ANABAPTISTES
ANAKCNISMK
dans les églises de Suisse ; il s'imposa enfin avec le concours «li's théologiens Alphonse Turrettini, Frédéric Osterwald et Samuel Werenfels. — Voir E. Blôsch : Gesc/i. der schweiz, reform. Kirchen I, p. 485-500. — La France protestante 1. [E. B
ANABAPTISTES (ReBAPTISEURS). Secte issue de la Kéformation, répandue dans toute l'Allemagne, aux Pays- Bas, en Autriche, en Moravie et en Suisse. Le nom d'anabaptistes a été donné à ses adeptes parce qu'ils remettaient le baptême des enfants et n'admettaient que le baptême de l'Esprit appliqué aux adultes. Ils formaient une communauté de saints inspirés directement de Dieu et séparés du monde; ils rejettaient l'enseignement de l'église et la soumission à son autorité et à celle de l'Etat. En supposant ainsi à la réception des enfants dans L'église, à la publication et à la bénédiction des mariages, en refusant le serment aux autorités et le service militaire, les anabaptistes se plaçaient hors de la société civile, ce qui provoqua l'intervention sévère des autorités. Leur fanatisme religieux et politique les poussa parfois dans le communisme et le terrorisme. En Suisse le mouvement prit naissance à Zurich en 1523 sous l'influence de Conrad Grebel, Félix Manz et Simon Stumpf. L'intervention de Zwingli, n'empêcha pas le mouvement de gagner la ville et la campagne et de s'étendre dans l'Allemagne du Sud. Dès 1525 on le trouve à Berne, surtout dans la campagne (Emmental, Oberland, Haute-Argovie, Argovie) et à Soleure. Balthazar llubmaicr, curé de Waldshut, se joint à Grebel et Manz ; il prêche en 1525 et 1526 à Schaflhouse, à Bâle, à Waldshut, à Saint-Gall et à Appenzell, et gagne beaucoup d'adeptes. Bâle et Saint-Gall devinrent des centres anabaptistes. Un colloque eut lieu dans la première de ces villes entre les représentants des églises réformées et des anabaptistes, à la suite duquel le Sénat se prononça contre les anabaptistes. Ceux-ci se crurent assez forts et tentèrent contre l'Hôtel de Ville un coup de main qui échoua. Ils furent alors bannis de la ville, en juin 1527. D'au très colloques eurent lieu à Zurich en 1525 et à Zofingue en 1532. En août 1527, un concordat fut conclu entre les villes de Zurich, Berne et Saint-Gall ; les anabaptistes furent contraints de se convertir, punis d'amendes en cas de refus et de la peine de mort en cas de récidive. Des exécutions commencèrent. Dans cette année 1527, douze d'entre eux furent exécutés, dont Félix Manzà Zurich. De nombreux mandements furent édictés contre les anabaptistes jusqu'au XVIIIe s. C'est à Berne que la lutte contre la secte coûta le plus d'efforts; de 1528 à 1571, plus de 40 anabaptistes furent suppliciés. A Zurich, la dernière exécution eut lieu en 1614. Peu à peu la peine de mort fut remplacée parle bannissement et la déportation. Les exilés trouvèrent un asile en Alsace, dans le Palatinat, en Hollande, et déjà au XVIe, mais surtout aux XVIP et XVIIIe s., dans les terres du Prince-évêque de Bâle. Avec les amendes et les biens confisqués, on forma des fonds dit d'« anabaptistes ». La constitution helvétique abrogea les lois d'exception contre les anabaptistes en avril 1798. Lorsque Pévêché de Bâle fut réuni au canton de Berne, on introduisit l'état civil pour ceux-ci. La libération du service militaire qui leur avait été accordée fut supprimée par l'Assemblée fédérale en 1850; cependant, on adoucit la mesure en versant dans les troupes sanitaires ceux qui étaient astreints au service. On rencontre encore aujourd'hui de grandes communautés anabaptistes dans l'Emmental (Langnau), à Bâle et surtout dans le Jura bernois où ils sont exclusivement agriculteurs dans les fermes isolées des montagnes des districts de Courtelary, Franches-Montagnes, Moutier et Delémont ; ils sont environ 800 et ont conservé fidèlement la langue allemande et les coutumes de l'Emmental. La simplicité de leurs vêtements (point de boutons, seulement des crochets)a presque disparu ; cependant les hommes portent toujours la barbe longue. Leurs prédicateurs laïques ont été remplacés ces derniers temps par des évangélistes formés dans des écoles de prédication. — Voir E.Egli: Die Zûrcher Wiedertàufer zur Reformait on szeit. — Hege et Neff : Menvortitisches Lexikon I. — E. Millier : Geseh. der bernischen Tâufer(avec bibliographie). — C. Bergmann : Die Tâuferbewegxng im Kt. Zurich bis 1660. — P. Burckhardt : Die Bas 1er Tàufer, — B. Nitsche : Gesch. der Wiedertâufer in der Schweiz zur JReformationszeit. [E B.]
AN/EGLEN. Voir BÛLACH.1
ANAHEIM OU ANNAHEIM, VICTOR. * le 7 septembre 1797, t vers 1850. bourgeois de Lostorf ii lialm, fils de Charles, étudia à l'Ecole supérieure de Soleure, devinl notaire et se fixa de 1836 à 1845 ù Dornach. Il collabora au Schweiz. Unlerhallungsblatt et a publié : Die Konigin Bertha oder heroische Darslelhiraj der Griiridung der Sladt Solothurn. — Gedichte. — i k.tai AHi.Noi i .] — Urs-JoBeph,* 14 avril 1805 à lialm, t 6 mars 1883 à Wolfwil. étudia à Soleure. En 1831 vicaire à Egerkingen, 1832 vicaire et maître supérieur à Therwil, curé d'Oberwil (Bâle-Campagne) en 1835. Soupçonné de libéralisme, il avait soulevé contre lui une forte opposition, de sorte que son installation officielle fut empêchée par les habitants Afin de rétablir 1 ordre, le préfet Kummler envoya six gendarmes dans le village. Lorsque ceux-ci voulurent procéder à des arrestations, un combat eut lieu dans la rue, dans lequel deux gendarmes furent tués. Une mise sur pied de 700 hommes rétablit l'ordre. Anaheim fut encore curé de Rodersdorf 1841, de Wolfwil 1852, camérier du chapitre de Buchsgau 1862. — Gutzwiller: Gesch. des Birsecks, 1915, p. 48. [E. N.]
ANALECTA R EFORM ATORI A, deux volumes publiés à Zurich en 1899 et 1901 parEmil Egli. Cette publication consacrée à l'histoire delà Réformation, complète les Zwingliana de E. Egli; elle contient des documents et des études sur Zwingli et son temps, ainsi que des biographies des réformateurs. [F. H.]
ANALEKTEN (ST. GALLISCHE), édités et dédiés à ses amis par Johannes Dierauer (f mars 1920) à Saint- Gall, imprimerie Zollikofer, 1889-1893, 1896-1900, 1902- 1907, 1910-1911, en tout dix-huit livraisons. Elles comprennent surtout des lettres se rapportant à l'histoire contemporaine, accompagnées d'une introduction et d'un commentaire par l'éditeur. [Bt.]
ANARCHISME. Comme théorie de politique sociale l'anarchisme a pris naissance vers 1840, mais comme mouvement social dans les années 1860-1870. C'est le Français P.-J. Proudhon (1809-1865), qui, le premier, s'est servi du mot anarchie pour désigner un état social particulier. La propriété c'est le vol, a-t-il dit. C'était, en effet, la propriété privée qu'il accusait d'être un obstacle au bonheur des hommes, en permettant à certains d'entre eux d'accaparer le produit du travail d'autrui sans en donner l'équivalent. Le seul remède, c'est de libérerl'individu de toute espèce de contrainte. S'il est entièrement libre d'agir à sa guise, il réglera bientôt ses relations économiques avec ses semblables de façon à n'être pas lésé dans ses intérêts par qui que ce soit. C'est pourquoi il est nécessaire, dans l'intérêt général, d'abolir toute forme de gouvernement et d'inaugurer une ère sans gouvernement aucun. En réalité, l'anarchie est l'harmonie naturelle et constitue le plus sûr fondement des relations entre hommes, que rien ne pourra ébranler. Les idées de Proudhon, en particulier l'autonomie absolue de l'individu et la négation de toute espèce de gouvernement ont constitué les éléments fondamentaux du système anarchiste. Elles ont été développées et complétées dans la suite par d'autres théoriciens, entre autres par Michel Bakounine (1814-1876), et Pierre Kropotkine.
Bakounine a surtout critiqué l'État, qu'il ne faut pas confondre avec la. société. Tandis que cette dernière est une nécessité dictée par la nature et que l'homme est soumis à ses lois comme aux lois de la nature, l'État n'est qu'une chose historique et passagère, inexorablement vouée à l'anéantissement aussitôt que l'homme a conscience de son caractère hostile à Ja liberté. Le développement de la liberté comprend deux phases : l'une positive et l'autre négative. Dans la première il y a épanouissement complet de toutes les facultés et des forces de l'individu, favorisé par une évolution correspondante des conditions intellectuelles et matérielles de la vie sociale ; dans la seconde, l'individu se révolte contre toute autorité, qu'elle soit d'origine divine, collective ou individuelle L'autorité est la négation de la liberté. De même qu'il faut abandonner la fiction d'un Dieu, il faut aussi abolir la tyrannie, dont l'État est la principale incarnation, ainsi que toute