‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 2)Chapitre 210 sur 329 · AOUT (FÊTE NATIONALE DU PREMIER · texte numérisé non relu

AOUT (FÊTE NATIONALE DU PREMIER

Fête nationale en souvenir de l'alliance perpétuelle conclue par les III Waldstâtten le premier août 1291 et qui fut le noyau de la Confédération suisse. Cette fête fut célébrée pour la première fois le premier août 189'. Ce jour-là, les cloches de toutes les églises de la Suisse sonnèrent à huit heures du soir. En 1899, sur la proposition du gouvernement de Berne et avec l'assentiment du Conseil fédéral, on décida de sonner les cloches chaque année, le 1er août, au soir. Ainsi cette fête nationale prit de fortes racines dans toute la Suisse. Les feux allumés le soir sur les hauteurs sont, avec la sonnerie des cloches, la principale caractéristique de cette fête. — Voir aussi l'art. Feux commémoratifs. |Az.]

AOUT 1792 (DIX). La prise des Tuileries à Paris concerne l'histoire suisse en ce sens que cette fameuse résidence du roi Louis XVI fut défendue presque exclusivement à la dernière heure par le régiment des Gardes Suisses Après que le régiment des Gardes Françaises eut abandonné ses postes de garde et fraternisé avec le peuple en révolte il ne restait à leurs côtés qu'environ 200 gentilshommes français, voulant défendre leur roi contre ses propres sujets. En vertu de la capitulation, les Suisses devaient être au nom-

bre de 2'» OO hommes, divisés en 'i bataillons ; à ce moment, ils n'étaient que 1500 nommes, dont un de 300 hommes avait dû être envoyé le 7 août. Déduction faite des sentitommes en congé environ 900 hommes

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iilé de l'ordre du roi Louis XVI. le 10 août 1"

occupaient les Tuileries et faisaient le fatigant service de garde en commun avec les Gardes Françaises et les gendarmes à cheval. Mais lorsque, le 10 août, le tocsin retentit, les Français, qui ne voulaient point tirer sur leurs compatriotes, se retirèrent, bientôt la Garde Suisse forma le dernier rempart entre le roi en péril el le peuple en révolte, qui voulait venger en ce jour l'injustice de bien des siècles. Peu après 9 heures du matin, le combat s'engagea entre la garnison du palais (les Suisses, et environ 200 gentilshommes français susmentionnés) et un nombre d'assaillants de beaucoup supérieur, bien pourvus d'artillerie et sortant principalement des faubourgs de Paris et delà province, surtout de Marseille. Les Suisses eurent d'abord le dessus, mais au bout de deux heures environ le manque de munitions les força à se défendre à l'arme blanche. La masse des assaillants ne cessa de se ruer sur ce rempart rouge et finit par l'enfoncer. Les uns après les autres, les Suisses tombèrent pour la défense de leur honneur et par fidélité à leur consigne. Ceux d'entre eux qui avaient été chargés d'accompagner le roi à 9 heures à l'AssemUée nationale furent désarmés et lâchement massadfés. D'autres, auxquels le roi avait ordonné de mettre bas les armes, sortirent du palais et voulurent se rendre aux casernes par les jardins ; de tous côtés, on fit feu sur eux, et on les attaqua avec de la cavalerie ; ils furent tués jusqu'au dernier sur la place Louis XV et leurs cadavres amoncelés autour du monument du roi. D'autres encore, qui avaient d'abord été plus heureux en se constituant prisonniers, furent massacrés le 2 septembre, et le commandant du palais, le major Bachmann, dut monter sur l'échafaud le jour suivant pour » crime contre la majesté du peuple » Environ 600 hommes perdirent la vie, en majeure partie des Fnbourgeois ; 300 à peu près échappèrent à la mort. Comme on le sait. l'Assemblée nationale se constitua en Convention nationale ce même jour, 10 août, en se conférant l'autorité suprême et en prononçant la « suspension du roi ». La fin du régiment des Gardes Suisses signifiait aussi pour Louis XV] la fin ou du moins le commencement de la fin de son règne.

Cette sanglante journée décida la Convention à licencier, déjà le 20 août 1792, toutes les troupes étrangères. Cette mesure atteignit d'abord les dix régiments suisses de ligne encore stationnés en France, la compagnie des Cent-Suisses et enfin les derniers survivants de la Garde. La prise des Tuileries ne tire pas son importance seulement de la mort de nombreux Suisses, mais aussi du fait qu'elle marque, comme la prise de la Bastille, le commencement d'une ère nouvelle.

L'héroïsme glorieux des Suisses en cette journée fait oublier les côtés peu honorables du service mercenaire à

L'enseigne Montmollin à la journée de» Tuileries le 10 août 1792. Peinture à l'huile cTAuguste Bachelin de IS60 environ. (Musée de NeuchâteO-

APIARIUS

APICULTURE

l'étranger. Le 10 août 1821 eut lieu à Lucerne l'inauguration du monument érigé « à la loyauté et à la vaillance des Suisses », le lion de Thorwaldsen, dont l'as-

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Médaille commémorative avec ruban, donnée e . 400 survivants du Régiment des Gardes Sui: (Musée historique de Neuchâtel).

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