‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 2)Chapitre 21 sur 329 · ABBAYE · texte numérisé non relu

ABBAYE

Abbaye des Vignerons. Le balle en 1905, édi

paroissiale annuelle. Actuellement, elle consiste surtout

dans un cortège, un bal, avec carrousel, tir et attractions.

2» Sociétés et confréries. 1. Abbaye de l'Arc. Nom

donné à plusieurs sociétés de tir à l'arc du canton de Vaud. A. Lausanne, il existait déjà au moyen âge une confrérie des arbalétriers dont on a les statuts datant du XIVe siècle. L'Abbaye des nobles archers de Lausanne lut fondée en 1691. En 1812, elle acquit les terrains à l'est de la place .Montbenon où elle construisit le bâtiment que la société possède encore. L'Abbaye de l'Arc de Vevey date de 1694, celle deMorges remonte sous un autre nom au XVII' siècle.

Il en exista d'autres ailleurs qui ont disparu. — DHV 8. — Ed. de Constant : Résu mé h is torii/ ne sur l'Abbaye de l'Arc île Lausanne, 1849. — Eug. de Mellet, Notices sur la société du Grand Mousquet, ainsi i\ue sue la société de l'Are (de Vevey). (M. R.]

2. Abbaye de Tir. Désignation usuelle en Suisse romande, spécialement dans le canton de Vaud, des anciennes sociétés de tir ; elle s'applique aussi aux fêtes et réjouissances populaires qui étaient et sont encore organisées par ces sociétés. La plus ancienne, remontant à l'époque de la domination savoyarde et reconnue par les Hernois, est la milice bourgeoise de Grandcour, connue dès le XIV siècle. A partir du XVI" siècle, ces sociétés organisèrent des tirs à l'oiseau (Tir du pape- ?ay) d'abord à l'arc, plus tard à la carabine. Le gagnant était pour l'année déclaré roi du papegay et jouissait de libertés et de droits importants, légalement reconnus. Le mot d'abbaye est adopté au XVIIe siècle et devient courant au XVIIIe. Les prix consistaient en ustensiles de cuivre et d'étain. — Voir : Fréd. Amiguet : Les Abbayes vaudoises. Lausanne 1904. — Sig. Couteau : Archives de la Soc. de

'Arquebuse,Uli-mi.Genè\e\81ï.—DHVl,p. 7-11. - Glossaire du patois de Blonay dans MDR, p. 1. Lausanne

3. Abbaye des nobles enfants. Il existait à Lausanne, à la fin du moyen âge, une société de jeunesse appelée l'Abbaye des nobles enfants de Lausanne, qui causa par ses déportements de grands désordres en ville de 1530 a 1536. Son dernier abbé, Ferrand Loys, prit part à la dispute de Lausanne. Cette abbaye fut dissoute par Berne en 1545. ce qui n'empêcha pas son chef de devenir bourgmestre de Lausanne. [M- R-l

4. Abbaye des Vignerons. Confrérie à Vevey, XVP siècle, appelée primitivement « Vénérable Abbaye de l'Agriculture i) et placée sous le patronage de saint Urbain. Le but essentiel de la confrérie est de développer, améliorer et surveiller la culture des vignes. Le plus ancien document de l'Abbaye est une chronique commencée en 1647, par son président (qui porte le titre « Sa Révérence le seigneur Abbé» I , Chrétien Montet, et continuée dès lors. L'incendie des plus anciennes archives de la confrérie, qui aurait eu lieu en 1688, est du domaine de la fable. Le trésorier est appelé « Connétable >, l'huissier « Hoqueton ». Depuis leXVIIe siècle, la confrérie qui jouissait de divers privilèges, organisa à l'occasion de la visite annuelle des vignes un cortège appelé parade ou bravade, suivi d'un banquet. Le cortège comportait des arrêts sur plusieurs places de la ville avec exécution de danses et chants, figurant les divers travaux de la vie agricole et viticole ; ces représentations passèrent toujours plus au premier plan de l'organisation de ces fêtes. En conséquence de leur ampleur et luxe croissants, elles

n'eurenl plus lieu que tous les trois, puis tous les six ans, et plus tard à intervalle beaucoup plus long et irrégulier. A partir de 17'J7, on a recours à un élément nouveau, la

t des faucheurs et faneuses. Du souvenir de la Fête des Vignerons té par la Patrie suisse. (Phot. de Boisonnas.)

glorification des quatre saisons avec attributs mythologigiques. La fête des vignerons de 1819 introduit pour la première fois un groupe de vieux Suisses. Elle compte déjà 730 figurants et 2000 spectateurs. Chacune des l'êtes suivantes en 1833, 1851, 1865, 1889 et 1905 surpassent la précédente en splendeur. François Grast écrivit la partition de 1851 et 1865, celle de 1889 est du compositeur Hugo de Senger. Tandis que le texte était précédemment demandé à plusieurs poètes, en 1905 on s'adressa à un auteur unique, René Morax. dont le poème a été mis en musique par Gustave Doret ; les costumes ont été dessinés par Jean Morax et les ballets réglés par Michel-Ange d'Alessandri. Les grands prêtres de Paies et de Cérès sont changés en rôles de prêtresses dont M,nes Troyon et Welti-Herzog furent chargées. Cette fête comptait 1122 figurants et les tribunes érigées sur la Place du Marché offrirent 12 500 places assises.

— Voir DHV. 1, pages 11-13 avec bibliographie. [J. G».]

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