CANTON D'APPENZELL
lgnatius Kegel et sa fille, de Schwende. Tableau de Joseph Reinh'ard L793. Mus. hist. Lucerne.
Demoiselles Josepha Segner et Josepha Huber à Schwende. Tableau de Joseph Reinhard 1793 Mus. hist. Berne.
Bartholome Ramsauer, conseiller, et sa fille, d'Hénsau.
Tableau de Joseph Heinhard 1793. Mus. hist. Berne.
iPour la description des costumas, voir l'artidr Ai-penzki.lj
Jean- Jacques Meyer et sa fille, d'Hérisau. Tableau de Joseph Reinhard 1793. Mus. hist. Berne.
APPENZELL
APPENZELL
tion de la dépendance territoriale des deux couvents de Grimmenstein el Wonnenstein, situés dans les Rhodes- Extérieures enfin l'emporta :1e premier fut compté comme territoire des Rhodes-Extérieures, le second comme enclave des Rhodes-Intérieures ; les tentatives pour modifier cet arrangement (à Grimmenstein en 1667 et à Wonnenstein en 1750) n'aboutirent qu'au maintien de l'état de choses. A cette dernière occasion l'ut supprimée l'unique commune qui avait conservé la parité religieuse : GrUb, dans les Rhodes-Extérieures, qui se détacha en 1751 de Grub dans les terres de l'abbé de Saint-Gall, devint une paroisse autonome et fut admis comme Rhode. Seule la Rhode de Lutzenberg continua à faire partie, et fait partie encore aujourd'hui, de la paroisse saint-galloise de Thaï.
Lors de la séparation, les Rhodes-Extérieures comptaient 6322 hommes au-dessus de 16 ans et ayant droit de vote, ce qui correspondait à une population de 30 000 âmes. En 1733, Zelhveger estime les forces des « Durs » à 5000 hommes et celles des « Doux » à 4000, en tout 9000 hommes, soit 45 000 âmes. Ce chiffre est trop élevé, car en 1850 on comptait 25 758 habitants en deçà de la Sitter et 17 863 au delà, soit 43 621 âmes en tout, et en 1837 : 41 080. On ne doit pas admettre une population de plus de 35 000 personnes au XVIIIe s., dont 20 000 en deçà et 15 000 au delà de la Sitter. En 1850, il n'y avait que deux pour cent de catholiques dans les Rhodes-Extérieures.
Après la courte période delà République Helvétique, qui réunit les deux demi-cantons pour trois ans (sauf une interruption pendant l'occupation autrichienne en I 799), Appenzell Rh.-E. reçut aussi de Paris sa constitution. Par méconnaissance de la situation ou pour maintenir une fiction, on avait gardé un canton unique, tout en déclarant cependant ses deux moitiés «réciproquement indépendantes l'une de l'autre ». De fait les deux demi-cantons étaient déjà complètement séparés en 1803. Mais, comme l'agitation continuait pendant la Médiation, le Grand Conseil, assemblé à Trogen, n'adopta une nouvelle constitution que le 25 juin 1815. De même que dans les Rhodes-Intérieures cette dernière privait la landsgemeinde de tous droits, à l'exception du droit d'élection et du droit de naturalisation, et concentrait l'autorité, davantage qu'en 1798, entre les mains du Nouveau et de l'Ancien Conseil, et du Grand Conseil formé des 10 magistrats et des 40 capitaines : ce dernier n'avait plus que le contrôle des comptes de l'État et le droit de naturalisation. Le pays resta divisé en deux parties, l'une en deçà, l'autre au-delà de la Sitter ; leurs Petits Conseils particuliers furent maintenus, de sorte que les Rhodes-Extérieures eurent dorénavant quatre chef-lieux: Trogen, Hundwil, Hérisau et Urnàsch, mais la landsgemeinde ne se réunissait et ne se réunit encore que dans les deux premiers. Il est vrai que le peuple, soit la landsgemeinde, n'avait pas été consulté, de sorte que, dans les années 1820, on commença à faire de l'opposition à la suprématie de nouveau exercée par certaines familles, et cela par le moyen encore inusité de la presse. Un médecin, le Dr Johann Meyer, à Trogen, avait fondé en 1825 l'Appenzeller Monatsblatt, suivi en 1828 de la célèbre Appenzeller Zeitung. Protégés par le landammann Matthias Œrtli, qui n'exerçait plus le droit de censure, Meyer et ses collaborateurs purent formuler des critiques d'un ton inouï pour l'époque, et lorsque le parti adverse se retrancha derrière le vénérable Landbuch », collection de lois et de sentences juridiques dont il n'existait que quelques copies, ils le publièrent. Dans ce pays de montagnes la lutte pour les droits du peuple commença plus tôt que dans le reste de la Suisse (Schaffhouse excepté); toutefois les difficultés à la landsgemeinde furent telles que ce n'est que longtemps après les autres cantons, le 31 août 1834, que les Rhodes-Extérieures votèrent leur nouvelle constitution. Cette constitution fut une des premières à stipuler pour le double Landrat une représentation uniforme de toutes les communes, sur la base de leur population, et le droit pour tout citoyen de prendre la parole à la landsgemeinde. Pour le reste,
on ne fit pas de grands changements : on conserva les 10 magislrats; le double Landrat, composé des 10 magistrats, des 40 capitaines et des députés des communes, élus librement, au nombre d'environ 35 ; le Grand Conseil, composé des 10 magistrats, de 2 intendants des bâtiments, des 20 capitaines en charge, et en lin les Petits Conseils en deçà et au delà de la Sitter, coinptantehacun 13 membres. Yoilàles conquêtes de l'époque nouvelle : égalité devant la loi, liberté de presse et de métiers, droit de pétition et garantie de la propriété privée. La séparation complète des pouvoirs et la liberté religieuse n'étaient pas encore admises: en effet, le Grand Conseil demeurait le tribunal suprême et la confession protestante religion d'État. La constitution
Vacher appenzellois de la Schwàgalp. (D'après une photographie.)
du 3 octobre 1858 réalisait le premier de ces deux progrès en instituant comme autorité executive la « Commission d'État », formée des magistrats réduits à 7; et comme autorité législative, outre la landsgemeinde, le Grand Conseil, élu par le peuple, en proportion de la population ; enfin, comme autorités judiciaires, le tribunal cantonal en instance supérieure et les Petits Conseils en instance inférieure. Une mesure encore plus importante fut la suppression de la division du pays par la Sitter, qui eut lieu en vertu de cette constitution et mit fin à la séparation intérieure datant de 1647. Le pays fut alors divisé en trois districts : Hinterland, l'ancien territoire au delà de la Sitter, Mittelland et Vorderland, le territoire en deçà de la Sitter. La constitution du 15 octobre 1876, encore en vigueur actuellement, apporta la liberté religieuse et une séparation complète des pouvoirs de la landsgemeinde, du Grand Conseil, du Conseil d'Etat et des autorités judiciaires, depuis la justice de paix au tribunal cantonal; le droit de vote jusque là fixé à 16 ans, fut porté à 20 ans en vertu des prescriptions fédérales.
Au XIX1' s., les Rhodes-Extérieures se sont développées Imil autrement que les Rhodes-Intérieures : l'industrie, qui se répandait toujours davantage, les rendit plus accessibles aux innovations ; des hommes tels que
AIM»KN'ZELL
AIH'KNZKLl
le Dr Meyer réussirent à mettre leur pays, au moyen de VAppenzeller Zeitung, à la tête des fautons avancés et à entraîner leurs compatriotes dans La voie du progrès. Lors des tentatives de révision du Pacte fé déral en 1832-1833, L'enthousiasme fil défaut, tandis que lors du Sonderbund les Rhodes-Extérieures mirent toutes leurs troupes en campagne : 2 bataillons d'infanterie de l'élite et un de la réserve, 4 compagnies de carabiniers et le corps de volontaires du landsturm : 5 hommes furent tués et 25 blessés Appenzell Rh.-E. participa aussi à l'occupation des frontières en 1856- 1857 et en 1870-1871. Toutefois les Rhodes-Extérieures goûtèrent si peu les nouvelles prescriptions de La Constitution fédérale de 1874, votées par elles cependant, que leur constitution ne put être mise en harmonie avec la première qu'à la deuxième tentative. Depuis plusieurs années, le tissage des cotons s'est largement répandu dans le canton et l'a fait prospérer. Les chiffres suivants l'ont voir quelle a été L'influence de L'industrie sur la population : 1837 : 41 080, 1851) : 43 621, L860 :
48 431, 1870 : 48 734, 1880 : 51 958, 1888 : 54 109, 1900 : 55 281, 1910 : 57 994. - Voir : LL et LUI. — Zellweger : Appenzell. - — Feuille fédérale, 1869, n°
49 et 1870 n° 40. — Constitution du Canton. — AJ. APPENZELL RHODES-INTÉRIEURES. Dès
le 8 septembre 1597 demi-canton et, avec les Rhodes- Extérieures, XIIIe' canton de la Confédération. Les Rhodes-Intérieures avaient la préséance à la Diète sur leur collègue des Rhodes-Extérieures. Armoiries : celles du canton avant le partage, soit d'argent à un ours levé en pied de sable armé et lampassé de gueules. Ce nouveau territoire se composait principalement de l'ancienne paroisse d'Appenzell, divisée en six Rhodes : Schwende, Rùte, Lehn, Schlatt, Gonten et Rinkenbach ou Wies ; le territoire de Stecklenegg, de la Rhode extérieure de Hundvvil, formait la 7mu Rhode; et les catholiques d'Ober-Hirschberg et d'Oberegg dans la Rhode extérieure de Trogen les 8mc et 9me Rhodes; ces deux dernières étant mélangées de protestants, ne devaient point faire entièrement partie des Rhodes-Intérieures, mais chaque domaine était rattaché aux Rhodes-Intérieures ou Extérieures suivant la confession du propriétaire et ne pouvait être transmis qu'à des gens de la même confession (domaines dits exemptés). Au sein de la Confédération les deux demi-cantons ne comptaient que pour un, et n'avaient à la Diète qu'une voix, valable seulement lorsque Appenzell d'une part, et Trogen, Ilundwil ou Hérisau d'autre part, étaient entièrement d'accord. Les Rhodes-Intérieures et les Extérieures possédaient en commun, au village d'Appenzell, les archives du pays et les bannières conquises, déposées à l'église. Elles administraient conjointement leur seul bailliage du Rhcintal, alternativement avec les VIII anciens cantons En 1600, pour la première fois depuis la séparation, le canton d'Appenzell eut, à son tour, à nommer le bailli à Rheineck : un tirageausort décida en faveur des Rhodes-Intérieures qui, jusqu'en 1798, repourvurent sept fois la charge de bailli.
Le pouvoir suprême ou gouvernement était constitué par la landsgemeinde composée de tous les citoyens âgés de 16 ans révolus ; elle avait lieu ordinairement le dernier dimanche d'avril sur l'ancienne place d'Appenzell ou dans l'église de la localité. La landsgemeinde nommait les principaux magistrats, soit le landammann, le banneret, le vice-landammann, le trésorier, le Landeshauptmann, l'intendant des bâtiments, l'administrateur des biens de l'église, l'enseigne du canton et se prononçait sur toutes les questions qui lui étaient soumises. Ses compétences n'allaient pas plus loin, car l'autorité législative et judiciaire était exercée par le Grand Conseil qui s'assemblait deux fois par an. Il se composait de 74 députés des neuf Rhodes, soit de 18 capitaines, de 16 petits et 32 grands conseillers et des 8 magistrats. Dès 1723 chaque Rhode députa uniformément 4 grands conseillers, 4 petits conseillers et 4 capitaines, de sorte que le Landrat (réunion des députés des Rhodes et des magistrats) compta 80 membres. Le gouvernement proprement dit était le Petit Conseil ou Conseil hebdomadaire, composé des 8 magistrats, des 18 capitaines et de quelques petits conseillers qui étaient
adjoints à tour de rôle. Lorsqu'il b 'agissait d'affaires très importantes, Le conseil était réuni par l'huissier
({in se rendait chez chaque conseiller pour lui lire la convocation ( /tixaiitiiirnartesene) Hat); il délibérait sur
la politique extérieure de La République et se composait
du Conseil hebdomadaire auquel on adjoignait tous les petits conseillers, soit de 42 membres en tout. I •
ces assemblées siégeaient dans la maison de commune d'Appenzell qui fut rebâtie après l'incendie de
L'histoire ultérieure des Rhodes-Intérieures diffère entièrement de celle des Rhodes-Extérieures; sur an
seul point il y a ressemblance parfaite entre les deux demi-cantons : dans les querelles passionnées des partis au sein de la landsgemeinde et dans les luttes contre la suprématie de certaines familles; ces luttes dominent toute l'histoire intérieure du pays. Dans ce pays de ladémocratie pure, tout comme dans les aristocraties, quelques familles dominaient dans les Conseils; leurs adversaires trouvaient alors le moyeu de se venger dans les landsgemeinde A Appenzell les Suter étaient tout puissants, puis les Geiger, les Nàf. les Fâssler, les Schiess et les Wieser. De 1597 à 1798, sur 23 élections de landammann, ces six familles ne sont pas arrivées moins de dix-sept fois au pouvoir ; les Suter 6 fois, les Geiger 3 fois et les 4 autres chacune 2 fois. Parmi les sept baillis du Rheintal, il y eut trois Schiess, le grand-père, le père et le fils. On est obligé de chercher des indications dans ce dénombrement, parce que, dans les Conseils, tout se passait dans les coulisses et que les actes eux-mêmes ne fournissent pas toujours les renseignements désirés. Après la landsgemeinde de 1660, qui fut très orageuse, le Landrat décréta en 1667 qu'un citoyen ne pourrait à l'avenir prendre la parole à la landsgemeinde sans y avoir été autorisé par lui. Malgré cette mesure restrictive, il y eut, déjà en 1679, à propos de la sortie du Défensional, des scènes violentes, puis de nouveau en 1706 lors du renouvellement de l'alliance avec l'Espagne ; enfin en 1723 à propos des élections ; mais les scènes les plus regrettables eurent lieu lors de l'affaire Suter, de 1775 à 1784. Il s'agissait ici de l'antagonisme entre les familles Suter et Geiger, représentées par les landammanns Josef-Anton Suter et Johann-Jakob Geiger. Suter, d'abord le favori du peuple et son homme de confiance, avait commis des fautes graves dans l'exercice de sa charge, de sorte que Geiger put en tirer parti pour le faire enfin destituer et bannir. Lorsque neuf ans plus tard Suter se hasarda à rentrer au pays, Geiger, qui était de nouveau au pouvoir, le fit emprisonner et condamner à mort, sous la pression de son parti, celui des aristocrates ; Suter fut exécuté le 19 mars 1784. Ce meurtre judiciaire fut expié en 1829 par une réhabilitation de la famille.
L'entrée dans l'alliance espagnole, qui fut la cause de la séparation du pays, porta les Rhodes-Intérieures du côté des catholiques militants. Le 28 janvier 1598, leur représentant apposa solennellement le sceau du canton au traité des VI cantons avec l'Espagne, qui fut renouvelé trois fois, en 1604, en 1634 et en 1706. Conformément aux articles du traité, les Rhodes-Intérieures envoyèrent cinq fois une compagnie au service de l'Espagne ; toutefois leurs rapports avec l'Espagne ne les empêchèrent pas d'autoriser à deux reprises des enrôlements pour la France. En 1600 le pays accéda à la Ligue d'Or des ATI cantons et en 1668 au Défensional, soit à l'organisation militaire commune de tous les cantons, mais il s'en retirait déjàen 1679 de concert avec les autres petits cantons catholiques. Les Rhodes-Intérieures n'ont pour cela jamais pris part à une occupation des frontières; toutefois, en 1792, elles ont participé à la défense de Râle, non en vertu du Défensional. ainsi qu'elles eurent soin de le déclarer, mais bien à cause des anciennes alliances. En 1715. elles se joignirent à l'alliance séparée des cantons catholiques avec la France, et des dissensions internes éclatèrent ensuite à cause de ladistributiondespensionspayéesparla France. On croyait évidemment a voir assez fait pouiie militaire en envoyant des soldats à l'étranger, car au XVIIIe s. on cessa de faire les revues en usage jusqu'alors et l'on se cou! enta des lauriers recueillis par les ancêtres au Stoss et à la Yogelisegg.
APPENZELL
APPENZELL
En 1647, en 1054 et en 166$ les filiales de Gonten, d'Oberegg et de Haslen se séparèrent de l'ancienne paroisse d'Appenzell ; par contre, les filiales de Briilisau et d'Eggerstanden, fondées au XV1' s., continuèrent jusqu'à nos jours à dépendre de l'église-mère.
Il y avait à Appenzell un couvent de Capucins dès 1590, un couvent de nonnes, Sainte-Marie-aux-Anges dès ltil3; puis deux couvents de nonnes, de date beaucoup plus ancienne, à YVonnenstein et à Grimmenstein (1228 et 1400). Il est intéressant de noter que ce dernier était situé sur le territoire des Rhodes-Extérieures, commune deJWalzenhausen, tandis que les Rhodes-Intérieures en avaient l'avouerie. Le couvent de Wonnenstein, en re-
qu'un canton, tout en disant que les deux parties sont réciproquement indépendantes l'une de l'autre ». En l'ait les deux moitiés se sont définitivement séparées en 1803. Les Rhodes-Intérieures ne jouirent d'une véritable constitution qu'après la conclusion du Pacte fédéral entre les cantons suisses après la première chute de Napoléon. Le Grand Conseil d'Appenzell Rh.-I. décréta cette constitution le 30 juin 1814 et n'institua que sept Rhodes parce que celles de Rinkenbach et de StecUienegg, de même que Hirschberg et Oberegg furent réunies. Les huit magistrats d'avant 1798 furent réintroduits et augmentés d'un trésorier et d'un administrateur de l'assistance publique.
Costumes des paysans des Rhodes-Intérieures vers 1SÏ0. D après un dessin de S. Vogel (lithographie de .1. Brodtmann)
vanche, appartenait au territoire des Rhodes-Intérieures, H formait une enclave des Rhodes-Extérieures, de la commune de Teufen. Cet enchevêtrement territorial, impliqué, existe encore de nos jours ; aux recensements les habitants de ces deux couvents sont comptés avec la commune d'Appenzell, ce qui, du moins pour Grimmenstein, n'est pas correct. Lors de la séparation, les Rhodes-Intérieures avaient 2782 hommes de 16 ans révolus et ayant droit de vote à la landsgemeinde, ce qui correspondrait à peu près à une population de 10 000 âmes. En 1837 le recensement ne fournit qu'un chiffre de 9796 hab. et en 1850 de 11 272, de sorte qu'on ne peut pas estimer la population avant 1708 à plus de 8000 âmes. Encore en 1850 elle ne comptait pas tout à fait un pour cent de protestants.
Après la réunion forcée sous la République Helvétique, qui fut de courte durée e1 subil une interruption en 1799, Appenzell reçut sa première constitution par l'Acte de Médiation du 19 février 1803. Il est curieux de constater que cette loi fondamentale, importée de l'étranger, entretient la fiction de l'unité d'Appenzell (de même que celle d'Unterwalden) et ne mentionne
Ils étaient tous élus par la landsgemeinde, qui n'avait d'ailleurs qu'un contrôle général sur les comptes de l'État et le droit, de naturalisation. Le Grand Conseil, véritable gouvernement, se composait, comme autrefois, des magistrats et des deux fonctionnaires du Conseil (l'intendant de l'arsenal et le bailli impérial) et de 8 petits et 8 grands conseillers pour chacune des 7 Rhodes, en tout de 124 membres. Le Petit Conseil comptait les 8 magistrats et les 56 petits conseillers, toutefois il n'était jamais au complet, mais se rassemblait par groupes (comptant chaque fois un quart des membres) qu'on nommait Conseil hebdomadaire, alternant tous les 8 jours ou au bout de six séances. C'était une autorité purement judiciaire. Conformément àl'esprit de l'époque, on se garda de fournir à la landsgemeinde l'occasion d'émettre son opinion sur ce gouvernement ; au contraire, on restreignit encore ses attributions en réduisant son rôle à celui d'une assemblée chargée d'élire les magistrats. C'est ce qui explique que, déjà le 26 avril 1829, une nouvelle constitution fût introduite, sur l'init ia l Lve des démocrates. Elle conservait les formes de l'ancienne constitution aristocratique de 1814, mais
APPENZELL
APPENZELL
ipportail des réformes do tables relativemenl à la landsgemeinde, qui redevinl le pouvoir législatif , tandis qu'on garantissait à chaque citoyen le droil de faire des propositions. El lorsque le Grand Conseil eu1 enfin dé-
c !■«'■ t <"' que l'ancien la inla mina un Sulrr. exécuté en 1784,
limait une sépulture honorable et que sa condamnation à mort serai! annulée, les Rhodes-Intérieuret se trouvèrent momentanément a la tête des cantons proi n sistes. Cette constitution se maintint pendanl pri di 60 ans dans les Rhodes-Intérieures, jusqu'au jour, le i"i novembre 1872, où une landsgemeinde extraordiaaire en vota une nouvelle, *jui , sauf quelques modifications, est encore en vigueur aujourd'hui. Cette landsgemeinde n'a pas apporté d'ailleurs de profonds changements. Elles'esl contentée, dans plusieurs cas, de renouveler les formes. Ainsi les anciens magistrats se nommenl Commission d'Élal (correspondant au Conseil d'État d'autres cantons); le Petit Conseil reçoil le titre plus moderne de tribunal cantonal el de tribunal de district; la landsgemeinde e1 le Grand Conseil n'onl pas subi de changements, de même que les capitaines et conseillers qui, déjà auparavant, exerçaient l'autorité communale. Le principe essentiellement nouveau consiste en ce que dans le Grand Conseil ei au tribunal de district les Rhodes sont sur un pied d'égalité, étanl représentées proportionnellement à leur population. Une seule exception est l'aile en faveur d'Oberegg- Hirschberg, dont le nombre de vois donnant droit à un siège n'es i fixé qu'à 400 pour le Grand Conseil et à 150 pour le tribunal de district au lieu des 800 el 300 voix réglementaires. L'histoire des Rhodes-Intérieures a été généralement paisible au XIX" siècle, mêmeau: époques dangereuses de ls:in et Is'iT. Il est vrai que les troubles qui précédèrent, en 1827, la seconde constitution nécessitèrent une intervention fédérale, et qu'en 1847 les Rhodes-Intérieures lurent contraintes à payer une amende de là 000 fr. pour être restées neutres lors du Sonderbund; mais il n'y eut plus de sans; versé, il l'aui l'attribuer au développement de l'instruction et à la situation économique difficile du pays: celle-ci commençait à s'améliorer ces dernières années, grâce aux progrès de l'industrie de la broderie, mais la guerre mondiale l'a de nouveau compromise.
En matière ecclésiastique, les Rhodes-Intérieures ont partagé le sort du canton de Saint-Gall : après la suppression de l'évèché de Constance, en I 82 I . et du double évèché de Coire et de Saint-Gall (1823-1846), elles firent provisoirement partie du nouvel évèché de Saint-< rail et furent dès lors administrées par un vicaire de l'évêque. L'une des deux annexes de l'ancienne paroisse d'Appenzell, Brùlisau, s'est constituée en paroisse en 1879, de sorte que dès lors les Rhodes-Intérieures comptent 5 paroisses. Population en 1837: 9796 hab.; 1850: 11-272: 1910 : 14585.
Voir: LL et LLH. — Zellweger: Appenzell. Feuille fédérale, 1869, n° 49 et 1870, n» 40.
APPENZELL (Com. el paroisse, chef-lieu du demicanton d'Appenzell Rhodes-Intérieures. V. DGS). En 1061/1071 : Abbatis cella. Armoiries : celles d'Appenzell Rhodes-Intérieures. Le village se forma certainement longtemps après la colonisation du pays par les Rhètes et les Alémannes. En 1061 / 1071, le couvenl de Saint-Gall y édifia la première église consacrée à saint Maurice, et en même temps le château de Clanx, la première devant assurer la domination spirituelle du couvent, le second sa domination temporelle. Appenzell grandit bientôt et, quoique n'étant plus la seule paroisse (Hérisau eut une église en 1250, Hundwil eu 1315), , elle demeura la principale et donna tout naturellement son nom au pays en 1379. Tout aussi naturelles furent les aspirations de la commune grandissante à l'indépendance, surtout lorsqu'en 1253 l'église eut été incorporée au couvent de Saint-Gall. En 1270 déjà, les Appenzellois entrèrent dans l'alliance des Saint-Gallois contre leur propre seigneur, l'abbé Berchtold, alliance que sa mort rendit sans objet. La situation devint plus difficile pour Appenzell quand en 1345, l'abbé Hermann von Bonstetten acquit l'avouerie impériale sur les quatre districts d'Appenzell, Hundwil.
I < 1 1 1 • 1 1 el i rnâsch, el avec celle-ci le droil d'impôt ei la haute justice. Vers 1360 Appenzell conclut avec Hundwil une alliance contre leur seigneur, que seule l'intervention de la ville de Saint-Gall put rompre .n 1367. Ce même abbé Georg autorisa, à -on corps défendant, les cinq communes d'Appenzell, Gais, Hundwil, Teufen et Urnasch à entrer dans la Ligue des villes souabes, le 26 sept embre 1377. Dans la suite, I alliance lut de la plus hauie importance pour Appenzell, lorsque grâce aux villes de Saint-Gall el de Constance les cinq communes obtinrent leur première administration autonome et leur premier Landrat,etse réunirent aloi peut-être pour la première loi- en une landsgemeinde. Celle-ci lui naturellement tenue à Vppenzell qui
<lr\ ml ainsi d'emblée cher-lieu du nom el État en voie de
loin ni lion, l.a lutte qui s 'engagea contre l'abbé Kunovon
Appenzell. Le château, bâti en [563 par Anton I.
StofJeln plaça Appenzell au centre des événements. En 1401, Appenzell entra, la première <\f< cinq commune-. dans l'alliance avec la ville de Saint-Hall et les gens du couvent et conclut deux ans plus tard une combourgeoisie avec Schwyz : c'est pour ainsi dire à ses portes que les Appenzellois battirent les Autrichiens au Stoss. Malgré la défaite de Bregenz. qui mit fin à l'éphémère « Ligue autour du lac . l'abbé m- put relever sa domination spirituelle et temporelle: Appenzell se trouva par là délivré de la juridiction de l'abbé, recouvrit son indépendance religieuse, perdue par l'incorporation de son église, et forma de nouveau une paroisse autonome.
Appenzell devint dès lors le centre politique du pays auquel il avait déjà donné son nom. C'est là que les landsgemeinde eurent dorénavant lieu, que les conseils siégèrent, et que se trouvait l'arsenal érigé probablement déjà avant 1500. Par suite de la séparation religieuse Appenzell perdit, il est vrai, une partie de son avantageuse situation du fait que les Rhodes-Extérieures tinrent leurs assemblées à Hérisau ou à Hundwil et ne se rendirent plus qu'à contre-cœur.. jusqu'à la rupture définitive de 1597, aux réunions du cheflieu, maintenu dans son ancienne foi par le curé Theobald Huter C'est en ces années agitées qu'eut lieu le grand incendie, qui. le 18 mars 1560, ne détruisit pas moins de 160 maisons, dont l'église et la maison de ville. Malgré les frais élevés de la reconstruction, le double Conseil de la paroisse prit sur lui de bâtir encore un couvent de Capucins qui, commencé le 22 février 1587, fut terminé en trois ans. Par la séparation d'avec les Rhodes-Extérieures, Appenzell devint chef-lieu des
APPEXZKLL ^DISTRICT D')
APPENZELLER KALENDER
:jo;i
Flhodes-Intérieures el en fui l'unique paroisse, d'où Gonten se sépara en 1647, Obereggen 1654, Haslen en 1668. Toutes quatre faisaienl partie du chapitre rural de Saint - Gall et conservèrent ainsi, au moins dans le domaine religieux, l'ancienne dépendance de l'église-nière. 11 n'y eut jamais de Rhode d'Appenzell, car celte grande paroisse de 2782 Ames (loi)?) se divisait en six Rhodes, (voi§ l'article Appenzkll-Rhodes fntérieures), et le village même était dans la Rhode de Lehn. Appenzell est relié depuis le 19 octobre 1886 à Urnasch et par là à Saint-Gall par le chemin de fer à voie étroite Appenzellerbahn, avec Gais-Saint-Gall par le tramway Appenzeller Strassenbahn. — LL. — Zellweger: Kl. Appenzell. — ZSK 1916, p. 248 [Az.]
APPENZELL (DISTRICT D'). Ce fut la constitution du 24 novembre 1872 qui créa le district d'Appenzell comprenant les anciennes Rhodes de Lehn et de Rinkenbach, et qui auparavant s'était quelque temps appelé simplement le Village. Cette année-là, la division en sept Rhodes (Schwende, Riite, Lehn, Schlatt, Gonten. Rinkenbach. Oberegg avec Hirschberg), établie par la constitution de 1828, fut supprimée, et les districts introduits. Celui d'Appenzell comprend, outre la plus grande portion du village du même nom, 35 hameaux et 133 fermes isolées qui appartenaient autre- Fois à la Rhode de Lehn. Population en 1880: 4300 hab.; 1910: 5143. — Voir A. Ott: Die Siedelungs-Verhâltnisse beider Appenzell. [A. M.]
APPENZELLER. Nom de famille répandu dans les cantons de Berne, Saint-Gall, Schwyz, Uri, LTnterwald et Zurich. Dans les cantons de Schwyz et Uri ces. familles sont éteintes ; dans l'Unterwald, les Appenzeller sont paroissiens de Lungern. mais une famille du même nom existait aussi à Stans dans la deuxième moitié du XVIe ^. Voir à ce sujet les art. Altzellen et Baumgartner. \ citer : Benediktis, musicien du XVIe siècle, * en Hollande, de nationalité suisse, élève du compositeur Josquin Desprez. Il succéda à .ban Gossius en 1331 et de 1540 à juillet 1551 fut maître des enfants de chœur des chapelles Marie de Hongrie et Sainte-Catherine des Pays-Bas à Bruxelles. — Voir W. Barclay: Who was Benediclus ? — P. -A. Schubiger : Die Pflege des Kirchengesangs in der deutschen katholischen Schweiz, p. 37.
A. Canton de Berne. — 1. Johann Konrad, * 1775 à Berne, f 1850, fit des études en théologie et devint en 1801 maître de calligraphie et d'arithmétique à l'école de Winterthour. Il fut consacré à Schaffhouse et nommé en 1809 pasteur de Brùtten. Appelé en 1817 au rectorat du nouveau gymnase de Bienne, il fut élu premier pasteur de celte ville en 1818. Le comte Gobineau, Alexandre Schweizer et Agassiz furent ses élèyes. Après la révolution de 1830, il abandonna la direction du gymnase, mais conserva son poste de pasteui jusqu'à sa mort. Appenzeller collabora aux Alpenr os en, et publia plusieurs ouvrages, entre autres Thomas Wittenbach oder die Reformation zu Biel. Son portrait à l'huile est conservé au musée Schwab à Bienne. -- SBB I, 3-15. — 2. Konstantin, * 1814,
1899, fils du il" 1. Il fit des études en théologie et entra en 1837 dans l'église bernoise. Après un stage a Berlin et un vicariat à Bienne, il devint en 1842 pasteur à Gsteig, en 1851 à Xeueneck, en 1860 second et en 1803 premier pasteur de l'église du Saint-Esprit à Berne. Il se relira en 1885. En 1868, il fonda l'institut pour anormaux du Weissenheim près de Berne ; il fut le promoteur de la société de secours des églises protestantes, membre du Petit Conseil et président de la direction des deux orphelinats de la ville. — TRG. 1910. [E.B.l
B. Canton de Saint-Gall. Ancienne famille de Saint- Gall, riche et florissante surtout aux XVe et XVIe s. — 1. CHUONRADUS DE A.BBATISCELLA est mentionné en 1223, avec d'autres bourgeois, comme témoin à la fondation d'une messe anniversaire de Heilwig, épouse du magister Goldacht, de Gûtern près Saint-Gall