ANSPACH
lui employé pendanl 1 2 ans en qualité d'ingénieur par le Département des Travaux publics du canton de Saint- Gai] pour la correction de torrents el de ruisseaux. Pour l'exposition de Zurich en 1883, il lii les reliefs du Drubbachtobel, des Wildenberger Rùfi el du Simmitobel. En 1888 il s'établil comme ingénieur civil à Saint-Gall. Son dernier travail fui de dresser les plans du chemin de ferduGornergrat. 2. Gaston, ingénieur, * à Genève en 1840, t 1909. [1 fréquenta l'école du couvenl d'Einsiedeln el le lycée puis s'ini i i;i dans les Alpes bernoises, aux côtés de son père, à la triangulation, à l'arpentage cl à la cartographie. Après avoir travaillé entre autre comme adjoinl de l'ingénieur Diethelm, aux routes onili taires du canton d'Uri (routes <lr l'Axen, de l'Oberalp el de la Furka), il ouvril un bureau technique à Berne en 1866. Anselmier dressa de nombreux projets de routes, de chemins de fer el de correction de rivières ; il construisit le tramway Berne-Bremgarten-Friedhof, et le fit actionner par l'air comprimé. Anselmier fut président de la Société d'embellissemenl de la ville de Berne. — SLK. [E. B.]
ANSELMO, de Campione, architecte el sculpteur. Suivant un document du 30 novembre 1244, Anselme, qui était mort depuis longtemps, aurait fait un contrat avec l'administration de la fabrique du dôme de Modène, d'après lequel lui et ses descendants auraient dû être occupés à perpétuité, avec un salaire fixe, aux travaux île la cathédrale. Anselme travailla au dôme vers 1160; il esl possible qu'il ait collaboré avec Alberto Ier. de Campione, aux huit reliefs de la Passion, qui ornent la chapelle à droite du chœur. Son fils lui magister Otacius ; son petit-fils. ARBIGO Ier, le contrat susnommé était en vigueur pour lui. — SKL.
— ALBK. [C. T.] ANSERMET, famille d'Estavayer. -- 1. Pierre,
du contingent d'Estavayer en 1474. — 2. Aymon, du clergé d'Estavayer en 1524. — 3. Laurent, gouverneur d'Estavayer en 1534. — 4. Claude, gouverneur en 1573.
— 5. Petermann, gouverneur en 1582 et 1592. — 6. Louis, prêtre 1589, chapelain de l'autel de l'Assomption en l'église d'Estavayer, curé de Rueyres de 1593 à 1596, du clergé d'Estavayer dès 1593, f 1616. — 7. Philippe, gouverneur en 1607. — 8. Etienne, gouverneur en 1625. — 9. Jacques, gouverneur en 1655. — 10. François, l'aîné, prêtre, du clergé d'Estavayer de 1659 à 1690. — 11. François, le jeune, membre du clergé d'Estavayer de 1662 à sa mort en 1708. — 12. Christophe, gouverneur en 1662. — Voir Dom Grangier : Annales d'Estavayer. — Dellion -.Dictionnaire. [H. V.]
ANSERMET, Ernest, chef d'orchestre et compositeur, originaire de La Tour de Peilz, * à Vevey le 11 novembre 1883. Il fut professeur de mathématiques au collège de Lausanne dès 1906. Il organisa et dirigea l'Orchestre romand (1918). Critique musical, auteur d'oeuvres pour piano, orchestre, chant : Feuilles an printemps, Cloche fêlée, Causerie, Chansons sur des paroles de Ramuz (1918). [A. B.]
ANSERMET. Famille. Voir Berter.
ANSERMOZ. Familles vaudoises de Préverenges (1383). de Morges (1573), d'Yvorne (venue du Val d'Aoste avant 1604), de Tolochenaz (1604), de- Cuarnens (1608), d'Aigle (venue de Bagnes en 1618), d'Ormont-dessus (avant 1718). — Livre d'or vaudois. [M.R.]
ANSHELM, Valerius (de son nom Valerius RÛD), chroniqueur, de Rottweilen Souabe; * en 1475, il étudia à Cracovie de 1493 à 1495 et devint bachelier ès-lettres et de 1496 à 1499 à Tubingue, et se rendit à Lyon en 1501. Le 22 août 1505 il fut nommé maître d'école à Berne, le 17 novembre 1508 médecin de la ville. Il adhéra un des premiers à la Réformation, à Berne, et sa femme ayant tenu des propos inconsidérés sur le culte de la Vierge, il fut inquiété et alla se fixer à Rottweil. En janvier 1529 on l'appela comme chroniqueur à Berne, où il travailla à la chronique de la ville jusqu'à sa mort, survenue à la fin de 1546 ou au commencement de 1547. En 1510, Anshelm rédigea en latin un abrégé d'histoire universelle, qui fui d'abord répandu en plusieurs copies, puis imprimé en 1540 chez Apiarius à Berne. Son
ouvrage principal, L'histoire de la ville de Berne, comprend l'époque des guerres de Bourgogne jusqu'en 1536. Son manuscril Be compose de 3 volumes in-folio ei va jusqu'en 1526; sur les dix années suivantes, il ne laissa que des ébauches qui furent rassemblées eu un volume par Miehaei Stettler. La chronique de Valerius Anshelm a été publiée la première fois de 1825 a L833, par E Stierhn, en 6 volumes. Elle s'arrête à
1520. La seconde édition, critique, a été publiée par E. Rlôsch, d'après le manuscrit original, pour la Société d'histoire du canton de Berne. Elle a paru de 1884 à 1901, en 6 volumes, sous le titre : Die Berna Chronik des Valerius Anshelm. Th. de Quervain a retrouvé le texte de huit fragments île l'an 1528 el l'a publié dans : Kirchliche und soziale Zustânde m l'.rnt 1528-1530. La chronique d' Anshelm, écrite dans l'esprit de la Réformation, se distingue par son exactitude, par un langage plein de force et la grandeur des descriptions. Suivant le jugement de Hanke, elle est une des meilleures chroniques de son époque. Voir l'introduction de la seconde édition el ADB. — Voir l'iuri: Anz.Alt. 1896. - Tobler, ib. 1899. 1908. — ASG 1896, n° 5; 1908 n° 2. [E. B.]
ANSORG. Famille. Voir ÛNSORG.
ANSPACH. Famille genevoise venue de Sauerschwabenheim (Electoral de Mayence) en 17'rl. — 1 Isaac-Salomon, baptisé le 12 juin I7'it> à Genève, reçu habitant en 1777 et bourgeois en 1779. Après des études en lettres et en théologie, il fut consacré ministre en 1774 et nommé régent l'année suivante. La révolution de 1782 le priva de celte place et le força à s'expatrier à Bruxelles où il fut nommé pasteur en 1783. Rentré à Genève en 1789, il devint l'année suivante pasteur du Petit-Saconnex. Avec plusieurs de ses collègues, il se rangea du côté des novateurs dans la lutte qui aboutit à la chute de l'ancien régime genevois. En décembre 1792, il fit partie du Comité des Quarante, et le 28 du même mois, jour de la victoire, fut nommé membre du Comité provisoire d'administration. Le 11 février suivant, il entrait à l'Assemblée
nationale et y prenait immédiatement une place prépondérante. L'on peut dire que la Constitution de 1794 est son œuvre. Le 18 février 1794, il fut élu procureur général, la plus haute charge de l'État après celle de syndic, et remplit ses fonctions avec conscience et dignité. On lui a fait un grief de ne pas s'être opposé plus résolument à l'insurrection île 1794, reproche qu'il mérite peut-être moins que ses collègues du gouvernement. Lorsqu'elle eut éclaté, il s'efforça d'en empêcher les excès, et dans la funeste journée du 25 juillet, aux Bastions, il vota ostensiblement pour la vie des sept victimes afin de donner l'exemple. Anspach était un révolutionnaire convaincu, de tendances assez avancées, ce qui le fit tomber dans un certain discrédit pendant la période de réaction qui suivit l'insurrection. Aussi jugea-t-il à propos de postuler la place vacante de pasteur de Cartigny et Avully. Il y fut nommé le 11 décembre 1795 après avoir résigné ses fonctions de procureur général. En janvier 1796,
il fut candidat au poste de syndic, mais échoua. Cet échec mit fin à sa carrière politique. Anspach resta
pasteur de Cartigny et Avully jusqu'en 1815 et, l'année suivante, fut nommé « principal» du collège, fonction qu'il conserva jusqu'à sa mort survenue le 19 janvier
1825. Anspach était un théoricien plutôt qu'un homme
Anspach. Caricature contemporaine de W.-A. Toptt'er.
(Bibliothèque publique, Genève )
ANTAGNE
ANTHROPOLOGIE
(lardon et il n'avait peut-être pas l'énergie suffisante pour faire face aux circonstances critiquas dans lesquelles il se trouva placé. On a de lui des brochures politiques, des rapports, des discours, et un Cours d'études de la religion chrétienne en sept volumes, 1818-1819.
— 2. François-Louis-Jean-JacqUES, * à Bruxelles le 8 octobre 1784, f 1858, fils du n° 1, fut un des directeurs de la banque de Belgique et chevalier de l'Ordre Léopold. En 1830, la ville de Bruxelles l'avait envoyé siéger à la Chambre des représentants. Il eut trois fils : Jules-Victor, qui fut bourgmestre de Bruxelles ; Edouard, ministre plénipotentiaire de Belgique au Brésil, en Suède et en Espagne ; Eugène- Guillaume, directeur de banque. — Voir Sordet : Diction, des familles genevoises. — Heyer : L'église de Genève. — Bivoire : Bibliographie. — Arch. d'Etat Genève. [L.-E.Birnet.]
ANTAGNE (C.Vaud, D. Aigle, Com.Ollon. X.DGS). Hameau dominant Ollon, à 2 km. à l'Est. On y a trouvé des sépultures de l'époque de la Tène, des débris de constructions romaines. Le nom paraît être d'originegermanique. Anciennes formes: 1199 : Antagnes; 1532 : Antagnyez; 1589 : Anthagne ; 1680 : Antagnies. Au moyen âge, ce hameau dépendait de l'abbaye de Saint-Maurice qui perçut des censés jusqu'en 1805. Un chevalier d'Antagne, Falco, donna en 1199 au couvent la moitié de la dîme du lieu. Antagne eut une école dès 1696; le bâtiment actuel date de 1901. — DHV. [M. R.]
ANTELMI, Antonio, secrétaire de la Bépublique de Venise, résidant à Milan 1614-1616, chargé d'une mission extraordinaire à Zurich en mai 1618, résidant à Mantoue 1642-1643, à Milan 1643-1644. — Bott : Hist. de la représentation diplomatique.
ANTEREN (C. Berne, D. Wangen, Com. Niederbipp et Oberbipp). La petite vallée d'Anteren recèle dans sa partie postérieure, ressortissante d'Oberbipp, des objets fort intéressants au point de vue archéologique. Sur la pente Est de Hohenstuden s'élève un édifice romain duquel on jouit d'une vue toute particulière sur le Buchsgau. Il semble, d'après les revêtements en marbre retrouvés, que c'était une villa. L'eau était fournie par un réservoir découvert qui existe encore sur la pente. Le plateau dominant Anteren au Sud- Ouest (Neubann, Stierenweid et Hohenstuden) contient de nombreux tumuli en pierre. — Voir Wiedmer-Stern : An htïologisches aus dem Oberaargau (dans le AHVB, 17,1904,342). [E.Tatarinoff.]
ANTHOINE, Nicolas, 1603 (?)-1632, * à Briey (Lorraine). Catholique d'origine, il se convertit au protestantisme vers l'âge de vingt ans, puis adhéra secrètement au judaïsme. Il fut pasteur à Divonne, mais ayant trahi son secret, il fut placé, le 11 février 1632, dans l'asile des aliénés de Genève. Incité par la Compagnie des pasteurs, le Conseil de Genève lui fit un procès en hérésie. Anthoine fut condamné à mort le 19 avril 1632, et le lendemain, étranglé et brûlé. — Voir Arch. d'État Genève : Procès criminels, s. II 1632. - Spon: Histoire de Genève I, p 495-501. — Gaberel: Histoire de l'église de Genève II, p. 291-300. — Gautier: Histoire de Genève VII, p. 198-230. — France protestante.
— [S. Balitzer] : Nicolas Anthoine, un pasteur... brûlé à Genève en 1632... (Bévue des éludes juives 1898, n° 72). [o.karmin.]
ANTHOINE, famille de notaires et de conseillers d'Estavayer, éteinte au XVIe s. — 1. Antoine, notaire 1397-1451, conseiller 1443. — 2. Pierre, notaire 1420- 1434. — 3. Jacques, capitaine de la VIIIe compagnie du Contingent d'Estavayer 1474. — 4. Antoine, gouverneur d'Estavayer en 1507. — Dom Grangier : Annales d'Estavayer. — Dellion : Dictionnaire. — Archives de la famille de Vevev. [H. V.]
ANTHROPOLOGIE. Sommaire : 1. État actuel de l'anthropologie suisse. 2. Histoire de l'anthropologie suisse jusqu'.-n 1895. 3. L'anthropologie suisse depuis 1895. (Voir DGS t. V, p. 195 et l'art. Age du DHBS.)
1. Etat actuel de l'anthropologie suisse. L'âge de la pierre taillée se subdivise en une série de périodes, qui sont, en commençant par la plus ancienne: Les périodes cheHéenne, acheuléenne, moustérienne, aurignacienne, solutréenne, magdalénienne, et, entre cette dernière
et l'âge de la pierre polie, s'intercale la période azilienne. Jusqu'à présent les plus primitifs débris de civilisation rencontrés en Suisse datent de l'époque moustérienne. Il y a quelques années l'on ne pensait même pas r.emonter si haut, dominé que l'on était par l'idée que les glaciations ayant recouvert complètement ou presque complètement notre pays, il était inutile de chercher au delà du post-glaciaire des traces humaines sur le territoire suisse.
Puis est venue la découverte du Wildkirchli, dans le massif du Sântis. Dans cette grotte, un outillage du type moustérien a été rencontré avec les restes d'une faune caractéristique pour cette période. Ensuite, les fouilles de la grotte de Cotencher dans le Jura neuchàtelois ont mis au jour un outillage moustérien très rapproché de celui du Wildkirchli et des débris abondants d'une faune de la même époque dont la liste est, pour les spécialistes, extrêmement instructive. En outre, cette découverte de Cotencher apporte des précisions particulièrement précieuses au sujet de la place que doit occuper le moustérien dans la chronologie des glaciations. L'on peut donc faire remonter à la période moustérienne les premiers établissements de l'homme sur le territoire de la Suisse ; mais il s'agit là d'apparitions sporadiques, et il faut arriver à la période magdalénienne pour constater la, présence plus étendue et plus durable de l'homme. Quel était le type physique des Helvètes de l'âge de la pierre taillée ? Les stations suisses ne peuvent malheureusement apporter aucune indication précise à cet égard. Les stations paléolithiques n'ont fourni aucun squelette humain suffisamment complet pour que nous puissions en déduire quelques conclusions sérieuses. Quelques-uns des fragments recueillis ont cependant été l'objet de recherches anthropologiques. Parmi ces dernières on peut citer la récente publication de Schlaginhaufen : Die menschlichen Knochen aus der Hôhle Freudenthal im Schaffhauser Jura (Arch. suisses d'anthrop. gêner. Genève 1920). Devant une telle pénurie de renseignements, il nous faut donc procéder par hypothèses et nous imaginer que les Suisses de ces époques reculées appartenaient à la même population, au même type ethnique que l'habitant, aux mêmes périodes, des territoires voisins de notre pays.
Les découvertes faites jusqu'à ce jour nous permettent de constater la présence en Europe, durant les périodes paléolithiques, d'au moins quatre types humains. C'est d'abord V Homo Heidelbergensis, de la période chelléenne, encore hypothétique quant aux détails de sa morphologie générale, connue seulement par la découverte de la mâchoire de Mauer près Heidelberg. Il devait être d'une construction autrement plus brutale que les types actuels.
De cette même période on a découvert en Angleterre, à Piltdown (Sussex) un crâne dont la morphologie appartient aussi à un type évolutif inférieur, moins cependant que le précédent, et qui a été dénommé Eoanthropus Dawsonii.
Grâce aux squelettes de la Chapelle-aux-Saints (France), de Spy, (Belgique) de Neanderthal (Allemagne), de la Ferrassie, du Mousiier, etc. on a pu reconstituer le type humain du moustérien. Il est d'une telle infériorité évolutive qu'on a pu dire qu'aucune race humaine actuelle, quelque basse que soit sa position dans la hiérarchie morphologique, ne peut lui être comparée. Cet Homo Neanderthalensis, comme on l'a appelé, ne devait pas pouvoir se tenir franchement debout. Une taille peu élevée, un corps massif, des jambes courtes, des extrémités très développées, un grand crâne avec une face énorme, tels sont les signalements principaux de cette race humaine. Jusqu'à plus ample information, nous pouvons admettre que ce sont de tels hommes qui parcouraient notre pays pendant la période moustérienne et qui ont abandonné, soit au Wildkirchli soit à Cotencher leurs instruments de pierre.
Deux squelettes rencontrés dans les grottes des Baoussé-Roussé sur le littoral méditerranéen de l'Italie, à deux pas de la frontière française, et des représentations sculpturales datant de la même époque trouvéés en divers endroits de la France, en Autriche (à
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Willendorf), et aussi aux Baoussé-Roussé, semblent indiquer l'existence pendant la période aurignacienne d'une race négroïde à caractères stéatopyges.
Dans le paléolithique supérieur (ce sonl les stations
magdaléniennes qui sont les plus nombreuses en Suisse)
Crâne du début de la période néolithique trouvé àChamblandes. Type dolichocéphale dit de Cro-Magnon. (Musée de Lausanne.)
la race dite de Cro-Magnon (station de la Dordogne) apparaît comme représentant vraisemblablement le type de Y Homo sapiens actuel. Le squelette de celle race est d'une morphologie autrement plus noble que celle des races précédentes.
Toutes ces races humaines sont du type crânien dit dolichocéphale. Sansdoutela forme crânienne del'Homo Neanderthalensis n'est pas la même que celle des hommes du type Cro-Magnon, mais il n'en existe pas moins par ce caractère de dolichocéphalie un air de parenté morphologique entre ces types.
Dans les temps néolithiques apparaissent des individus dont le type crânien est brachycéphale. On a pensé que c'était à cette race nouvelle qu'était due la construction des habitations lacustres. Mais une race dolichocéphale coexiste avec elle sur notre sol et l'on ne sait quelle parenté peut la relier aux dolichocéphales paléolithiques (le type de Y Homo Neanilnlliulrnsis semble s'être éteint dès les temps aurignaciens). Quand, en Suisse, l'âge du bronze va succéder à l'âge de la pierre, les dolichocéphales semblent être devenus plus nombreux ; pendant l'âge du fer, ils paraissent être en certains endroits prépondérants, au moins dans la région du Plateau. Quelques grands cimetières de cette région, comme celui de Miinsingen par exemple, renferment presque exclusivement ce type humain ainsi que des individus mésaticéphales. Le massif alpin cependant, présente une image de brachycéphalie sinon compacte du moins très accusée.
Dès les périodes protohistoriques la Suisse appâtait donc comme habitée par une population mixte. Le massif alpin principalement, et une grande partie du reste du pays, renferment une population brachycéphale, appelée communément celtique, celte-alpine, etc., descendante vraisemblable des brachycéphales venus en Suisse dès les premiers temps néolithiques. Ces constructeurs des palafittes sont, au point de vue strictement ethnique, et dans l'état actuel de nos connaissances, les fondateurs de notre race. A côté d'eux vivent les dolichocéphales dont nous venons de parler et dont les premiers types apparaissent en Suisse dans les sépultures comme cellesdeChamblandes.Lespôriodes historiques apporteront les invasions que tout le monde connaît et qui, venues du Nord et du Nord-Est, abandonneront sur le territoire de la Suisse des alluvions humaines à caractères principalement dolichocéphaliques.
Avant de clore cette introduction rapide, il ne faut pas oublier de signaler un groupe humain dont la présence en Suisse a pu également modifier, dans
une certaine mesure, la physionomie ethnique de diverses pari ies de n<>t re pays. Nous voulons parler des popu- Lations de petite taille, des pygmées, que nous rencontrons des les temps néolithiques. Il ne s'agit pas ici d'individus ayant subi des dégénérescences fortuites. Ce sont des individus normaux représentant une « race ». On a rencontré de tels pygmées en divers lieux de la Suisse, dans le Valais, dans les cantons de Berne et de Schaffhouse, etc.
2. Histoire de l'anthropologie suisse jusqu'en 1895. Les premiers travaux relatifs à l'ethnologie suisse, dont nous ayons à nous occuper dans cette notice, datent du deuxième tiers du XIXe s. Les squelettes que l'on découvre à ce moment-là dans diverses parties de la Suisse, on tente de les apparenter aux populations voisines a v ec Lesquelles nous supposons avoir eu des liens historiques ou linguistiques. On essaye d'établir des filiations entre les anciens habitants des Grisons et les Etrusques. Avant que ne paraissent les premiers ouvrages généraux traitant de la population suisse dans son ensemble, quelques revues scientifiques, en Suisse, en Allemagne, en Angleterre, publient des dissertations au sujet des Rhètes (Steub : Zut Rhàtischen Ethnologie, Stuttgart, 1854. — Freund : Ethnological Observations on a journey through the Rhaetian Alps, Journ. of the ethnological Society of London, 1856). Il faut reconnaître sans parti pris que les savants suisses ont été longs à comprendre l'intérêt de l'anthropologie physique pour la classification des races. Pourtant les essais de Blumenbach ne leur étaient pas inconnus, non plus que les débuts de la craniométrie comparée de Daubenton ou ceux de la craniométrie ethnique de Camper et de Sœmmering. Les études de morphologie ethnique semblent se déclencher vers le moment où se crée à Paris la première société d'anthropologie. C'est encore une étude sur la population grisonne qui fait les frais d'une communication de von Bœr à l'une des premières séances de la Société d'Anthropologie de Paris (Sur la forme du crâne des Romans Rhétiques, 1859). L'auteur discute la parenté, qu'il conteste, des Grisons et des Etrusques. Et c'est la forme brachycéphale des crânes grisons tandis que les Etrusques sont, selon lui, dolichocéphales, qui le conduit à cette conclusion négative.
Cinq années avant la fondation de la Société d'Anthropologie de Paris, Ferdinand Relier publiait ce livre fameux qui ouvre un horizon tout nouveau sur la civilisation primitive de la Suisse : Die Keltischen Pfahl-
Cràne à caractères négroïdes du début de la période néolithique trouvé à Çhamblandes. (Musée de Lausanne.)
bauten in den Schweizerseen. C'est une page aussi importante pour l'histoire des hommes que celle publiée jadis par Boucher de Perthes sur les antiquités celtiques ei antédiluviennes. Devant cette apparition d'une civilisation aussi nouvelle et aussi considérable, il semble qu'on cherchera à connaître, aussitôt que possible, les
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caractères physiques du civilisateur. Mais les premiers documents importants permettant de discuter la race des lacustres n'apparaîtront que beaucoup plus tard. Cependant, en 180:2, His publie la première description d'un crâne humain extrait des palaflttes. (L'eber den menschlichen Schâdel ans dem Pfahlbau von Meilen in Xeite Denkschr. der ail g. Schweiz. Gesellschaft der Naturwissenschafïen 1862.)
En 1864, parait un ouvrage capital, qui pendant bien des années sera comme le bréviaire des anthropologistes suisses : His et Rùtimeyer : Cranta helvrtica, Sammlung schweizerischer Schàdelformen, Bâle et Genève (864. Ces auteurs, après avoir étudié 100 crânes dos temps historiques » et environ 150 crânes modernes, constatent quatre formes craniennes-types en Suisse : le type de Sion (des temps préromains) ; le type de Hochberg (des temps romains au Ve s. après J.-C ) ; le type de Bel-Air (de l'époque burgonde et alémanne du Ve au IX- s.) : le type de Disentis (du moyen âge et des temps actuels). Le premier de ces types crâniens est mésaticéphale (indice moyen 77.1') : le second et le troisième sont des types dolichocéphales (indices respectifs : 70.7 et 73.8) ; le quatrième type est nettement brachycéphale (indice 86.5). Cette classification qui a pu avoir une valeur momentanée n'est plus admise par les anthropologistes actuels qu'à titre historique. Depuis le moment où His et Rutimeyer publiaient leur volume, de nombreuses découvertes sont venues modifier nos conceptions. Le type de Disentis pourrait cependant caractériser le type crânien de la plupart des Grisons et d'une grande partie des brachycéphales suisses.
Jusque vers 1867 on ne s'est guère occupé, dans les recherches relatives à la morphologie humaine, que des caractères crâniens. Mais on se rend bien compte cependant que la forme du crâne, tout importante qu'elle soit, n'est qu'un des éléments devant servir aux classifications des groupes humains. D'autres caractères doivent être envisagés, notamment la stature. Et c'est, sauf erreur, P.-L. Dunant, de Genève, qui commence en Suisse les enquêtes relatives à la taille des habitants de notre pays. Successivement il publie : Recherches sur la taille moyenne en Suisse (Journ. de statist. suisse, 1867); — Taille moyenne des habitants de Genève, 1867 ; — De la taille moyenne des habitants du canton de Fribourq (J. de statist. suisse, 1868 et Bull. Soc. d'Anthrop., Paris 1869).
En même temps que le passé de la plus lointaine Helvétie est l'objet de la préoccupation des anthropologistes, l'étude de la population vivante sollicite leur attention, car celle-là peut être l'image de celle-ci. A quels groupes humains de la primitive Europe rattacher les populations actuelles de la Suisse ? Ces dernières
Crâne de pygmée comparé ;'i un crâne normal. mines ont été trouvés hors de Suisse.)
■m -elles des ascendants dans tous les stades des successives apparitions humaines sur notre sol ? Ou seulement dans quelques-uns d'entre eux? Et dans lesquels ? Aussi dès 1*70. voit-on apparaître les premières
publications relatives aux caractères descriptifs des Suisses contemporains: L.Guillaume: Observations faites sur la couleur des yeux et des cheveux dans le canton de Neuchàtel (Bull. Soc. - — —
des Se. nat. de Neuchâtel, 1876, et Journ. de statist. suisse, 1878).
Cette publication est le début de celles qui paraîtront successivement comme résultats d'une vaste enquête entreprise dans toutes les écoles de notre pays. Pendant ce (
temps, les re- ^s^iyTr/"'^>^ r*^/
cherches conti- v£f < lF '
nuent dans les Crâne lacustre brachycéphale (néolithique; Stations lacustres «le la station de Font (Musée de Neuchâtel). de toute la Suisse. Les rares débris humains que l'on y découvre sont aussitôt décrits par les heureux fouilleurs. L'étude des crânes provenant des habitations lacustres a certainement, pour la connaissance de l'ethnologie suisse, une très grande importance. En effet, ces stations semblent avoir été créées par des brachycéphales venus de l'Est: dès lors, il importe de savoir si la civilisation de l'âge du bronze a été apportée par une autre race humaine ou si elle est la civilisation nouvelle de la race déjà fixée dans l'antique Helvétie. Aujourd'hui encore le problème n'est pas résolu. Il semble — nous n'osons pas aller plus loin que ce terme dubitatif — qu'avec l'âge du bronze apparaissent en Suisse — venus aussi de l'Est par les cols des Alpes? — ■ des individus plus nettement brachycéphales (néobrachycéphales) que leurs devanciers. Mais la difficulté des recherches, le manque en particulier de découvertes stratigraphiques dans les stations lacustres, nous obligent à beaucoup de prudence.
En 1894, Studer et Bannwarth, rassemblant toutes les trouvailles des stations palafittiques, publient le somptueux ouvrage où sont représentés, par la photographie, tous les crânes des lacustres suisses connus à cette époque : Crania helvetica antiqua, Leipzig, 1894. Cette publication magistrale permet à G. Hervé d'essayer une synthèse du peuplement de la Suisse à la période néolithique (Les populations lacustres, Revue mens, de l'Ecole d'Anthrop. de Paris, 1895) à laquelle on peut encore avoir recours.
3. L'anthropologie suisse depuis 1895. Jusqu'en 1895, les études régionales d'anthropologie ethnogénique n'avaient guère abordé que le canton des Grisons. Nous en avons vu la raison : le désir de rattacher les Etrusques à la race des Alpes rhétiques. Désormais les autres cantons auront leur tour. Mais les premiers travaux ne touchent encore qu'à une ou deux régions. C'est ainsi queM.Bedot commence l'étude anthropologique des recrues valaisannes : Notes anthropologiques sur le Valais, Bull, de la Soc. d'Anthropologie de Paris, 1895, suivies, trois ans plus tard, d'une seconde partie, portant le même titre et publiée dans le même recueil. Quelques temps après, Eugène Pittard examine, dans le détail, les nombreux ossuaires du même canton. A ces publications, de caractère préliminaire, en succèdent de nombreuses autres jusqu'au moment où le même auteur rassemblera toutes ses études sur les séries examinées dans la vallée du Rhône. Dans le canton de Vaud, Schenk aborde, de son côté, l'étude anthropologique de ses concitoyens et Schurch expose ce que nous savons, à ce moment-là, de la forme crânienne des habitants du Plateau suisse. La série de Schurch comprend l'examen de 455 crânes provenant soit du Musée anatomique de Berne soit des ossuaires de Hasle (Lucerne), Buochs et Stans (Unterwald), Altdorf et Scliattdorf (Uri). Elle montre une forte prédominance du type brachycéphale. Celui-ci compose le 86,6% des individus étudiés. Les dolichocéphales ne
ANTIIROPOUH.IE
ANTIIKOPOLOCIE
sont représentés que parle 1,6 °/n, les sous-dolichocéphales h mésaticéphales par le 11,8%. En 1902 E. Wettstein étudie les caractères craniologiquea de la région de Disentis : /»/■ Anthropologie und Ethnographie des Kreises Disentis. Quelques années plus tard, F. Schwerz publie: Versuch einer anthropologischen \/<<niiHnipItif des Kts. Srhtiffhausctt, s/ieziell des Klettgaues. (Denkschr. der Schweiz, naturforschenden Gesellschaft 1910.) Le même auteur é1 udiera également le type physique «les Alémannes qui s cm bien i a voir joué un certain rôle dans la physionomie ethnique de la Suisse.
La période des progrès anthropologiques que nous considérons dans cel historique ne voil pas seulement surgir des travaux concernant la connaissance morphologique de la strate humaine moderne Tous les squelel tes qui sont mis au jour par des fouilles, - autrement plus précises et plus soigneuses qu'au! reluis, sont soumis à l'examen des spécialistes. La bibliographie de l'anthropologie suisse, dès 1 SOU, renferme un grand nombre de travaux décrivant les restes humains rencontrés au cours des fouilles, sur la terre ferme et dans les lacs. Les trouvailles de Nuesch, au Schweizersbild, conduisent Kollmann à la publication d'un mémoire important : Dus Schweizersbild. Der Mensch i Neue Denkschrifi der allg. Schweiz.- Gesell. der Naturwissensch., Zurich 1896), et la description des débris de squelettes rencontrés dans les stations palafiltiques de la périodede
la pierre polie et du bronze continuent.
Elles permettront bientôt, espérons-le, d'éclaircir certains points controversés au sujet des plus anciens peuplements de la Suisse. Les invasions des périodes historiques ont été capables de modifier le type ethnique de la Suisse. Dans quelle mesure ces modifications probables sontelles intervenues ? Il est impossible, à l'heure actuelle, de le savoir exactement, faute de documents ostéologiques en nombre suffisant provenant des périodes antérieures aux invasions. Lors de ces périodes, la Suisse est de plus en plus peuplée. La quantité de documents nécessaires pour avoir une vue un peu nette de la physionomie ethnique de notre pays à ce moment-là doit donc absolument devenir plus considérable. En outre, les enquêtes sur la population vivante ne sont pas encore assez complètes pour que les comparaisons deviennent très profitables. En ce qui concerne les peuples des invasions, plusieurs travaux ont déjà paru qui ont donné le portrait ethnique — peut-être n'est-il pas définitif ? — de deux groupes importants de ces migrateurs: les Burgondes et les Alémannes.
On a fait grand bruit, en Suisse, à un certain moment, à propos de l'influence ethnique qu'auraient pu donner les Huns et les Sarrasins à la population de notre pays. Il a paru, à cet égard, quelques travaux historiques, linguistiques et ethnographiques. Mais il faut reconnaître franchement l'impossibilité dans laquelle nous sommes encore aujourd'hui d'apporter à ces problèmes aucune précision basée sur les recherches d'anthropologie proprement dite.
La presque totalité des études d'anthropologie en Suisse ont été jusqu'à présent presque exclusivement descriptives. Cependant, quelques essais ont été tentés dans le sens d'une anthropologie explicative. Il a semblé à quelques anthropologistes, que certaines caractéristiques relevées sur les crânes et sur les autres parties de squelette ne devaient pas demeurer à l'état d'analyse ; qu'elles pouvaient donner matière à des examens nouveaux. Le poids exceptionnel de certains crânes des Grisons, ceux que j'ai appelés les macrobrachycéphales (Pittard et Kappeyne : Contribution à
Type de crâne suisse modérément allongé (sous-dolichocéphale).
l'étudi anthrop. des Grisons: 19 crâne» d'Enu (Bull. Soc. d'Anthrop., Lyon 1902), doit pouvoir trouver son explication. La courbure postéro-antérieure des fémurs humains de la plupart des montagnards alpin- ; certains détails spéciaux dans la construction générale de ces os longs ainsi que des tibias; certains caractères de prognathisme, associés à la dolichocéphalie, dans des régions en très grande majorité brachycéphale sont des caractères qui attirent justement l'attention. Il est une autre recherche qu'il paraît nécessaire, Don pas d'entreprendre, car elle est entreprise, mais d'intensifier : c'est l'étude de la croissance du corps dan- les (Inerse- parties de la Suisse, en fonction des divers milieux.
.Nous ne savons pas exactement, pour L'ensemble d< la Suisse, quelle est la slal ure moyenne, par cantons et par districts, des habitants. Il s'agirait pourtant là de documents élémentaires. Puis à côté de ce premier enregistrement de connaissances relatives à la stature. qui représente incomplètement, il faut le reconnaître, le développement général du corps, les anthropologistes émet tint le désir de savoir si la croissance de la taille est, en Suisse, influencée par les divers milieux physiques et sociaux et . en cas d'affirmation, dans quelle mesure elle l'est. Sous le terme de milieu », on peut entendre beaucoup de choses. Pour simplifier, nous ramenons le milieu physique à la nature du sol, l'altitude, la direction des versants. Réduite à ces facteurs généraux, il n'en reste pas moins que la recherche de l'influence de ces milieux sur le développement de la stature est un des problèmes les plus délicats Et c'est pourquoi beaucoup de conclusions exprimées à ce sujet sont vraiment trop simplistes. Certains systèmes sociaux sont édifiés sur des rapports de statistiques dont on n'a jamais cherché l'interprétation véritable. On ne saurait trop s'entourer de précautions scientifiques : on ne saurait assez veiller aux divers facteurs autres que les milieux, qui peuvent influencer des variations qu'on pourrait être trop facilement tenté d'attribuer uniquement à ces milieux. Ici, en particulier, il ne faut jamais perdre de vue le facteur ethnique que la plupart des statistiques ont négligé — parce qu'elles ne supposaient pas son existence. Et l'importance de ce facteur dans des interprétations sociales est tellement grande qu'elle devrait nous inciter à mieux connaître les caractères anthropologiques de notre pays. Les connaissant mieux, nous en discuterions plus sainement.
Nous ne savons pas non plus quelle est la différence de taille existant entre les hommes et les femmes pour l'ensemble de notre pays. Quelques timides essais ont été tentés en ce qui concerne les écoliers des deux sexes. Mais la différence dans le développement ne devrait pas être étudiée seulement de cette façon générale ; il faudrait tâcher de la saisir dans les détails : croissance des divers segments du corps, des membres inférieurs et supérieurs, du crâne et de ses parties, etc.
Tout ce qui a été dit ci-dessus montre que les études d'anthropologie suisse sont encore en pleine jeunesse. On ne s'étonnera donc pas de constater qu'un tel état n'est guère favorable à la publication de travaux d'ensemble. Les Crania helvetica, de His et Rûtimeyer, ne pouvaient représenter qu'une image restreinte et momentanée des recherches anthropologiques en Suisse. Le beau volume- de Studer et Bannwart : Crania helvetica anliqua, donnant le catalogue des crânes lacustres suisses, ne pouvait pas non plus fixer définitivement la physionomie ethnique de nos ancêtres pour ces périodes lointaines. Pour oser publier une œuvre définitive, il faudrait limiter ces recherches à une petite région et l'étudier à fond. C'est ce qui a été fait pour la vallée valaisanne du Rhône : Eugène Pittard : Crania Helvetica, I. Les crânes valaisans de la vallée du Hliàiir (MJG XX). Cette œuvre d'ailleurs n'a pas abordé l'étude, par suite de manque de matériaux, de l'anthropologie préhistorique. Une vue générale de l'anthropologie physique de la Suisse a été tentée dernièrement par Schwerz: Die Volkerschaften der Schweiz von der Urzeit bis zut Gegenwart, Stuttgart, 1915. Avant cet ouvrage, Schenk avait donné une image générale de l'anthropologie préhistorique de la Suisse dans un
ANTHROPOLOGIE
ANTIALCOOLISME
volume intitulé : La Suisse préhistorique, Lausanne,
Il faut reconnaître toutefois, que dans l'état actuel de nos connaissances, encore trop fragmentaires, tout essai de synthèse anthropologique concernant la Suisse entière — dans le passé et dans le présent — ne peut avoir qu'une valeur momentanée.
Si maintenant, nous essayons de récapituler les étapes principales par lesquelles l'histoire de l'anthropologie en Suisse est jalonnée, nous constatons les faits suivants :
Tout d'abord dans le premier tiers du XIXe s quelques essais à caractères plutôt historiques et littéraires. Ils ont principalement pour but de tenter des rapprochements ethnologiques avec des groupes historiques dont l'étude est alors en vogue (les Grisons rapprochés des Etrusques par exemple). Dès 1860 environ, l'anthropologie devient plus nettement scientifique. Mais pendant un grand nombre d'années elle restera descriptive et elle s'attachera presque exclusivement à étudier les populations du passé. A cette époque l'étude de la population vivante n'est l'objet que de très timides essais. Mais l'extension des fouilles dans les stations lacustres, la réunion de congrès internationaux, la découverte dans des conditions indiscutables des premiers squelettes paléolithiques dans les pays voisins, l'immense mouvement anthropologique qui se déclenche un peu partout dans le monde, entraînent les savants suisses dans l'activité générale ; des publications nombreuses et variées paraissent dans tous les coins de notre pays. Les anthropologistes suisses participent bientôt à l'étude des problèmes qui passionnent l'anthropologie universelle. De plus en plus quelques-uns spécialisent leur effort dans ce domaine (Cari Yogt, J. Kollmann, Studer, Fritz et Paul Sarasin). La dernière étape consiste dans la spécialisation définitive de quelques savants suisses dont toute l'activité scientifique se portera exclusivement sur les recherches anthropologiques. On peut citer, en plus des noms ci-dessus et dans l'ordre chronologique : R. Martin (Zurich), Eugène Pittard (Genève), Alex. Schenk (Lausanne), J. Schlaginhaufen (Zurich), Schwerz (Berne), qui ont donné la plus grande partie de leur effort intellectuel en faveur de l'anthropologie physique de la Suisse.
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ANTIALCOOLISME. C'est au XIXe s. seulement que les particuliers eurent l'idée de s'associer pour lutter contre l'alcoolisme. Sous l'influence des sociétés de tempérance qui s'éfaient fondées au début de ce siècle, aux Etats-Unis d'abord, puis en Angleterre, on songea en Suisse à créer quelque chose d'analogur. En 1830, une Société de tempérance était fondée à Plainpalais : en 1835, une organisation analogue surgissait dans le canton de .Neuchâtel ; en 1836, dans le Jura bernois ri dans le canton de Fribourg ; en 1837 se constituait la Société vaudoise de tempérance, dont, la 1 1 ; i i s sance avail été précédée (rime enquête fort intéres-
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