‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 2)Chapitre 186 sur 329 · ANASTASIA · texte numérisé non relu

ANASTASIA

d'Italie ; celle-ci donna le 8 mars une réponse contre laquelle le Conseil fédéral protesta énergiquement, parce qu'offensante, dans la forme et dans le fond. Après une nouvelle note, peu convenable de la légation d'Italie, le Conseil fédéral décida de rompre les relations diplomatiques avec le ministre Silvestrelli et d'exiger son rappel. La manière de procéder du Consejl fédéral dans cette affaire obtint l'approbation de l'Assemblée fédérale. Le conflit entre la Suisse et l'Italie se termina, grâce à l'entremise du gouvernement allemand, le 22 juillet 1902, par le remplacement des ministres respectifs de Suisse et d'Italie.

Dans la nuit du 22 au 23 décembre 1902 des matières explosives furent lancées dans l'église de Saint-Pierre de Genève, causant des dégâts peu importants. Une enquête du procureur général de la Confédération découvrit le coupable, Carlo Machetto, qui, à la suite d'un examen mental, fut livré aux autorités italiennes pour être placé dans une maison de santé.

A la suite de réclamations des gouvernements étrangers, provoquées par l'apologie de crimes anarchistes le Conseil fédéral se vit obligé, vers la fin de 1902, de préparer un projet de loi en supplément au Code pénal fédéra] pour la répression de l'apologie du crime. Ce projet, amendé et adopté par les Chambres fédérales, le 30 mars 1906, a la teneur suivante : « Celui qui, publiquement, incite à commettre des crimes anarchistes ou donne des instructions pour les commettre ou fait publiquement l'apologie de crimes de ce genre, dans l'intention d'inciter autrui à commettre de tels actes, sera puni de l'emprisonnement. »

Dans le siècle actuel le mouvement anarchiste a vu diminuer son intensité à mesure que, parmi les ouvriers, le mouvement socialiste gagnait du terrain, et a fini par perdre complètement son importance. De temps à autre on expulse quelques personnes accusées de faire de la propagande anarchiste, mais ces cas n'attirent que fort peu l'attention du public. L'époque de l'anarchisme et surtout celle de l'anarchisme usant de violence peut être considérée comme passée. — Bibliographie : P. Eltzbacher : Der Anarchismus . — G. Langhard : Die anarchistische Bewegung in der Schweiz. — N. Reichesberg : Anarchismus und Sozialismus. — E. v. Zenker : Der Anarchismus. — H. Zoccoli : Die Anarchie, llire Verkilnder, ilire Ideen, ihre Taten. [N. Retchesberg.] ANASTASE ou ANASTAISE. Famille originaire d'Oulx (Piémont), venue à Genève au XVIe s. — 1. Jean, fils d'Etienne, reçu bourgeois de Genève le 20 décembre 1558 avec ses trois fils. — 2. Gaspard, notaire dès 1562, — 3. Jean, époux en premières noces de Jeanne, fille de Robert Estienne, — 4. Etienne, époux de Catherine, fille du même Robert Estienne. Etienne fut libraire et imprimeur. Son nom orthographié Anastase, se retrouve sur une douzaine de volumes ; sa marque typographique, un laboureur conduisant deux bœufs attelés à une charrue, figure sous le n° 2 dans les Genfer Buchdrucker- und Verlegerzeichen, de Heitz. — 5. Jean, imprimeur, de Sauze d'Ours, en Dauphiné, f avant 1591. — D'après les notes manuscrites communiquées par M. Th. Dufour. [C. R.]

ANASTASI ou ANASTASIO, anciennement Anastagi, famille de Lugano, qui vint s'y établir vers 1620 et dont elle devint bourgeoise en 1773. Elle venait de Palerme, mais tirait en réalité son origine de Ravenne, d'où elle avait dû fuir en Sicile pour se soustraire aux persécutions et aux vengeances des familles rivales. — Les armes des Anastasi de Ravenne, de Palerme et de Lugano sont les mêmes : d'azur à la crosse d'or en pal. — 1 Giuseppe, * à Lugano en 1819, f en 1883, fit ses études chez les Pères Somasques du couvent de Saint-Antoine de Lugano. Pendant la période troublée de 1852- 1855 il se jeta avec ardeur dans le mouvement politique, fonda une imprimerie à Faido et y publia le Palriota del Ticino, journal d'opposition au gouvernement radical. Lorsque le fameux pronunciamento éclata (février L855), un groupe de révolutionnaires fut envoyé dans la Lèvent ine pour arrêter Anastasi. On raconte que, celui-ci étant boiteux à la suite d'une maladie qu'il avait eue pendant ses études, sa femme, le prit dans une hotte et le porta sur les montagnes. La bande arriva

Pietro Anastasi.

Photographie de 1910.

à Faido et, n'y trouvant plus le journaliste, elle incendia l'imprimerie et la rédaction du Palriota Dégoûté de la politique, appauvri par la destruction de son imprimerie, Anastasi revint à Lugano et il y fonda une fabrique de cigares, qui prit bientôt un heureux développement. — 2. Pietl'O, peintre tessinois, fils du n° 1,

* à Lugano le 30 juillet 1853, f dans sa villa Vedo à Morcote le 11 nov.

1913. A seize ans il suivit sa secrète vocation et s'adonna complètement au dessin. Il étudia à Rivera avec Pelossi, puis à la Brera de Milan et à l'Académie de Saint-Luc de Rome. En 1893, professeur aux écoles cantonales de dessin de Lugano ; membre du Conseil communal (1900-1904) et de la municipalité de Lugano (1904-1908), président de la Commission scolaire. Il travailla beaucoup à l'organisation du « Museo Civico » des Beaux-Arts de Lugano, qui possède onze de ses tableaux. Frappé de congestion cérébrale le 7 juin 1909, il ne guérit qu'imparfaitement et sa carrière d'artiste fut brisée. Anastasio fut un peintre d'histoire. Il exposa la première fois à Zurich en 1883. — Anastasi :

La \'ita e le opère di Pietro Anastas\o piltore. — SKL. — ALBK. — 3.

Jean, neveu du n° 1, professeur et publiciste,

* à Lugano le 10 nov.

1861, obtint en 1881 le diplôme de l'école d'architecture, mais ne fut jamais architecte. En 1888 professeur et vice-recteur de l'Ecole normale des garçons à Locarno. où il enseigna les mathématiques. En 1891 il revint à Lugano et de 1892 à

Jean Anastasi.

D'après une photographie/]

1907 dirigea le Corriere del Ticino, et depuis 1918 le Messagero ticinese. On a de lui un grand nombre de manuels scolaires fort appréciés, puis le Mangiacomune dans la Schweizerische Rundschau 1891 (traduit en allemand pour le supplément littéraire du Bund) ; Vita ticinese ;■ Per le vacanze ; Cognomi ticinesi ; Al bravo présidente, traduit en français ainsi que le Mangiacomune, par Eugène Monod sous le titre de Le rouge et le bleu; Lago di Lugano. [C.T.]

ANASTASIA, TCO- (loi-o, de Breno, ingénieur, * 13 déc. 1843, étudia à la Brera de Milan, et à l'Ecole polytechnique de Zurich, et obtint en 1866 son diplôme d'i n g é o i e u r après un t ravail sur «Le pont de la Limmat ».

Ce pont fut construit •

d'après son projet. En Teodoro Anastasia.

L866 il s'engage avec Photographie de 1890 environ.

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AMSTASIO

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