ANNIVIERS (VAL D
comprenant [es villages d'Ayer, Grimentz, Saint-Jean, Saint-Luc, Chandolin el Vissoye. Anciennes forme .1 partir de 1 138: . innivies, Innives,. inivesium,de Inivisio, . lniver,Aniveys,Enfis et Einfis au XV1 5,. Irmoiries : cel-
Gravures préhistoriques : La Pierre des Servagios ;i Saint-Luc
les des sires d'Anniviers. — [L. Mr.] — Préhistoire : La toponymie, les fouilles de l'Hôtel Bella Tola à Saint-Luc, en 1883, les pierres àgravures préhistoriques qui existent à Vissoye et celles de la rive droite de la Xavisance, à Saint-Luc et à Ayer, etsurlarivegaucheaGrimentz.au Guernerez et à Saint-Jean, fournissent la preuve d'établissements préhistoriques. Ferdinand Kellersignaledéjà en 1870 la célèbre pierre à écuelle des Servagios (Servants) au-dessus de Saint-Luc, un bloc erratique géant, à 1700m. d'altitude, partagé en trois fragments. Celui du centre présente à sa surface plus de 350 bassins ronds, la plupart reliés entre eux par des rainures formant les figures les plus variées. Un autre bloc couvert de gravures semblables a été constaté au village, et détruit. On a aussi trouvé dans le val d'Anniviers des tombes celtiques et des tombes du deuxième âge de la pierre, une hache de bronze. Autour et à peu de distance, se trouvaient des tombeaux carrés contenant du charbon et des ossements brûlés; d'autres tombes contenaient de la poterie,des bracelets, des agrafes,etc. en bronze, ainsi que deux bracelets en argent massif. Une autre pierre intéressante est la Pirra Mariera (pierre des martyrs) au-dessus de Grimentz. Le bloc est presque aras du sol; on y voit profondément gravée une paire d'empreintes de pieds, droit et gauche, entourés de dix bassins ronds, de l'exécution la plus soignée et très bien conservés. On admet généralement que ces pierres sculptées sont des monuments religieux. Voir l'art. Préhistoire. — Voir B. Reber: Die vorhist. Denkmàler im Einfischtal, dans Archiv /'. Anthroiiolofjic XXI, 1802. — Keller: Zeichi noder Zahlensteine der Schweiz. — 13. Reber: Excursion archéol. dans le Valais, Genève 1891. — B. Reber : Les gravures pédiformes sur les monuments préhist . il les pirrres à glissades, Paris 1912. — B. Reber: Quelques séries de gravures préhist. dans Compte-rendu du Congrès international d'Anthropologie et d'Archéologie préhistorique de Centre, 1912. — A.Schenk: La Suisse préhistorique. [B. Reber.]
Les de Granges avaient au XIe s. des droits sur le val d'Anniviers, qui passèrent, probablement par alliance, au comte Ulrich de Lenzbourg, puis à l'évêque Ayrnon de Savoie, son oncle maternel. Ce dernier les céda, le 12 juin 1052, à son chapitre cathedra] qui, à son tour, les donna en échange, en 1193, à l'évêque Guillaume d'Ecublens contre les églises de Nendaz, de Bex et de Grimisuat, et ne conserva que quelques fiefs rachetés peu à peu de 1388 à 1588. Aujourd'hui, il ne reste au chapitre que la collation à la cure de Vissoye
Les droits de l'évêque de Sion étaient exercés à Anniviers, majorie et vidomnat, par des vassaux qui, peu a peu, prirent le nom delà vallée (voir l'art. Anniviers, SIRES D'). A Jacques II d'Anniviers succéda, dans la seconde moitié du XIV' g., Pierre de Rarogne, son gendre, qui prit une part active à l'insurrection des Valaisans contre ',^f leur évêque Edouard de Savoie. Pour se venger, Amédée VU de Savoie, dit le comte Bouge, s'empara de son château de Beauregard et saccagea la vallée (1388). A la fin de cette fatale campagne, Anniviers dut payer pour sa part 232 écus d'indemnité. Guichard, fils de Pierre, ue fut pas plus heureux. Devenu bailli du pays, il excita par ses mesures hautaines le mécontentement de- patriote- qui lui envoyèrent la malze, l'obligèrent a s'exiler avec sa famille à Berne, dont il était bourgeois, et détruisirent I: gard en 1416. Après le traité d'Evian, Guichard rentra, en 1421, en possession du vidomnat d'Anniviers. Ses deux (ils, Hildebrand el Petermann, prêtèrent hommage au prélat administrateur, André de Gualdo, acceptèrent un arrangement avec l'évêque au sujet de leurs droits sur la vallée (1460), et affranchirent leurs sujets d'anciens usages moyennant le paiement de 2900 éeiis. Cependant, à la mort de L'aîné des deux frères, l'évêque Walther de Supersaxo s'adjugea sans autre cette seigneurie, usurpée autrefois, prétendait-il, à la mense épiscopale. A cet effet, il se rendit dans la vallée accompagné du baillif du Valais et prit possession du château de Vissoye, où son châtelain remplaça désormais celui des vidomnes (li'iOi. Ce châtelain exerça la justice et perçut les redevances ; il habitait le château actuel, sur une crête au Nord de l'église. En 1541, la vallée obtint de désigner elle-même cet officier. Les concessions, les diminutions de fiefs et de redevances de la part de l'évêque, attestent la jouissance effective, pendant plus de trois siècles, de ses droits seigneuriaux et la bonne intelligence qui régnait entre lui et ses sujets. En 1547 une convention fut passée entre les communes du dizain à propos deconseillers généraux et de la charge de grand châtelain, dont l'élection, à la suite de difficultés entre les intéressés, fut réglée en 1733 par un arrêté de la Diète.
Anniviers se rattachait au dizain de Sierre, qui était divisé en trois parties : la contrée de Granges, celle de Sierre et le val d'Anniviers. A partir de 1466 ce dernier devint une chàtellenie épiscopale. Les villages, sous les vidomnes déjà, formaient des bourgeoisies séparées, avec leurs territoires, leurs juridictions, leurs droit- de pâturages et de forêts. Au XVe s. le va] d'Anniviers formait quatre quartiers : Ayer, Grimentz. Saint-Jean etSaint-Luc, duquel, vers 1600, se détachera Chandolin. A cause des habitudes nomades de ses habitants, la vallée entretint de tout temps des relations assez étroites avec la plaine. C'est ainsi qu'elle s'engagea à contribuer à l'endiguement du Rhône et à la construction de la cure de Sierre. En 1461 les Anniviards rachetèrent les redevances de Loèche et de Salquenen, et en 1568 les droits des de Chevron, vidomnes de Sierre, ainsi que les dîmes dues à l'église de Saint-Maurice de Laques en 1759. Les prérogatives seigneuriales ayant été supprimées en 1798,1e prince-évêquede Sion perdit ses droits surla vallée. Celle-ci racheta les fiefs de la mense épiscopale et continua de faire partie du district de Sierre. Pendant la période française, toute bourgeoisie ayant à livrer un nombre déterminé' de soldats, elles se groupèrent pour n'en former plus que trois. La séparation récente de Vissoye, Ayer et Grimentz en porta de nouveau le nombre à six.
Anniviers ne forma autrefois qu'une seule paroisse, dédiée à Sainte-Euphémie, avec siège à Vissoye; elle est mentionnée dès le XIIe s. Dans les villages existaient des chapelles. L'église primitive subsista de