‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 2)Chapitre 219 sur 329 · ARCHER · texte numérisé non relu

ARCHER

Société suisse des monuments historiques, fondée en 1870. A ses côtés il faut encore citer les Zeller-Werdmiiller, vonRodt, les différents Burckhardt, Biggenbach, Sarasin, Alfred Godet et tant d'autres dans la Suisse entière, ainsi que des savants étrangers tels que Wilhelm Lubke, auquel revient l'honneur d'avoir écrit les premières études sur nos vitraux, et Viollet-le-Duc.

Les périodes préhistoriques et romaines n'étaient cependant pas négligées II suffît, pour s'en convaincre, d'étudier les publications des sociétés de Zurich, de Bâle, de Genève, de Neuchàtel, de l'association Pro Aventico, de V Indicateur d'antiquités suisses, les travaux des Vouga, Wavre, Carrard, Morel-Fatio, Gross, Ritz, Mommsen, Burckhardt, Meyer, Mandrot, Morel, Eugène Secrétan, \V. Cart, Aloïs de Molin, Heierli. Ce dernier a conquis une place très spéciale dans l'archéologie préhistorique par son livre Urgeschichte der Schweiz. Il fut l'un des fondateurs de l'importante Société suisse de Préhistoire, à laquelle se rattachent aussi les noms de Tatarinoff, Wiedmer-Stern et d'autres.

Vers la fin du XIXe s. l'ensemble de ces tendances diverses et de tous ces efforts aboutit à une conception absolument nouvelle en Suisse et d'une importance dont on ne saurait assez souligner la portée, la conservation de nos monuments historiques. Si cette notion avait tardé à s'imposer, si, sous ce rapport, nous étions en retard sur tel pays voisin, il est permis de dire que le mouvement fut peut-être plus solidement ancré qu'ailleurs, plus populaire. Il se traduisit très rapidement par la réorganisation complète et par l'agrandissement de nos musées archéologiques, par la création de nouvelles collections avec, comme couronnement, la construction de Musée national inauguré le 25 juin 1898. La réorganisation et l'agrandissement de nos musées cantonaux, la création du Musée national répondaient au besoin de conserver au pays les monuments transportables. Mais il y eut une autre impulsion, tout aussi importante, ce fut le besoin de sauver, de protéger, de restaurer nos anciens édifices encore debout sur tout le territoire suisse. C'était là, on peut le dire, un principe tout à fait nouveau et qui nous vint de France.

Actuellement la tendance qui s'impose de plus en plus est celle de l'étude sur place, étude menée de front avec celle des documents et des textes originaux : inscriptions lapidaires, chartes, comptes de construction, etc. Les fouilles sont envisagées autrement qu'on ne le faisait jadis, en général. Aujourd'hui, celui qui entreprend une fouille archéologique doit se rendre compte qu'il lit et qu'il détruit une page de l'histoire que personne ne pourra lire après lui, qu'il assume donc de ce fait une grande responsabilité scientifique. Il ne s'agit plus comme autrefois (il y eut heureusement des exceptions) de recueillir et d'exposer le plus d'objets possible, quelque intéressants et utiles qu'ils puissent être, mais avant tout d'observer et de noter les moindres détails, car aucun détail n'est superflu. De nos jours on exige que toute fouille digne de ce nom soit accompagnée d'un journal, illustré de plans, de croquis, de photographies, que les observations soient faites non seulement dans le cabinet de travail mais avant tout sur place Pareil besoin d'approfondir les questions se manifeste aussi dans l'étude de notre archéologie médiévale et monumentale. L'exploration archéologique des édifices, de la base au sommet, est chose toute moderne et montre bien notre façon actuelle d'envisager la question. Il est encore un fait absolument moderne, absolument nouveau chez nous, c'est l'intervention et la coopération financière des pouvoirs publics. Nous avons vu que cette coopération s'est manifestée tout d'abord par la création de musées cantonaux ; ce furent ensuite des fouilles pratiquées par les cantons en faveur de ces musées, puis intervinrent des ordonnances diverses pour la conservation de nos antiquités nationales et des lois spéciales pour la conservation de nos palafittes. Le 10 septembre 1898, le canton de Vaud fut le premier en Suisse à adopter une Loi sur la conservation des monuments et des objets d'art ayant un intérêt historique ou artistique dont les dispositions essentielles furent empruntées à la loi française de 1887. Les can-

tons de Berne, Neuchàtel et Valais possèdent aujourd'hui des lois très semblables à la loi vaudoise: le Tessin s'est inspiré de la loi italienne, plus rigoureuse et peut-être moins facilement applicable à cause de ses atteintes à la propriété particulière ; d'autres cantons étudient présentement la question

S'il n'existe pas de loi fédérale relative à nos monuments, la Confédération fait beaucoup pour l'étude, pour l'acquisition et la conservation de nos antiquités nationales. Depuis l'arrêté du 30juin 1886, les Chambres votent chaque année des crédits considérables, soit en faveur du Musée national et des collections cantonales, soit pour subventionner des restaurations, des fouilles et des études archéologiques entreprises dans un but purement scientifique par des États, des communes, des sociétés ou des particuliers. En échange de ses subventions, la Confédération exige des engagements de conservation future, très précis, engagements qui doivent

Mosaïque romaine trouvée à Avericlies (d'après un dessin dErasmus Ritter de l'an 1700 approximativement).

être ratifiés par les gouvernements cantonaux et qui constituent un véritable «classement».

[L'article Archéologie, de notre collaborateur M. A. Nsef, a dû être sensiblement restreint en raison des nécessités imposées par les circonstances économiques actuelles.]

ARCHER. Famille bourgeoise de la ville de Berne. Armoiries : d'or à deux fragments d'arche de pont de sable surmontés d'une étoile du même. — I.Werner, 1306, valet de Johann von Bubenberg; achète en 1306 une terre des chevaliers de Saint-Jean, de Mùnchenbuchsee.— 2. Simon (petit-fils de Rudolf von Hindelwanch), du Grand Conseil en 1414, du Petit Conseil en 1427, 1435 et 1436, puis administrateur de l'Hôpital du Bas. — 3. Anton, fils du n° 2, entra au Grand Conseil en 1448, du Petit Conseil en 1462; bailli de Bipp 1465, banneret des Boulangers en 1467 et en 1474 ; administrateur de l'Hôpital du Bas de 1470 à 1472; trésorier du même établissement de 1477 à 1503, bailli de Lenzbourg en 1472, trésorier de la ville de Berne en 1480; capitaine et conseiller dans les guerres contre VValdshut 1468, à la bataille et à la prise d'Estavayer, à Héricourt 1474, 1475; en 1495, il reçut en fief de l'évêque de Sion la montagne d'Engstligen et mourut, en 1505. — 4. Ludwig, frère du n° 3, du Grand Conseil en 1460, receveur (Bôspfenniger) en 1480, bailli de

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ARCHEVECHE

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Frutigen en 1483, de Laupenen 1495, t 1512. - ">. Si ipitii 5, du Grand Conseil en 1503, devinl bailli de Laupen en 1508, du Petit Conseil en 1518 eten 1528, fui député à Neuchâtel en novembre 1530, destitué en 1535.

Il vivait encore en 1540.

\ Uranrhe aînée. Klle descend de fi Lrmvii;, fil Vincent, du Grand Conseil en 1523, châtelain de Zweisimmen en 1526, du Petit Conseil el bailli de Schenkenberg en 1534, f 1536.— 7. Hans-Rudolf, du Conseil en 1534, succéda à son frère aîné Ludwig q° 6, comme bailli de Schenkenberg en 1535, f 1538. — 8. Ludwig, fils du n° 6, tanneur, du Grand Conseil en 1550, bailli de Thorbcrg en 1550, grand sautier 1558, bailli de Bipp en 15G0, de Payerne en 1564, f 1566. — 9. Simon, Bis du n° 7, du Grand Conseil en 1580, bailli delJi'uen 158'i, de liippen 1593, d'Aarbourgen 1603, d'Aarwangen 1612, f 1624 ou 1625. — 10. Benedikt, * 1537, t 1587. entra au Grand Conseil en 1559, devint grand sautier en 1561, receveur de la maison d'Interlaken. — 11. BENEDIKT, lils posthume du n° 9, *le 12juin 1587, f en 1667 ou en 1668, verrier, du Grand Conseil en 1617 bailli de Frutigen en 1625, reateur de la léproserie en 1642, fut déposé pour négligence dans ses comptes en 1657, surveillant des caves de la ville en 1664. — 12. DANIEL, fils du n° 10, * vers 1640, du Grand Conseil en 1664, surveillant des caves du pays allemand en 1668, membre des Seize en 1688, f 1691. — 13. Benedikt, fils du n° 11, * 1651, fiel "mars 1712, fut directeur de l'Hôpital du Haut en 1704.

B. Branche cadette. — 14. Bartlome, * le 10 septembre 1533, du Grand Conseil en 1554, petit conseiller en 1563, 1568 et 1577, fut bailli d'Unterseen en 1556, de Thonon en 1563, de Morges en 1568, banneretdestanneurs en 1583, directeur de l'arsenal en 1586, 1 1589. Il fut capitaine de 495 hommes de Langenthal et Aarwangen dans l'expédition de 1582. — 15. Anton, fils du n° 14, * 1581, conseiller en 1606, étalonneur en 1607 et percepteur en 1609, bailli du chapitre (Stiftschaffner) en 1611, t de la peste la même année. ■ — ■ 16. Anton, fils du n° 15, 1603-1655, du Grand Conseil en 1627, étalonneur en 1629, bailli de Landshut 1636, du Petit Conseil en 1654. — 17. Anton, fils du n° 16. 1632-1674, du Grand Conseil en 1657 fut en 1664 Rathausammann et bailli de Thorberg en 1667. — 18. Albrecht, fils du n° 17, * 1642, doit avoir tué Vincénz Stiirler dans une bagarre ; en 1673 du Grand Conseil, gouverneur de Payerne en 1687, fut déposé pour dettes en 1696 et rayé du Conseil. — 19. Anton, fils du n° 18, * le 24 janvier 1681, pasteur à Frauenkapellen en 1713, il se retira en 1725 et mourut en 1729. — 20. Hans-Jakob, commis au grenier en 1722, renvoyé pour sa conduite en 1726 et interné à Interlaken où il mourut, dernier de la famille. — M. von Stiirler: Genealogien bernischer Geschlechter à la Bibl. de la vilte de Berne. [E.B.J

ARCHEVÊCHÉ. Voir EvêchÉ.

ARCHIMBAUD. Famille originaire de Montélimar, venue à Genève au XVIe s. — Etienne fut reçu habitant en 1572. — Jean, ingénieur, proposa au Conseil, en 1652, de construire une machine élevant l'eau du lac pour alimenter les fontaines publiques. Malgré l'intérêt que prit la population à ce projet et les demandes de particuliers désirant recevoir l'eau à domicile, le Conseil le rejeta définitivement en 1658 après six ans de tergiversations. Ce ne fut qu'au siècle suivant que l'ingénieur Abeille dota la ville de Genève d'un système hydraulique approprié à ses besoins. — Philippe fut pasteur de 1733 à 1775. — Théodore et Olympe, convertis au catholicisme sous l'influence du curé Pontverre, publièrent des ouvrages de polémique religieuse. — ■ Voir Arch. d'État Genève. — Covelle : LB. — SKL. — Galiffe et Gautier : Armoriai. (Th. Foex.]

ARCHINARD. Nom de famille répandu dans les cantons de Genève et de Vaud.

A. Canton de Genève. Plusieurs familles de ce nom, venant du Dauphiné, se sont établies à Genève de 1559 à la fin du XVIIIe s. — 1. André, fut admis à la bourgeoisie en 1702. — 2. Daniel, fils du n° 1, * 1698, fut successivement pasteur de plusieurs églises françaises en Allemagne. Il mourut à Brunswick en 1755. — 3. Jean- André, 1807-1869, pasteur à Chancy puis à Genève,

auteur de plusieurs ouvrages d'archéologie el de théologie, entre autres : /." Chronologit tacrée basé* roi les ,i. f mi, i lit n de Champollion. Lei originel de l'Eglise romaine. Les êdifieei religieux de T ancienne <■

l. Ji w-cii siii.i.s, L829:1906, député de 1878 a 1880, chancelier en 1880. — Voir de Montel : Biographii de» Genevois et des l 'audois, Galiffe mus. — 1- Hun t prob ttante. Sordetmns. — JG. — Passe-partout. [Th. i B. Canton de Vaud. Famille du Crôl près Montélimar (France), réfugiée en 1708 à Lausanne j > < > 1 1 1- eause de religion. Armoiries', d'azur à cinq cotices d'or, au dextrochère vêtu d'argent, tenant un arc tendu avec sa flèche du même. — 1. Charles-Véridique, * à Montpreveyres le I" juin 1811, pasteur. Il fut successivement directeur du collège de Moudon de 1840 à 1845, maître de français à Berthoud 1845-1848; pasteur à Payerne 1848-1856, à Saint-Cierges 1856-1864, premier président du Comité de secours en faveur des protestants dissémines 1854-1802 : secrétaire en chef du Département de l'Instruction publique et des Cultes du canton de Vaud de 1864 à 1873 ; pasteur à Corsier 1873- 1891, t à Vevey le 2 janvier 1898. Il est Fauteur d'une Histoire de l'église du canton de Vaud, qui a eu deux éditions, d'une Histoire de l' Instruction publique dans le pays de Vaud, et d'autres opuscules. Il avait concouru en 1838 pour la chaire d'économie politique à l'Académie de Lausanne par une dissertation sur la Population. — 2. Charles, * à Wesserling (Alsace) en 1819, consacré en 1844, pasteur en Alsace et de 1854 à 1857 à Bullet, puis de 1864 à 1872 directeur du collège cantonal à Lausanne et professeur au dit collège jusqu'en 1886. t àChailly sur Lausanne le 19 décembre 1905. Il a publié une notice historique sur le collège cantonal. — 3. Auguste, fils du n° 1, f en 1917, juge au tribunal de district de Lausanne, s'est consacré à diverses œuvres de bienfaisance et fut pendant plus de vingt ans secrétaire de la société de patronage des détenus libérés. fG.-A. B. et H. V.]

ARCHIPRÊTRE, titre de dignitaire ecclésiastique, qui remonte au IVe s. et était donné au premier des prêtres (par l'âge ou par ses qualités) de l'église épiscopale. Il devait remplacer l'évèque, malade ou empêché, dans les cérémonies du culte et parfois il avait aussi une part dans l'administration des biens de l'Église.

En Suisse il n'y a d'archiprêtres qu'au Tessin et à Genève. Au Tessin les chefs des chapitres de Lugano, Balerna, Bellinzone et Locarno et les curés d'Ascona et de Riva San Vitale portent ce titre. En 1910 il fut conféré aussi au prévôt de Biasca. Dans le canton du Tessin, chaque archiprètre est à la tête d'une pieve. — A Genève il y a quatre archiprêtres : ceux de Saint-Pierre aux Liens, de l'Immaculée Conception, de Sainte-Croix et de Saint-François de Sales.

Wetzer et Welte : Dict. encycl. de théologie catholique. — Thomassin : Ancienne et nouvelle discipline de l'Église. [C. Trbzzini.]

ARCHITECTURE CIVILE. Voir Maisons, Génie

ARCHITECTURE MILITAIRE. Voir CHATEAUX,

Fortifications.

ARCHITECTURE RELIGIEUSE. Les premiers édifices chrétiens de notre pays se rencontrent à partir du IVe s. entre autres à Genève, à Saint- Maurice, à Romainmôlier. Il n'est demeuré de ces constructions que quelques vestiges de murs, enfouis sous le sol d'édifices postérieurs et retrouvés au cours de fouilles systématiques. Ce sont généralement de modestes chapelles à une nef, accompagnées d'une abside. A Romainmôtier, deux annexes dessinant une sorte de transept donnent au plan la forme de croix ; le sanctuaire est déjà orienté. Vu le petit nombre de bâtiments conservés, il n'est guère possible de tirer des conclusions générales sur l'architecture de cette époque où les traditions romaines, bien que dénaturées, étaient encore très vivantes.

Les vestiges de monuments élevés durant la période intermédiaire qui sépare la fin de l'époque romaine de l'avènement de la dynastie carolingienne se trouvent

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