AAR
AARAU
le seigneur du pays pouvait donner en hypothèque à un de ses partisans particulièrement dévoué (par ex. le péage de Soleure).
La puissance de la ville de Rerne conquit pied à pied la conlrée de l'Aar. En 1323, Berne acquit la ville de Thoune et en 1334 elle s'assura la prépondérance dans tout l'Oberland par la soumission des seigneurs de Weissenbourg. Dans l'r.Hiance qui unit en 1350 Berne et Fribourg d'un côté à l'Evêque de Lausanne et au comte de Savoie de l'autre, l'Aar est indiqué comme limite de territoires dans lesquels l'aide mutuelle était obligatoire. D'autre part, le pacte de l'entrée de Zurich dans la Confédération, le 1CT mai 1351, étend également la contrée dans laquelle cette aide nu tuelle est exigée jusqu'au cours de 1 Aar, depuis le Grimsel jusqu'à son embouchure dans le Rhin. Lors de la conquête de 1 Argovie par les Confédérés en 1415, Berne reçut pour sa part Aarbourg, Aarau et Brugg et domina ainsi tout le bassin de l'Aar jusqu'à son conlîuent avec la Beuss (excepté le territoire de Soleure).
Après la première bataille de Zurich (2-4 juin 1799) de grandes masses de troupes ennemies se trouvaient en présence sur territoire suisse. A l'E. du cours inférieur de l'Aar campaient les Autrichiens, à 10. les Français. Le 17 août, l'archiduc Charles tenta de passer l'Aar à Duttingen sur 2 ponts de bateaux, mais il en fut empêché par les tirailleurs helvétiques qui se trouvaient à Klein Dôttingen sur l'autre rive.
Voir Joli. Dierauer : Hist. Conf, suisse. — Alb. Jahn : Chronik 1857. — [Joli. Rud. Rahn] : Die Schweizer Stàdte un Mitlelalter. (Nbl. des Waisenhauses in Zurich. i889.) — Ivo Pfyffer : Der Versueh eines Aareùberganges bei Dôttingen... Baden 1899.
D. Navigation. Depuis les temps les plus reculés, les communications en Suisse suivent les deux directions du N. au S. et de 10. à l'E., celle-ci surtout favorisée par la dépression : La Sarraz-lacs jurassiens-Aar-Bhin, à laquelle aboutissent toutes les vallées du Plateau. Tendant des siècles une grande animation régna sur nos routes fluviales dont l'Aar jusqu'à Koblenz fut une des plus fréquentées. Le tronçon brienz-lac de Thoune a toujours été assez peu fréquenté sauf en été pendant la circulation par le Grimsel. Le « Bellevue » construit par les frères Knechtenhofer en 1835 a été le premier vapeur sur le lac de Thoune; sur celui de Brienz ce fut le « Giessbach » en 1839. De Thoune partait pour Berne encore en 1857, deux fois par semaine régulièrement, le « bateau ordinaire » qui servait en premier lieu an transport des personnes, mais qui chargeait aussi différents produits de l'Oberland, et spécialement les veaux, d'où son surnom populaire de « bateau des veaux» ou « Hotte des veaux », et dont l'arrivée à Berne faisait la joie des gamins. La navigation était alors dangereuse et 4-5 bateaux périssaient annuellement.
Du l,r juillet à la fin de l'année 1825, 623 bateaux avec 6162 personnes et 118.400 quintaux de marchandise entrèrent à Berne. La taxe s'élevait, par voie de terre, de \ à 10 batz par quintal, par eau à l/.2 batz. Un bateau dit « Aarewaidling » de 50 pieds de long sur 12 Va de large pouvait contenir 180-230 quintaux de marchandise. En aval de Berne, la corporation des Bateliers avait le droit exclusif de la navigation sur l'Aar jusqu'à Brugg et pendant la foire de Zurzach, jusqu'à Klingnau, port des bateaux bernois qui se rendaient à Zurzach. Avant leur départ de Berne, les bateaux étaient visités et les bateliers devaient prêter serment. A Altenburg près de Brugg, nouvelle visite et contrôle de tous les bateaux. A Zurzach, Laufenbourg ou Bâle ces bateaux étaient souvent vendus et ne remontaient plus à Berne. Il fallait donc en construire toujours de nouveaux. Les formalités douanières à Soleure, Wangen et Aarbourg étaient particulièrement compliquées. A Nidau aboutissait à l'Aar la voie très fréquentée Yverdon-lac de Xeuchàtel-Thièle-lac de Bienne, dont la corporation des Bateliers de Berne avait également le monopole. Les taxes prélevées pour le trajet étaient en remontant, pour 1 quintal : du débarcadère d Altenbourg à Aarau 4 batz, d'Aarau à Aarbourg 3 batz, d'Aarbourg à Soleure 5 batz, de Soleure à Nidau 2 batz et de Xidan à Yverdon 2 batz; en descendant: d' Yverdon à Nidau 2 batz, de là à Soleure 2 bat/, de Soleure à Aarbourg 3 batz, de là à Brugg 4 batz et de Brugg à Klingnau
1 batz. En 1836 encore le trafic d'Yverdon à Soleure était de 156.000 quintaux. Le transport par terre coûtait par heure et par quintal 8 cts et le transport par eau 3,7 cts. Pour permettre aux bateaux de passer directement des lacs de Neuchâtel et de Morat dans l'Aar, Berne fil creuser en 1645 à travers le Grand Marais, depuis 1 embouchure de la Broyé jusqu'à Aarberg, un canal [voir Canal d'Aarberg). Le sel et le blé étaient, avec le bois de flottage et le vin, les principaux articles de trafic. Le sel de Bourgogne arrivait jusqu'à Brugg et de là, par voie de terre, allait à Lucerne, dans les Waldstâtten et à Zurich ; le sel bavarois de Brugg à Berne, Fribourg et Neuchâtel. De mai jusqu'au 20 octobre 17<*3, par exemple, 208 tonneaux de sel furent remontés par eau et 111 par terre. Mais déjà vers la moitié du XIXe siècle la navigation sur l'Aar avait beaucoup diminué, avant même que Berne fût relié au nouveau réseau des chemins de 1er.
Dans la partie inférieure du cours de l'Aar venait aboutir la navigation de la Beuss et de la Limmat. Voir A. Hârry : Bilder ans der Geschichte der schiveizer.Flussschiffahrt (Schweizer. Wasserwii tschaft. 3, 1910-1911; p. 36-38, 55-59.) — Herm. Hartmann : Berner Oberland in Sage u. Gesch. (vol. 2, 1913).
E. Correction de l'Aar. Le caractère torrentiel très prononcé de l'Aar a de tous temps occasionné de fréquentes inondations et de coûteux travaux d'endiguement tant en amont de Berne que dans le Seeland. Dès les XVI0- XVIIIe siècles on enregistre de nombreuses plaintes contre l'envasement croissant du sillon d'Entreroche près de La Sarraz jusqu'à Soleure. Au commencement du XVIIIe siècle un projet vit le jour de couper la boucle de l'Aar par un canal de Meienried à Bûren. mais il ne futjamais exécuté. D'autres travaux, en 1749-1758, aux environs de Nidau, n'eurent pas tout le succès voulu. Les différents projets de l'ingénieur valaisan de Rivaz, en 1760, de Mirani 1771 et Hebler 1775 demeurèrent sur le papier. Les travaux dans la Thièle à la fin du XVIIIe siècle et le dragage de cette rivière par le capitaine Schlatter 1811-1813 n'eurent pas de résultats plus pratiques : les inondations se répétaient régulièrement chaque année (principalement en décembre-janvier 1801, puis de nouveau en 1815, 1816, 1817). A partir de ce moment la correction de l'Aar fit l'objet de sérieuses et nombreuses études (voir DGS), qui aboutirent enfin à l'exécution du projet La Nicca solennellement inaugurée à Aarberg le 17 août 1868. Cette grande œuvre fut achevée avec un plein succès après vingt ans de travaux sous la direction supérieure des inspecteurs fédéraux La Nicca et Fraisse. A côté de ces techniciens, il convient de nommer .spécialement l'actif promoteur de cette œuvre utile, le Conseiller d'Etat bernois Jean-Rod. Schneider, qui fut le véritable chef du mouvement pour le dessèchement du Seeland et qui publia sur ce sujet l'ouvrage : Das Seeland der Westschweiz idkI die Korrektion seiner Gewàsser (Rerne • 1881). — Voir aussi les Comptes Rendus annuels de l'entreprise de la Correcliim des eaux du Jura, 1869 à 1889. — DGS, article Grand Marais. — Flusskorrektionen der Schweiz ; fasc. 5 : Aare zwischen Thuner u. Jiielersee, Rerne 1916. — Alb. v. Morlot : Die Juragewâsser-Korrektion (dans SB 26, 1895; p. 103-107, 116-119, 122-124. [H. Br.] (V. DGS ). Depuis 1803 chef-lieu du canton d'Argovie. De tout temps, important nœud de routes.
Nom et armoiries. Dans les deux plus anciens sceaux de la ville (26 février 1270 cl 1301) et dans le sceau du Conseil (13 juin 1356) Aarau avait des armes parlantes (Aar = Aigle, Au = prairie) ; mais dès le commencement du XVI' siècle, les armes actuelles étaient déjà employées, soit : d'argent à l'aigle éployée de sable, au chef de gueules. — Voir W. Merz : Uw Gemeindewapln'ii îles Kuiil. Aargau. Aarau 1915, p. 3. — Formes anciennes du nom: en 959 et 1256, Arowo ; 1263 apud A ru ire ; en 1267, u/iuil Aruuire.
Histoire jusqu'en 1415. On n'a pas établi l'existence d'une station romaine sur l'emplacement actuel de la ville. En revanche, la route militaire romaine de Solodurum à Vindonissa passait toul prés d'Aarau. L'existence d'un pont ou d'un bac à Aarau à l'époque romaine est une supposition. On a trouvé à différentes reprises des