‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 2)Chapitre 207 sur 329 · ANT1 ALCOOLISME · texte numérisé non relu

ANT1 ALCOOLISME

santé sur L'alcoolisme dans le canton, organisée par la Société vaudoise d'utilité publique. La Société genevoise d'utilité publique publia, en IK'il, un rapport sur l'ivrognerie dans le canton de1 Oenève ; le rapporteur ('■lait Ernest N a ville. Des sociétés analogues se fondèrent en Suisse allemande, où l'écrivain populaire Zschokke, m pai tiriilicT, s'éleva à plus (l'une reprise contre l'habitude (le boire à tout propos. Aucune de ces sociétés ne déploya une activité véritable ; elles onl toutes végété un ou deux ans, puis se sont dissoutes.

Le mouvement antialcoolique organisé ne commence donc, à vrai dire, en Suisse que dès 1877, date de la Iondation de la première société suisse d'abstinence lolale,

due à l'initiative du pasteur Louis-Lucien Rochat.

Ayant eu l'occasion, au cours d'un séjour d'études en Angleterre, de voir que les buveurs, jugés chez nous incorrigibles, pouvaient se relever par le moyen de l'abstinence lolale combinée avec une influence religieuse, Rochat. eut l'idée de fonder une oew re analogue en Suisse La Croix-Bleue est donc avant toul une société de relèvement pour buveurs. En même temps, c'est une société à base religieuse ; elle exige de ses membres l'abstinence totale de toute boisson enivrante, fermentée ou distillée, sauf usage religieux ou prescriptions médicales. Au 1er sept. 1919, la Croix-Bleue comptait 31 1415 membres, répartis en .Vil sections.

En 1888 se fonde I'Avenir, société d'abstinence de l'Eglise nationale vaudoise, dont l'activité est restée limitée à son canton d'origine. Elle comptait en 1918 286 membres. En 1889, le professeur Auguste Forel fonda à Zurich la Société internationale contre l'usage des boissons alcooliques, devenue bientôt la Ligue ANTIALCOOLIQUE. La société professe une neutralité confessionnelle et politique absolue. Elle s'est répandue, au début au moins, surtout dans les villes, et dans les milieux intellectuels. Maintenant encore, c'esl elle sans doute qui compte la plus forte proportion de médecins et. d'instituteurs parmi ses membres. Ceux-ci sont au nombre de 1448 en 39 sections, d'après le recensement de 1919. En 1892, le professeur Forel encore introduisit en Suisse I'Ordre internationaldesBons-Templiers. Cette société a emprunté à la franc-maçonnerie quelques-uns de ses usages (loge, mot de passe, rituel, etc.). Au point de vue antialcoolique, elle exige de ses membres un engagement beaucoup plus strict que la plupart des autres sociétés antialcooliques. Elle ne leur demande pas seulement l'abstinence totale à vie, après un certain stage dans la société, mais aussi de s'engager à ne pas acheter, vendre ou offrir des boissons distillées ou fermentées. En 1905, la plupart des loges suisses de l'Ordre quittèrent la Société internationale pour fonder un nouvel ordre, international également, I'Ordre neutre indépendant des Bons-Templiers. Actuellement, ce dernier compte 3881 membres.

En 1895 fut fondée la Ligue CATHOLIQUE SUISSE d'abstinence, sous les auspices de l'évêque de Saint- Gall, Monseigneur Egger, et du landammann d'Obwald, M. le Dr Ming. Elle compte actuellement 10350 membres dans 158 sections.

Avec le temps, on éprouva le besoin de spécialiser, en quelque sorte, le mouvement antialcoolique en fondant des sociétés dont l'entrée est réservée exclusivement à certaines catégories de personnes. C'est ainsi qu'en 1898, nous avons la Société suisse des maîtres abstinents, qui comprend actuellement 1067 membres dans 15 sections ; en 1900, la Ligue suisse des socialistes abstinents, avec actuellement 1165 membres dans 33 sections ; en 1902, la Ligue suisse des femmes abstinentes, dont l'effectif atteignait, en 1919, 2550 membres dans 50 sections ; la même année, la Société des

EMPLOYÉS DE CHEMINS DE FER ABSTINENTS (723 membres dans 18 sections en 1919) ; en 1906, l'AssociAtion des pasteurs abstinents (500 membres) ; en 1911, la Société des médecins abstinents (149 membres). En 1900, les membres de l'église méthodiste fondent une société spéciale, I'Alliance d'abstinence (Allianzabstinentenbund), qui comptait en 1919,1644 membres dans 45 sections.

En 1893, le pasteur Charles Byse fonda à Lausanne la Société d'abstinence pour la jeunesse. I'Espoib, qui se

développa rapidement dans le> cantons romands protestants : elle compte actuellement 7352 membre-, i. i. poir esl indépendant de la Croix-Bleue, mais il en a le même caractère religieux. En 1900, la Croix-Bleue de la Suisse allemande fonda une oeuvre pour enfants, le Hoffnungsbund, qui comprend actuellement 17524 membres dans 'i-'i'i sections et qui s'est complété par la fondation d'une ligue pour adolescents le Jûnglingsbund, avec 1189 membres en 13 sections. Les Bons- Templiers Se Sont préoccupés aussi d'exercer une action parmi la jeunesse et nui organisé des sections d'enl'anis et d'adolescents. Leur effectif s'élevait, en 1918, à 3965 membre-, L'œuvre parmi les jeunes a pris également un grand développement dan- la Ligue catholique d'abstinence; elle y compte 31037 adeptes réparti en 222 groupes. L'Alliance méthodiste et la Ligue antialcoolique ont aussi leur œuvre parmi la jeunesse.

La jeunesse des écoles, des gymnases, des écoles normale,-, des universités a \u depuis longtemps plusieurs de ses membres s'intéresser à la question de l'alcool ; ils se sont groupés en sociétés spéciales : I'IIelyetia : la Ligue catholique des étudiants, l'ondée en 1899; la Ligue des .ii.i nés i ii.i.i- \i;-tim \ i es (écoles supérieures, etc.) ; la LlBERTAS, fondée en 1893, société d'étudiants abstinents, el deux sections d'étudiants portant couleurs, la RHENANIA et la .Ji RASSIA, à Bàle et à Zurich.

Le développement très rapide du mouvement abstinent en Suisse se marque par la statistique des abstinents, depuis la fondation de la Croix-Bleue en 1877 jusqu'en 1919. Nous avons, en 1881, 369 abstinents organisés, en 1919: 117 485.

Il existe en outre quelques sociétés antialcooliques qui n'exigent pas de leur- membres l'abstinence des boissons alcooliques mais qui, dans des domaines précis, patronage des buveurs, asiles pour buveurs et propagande éducative, exercent une activité très utile. Ce sonl : la Ligue patriotique suisse contre l'alcoolisme, l'ondée en 1892, avec trois sections, I ienève, Neuchâl el et Jura bernois; la Ligne des femmes suisses contre l'aliiinlisme.h ( Ienève. fondée en 1899 ; la Société saint-galloise contre l'abus des boissons spiritueuses, fondée également en 1899, et qui travaille à intéresser à la question de l'alcool les sociétés catholiques >\\i canton de Saint-Gall.

La plupart des sociétés précitées, saut la Croix-Bleue, se sont groupées en une Fédération « bstinente suisse, dirigée par un comité d'action. En outre, le vrai centre de la lutte antialcoolique en Suisse, le trait d'union entre le public, les autorités et les organisa lions antialcooliques les plus diverses, c'est le SECRETARIAT ANTIALCOOLIQUE SI tSSE, fondé en 1901, et qui, dès 1902, a son siège à Lausanne. Il publie 4 journaux en trois langues différentes, organise des cours scientifiques sur l'alcoolisme, etc. C'est lui qui, en particulier, a organisé en 1906 l'initiative fédérale contre l'absinthe qui aboutit, le 5 juillet 1908, au vote de la prohibition. La Fédération abstinente suisse organise, tous Les deux ou trois ans, de- congrès d'abstinents, auxquels les membres de toutes les sociétés sont invités. Les questions actuelle- y sont mises à l'ordre du jour et traitées, soit dans les assemblées de délégués, soit en assemblée plénière. Le premier Congrès des abstinents suisses a eu lieu en 189S. à Olten : le dernier en date s'est réuni le 14 septembre 1919, à Bàle. Citons, parmi les principaux journaux antialcooliques paraissant en Suisse, la Reçue mensuelle internationale contre la boisson, publiée en langue allemande, à Bàle: Die Freiht H : Der Schweizer Abstinent : Das l'Aune Kreuz; Dos Volkswohl ; L'Abstinence; la Croix-Bleue, etc.

Les asiles pour buveurs jouent un rôle modeste, mais extrêmement utile dans le mouvement antialcoolique. L'expérience, en effet, a montré que beaucoup d'alcoolique- sont incapables de se relever par eux-mêmes; il faut les arracher à leur milieu et leur imposer une cure d'abstinence de durée suffisamment longue, un an au moins, dans un établissement spécial. Dans plusieurs cantons, une loi sur l'internement des buveurs est venue renforcer l'action de l'initiative privée, en internant d'office les alcooliques déclarés. Nous avons en Suisse, actuellement, 12 asiles populaires pour buveurs, dont 5 pour les femmes. Il existe en outre plusieurs maisons de santé privées qui

ANTIGORIO

ANTISTES

reçoivent .des malades nerveux, et spécialement des alcooliques, appartenant à des milieux cultivés. Une œuvre récente est celle des patronages pour buveurs, analogues aux dispensaires antituberculeux. Il y en a à Zurich, Bàle, Winterthour, Coire, Aarau, Montreux.

Un dernier auxiliaire de la lutte antialcoolique est à mentionner : les restaurants sans alcool dont les premiers furent ouverts en 1880 environ. Ils étaient au début d'humbles cafés-chocolat, destinés avant tout à offrir un lieu de réunion aux anciens buveurs auxquels le séjour des cafés ordinaires aurait été fatal. Petit à petit, le caractère de l'institution s'est modifié, ces restaurants se sont ouverts à toute la population.

Il faut mentionner dans ce domaine la Société féminine de Zurich pour restaurants sans alcool qui a ouvert, en 1894, son premier établissement, et qui actuellement possède à Zurich 13 restaurants, et un hôtel sans alcool au Zurichberg. Actuellement l'œuvre des restaurants sans alcool se transforme encore et étend son influence. Elle tend à créer, non plus seulement des locaux destinés avant tout à fournir à leurs clients le vivre et le liquide, mais des salles ou maisons de commune. Dans ce but a été constitué, sous le patronage de la Société suisse d'utilité publique et de la Société féminine de Zurich pour les restaurants sans alcool, une fondation pour le développement des salles et maisons de commune sans alcool. [R.Hercod.]

ANTIGORIO. Vallée. Voir Ossola (Domo d'). ANTIMILITARISME. Voir Militaire.

ANTIOCHE. La famille d'Antioche semble être issue de la famille noble des maréchaux de Chypre. Elle vint s'établir en Savoie et à Genève avec Anne de Chypre, épouse du duc Louis de Savoie. Armoiries : de gueules à une fasce d'or surmontée de trois fleurs de lys du même.

— I.Perrin, écuyer du duc Louis dès 1447, et vicaire de la ville de Turin, reçut, le 7 décembre 1455, l'inféodation du château de Duingt en Genevois.

Il devint bourgeois de Genève en 1456.

- 2. Georges, fils du n° 1, acquit des hoirs de noble François Crochon, en 1488, des droits seigneuriaux, à Genève, Chambésy, Pregny, Frontenex, Compesières. Ce fief passa dans la suite aux nobles Pertemps, pour être acquis en 1600 par la seigneurie de Genève. Il possédait dans la ville de Genève une maison à Rive, et acheta encore, en 1494, la seigneurie, le château, la ville et mandement d'Yvoire en Chablais. Son frère Amiable ou Annabule eut un fils, Pierre, dernier du nom d'Antioche qui testaen 1521 en faveur de noble François de Saint-Jeoire. Les de Saint- Jeoire, ainsi que les de Brotty, leurs cohéritiers dont les descendants existent encore, ont pris le nom d'Antioche. — Voir Foras : Armoriai. — Covelle : LB. — Arch. d'Etat, Genève : Titres et Droits, fiefs d'Antioche et Pertemps. [L. Blondel.]

ANTIQUARISCHE GESELLSCHAFT IN ZU- RICH. Voir Histoire, Sociétés d'.

ANTISÉMITISME. Voir JUIFS.

ANTISTES (du grec : préposé), titre du premier pasteur dans quelques églises protestantes de la Suisse. Déjà mentionnée dans les plus anciennes histoires de 1 Eglise (c'est ainsi que le Christ est appelé le légitimas dei autistes, et le pape autistes sedis apostolirae), cette fonction a été remise en usage au temps de la Réformation.

Dans sa correspondance privée, Zwingli est appelé antistès en 1525, 1528, 1530 et 1531 ; Œcolampade en 1530 et Bullinger dès 1531. Ensuite ce titre s'est implanté peu à peu, mais c'est dans l'ordonnance ecclé- Siastique zuricoise de 1679 qu'il est devenu officiel. Zurich. L 'antistès,. jusqu'en 1833, était toujours le premier pasteur du Grossmunster, nommé à vie par le Grand Conseil; dès cette date, il le fut. pour quatre ans, sur triple Qtation du synode. En vertu de sa charge, il présidait le synode et la commission des examinateurs et fut, jusqu'en 1708, l'intermédiaire entre le gouvernement et le clergé. D'après la constitution ecclésiastique de 1803, il était président du petit et du grand Conseil

d'église et en vertu de celle de 1833, du Conseil d'église et du synode ; la loi du 3 novembre 1895 supprima la charge d'antistès et la remplaça par celle de orésident du Conseil d'église. Les antistès de Zurich ont été : U. Zwingli (1519-1531) ; Heinrich Bullinger (1531-15751 : Rudolf Gwalter (1575-1585) ; Ludwig Lavater (1585-1586) : Rudolf Stumpf (1586-1592) ; Burckhard Leemann (1592-1613) ; Hans-Jakob Breitinger (1613-1645) ; Hans-Jakob Irminger (1645-1649) ; Hans-Jakob Ulrich (1649-1668) ; Hans-Kaspar Waser (1668-1677); Hans-Jakob Mùller (1677-1680); Hans- Heinrich Erni (1680-1688) ; Anton Klingler (1688-1713); Peter Zeller (1713-1718) ; Ludwig Nùscheler (1718- 1737) ; Hans-Konrad Wirz (1737-1769) ; Rudolf Ulrich (1769-1795); Johann-Jakob Hess (1795-1828); Hans- Georg Gessner (1828-1837) ; Johann-Jakob Fùssli (1837- 1849); Hans-Jakob Brunner (1850-1866); Diethelm- Georg Finsler (1866-1895). Le graveur Konrad Meyer a publié une collection de portraits des « premiers pasteurs de Zurich », de 1519 à 1679. En 1719, lors de la fête de la Réformation, une gravure en taille-douce de Joh. Ammann, de Schaffhouse, représentant en buste les 15 antistès, parut en deux formats. Les archives des antistès furent déposées en 1837 aux Archives de l'État, auxquelles on remit aussi en 1890 des pièces de caractère scientifique et privé qui avaient été attribuées à la bibliothèque cantonale. Elles contiennent entre autres la collection des lettres de Zwingli, Bullinger et des antistès qui leur ont succédé, environ 400 volumes. — Voir Thésaurus linguae latinae, II, 185. — Zw. III, 194, 284, 350. — G. Finsler : Kirchliche Statistik, p 45. — W. Baltischweiler: Institutionen, p. 87. — G. R. Zimmermann : Die Zurcher Kirche nach der Reihenfolge der Ziircherischen A. — ZT 1882, p. 154. — SKL I, p. 52 [W.L.W., P.H.etE.B.]

Râle. L 'antistès, aussi archidoyen, présidait le synode de la ville et de la campagne, ainsi que le synode provincial, composé des ecclésiastiques de la campagne, et, dès 1847, la commission des examinateurs ou Conseil d'église. Jusqu'à 1737, il était professeur de théologie à l'Université, et, comme tel, recteur à tour de rôle, et tous les trois ans doyen et censeur des publications théologiques. L'antistès était élu par le Grand Conseil, qui avait le droit de conférer cette charge à l'un des principaux pasteurs de la ville. De fait, le pasteur de la cathédrale était toujours antistès; depuis 1875 l'élection a lieu par le synode. A la suite des modifications apportées à la loi du 12 novembre 1892 et du 2 janvier 1897 sur l'organisation de l'Eglise nationale, les titres d'antistès, d'archidiacre et de diacre furent supprimés officiellement. On mit à la tète du Conseil d'église un président élu par le synode, lequel peut être aussi un laïque. Ont été antistès de Bâle : Johannes Œkolampade (1529-1531); Oswald Myconius (1532-1552) ; Simon Sulzer (1552-1585) ; Johann-Jakob Grvnaus (1586- 1617) ; Johann Wolleb (1018-1630) ; Theodor Zwinger (1630-1656) ; Lukas Gernler (1656-1675) ; Peter Werenfels (1675-1703) ; Johann-Rudolf Zwinger (1703-1708) ; Hieronymus Burckhardt (1709-1737) ; Johann-Rudolf Merian (1737-1700); Emanuel Merian (1706-1816); Hieronymus Falkeisen (1816-1838) ; Jakob Burckhardt (1838-1858) ; Samuel Preiswerk (1859-1871) ; Emanuel Stockmeyer (1871-1891) ; Arnold von Salis (1891-1920). — Voir P. Ochs : Gesch. der Stadt und Landschaft Basel VI, 447 et VII, 326. — BVG. Bas. XV, p. 31.— K. H. Hagenbach : Versus memoriales, Basler Nbl. 1875, Supplém. du dimanche des Basler Nachrichten 1916, p. 164. [W.-L.W. etE.B.]

Schaffhouse. L'antistès était nommé par le Conseil et fonctionnait comme président permanent du clergé ; on désignait toujours pour cette charge le pasteur de Saint-Jean. L'antistès servait d'intermédiaire entre le gouvernement et le clergé et, à peu d'exceptions près, il remplit les fonctions de doyen, soit de président du synode qui, dès 1536, s'assemblait annuellement. La Constitution ecclésiastique de 1852 décréta le libre choix de l'antistès par le Grand Conseil. L'antistès était le premier membre ecclésiastique du Conseil d'église et avait son siège à la suite des deux présidents du Conseil d'État, il était le premier assesseur du sy-

AXTITRINITAIIŒS

ANTON IKNS

n m li- ci du Convenl et, le plus souvent, président do ces deux autorités, ainsi que de la commission d'examen des candidats. Il avait en outre l'inspection du clergé ci représentait L'église au dehors. L'organisation ecclésiastique du 11 avril 1915 supprima la charge d'antistès. On1 rempli les fonctions d'antistès': Heinrich Linggi (1536-1551); Simprecht Vogt (1551-1561); Sébastian Griibel (1501-1509) ; Johann-Konrad limer (1569-1600); Ludwig Kolmar (1600-1614); Johann Jezler (1014-1622); Johann-Konrad Koch (1622- 1643) ; Melchior Hurler I (1643-1655) ; Johann-Georg Schalch (1655-1686); Balthasar Pfister (1686-1696); Jobann-Jakob Veith (1696-1706) : Melchior Hurter Il (1706-1713) ; Johannes Ott (1713-1724) ; Eberhard Kôchlin (1724-1749); Johann-Balthasar Pfister (1749- 1756); Johann-Wilhelm Mcvcr (1756-1767); Johannllcinrich Oschvvald (1767-1803); Melchior Habicht (18(13-1812); Johannes Kirchhol'er 1 (1812-1824); Johann -Wilhelm Veith (1824-1833); Friedrich - Emanuel Hurler (1833-1841); David Spleiss (1841-185 'i ) ; Johannes Kirchhol'er II (1854-1861); Johann- Jakob Mezger (1861-1803) ; Theodor Enderis (1893-1015) Voir G. Finsler : Kirchliche Statistik, p. 213. — Joh. Bâchtold : 300 Jahre Gesch. der Schaffhauser Kirche. (Mns. en possession privée). [Werner et E.B.]

Lorsque Saint-Gall et Thurgovie, qui furent jusqu'en 1798 sous l'influence de Zurich, devinrent des cantons autonomes, ils créèrent aussi des charges d'anlisics, qui lurent supprimées en 1830. Dans les Grisons, les pasteurs de Saint-Martin à Coire et d'Ilanz et celui de Davos-Platz portaient le titre d'antistès. Celui de Davos tenait les registres paroissiaux de toutes les communes du district et était chargé de prêcher dans chacune d'elles, à tour de rôle, le jeudi. — Voir G. Finsler: Kirchliche Statistik, p. 286. 660 Anm. — M.Valèr: Die evangelischen Geistlichen an der Marlinskirche in Ghur vom Bcgin n der Reformation bis zur Gegenuart. [W.-L. W.]

ANTITRINITAIRES. Parmi les courants issus de la Réformation, nous rencontrons les adversaires de la trinité, les antitrinitaires chez lesquels la critique rationaliste du dogme s'allie à une piété panthéiste et qui, en opposition avec l'église, représentent l'individualisme religieux. Us apparurent aussi en Suisse, mais ne s'y sont jamais constitués en communautés comme en Pologne. A ce courant appartenait Ludwig H^tzer, de Bischofszell, curé vers 1520 à Wâdenswjl et à Zurich ; en 1534 parut également à Berne Claude d'Aliod. L'antitrinitaire le plus célèbre fut l'Espagnol Michel Servet, à Genève. L'antitrinitaire et antinomien hollandais David Joris, de Delft, vécut incognito sous un faux nom à Bâle de 1544 à 1556. Parmi les fugitifs italiens, il faut mentionner le savant juriste Matthieu Gribaldi et George Blandrate, tous deux membres de la communauté italo-évangélique de Genève ; Valentin Gentilis, de Naples, à Genève en 1558. Les deuxSociNi,de Sienne, L^elius l'aîné et son neveu, le célèbre Faustus, se sont établis à Zurich et à Bâle. Le courant antitrinitarien comptait aussi des adhérents parmi le clergé évangélique des vallées italiennes des Grisons. [E. B.]

ANTLIT, Heintz, de Radolfszell, armurier, fut reçu bourgeois de Zurich le 11 février 1449, à cause de ses services. — Burgerbuch I, f° 168. [F. H.]

ANTLITZGESÉLLSCHAFT. Voir Saint-Gall (ville).

ANTOGNINI ou ANTOIMIIMI. I. Famille de Soazza et de Roveredo (Grisons) au XVIe s. — 1. Giovanni- Pietro, cité en 1579. était médecin et dut jouer un certain rôle dans la vallée de Mesocco lors de la Réformation. Il fut en relation épistolaire avec Charles Borromée ; accusé de l'avoir appelé dans la Mesolcina, il dut comparaître devant le tribunal de la Ligue Grise à Ilanz, et fut condamné à une amende de 50 écus. Il paraît qu'il passa ensuite à la Réforme. — 2. Catherine Sovin- Goou SONVICO, femme du n° 1, avait passé à la Réforme et y resta malgré les exhortations de saint Charles Borromée en 1583. — 3. Rodolfo, fils du n°l, médecin ; il figure dans une vente la 26 janvier 1629; en 1647 il acheta le vicariat de la \ alteline et en reçut la confirmation des Trois Ligues grisonnes le 1C mars de la même

année. II. famille de Vairano ( Tessin j, originaire de Milan, venue à Vairano en 1730, où elle acquit la bourgeoisie. Elle esl répandue actuellement à Magadino, Belzone, Lugano, etc. Armoiries: d'azur à une croix d'argent chargée de cinq étoiles d'or. — 1. Domenico, du Gambarogno, fut un des quatre délégués nommés le 8 juin 1708 à rassemblée de Locarno et Val Maggia pour aller défendre à Berne,

auprès du Directoire helvétique et du

* Commissaire français Rapinat, les

intérêts de leurs régions. La di li lion demandait entre autres le droit pour le peuple d'élire ses autorités judiciaires et civiles. Dans la réunion du corps électoral du canton de Lugano, tenue dans celle ville le 11 juillet 1798, Domenico fut élll membre de la Chambre administrative. Il doit être identique à l'avocat et notaire Domenico, de Vairano, député au Grand (Conseil de 1813 à 1821. En 1805, il était président delà Cour d'appel : en 1809 membre du Petit Conseil. Le 30 juillet 1811, il fut un de ceux qui votèrent contre la cession de la partie méridionale du Tessin à .Napoléon. — 2. Benigno, * en 1837, t 1902 à Bellinzone. Avocat en 1861, notaire en 1863 ; de 1807 à 1871 et de 1877 à 1881, député au Grand Conseil et président de ce corps en 1877; de 1878 à 1884 membre et président du Conseil d'État; dès 1884 juge à la Cour d'appel e1 en 1891 membre de la première constituante lessinoise. De 1861 à 1867, il collabora à La Gazzetta del Popolo Tieinese et à la Costitnzionr. — 3. GIOVANNI, de Bellinzone, * 1834, f 1901, député au Grand Conseil de 1868 à 1893 et à la première constituante de 1891. Promoteur et grand défenseur du projet de correction de la rivière du Tessin. — 4. GlOVANNI-BATTISTA, de Magadino, * 1838, f 1919, commerçant, syndic de Magadino, inspecteur scolaire. Il légua 50 000 fr. à la Société suisse d'utilité publique, dont le revenu doit être employé pour des œuvres de bienfaisance au Tessin et à Bâle- Campagne où il avait passé les dernières années de sa vie. — 5. Gilseppe, * à Bellinzone le 25 août 1862, étudia à Côme et à Milan, ordonné prêtre en 1885. De 1885 à 1889 professeur au collège pontifical d'Ascona ; de 1891 à 1892 au grand séminaire de Lugano ; secrétaire puis provicaire général sous Mgr. Molo. Dès 1897 prélat domestique de Léon XIII, Pie X et Benoit XV ; chanoine honoraire de Lugano en 1897, chanoine effectif en 1906. — 6. Francesco, avocat, * à Bellinzone en 1863, député au Grand Conseil, conseiller national dès 1919, président de la Société cantonale d'agriculture et de la section tessinoise de l'Union populaire catholique suisse. — Dotta : / Ticinesi. — Franscini -Péri : Storia délia Svizzera italiana. — Baroffio : Storia deW invasione francese. — BStor 1895, 1901. — Pometta : Corne il Ticino venue in potere degli Svizzeri. [C. Trezzini.]

ANTOINE, Jacques-Denis, architecte, * le 6 août 1733 à Paris, fie 24 août 1801. De 1785 à 1795 il habita Berne et construisit en 1787 la bibliothèque de la ville, en 1790 la Monnaie et la porte du Marzili ; ces deux dernières bâtisses furent démolies en 1912 pour faire place au Palace-Hôtel Bellevue. En 1793, il fit le plan d'un nouvel Hôtel de ville, lequel ne fut pas mis à exécution. — Voir SKL. [E. B.]

ANTON IENS, secte antinomique, fondée par Anton UnterNjEHREB * en 1759, t en 1824. Dès 1800 il fit. une propagande exaltée, incitant à la dissidence, dans les districts deThoune, de Seftigen et de Schwarzenburg. Il résidait à Amsoldingen, d'où il exerça, comme chef de la communauté qui porte son nom, une grande influence sur ses adhérents. En 1802, à la suite de sa propagande antinomique et communiste et d'un attroupement de ses adhérents devant la collégiale de Berne, il fut arrêté et incarcéré à la maison de correction. En 1804 il fut mis en liberté et banni à perpétuité du canton de Berne comme imbu de principes immondes et immoraux Il résida à Schupfheim, sa commune d'orip-ine, brouil! S aussi avec les catholiques, la plupart du temps surveillé par la police et dès 1820 détenu à Lucernc, où i' mourut en 1824. Il a publié une série d'écrits sur ses doctrine-: ; Das Gerichtsbiichlein; Buch der Erfiillung, Gsheiriini&s (1er

ANTONIETTI

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