‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 2)Chapitre 211 sur 329 · IS · texte numérisé non relu

IS

pect saisissant conserve le souvenir de cette mémorable journée d'août. C'est aussi la prise des Tuileries qui a provoqué la création de notre unique ordre militaire, savoir la médaille de 1er « honneur et fidélité », que la Diète fit distribuer en 1817 à tous les survivants. On n'oublia pas naturellement l'officier français Coquet qui, commandant un détachement de la garde nationale, avait sauvé 238 Gardes Suisses en les incorporant dans ses troupes à lui et en les laissant retourner au pays sans être inquiétés. Encore un quart de siècle après cette sanglante journée, Napoléon Bonaparte parlait avec horreur du massacre dont il avait été tériioin devant le monument de Louis XV. Aucun champ de bataille ne lui avait fait une aussi affreuse impression que les cadavres amoncelés des Suisses devant les Tuileries. — Voir Dierauer. — AS G 1903. — Revue des Etudes historiques, 1909. — Hist. militaire de la Suisse VI. — W.-F. von Mùlinen : Das franz. Schweizer Garderegiment am 10. Aug. 1792. [Az.l

APIARIUS (Biener). Famille d'imprimeurs qui les premiers introduisirent l'imprimerie à Berne et à Soleure. — 1. Matthias, originaire de Berchingen (Bavière), se fixa comme relieur à Bâle en 1525. Il assista à la dispute de Berne en 1528 ; en 1535, il était imprimeur à Strasbourg où il édita, avec Pierre Schôffer II, des œuvres musicales. Le 19 janvier 1537 le gouvernement de Berne lui accorda la franchise de droits et un sauf-conduit pour son établissement à Berne, où il exerça sa profession d'imprimeur et de relieur, souvent au milieu de difficultés financières, jusqu'à sa mort en 1554. Ses meilleurs travaux d'imprimeur à Berne sont : le calendrier de 1539: De claris mulieribus (1539), un ouvrage de Boccace illustré; le Catalogus annorum, ouvrage historique de Valerius Anshelm (lre éd. 1540 ; 2e 1550), et les trois éditions de Schimpf und Emst de Pauli (1542, 1543, 1546).— 2. Samuel, fils du n° 1, reprit l'imprimerie après la mort de son père, et édita une quantité de chants populaires, de chants de guerre et d'autres opuscules. Il imprima des ouvrages plus importants pour Oporinus à Bâle, Froschauer à Zurich, Zâpffel à Francfort. Des circonstances de famille malheureuses, auxquelles s'ajoutaient périodiquement des ac-

cès de folie, lui attirèrent toutes sortes d'ennuis. En 1559 il dut quitter Berne pour quatre ans. Aussitôt rentré, il fut accusé d'avoir imprimé une poésie injurieuse pour le Conseil de Lucerne, qui demanda son exil. Il se rendit à Soleure où, le 12 septembre 1565, il obtint l'autorisation d'installer une imprimerie, la première de Soleure. Déjà l'année suivante, il se rendit à Bàle où nous le trouvons tantôt compagnon, tantôt maître imprimeur. Il mourut en 1590. — 3. Siegfried, son frère, était relieur. Pendant les quatre ans d'absence de Samuel, il imprima quantité d'opuscules. De 1553 à 1565,

Omnia probatc, quod bonnm fuen'c tcnctc.i. Thcfs.y.

©ctutcfc «u £$crn im VSdatàt/ bp

OOatbi* 2tpiarto / vnnb vollenbcc vff

bcn erfîen t<«j tfOarrq.An.no

RTT). XXXIX.

Marque de Matthias Apiarius sur l'édition de 15:f'.i de la

Chronique de Sébastien Franck. (Bibliothèque de la ville

île Berne).

année de sa mort, il était un des fifres de la ville. — Voir BT II 1897, p. 196-253 ; 1898, p. 168-233. — SKL IV, p. 11. — ADB. [A. Fluri.]

APICULTURE. On peut affirmer que l'apiculture était déjà pratiquée par les premiers habitants du pays. Cette industrie était née de la nécessité de se procurer le miel, la seule matière sucrée qui fut longtemps à la disposition des hommes. Dans l'Helvétie romaine, l'abeille, depuis longtemps élevée en Italie, fut considérée comme faisant partie du cheptel, et la ruche grecque, cylindrique, en terre cuite, introduite par les colons, fut bientôt remplacée par la ruche de bois ou de paille, dont l'usage a subsisté jusqu'à nos jours. Durant le moyen âge, l'apiculture reste stationnaire, elle est surtout pratiquée dans les couvents. Le miel, toujours apprécié comme aliment, entrait aussi dans la confection d'une foule de remèdes et de drogues, ainsi que dans la fabrication des hydromels et autres boissons. La cire, utilisée pour l'éclairage des demeures seigneuriales et les besoins du culte, était aussi couramment employée dans diverses pratiques de sorcellerie ; elle constituait, avec le miel, une des redevances féodales. La seule abeille connue et cultivée était l'abeille indigène ou abeille noire que nous connaissons encore: active, rustique, douce et prolifique. Ce n'est que vers 1850 qu on opéra les

APOTIIKLOZ

MTKV.ELL

prei ps croisements par l'introduction des abeilles Ligu-

riennes ou italiennes, puis un peu plus tard avec les .1 beilles carnioliennes.

Une foule de savants s'intéressèrent aux abeilles. i lu/ nous les Eiuber, Les de Gélieu, les Duchet, laissèrent d'intéressants ouvrages sur la matière. En 1861, l'apiculteur zuricois P. Jacob fonda la Société suisse des anus ilrs abeilles, dont le développement fut rapide Cette association réunit les apiculteurs suisses de langue allemande. Afin de répandre les idées nouvelles, Jacob créa la Schweizerische Bienenzeitung qui, de personnelle, devint, à partir de 1878, la propriété et l'organe de la société. Sous la direction de Ritter, Burky, Joker, et avec la collaboration de lllatl. (jôldi, Theiler, Kramrr, etc., ce journal devint une autorité en apiculture La Suisse romande ne larda pas à suivre le mouvement . Le 16 avril 1876, grâce à l'initiative du pasteur de Ribeaucourt, la Suinté d'apiculture de la Suisse romande fui fondée à Nyon En 1874, déjà, s'était constituée à Hauteville, sur Vevey, la Société vaudoise d'apiculture. Cette société fusionna en 1879 avec la Société romande. Celle même année 1879 vit apparaître le Bulletin d'apiculture de la Suisse romande, dirigé par E. Bertrand, à Nyon, un des fondateurs de la Société romande. La publication, qui prit en 1885 le titre de Revue internationale d'apiculture, eut un succès croissant durant les 25 années de son existence, car Bertrand s'attacha dès le début à répandre les méthodes américaines. En 1903, la Revue internationale d'apiculture, qui cessait de paraître, fut remplacée par le Bulletin de la Société romande d'apiculture, propriété de l'Association. Depuis l'introduction des méthodes nouvelles, l'apiculture a pris un essor inespéré, preuve en soit les données des recensements fédéraux : En 1876: 47 237 apiculteurs possédaient 177 120 ruches. » 1886:41 136 » » 207 384 »

[ L. Forestier.] APOTHÉLOZ, Louis-Henhi-Augustin, * 3 septembre 1866, de Onnens (Vaud), agrégé à la commune do Colombier (Neuchâtel) en 1917. Il commença des études de médecine, puis devint instructeur d'infanterie. Colonel en 1917, il remplit ad intérim les fonctions d'instructeur d'arrondissement de la IIe division. Député depuis 1916 au Grand Conseil neuchâtelois. — Voir aussi Appenthel. — PS 1918. |L. M.]

APOTHEKER, APPEIMTHEKER OU APPEN- TEGGER. Famille originaire de Constance, mentionnée déjà en 1264. — 1. Wernherus, pharmacien, est cité dès 1274 dans les listes des conseillers de la ville. Son sceau représente un mortier à deux anses, avec deux [liions croisés. Plus tard la famille porte une tête d'écrevisse ou de cerf-volant sur champ d'or. - - 2. Jakob, architecte, du Conseil de Constance, de 1414 à 1443, quitta la ville en 1428 avec toute la famille et devint bourgeois de Schaffhouse en 1429, en même temps que Konrad et Félix Appentegger. Membre de la Katzenzunft en 1424. Lorsque l'empereur fit son entrée dans la ville, en 1442, il était parmi les porteurs du dais. — 3. Noble LUDWIG Appoteger fut alternativement bailli impérial et bourgmestre de Constance, de 1481 à 1493. — VoirBeyerle: Konstanzer Ratslisten. — Kindler von Knobloch : Oberbadisches Geschlechterbuch et Wappenrolle der Gesellschaft «zur Katze». [Sch. et H.W.-K.]

A PP ALTO. C'est le nom italien de «ferme des péages». En 1512, les trois Ligues grisonnes conquirent la Valteline, Chiavenna et Bormio et administrèrent dès lors ces contrées comme des pays sujets. Les Grisons percevaient pour les marchandises importées dans ces possessions italiennes des droits de péage qui furent affermés très tôt déjà. Pendant longtemps la famille Massner détint la ferme des péages qui passa, par mariage, à la famille Salis. Cette dernière payait aux trois Ligues un fermage

annuel de 14000 florins. En 1788. la famille Bavier obtint les péages moyennant une redevance annuelle de 96 000 IV. à payer aux trois Ligue.. [u p 1

APPELLINUS ou ABELLENUS. Evêque de Genève qui assista en 627, au troisième concile de Mftcon. La bible de Saint-Pierre l'ignore. — Voir: Regeste Genevois, n" 75. M. H.

APPENTEGGER, Jean. Voir A1.1.1 !MAN (Berne)

n° 2 ; Voir aussi A.POTHEKER.

APPENTHEL,d',ouAPOSTELLO,APPENTEL, APPOTHEL, APENTHEL. Famille bourgeoise de Fribourg depuis le 13 janvier 1551 en la personne de Pierre Apostello.d'Onn eus. Armoiries', de gueules à une croix d'or dont le pied fendu en chevron repose Mir trois coupeaux de sinople, le sommet de la croix en forme de fer de Qèche.l'extrémité des bras cramponnée, le loui cantonné de quatre étoiles d'or. — 1. Guillaume, reconnut son droit à la bourgeoisie secrète el privilégiée le 12 mai 1027; du Conseil des Deux- Cenis en 1616, des Soixante en 1631, bailli de Bellegarde de 1627 à 1632, f le - septembre 1643. — 2. Gaspard, du Conseil des Deux-Cents en 1600, avoyer de Moral de 1605 à 1610, directeur de la Fabrique de Saint-Nicolas en 1613, t 1620. - 3. Jossk, docteur en théologie, curé de Ta vol de 1676 à 1,0.x. — 4. JEAN-PIERRE-JOSEPH, membre des Deux- Cents en 1757. des Soixante en 1775. bailli de Romonl de 1764 ii 1769, secrétaire en 1777. directeur de Bourguillon en 1784, t le 7 mars 1785. — 5. Pierre-Joseph, recteur de Notre-Dame de 1758 à 1807. membre de la cour épiscopale.fle 5 décembre 1807. — 6. JEAN-PIERRE- Joseph-JUstin, baptisé le 14 avril 1767: du Conseil des Deux-Cents de 1787 à 1798, puis de 1814 à 1831, archiviste en 1788, bailli du Val Maggia de 1792 à 1794, secrétaire du préfet national 1798. chancelier 1814- 1825, conseiller et juge d'appel 1827. président du tribunal d'appel en 1831, t le F r novembre 1848. — 7. Joseph-Pierre-Théodore, frère d un" 6. bapt. le 2 juillet 1768, s'engagea en 1784 au service de France, dans le régiment de Sonnenberg, passa avec celui-ci au service d'Angleterre en 1792, capitaine au régiment Royal Etranger en 1796, f le 4 septembre de cette année dans un naufrage sur les côtes de la Corse. 11 est connu sous le nom de chevalier d'Appenthel quoiqu'il ne paraisse pas avoir été réellement créé chevalier. — 8. ANTOINE- Joseph- Justin, fils du n° 6, * le 4 août 1799; lieutenantcolonel en 1839, lit partie de l'expédition deBâle-Campagne ; archiviste d'Etal de 1828 à 1830, juge de paix de Fribourg 1837, juge près le tribunal de la Singine 1857, refusa la place de préfet du Lac en 186'i. t le 21 décembre 1878. — 9. Adolphe, fils du n° 8, * 1852. t à Colorado (.Mexique) le 27 février 1903. Avec lui s'éteignit la lignée masculine des Appenthel. — Voir Ch. de Raemv dans RHV 1904. — Nouvelles Etrennes fribourgeoises 1880, p. 12. -- ASHF IV, p. 150. - Journal de Fribourg 1879, nos 25 à 44. — Ch. de Raemy : Le chevalier d'Appenthel. — Hél. Raemy de Bertigny : Chronique fribourgeoise, p 323. — Dellion : Dictionnaire VI, p. 420, XI, p. 195. — LUI I. — Alf. Weitzel : Répertoire des familles, p. 517. [Rjemy.]

APPENWILER, Erhard von. Originaire de Colmar, il paraît déjà en 1429 à Bâle où de 1439 jusqu'à sa mort en 1472, il est chapelain de la cathédrale et en même temps camérier de la confrérie de Saint-Jean. Il est connu comme auteur de la chronique latine des années 1444 à 1471, qui sont de la plus grande importance pour l'histoire de Bàle. — Voir Auar. Bernoulli. dans Bas. G. IV. [A. I!.]

APPENZELL'. Canton ettreizième État del'ancienne Confédération jusqu'en 1597; il est, depuis cette époque, partagé en deux demi-cantons. Appenzell Rhodes-Intérieures et Appenzell Rhodes-Extérieures. Armoi ries : d'argent à un ours levé en pied de sable armé et lampasse de gueules. Le plus ancien sceau, du 10 octobre 1403, porte

1 A cet article appartiennent les deux cartes historiques el les deux planches en couleurs (costumes et drapeauxj publiées dans le fascicule II du DHBS.

iscicule II.

CANTON DAPPf NZELL

APPENZELL

APPENZELL

l'inscription : Sigillum universitatis ten~e de Abbatiscella. Un document, de 1450 environ, porle un sceau d'exécution soignée avec l'inscription:

Sigillum Universitatis Appenzell.

Préhistoire. Près du Wildkirchli, le Dr Bachler de Saint-Gall a trouvé des traces d'un établissement préhistorique. Cette station, la seule eu Europe située dans la région alpestre et à cette altitude (1477 m.), fut habitée par l'homme du moustérien. Quoique jusqu'ici on n'ait trouvé aucun reste humain dans les couches de terrain des deux grottes du Wildkirehli, les autres trouvailles préhistoriques et paléontologiques constituent une preuve indéniable de l'existence de l'homme préhistorique dans ces demeures spécialement favorables à un établissement durable. Lors des premières fouilles, on rencontra des instruments en pierre dont la matière première ne fut certainement pas arrachée aux parois de> grottes, mais importée d'une manière ou d'une a ut n-. On peut inférer des restes d'animaux découverts cpie l'homme de cette époque était un contemporain de l'ours des cavernes ; on mit encore au jour des restes de lion et de panthère des cavernes, de loiip des Alpes, de loup, de blaireau, de bouquetin, de chamois, de cerf, de marmotte et de corneille. Quelques fragments d'os montrent aussi des traces de travail humain ; Bachler présume l'existence d'une civilisation moustérienne de l'époque quaternaire. Des fouilles ultérieures donneront peut-être encore des renseignements plus complets

Moyen âge. Nous manquons de témoignages historiques jusqu'au premier siècle av. J.-C. Les Helvètes et les Rhètes se partageaient alors le territoire du canton actuel, et ces derniers profitèrent du mouvement d'émigration manqué des premiers pour s'emparer de tout le pays (58 av. J.-C.) ; mais ils durent bientôt eux-mêmes se -oumettre aux Romains et se trouvèrent compris dans la province de Rhétie (15 av. J.-C). Après quarante ans de domination des Ostrogoths, Appenzell fui englobé avec la Rhétie dans le royaume des Francs dont il partagea dès lors les destinées. Appenzell fut compris dans la Thurgovie dont il constitua au VII' s. la frontière Sud-Est vers la Rhétie Curiale, du Santis au Meldegg (Monstein) ; jusqu'en 1798, les deux évêchés de Coire et de Constance étaient encore séparés par les unes frontières du comté. Dès la fondation de l'abbaye de Saint-Gall en (514, Appenzell entre dans l'histoii comme alleu du couvent. La première grande localité, mentionnée déjà à l'époque franque, est Hérisau en 837, puis viennent Hundwil en 920, et l'église d'Appenzell en H'"!, la plus ancienne dupays. Les Appenzellois vécurent ainsi pendant quatre siècles en qualité de gens du couvent : mais, durant les luttes des abbés contre Mutes de Tocgenbourg et de Werdenberg et les ducs d'Autriche, ils acquirent par leurs qualités militaires divers droits importants, en particulier l'élection d'un conseil du pays, 1377. L'énergique abbé Cuno de Stoffeln (1379-1411) chercha vainement à éteindre ce foyer de liberté qui s'enflamma à la suite des victoires de Sempach et Nâfels. Le 17 janvier 1401 les huit communes d'Appenzell, Hundwil, Urnàsch, Gais, Teufen, Trogen, Speicher et Hérisau conclurent, sur odèle des Confédérés, une alliance avec la ville de Saint-Gall et quatre communes abbatiales de la région de Gossau contre l'abbé, l'ennemi commun. Lorsqu'à la suite du verdict de Constance (1402), Saint-Gall et les commîmes de l'intérieur se retirèrent de l'alliance, les Appenzellois scellèrent, au début de 1403, une combourgeoisie avec Schwyz; et, dans les deux rencontres de Vogelisegg (15 mai 1403) et du Stoss (17 juin 1405), ils remportèrent une victoire complète sur leurs ennemis langés sous les bannières de l'abbé et de l'Autriche. Alors, avec la violence d'un torrent alpestre, les Appenzellois sortirent de leurs montagnes et fondèrent la Ligue autour du Lac (Bvndob dem See) qui comprit, oulii- Appenzell, une partie de la Thurgovie, tout le Rheintal avec le Liechtenstein, le Vorarlberg et le azerwald : mais après trois ans d'existence, la

Ligue fut dissoute (1408). Alors, pour la seconde fois, les Appenzellois cherchèrent et trouvèrent alliance en Suisse ; le 24 novembre 1411, ils conclurent une coinbourgeoisie perpétuelle avec les sept cantons orientaux (Berne n'y fut pas compris).

Rattachement à. la Suisse. Quoique dans le traité de 1411 les parties ne jouissent pas des mêmes droits — les Appenzellois étaient les « protégés », c'est-à-dire presque les sujets des Confédérés — cet accord, grâce à la politique habile des premiers, marque bien le début de l'entrée d'Appenzell dans la Suisse comme Etat confédéré. La sentence de Badendu31 mai 1429, par laquelle les Confédérés cassèrent la combourgeoisie d'Appenzell avec le Rheintal, à la demande du comte du Toggenbourg, et contraignirent les montagnards à des réparations envers l'abbé, nous montre pour la dernière fois Appenzell pupille des sept cantons, lesquels, pour veillera l'exécution des clauses du verdict, envoyèrent pendant un certain temps un bailli dans le pays. Appenzell obtint les droits d'allié des Confédérés par sa participation à l'ancienne guerre de Zurich, lorsqu'il entra en 1444 dans la ligue anlizuricoise, et, par la défense victorieuse de sa liberté à Wolfhalden, l'année suivante. Le 15 novembre 1452, les Appenzellois reçurent la lettre de confirmation quicontenait encore quelques réservespour les cas de guerre et d'alliance. Ils firent un nouveau pas en acquérant un droit de gage sur le Rheintal ; et, dès lors, il n'y eut plus qu'une nuance juridique entre la situation que leur faisait l'acte de 1452, et leur situation effective comme membre de la Confédération et co-détenteurs d'un bailliage commun. A la vérité, Appenzell perdit sa situation par son attaque insensée contre le couvent de Rorschach, le 28 juillet 1489, et le traité du 10 février 1490 ; mais il la reconquit après la guerre de Souabe, 16 mai 1500. Ainsi, c'était une évolution naturelle qui, le 17 décembre 1513, Taisait d'Appenzell un membre définitif et indiscutable delà Confédération des XIII Cantons. A la première Diète, le 9 janvier 1514, le député d'Appenzell se plaça délibérément devant le représentant de l'abbé de Saint-Gall, son ancien suzerain, tirant ainsi toutes les conséquences de son admission dans la Confédération. Il conserva son rang, malgré les protestations indignées du vénérable abbé de Saint-Gall, Franz Geissberger.

Réformation et contre-Réformation. La nouvelle foi prit pied très tôt dans le pa\'s ; déjà en 1523 la landsgemeinde décidait que chaque prêtre baserait sa prédication uniquement sur la Bible, et en 1524 il fut reconnu que les communes décideraient de l'acceptation delà nouvelle foi. Sous l'influence exercée ouvertement par les Saint-Gallois Yadian et Kessler. la Réforme s'implanta dans toutes les paroisses extérieures ; seule celle du chef-lieu résista quelque temps, mais pendant l'été 1531, elle commença à fléchir et à tolérer la nouvelle foi. La' bataille de Cappel et la seconde paix générale (Landfriedel n'apportèrent d'abord aucun changement; mais il existait toutefois une tension entre les deux partis, ainsi que le montra, de 1535 à 1539, le Pannerhandel, dans lequel l'accusation inconsidérée de la vente d'une bannière conquise faillit provoquer une guerre avec la ville de Saint-Gall. Néanmoins les deux partis vécurent côte à côte dans une tolérance mutuelle relative jusqu'au moment où les vagues de la contre-réformation vinrent déferler sur le pays. Après une visite du nonce en 1579 commencèrent les premières persécutions au chef-lieu ; puis l'introduction du calendrier grégorien (1584) et surtout l'exécution du médecin Antoine Leu pour avoir offensé un prêtre, la même année, causèrent toutes sortes de troubles qui s'aggravèrent lors de l'établissemenl des capucins en 1587 (inauguration du couvent 25 juill et 1590). En 1588, il fut interdit aux protestants d'Appenzell d'aller à l'église au dehors de la commune e1 en 1590 ils furent contraints d'émigrer. Ils se vengèrent en 159'i en s'opposant à l'entrée du canton dans l'alliance espagnole. Deux ans après, les «gros bourgeois» (grosse H ans en) réussirent cependant, à l'assemblée de [a paroisse d'Appenzell, à faire accepter l'alliance, ils furent appuyés par la Diète deBaden du 11 mai 1597 ; celle dernière savait bien que sa dé-

AIM'KNZKLL

API'KNZELL

cision n'obtiendrait pas L'assentiment des Rhodes-Extérieures protestantes el elle proposa en même temps aux deux partis la séparation du pays. Le 2 juin 1597, la landsgemeinde de Hundwil rejeta en effel l'allianci i pagnole el vota la séparation des Rhodes-Extérieures, qui fui admise cinq jours après par l'assemblée paroissiale d'Appenzell, laquelle demeura Adèle à l'alliance espagnole. Ainsi le sort en étail jeté el l'Acte de séparation du 8 septembre 1597 consomma la rupture. \n,\ Rhodes-Extérieures de Hérisau, Hundwil, Teufen, Trogen el Urnâsch s'ajouta la localité protestante de tiais en n mu' sixième Rhode; la paroisse d'Appenzell, divisée en six Rhodes: Schwende, Rùte, Lehn, Schlatt, Gonten

ment par les deux demi-cantons L'antique bannièn el l'ancien sceau restèrent aux Rhodes-Intérieures qui durent payer aux Hhodes-Kxlérieures une nouvelle bannière ei un nouveau sceau, mais - un peu différents des anciens». Les bannières conquises restèrent ai borées dans l'église d'Appenzell, mais comme propriété de tout le pays; les archives aussi restaient propriété commune. - L'Acte de séparation a aujourd'hui encore force <i, loi en ce qui concerne la situation intérieure des deux demi-cantons : seules les conditions embrouillées de La partie orientale du canton ont été réglées par décret de la Confédération en 1870, lequel supprima les bien-. dits « exemptés « et consacra aussi la séparation ter-

I.e village d'Appenzell vers 1610 (d'après une gravure sur cuivre de Malthnus Merian).

et Rinkenbach ou Wies, prit le nom de Rhodes-Intérieures : 1 outefois la séparation ne se fit pas dans la partie orientale de la Rhode de Trogen, appelée «Oberegg» et « am obern Hirschberg »; là, les protestants lurent attribués aux Rhodes-Extérieures et les catholiques aux Rhodes-Intérieures. La fortune du pays, avec la maison du conseil, l'hôpital, l'arsenal, la tuilerie et la boucherie, fut al I ribuée aux Rhodes-Intérieures qui payèrent aux Rhodes-Extérieures, à titre de rachat, 18 000 florins ; le contenu de l'arsenal l'ut partagé à parts égales entre les deux demi-cantons qui devaient dès lors envoyer à la Diète leur députation séparément, celle des Rhodes-Intérieures ayant la préséance. Toutefois le paj s tout entier, comme autrefois, n'avait droit qu'à une voix, qui ne pouvait être prise en considération que du moment où les deux délégations étaient tombées d'accord. Le bailliage du Rheintal était occupé alternative-

ritoriale. — L'Acte tout entier fut complètement en faveur des catholiques. Le partage des biens en parties égales ne correspondait nullement au chiffre de la population qui encore en 1850, était dans la. proportion de 4 à 1. Ce qui était aussi incontestablement en faveur de la partie catholique, c'était la séparation des voix à la Diète où celle des protestants, numériquement de beaucoup plus nombreux, était toujours paralysée; jusqu'à la constitution fédérale de 1848, les deux frères ennemis n'ont jamais pu se mettre d'accord dans les questions importantes. De 1597 à celte date. les deux demi-cantons ont suivi chacun des destinées différentes. — Voir Appenzell Rhodes- Intérieures et Appenzell Rhodes-intérieures. — Dierauer. — LL. — Zelhveger: lin- Kt. Appenzell, — Schiess et Marti: Appenzeller Urkundenbuch I (jusqu'en 1513). [A.M.etAz.]

APPENZELL

APPENZELL

APPENZELL RHODES-EXTERIEURES. Demicanton dès le 8 septembre 1597 ; il forme avec les Rhodes-Intérieures le XIIIe canton de la Confédération. Armoiries : d'argent, à un ours levé en pied de sable armé et lampassé de gueules, accosté des deux lettres de sable V et R (Ussere RAode»=Rhodes-Extérieures). Le demi-canton ne comptait d'bord que les six Hhodes extérieures d'Urnàsch, llérisau, Ober-Hundwil, Unter-Hundwil, Teufen et Trogen, et comme septième la paroisse de Gais, détachée de la Rhode intérieure de Rinkenbach.

Les quatre premières sont « au delà de la Sitter » (aujourd'hui: Hinterland), les trois dernières «en deçà delà Sitter » ( Mittel- et Vorderland) . Les protestants de la pointe Est de la Rhode de Trogen, du Ober-Hirschberg et d'Oberegg, quoique en minorité et très mélangés de catholiques, furent rattachés aux Rhodes-Extérieures, mais leurs biens, dénommés biens exemptés, devaient rester entre les mains de protestants, qu'il s'agît d'héritages, de ventes ou d'échanges; ils étaient en revanche exempts d'impôts. La frontière fut dans cette région celle des biens particuliers et forma un enchevêtrement compliqué, témoignage de l'intolérance confessionnelle. Par l'érection de nouvelles paroisses se formèrent de 1614 à 1749 treize nouvelles Rhodes, Speicher, Walzenhausen, Schwellbrunn, Heiden, Lutzenberg, Wolfhalden, Rehetobel, Wald, Reute, Schônengrund, Waldstatt. Biihler et Stein, qui forment telles quelles, avec les sept anciennes Rhodes, les vingt communes actuelles du demi-canton. Dans l'ancien canton d'Appenzell, les Rhodes-Extérieures cédaient le pas aux Rhodes-Intérieures ; mais le vote du canton dans son ensemble exigeait l'accord des deux parties.

Le gouvernement du demi-canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures appartenait nominalement à la landsgemeinde, assemblée de tous les citoyens âgés de 16 ans révolus ayant le droit de vote, et qui se tenait chaque année alternativement à Trogen ou à Hundwil. En fait, ici aussi, les compétences passèrent complètement au double Landrat, qui peu à peu, non sans luttes, restreignit toujours davantage les droits de la landsgemeinde. D'après le Landbuch de 1632, le droit de faire des propositions à la landsgemeinde était lié à l'autorisation du double Landrat ; mais il resta aux pétitionnaires, dans les Rhodes-Extérieures, le droit de monter eux-mêmes sur l'estrade, c'est-à-dire de présenter eux-mêmes leur requête à la landsgemeinde de façon déférente. A partir de 1747, le double Landrat formé des Nouveau et Ancien-Conseils, se composa de 84 membres du Petit Conseil, de 167 du Grand Conseil, et des li) grands fonctionnaires (soit 2 landammanns, vicelandammanns, trésoriers, capitaines et enseignes) ; la landsgemeinde choisissait les premiers selon une proportion déterminée dans les Rhodes en deçà et au delà de la Sitter, et les derniers en parts égales dans les deux moitiés du canton. Le double Landrat siégeait à Hérisau et à Trogen ; en ce dernier lieu étaient aussi depuis 1597 l'hôtel de ville et l'arsenal, la caisse du pays et le gibet, signe du droit de haute justice. Les deux Petits Conseils siégeaient -.parement comme autorités purement judiciaires, divisées par districts, au delà de la Sitter à Urnâsch, Hérisau ou Hundwil, en deçà de la Sitter à Trogen. Pour les affaires matrimoniales uniquement, il existai! deux tribunaux matrimoniaux à Hérisau ei Trogen, depuis qu'en 1600 les Rhodes-Extérieures s'étaient rendues indépendantes de Zurich et de Constance en cel i e matière.

Les deux Appenzell possédaient en commun les archives du pays et les bannières conquises placées dans l'église de l'ancien chef-lieu : l'administration de l'unique bailliage du Rheintal était également commune. En 10(1(1, lorsqu'il fallut nommer le premier bailli depuis la sépa ra i ion du canton, le sort favorisa les Rhodes- Intérieures et le tour des Rhodes-Extérieures ne vint qu'en 1616 ; jusqu'en 1798, il n'y eul à Rheineck que

six baillis venus des Rhodes-Extérieures, chacun pendant deux ans.

La suite de l'histoire des Rhodes-Extérieures ne répond pas à l'idée que l'on se fait communément d'un État démocratique ; elle est avant tout remplie par une ardente rivalité de partis et, comme dans toute la Suisse aux XVIIe et XVIIIe siècles, par la lutte des familles aristocratiques pour le pouvoir. Au delà de la Sitter ce sont les Tanner, les Wetter et les Schiess, de Hérisau ; en deçà delà Sitter, en particulier les Zellweger, de Teufen et Trogen, et les Schlàpfer, de Trogen, qui détiennent presque exclusivement les principales fonctions ; six Zellweger, quatre Tanner, trois Wetter, deux Schiess, deux Gruber et deux Schlàpfer ont occupé le siège de landammann ; les neuf autres landammanns furent pris dans neuf familles différentes. Ces grandes familles, très considérées, jouissaient d'une grande influence dans les conseils ; dans la landsgemeinde, par contre, elles rencontraient nécessairement des adversaires, l'histoire en fournit la preuve.

En 1644, la landsgemeinde déposa le landammann Johann Zellweger (de Gâlleren près de Teufen), élu seulement deux ans auparavant, parce que, sur sa proposition, le Landrat avait voté, sans consulter la landsgemeinde, une loi sur les successions de personnes sans héritiers naturels. Ce n'est pas par hasard qu'un Tanner, puis un Schlàpfer le remplacèrent ; la preuve de la haine profonde qu'on lui vouait, c'est que pendant le reste de sa vie il ne put obtenir une charge importante. Cette affaire fut probablement le prétexte de la division du demi-canton, si grosse de conséquences, derrière ou au delà de la Sitter et devant ou en deçà de la Sitter, quevotalalandsgemeindede 1647. Surlademande des quatre Rhodes alors au delà delà Sitter (Urnâsch, Hérisau, Ober etUnter-Hundwil), les six Rhodes en deçà de la Sitter (Teufen, Trogen, Speicher, Grub, Walzenhausen et Gais) acceptèrent, grâce à la médiation d'une mission zuricoise, le traité suivant : toutes les hautes fonctions (landammann, vice-landammann, trésorier, landeshauptmann et enseigne) seraient occupées à double par des titulaires de l'un et l'autfe côté de la Sitter, de telle façon qu'à un landammann d'en deçà de la Sitter serait adjoint un vice-landammann d'au delà. La landsgemeinde, le Grand Conseil et le double Landrat demeureraient communs et indivis, ils devaient siéger en deçà de la Sitter à Trogen, au delà à Hundwil ou à Hérisau. Les Petits Conseils étaient par contre divisés et siégeaient d'une part à Trogen et d'autre part à Hérisau, Hundwil ou Urnâsch. Dès 1648, par gain de paix, le bailli du Rheintal fut aussi pris tour à tour dans les deux moitiés du demi-canton, et dès 1671, le doyen et le camérier de l'église du pays furent aussi séparés par la Sitter. La décision de 1647, en apparence heureuse, était en réalité une seconde division du pays et rendit les Rhodes d'autant plus étrangères les unes aux autres que clés démagogues sans conscience se servirent de ces rivalités pour satisfaire leurs propres ambitions. Ce danger n'apparut que lors du Landhandel de 1732-1733, provoqué par le landammann Lorenz Wetter, qui n'avait manifestement d'abord voulu atteindre que son ennemi héréditaire et collègue Konrad Zellweger. Le prétexte, préparé de longue main, fut l'assertion que les délégués à la paix de Rorschach, signée aussi par les Rhodes- Extérieures en 1714, auraient transgressélesloisdupays en ne requérant pas le consentement de lalandsgemeinde. Ces délégués avaient certainement agi d'une manière préméditée car leur consentement ne concernait que l'art. 83 du traité de paix, qui prévoyait en termes généraux le règlement définitif des difficultés depuis longtemps pendantes entre l'abbé de Saint-Gall et les Rhodes-Extérieures. Le double Landrat avait renvoyé aux calendes grecques la ratification formellement prévue. Wetter fit d'un des envoyés, Konrad Zellweger, le bouc émissaire de toute l'affaire et chercha à l'atteindre en la personne de son fils, du même nom, ancien landammann en 1732. Il y parvint après de longues luttes, au cours desquelles les « Durs », ou démocrates, partisans de Wetter, batt irent. les «Doux», c'est-à-dire le parti aristocratique de Zellweger. Les deux landsgemeinde orageuses de Teufen et de Hundwil, la menace de séparation des communes

APPENZELL

VPPENZELL

de Speicher, Trogen, Rehetobel, Grub, Heiden, Wolfhalden, Lutzenberg, Walzenhausen el Reute (toutes dans le Vorderland), la prise d'armes générale du 5 16 mars I7:i.'i. ei Les insultes faites aux députés des Confédérés à Hérisau, toutes ces manifestations violentes el passionnées, avaient fail grand bruil en Suisse. Après la victoire «lo Durs el l'expiation des Doux», le Landral prononça l'interdiction des noms des partis, el s'en contenta, car, au mal initial, à l'épineuse question de la division «lu pays par la

Sitter, personi n relie terre <le pure démocratie ne Se

hasardai! à loucher, de peur de subir le sorl de Xellweger de la pari d'un ami de l'autre côté de la Sitter. Il ne serait pas juste de ne présenter que le's mauvais côtés de l'bistoire des Rhodes-Extérieures. Un des fail les plus intéressants à constater, c'esl combien l'union avec les Rhodes-Intérieures demeura encore un certain temps vivante. Ainsi en 1603, six ans après laséparation,

Le! Rhodes-Extérieures firent aussi preuve de sens démocratique dans l'organisation de leurs communes. Partout la paroisse se confondait avec la commune politique, d'une façon si complète que le Landbucb de 1747 (une simple réédition de relui de 1632) employait le nom de paroisse pour les réunions politiques où l'on élisail les conseils el les capitaines, el que finalement dans la langue officielle appenzelloise cette appellation ne signifia plus qu'assemblée politique de commune et remplaça l'anrien nom de Rhode. Silôl qu'une paroisse devenait autonome et se séparait de l'églisemère, elle constituait sans autre une commune politique avec ses capitaines, Grands el Petits Conseils, el était ainsi représentée dans les autorités d la décision delà landsgemeinde. Ainsi, les sept Rhodes originaires s'accrurent plus tard jusqu'à 20 sans que depuis 1647 il y ait en de difficultés à ce sujet. La meilleure preuve de l'excellence de cette manière de

Vue du village d Appenzell vers 1835, d'après dessin el aquatinte de J. B. Isenring. (Bililioth-que cantonale de Trogen)

les deux demi-cantons offraient ensemble leurs bons offices pour empêcher la guerre qui faillit éclater entre Berne et Genève et la Savoie à la suite de l'insuccès de l'Escalade. Les deux Appenzell employèrent jusqu'en 1632 le code des lois de 1585 ; à cette date seulement, les Rhodes-Extérieures en firent faire une copie e1 le modifièrent selon leurs besoins. En 1653, les deux moitiés du pays furent unies lorsqu'il s'agit d'aider à protéger les autorités d'institution divine contre les paysans révoltés. De même, ils prirent soin de ne pas se mêler aux luttes confessionnelles ; en 1656 et en 1712 nous trouvons Appenzell entier parmi les neutres qui réclament la paix et travaillent à la rétablir. En 1712, la situation fut particulièrement délicate pour le pays, car les Rhodes-Extérieures eurent à élire en automne le bailli du Rheintal. Par modération réciproque on évita un conflit, jusqu'à ce que les gens du Rheintal eussent prêté serment au corps zuricois opérant en Thurgovie. La méfiance envers l'abbé empêcha alors les Rhodes- Intérieures d'intervenir en sa faveur ; elles laissèrent les Rhodes- Extérieures occuper tranquillement la frontière du Rheintal, soi-disant contre l'Autriche, sans se décider à intervenir ni pour l'ambitieux abbé ni pour les gens du Rheintal.

faire est qu'elle a été adoptée par le régime actuel.

Depuis la séparation religieuse, les protestants d'Appenzell s'étaient rattachés au synode saint-gallois (1544). En 1602, suivant la coutume de l'époque, ils avaient fondé une église nationale, et en 1618 ils se plièrent encore aux nouveaux usages en réintroduisant le chant dans les cultes, d'où les premiers réformateurs Taxaient banni. En 1645, ils l'emportaient sur l'abbé de Saint- Gall en l'obligeant à renoncer à ses prétentions à la collature. En 1644, ils adhérèrent à la Confession helvétique et en 1675 à la Formula Consensus, les plus importantes tentatives d'unification religieuse en Suisse. En 1757, les pasteurs des Rhodes-Extérieures rompirent leur ancienne alliance avec Saint-Gall et formèrent une corporation indépendante avec son propre synode.

La situation spéciale des catholiques dans la Rhode de Reute ne pouvait durer indéfiniment. Mais ici encore il faut reconnaître qu'on n'agit jamais envers eux comme dans les bailliages communs ou dans le Toggenbourg où régnait le prince-abbé. L'acte de séparation de 1597 fixait le tracé de la frontière de telle manière que les habitants pouvaient vivre en paix avec de la lionne volonté. L'autorité maintenait le principe du droit et s'en tenait au traité. Son point de vue dans la ques-

Page 1