz (Lpz. 1891). — FRB 1-6. [D' K. St.]

B. Préhistoire. Le bassin de l'Aar était déjà habité dans les temps les plus anciens, preuves en soient les nombreuses trouvailles préhistoriques. De l'époque de la pierre (jusqu'en 2500 av. J.-C.) nous connaissons des palalittes dans tous les lacs jurassiens ainsi que dans ceux d'inkwil et de Moosseedorf, puis des établissements sur terre ferme dans les vallées bernoise, soleuroise et argovienne de l'Aar. Les palafittes persistent pendant l'âge du bronze (2500-900 av. J.-C.) auquel nous devons aussi des fonderies près des bains de Heustrich dans l'Oberland bernois et à Tschugg près du lac de Bienne, puis des tombeaux à Strâttligen. à Wangen, à Windisch, etc. Pendant l'âge du fer (900 à 50 av. J.-C.) les palafittes dis-

Earaissent. Les trouvailles deviennent toujours plus nomreuses: tombeaux de Thoune et près de Berne même, dans le Seeland, dans la vallée bernoise et soleuroise de l'Aar ; les places fortifiées de La ïène, à la sortie de la Thièle du lac de Neuchâtel et à Jolimont près de Chules ; trouvailles dans le canal de l'Aar près de Port et de Briigg, près de Belmont surNidau, aux environs de Windisch et de Brugg.

Il n'est pas possible actuellement de préciser l'origine ethnique des peuplades qui habitaient le Plateau et la vallée de l'Aar aux âges de la pierre, du bronze et au premier âge du fer. Par contre les habitants du second âge du fer (400-50 av. J.-C.) sont si souvent mentionnés dans les sources romaines qu'on peut presque considérer cette période comme historique. Le Plateau suisse était alors habité par des Celtes, et très vraisemblablement déjà bien avant 110, par les Helvètes qui avaient à la Tiefenau près de Berne une de leurs agglomérations principales.

Les communications se sont toujours effectuées le long du fleuve, aussi bien par eau que par terre, depuis les temps les plus reculés et remontant jusque bien avant dans nos vallées. C'est de cette manière que parvenaient aux habitants du bassin de l'Aar leurs matières premières indispensables : le silex de France et d'Angleterre, le verre, d'abord importé du bassin de la Méditerranée, puis plus tard fondu sur place ; le cuivre de l'Est et d'Espagne et l'étain d'Angleterre, l'ambre des côtes baltiques, le plomb de l'Est et du Sud, le sel et le fer de l'Est et de la France, etc.

C. Histoire. A l'exemple des Helvètes, les Bomains s'installèrent dans le bassin de l'Aar qui leur était connu sous le nom de regio Arurensis et formait avec ses nombreux promontoires un terrain favorable aux voies de communication et à leur défense. Ils établirent leur quartier général à Vindonissa (Windisch). Au cours du Ve siècle, les Alémanes (voir ce nom) s'établissaient sur tout le plateau suisse du Bhin à la Sarine et plus loin, mais les Burgondps qui occupaient la plus grande partie de la Suisse romande actuelle les refoulèrent au delà de l'Aar qui devint ainsi la limite des deux peuples. Avec le

VIIIe siècle s'ouvre l'ère Iranque qui lit surgir toute une série de Pays historiquement distincte

L'Ufgau "(franc. Og»z), s'étend de la rive gauchi' de l'Aar entre Thoune et Berne, jusque dans l'Oberland; I ' land (franc. Nuithonie) entre les lacs jurassiens et I Aar jusque dans la région de Berne; ['Aargau, en aval et principalement sur la rive droite, divisé de très bonne heure (855 et 861) en Ober et Unter Aargau (que séparent la Murg et le Rotbach); le Buchsgau au X. de l'Ober Aargau. à gauche de l'Aar, le long du Jura : VInselgau depuis le pont de Thièle et Cerlier jusque près d'Aarberg. Dans l'angle entre l'Aar et le Bhin se trouvait VAugstgau (dit aussi Baselgau) qui se divisa plus tard en Sisgau et Frickgau.

A la dissolution de l'empire de Charlemagne, le traité de Verdun (843) attribuait les régions alémanes à l'Austrasie de Louis-leGermanique et les pays burgondes au royaume de Lothaire. Pendant les siècles suivants, certaines maisons féodales profitent des faveurs impériales ou de l'insécurité de l'époque pour étendre leur inlluence et leurs possessions. Ce sont, en Argovie, les comtes de Lenzbourg (+4173) puis ceux de Kibourg et de Habsbourg. Du côté de Berne ce sont les ducs de Zâhringen.'qui éten-

Divisions politiques des territoires de l'Aar au VIII* siècle.

dent leur puissance. Comme point d'appui, ils fondèrent les villes de Fribourg, Berthoud et Berne. A leur extinction en 1218. Berne située sur les terres d'empire redevint impériale, tandis que les Kibourg recueillaient une grande partie de leur héritage. Mais ceux-ci s'éteignirent à leur tour en 1264, et les Habsbourg, dont la puissance grandissait rapidement, surent habilement joindre à leurs possessions celles des Kibourg. devenant ainsi les maîtres de toute la contrée. D'autre part, la maison de Savoie avait mis la main sur les régions burgondes et cherchait à étendre ses conquêtes vers le Nord. Sur l'Aar elle se heurta aux Kibourg puis aux Habsbourg (1264-1273) qui arrêtèrent ses progrès. A cette époque de transition, c'est-à-dire du Xle au XIV» siècle, remonte la fondation de nombreuses villes : « Elles ont dû sortir de terre comme des champignons ». Dans la contrée de l'Aar, on peut nommer: vers 1280 l'nterseen et Interlaken (par Walter d'Eschenb'di); 1191 Berne (par Berthold V de Zâhringen): 1220 Aarberg (par le comte Flrich III de Nenchâtel-Aarberg) ; 1269 Bùren; 1264-1270 Cerlier; 1338 Nidau (par le comte Bodolphe de Neuchâtel-Nidau), puis Wiedlisbach et Wangen ; 1312 Altreu ; au XIe siècle Aarbourg(par les comtes de Frohourg) ; 1263 Aarau (par les Kibourg), Brugg sous le comte Bodolphe III de Habsbourg. De tout temps les ponts traversant le fleuve ont eu une grande importance ; souvent un droit de péage lucratif leur était attaché, que

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