‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 2)Chapitre 220 sur 329 · ARCHITECTURE RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

ARCHITECTURE RELIGIEUSE

L'église de Miinster (Grisons), de l'an 700 environ.

L'église abbatiale de Payerne, de l'an 1000 environ.

La cathédrale de Zurich, de 1 100-1300.

L'église de Valère à Sion, de l'an 1200 environ.

AHCIIITECTUW-; IlKLIGIKI SK

ARCHITECTURE REUG1E1 SE

tout d'abord dans les localités où le christianisme avait l'.ui -.1 premii re apparition: à Genève, les églises de Saint - Pierre el Saint- Victor furent construites ou reconstruites à cette époque ; à Saint-Maurice régna également une grande activité; la deuxième église de Rommnm semblante à la première, date peut-être <lu \ll Nous ne savons rien de précis sur les petits édifices construits en mémoire des premiers missionnaires: ils devaient en tout cas être de très petites dimensions La transformation de la ceUa <lc Saint-Gall en un couvent de bénédictins n'est connue 'i'"' par des textes, tous les restes architecturaux ont disparu au cours de reconstructions postérieures. A Coire, la crypte de Saint-Lucius, avec couloirs circulaires, est probablement un reste de la cathédrale cou-truite en 540. Le principal intérêt de ces vestiges réside dans le t'ait qu'ils ai ; la continuité du développement de l'architecture religieuse pendant les premiers siècles du moyen à-re. L'ancienne Gaule mérovingienne reput et développa les traditions antiques el devint, bien plus que l'Italie en décadence, le centre d'où rayonnèrent les idées nouvelles. La civilisation carolingienne n'aura plus qu'à faire fruc- 1 1 lier ces semences.

Les monuments élevés au IX' et X s. ont laissé sur le sol de notre pays des traces un peu plus viable- que ceux des période- précédentes. La Suisse orientale occupe dès lors une place plus importante dans l'histoire dé l'architecture, avec ses grandes abbayes qui constituèrent les principaux centres de culture. L'église du couvent de Munster ((irisons), édifice à une nef, pourvu de troi- absides en fer à cheval, a conservé des peintures murales de l'an 800. A Disentis et à Mustail, il y a encore des vestiges d'églises de cette époque. L'abbaye carolingienne de Saint-Gall nous est connue seulement par son plan conservé à la bibliothèque du couvent, plan qui ne fut pas exécuté tel quel, mais qui nous renseigne sur les conceptions architecturales de l'époque : double chœur, crypte, nef à colonnes, tours rondes isolées à l'Ouest, cloître au Sud. A Zurich, la crypte du Frauinunster présente un type assez développé, avec couloirs coudés sur plan rectangulaire. Dans la Suisse romande, à côté de Saint-Maurice, où les fouit— les "nt mis à jour quelques vestiges carolingiens, les abbayes de Romainmôtier et de Payerne sont les principaux témoins de l'influence de Cluny en Suisse. A Romainmôtier le plan de cette époque peut être reconstitué malgré les transformations postérieures. A Payerne, la région de la tour occidentale peut remonter au X - \ Genève, il y avait, en 926, à Saint-Gervais, une église dont les fondations existent encore au-dessous du sol. Notre connaissance de l'architecture préromane en Suisse est. on le voit, très fragmentaire: nous sommes, par contre, mieux renseignés sur le développement de l'architecture après l'an mille, car les édifices sont plus nombreux et ont été mieux conservés. L'architecture romane en Suisse ne présente aucun caractère d'unité. Au Xord et à l'Est se font sentir les influences de l'Allemagne méridionale: dans les cantons romands, les relations avec la Bourgogne et la vallée du Rhône sont nettement affirmées. Au Tessin, on respire l'atm isphère de l'Italie. Dans la Suisse allemande, si l'on exclepte quelques édifices importants, l'architecture est trè> rudimentaire: la basilique non voûtée est la rèïle. L'extérieur est pauvre, le portail peu développé. Les m inuments les plus caractéristiques du genre sont le Munster de Schaffhouse, consacré en 1064 et reconstruit au commencement du XIIe s . et l'église de Stein* Rhin. .lises de Moutier-Grandva] et de Saint- Imier, dans le I ura, celles de Beromunster et de Schônenwerd. préii certains caractères communs: elles possèdent toutes à l'Est trois absides semi-circulaires et ont été irmées par des réfections postérieures. Dans la Suisse centrale et les Grisons, le style roman s'est mainplus longtemps, principalement dans les clochers. • ' seulement dans les édifices des grands centres manifestent les innovations caractéristiqu l'architecture romane. Le Grossmunster de Zurich fut -t mit au début du XIIe s., mais l'entreprise ne fut achevée qu'au XIIIe s. L'église n'est donc pas homogène, mais présente, dans ses dispositions essentielles

un type bien caractérisé. A une travée de la oef correspondent deux travées de bas ce fait le rôle des pilier- n'est pas chaque fois le même et l'alternance des supports crée à l'intérieur de la nef un rythme nouveau. La cathédrale de Bflle, dont la nef est construited'après un système analogue, présente une architecture de style plus avance et moins lourd. Les de Neuchâtel et de Saint-Ursanne forment en quelque sorte la transition entre l'architecture delà Suisse allemande et celle de la Suisse française. A Neuchâtel. le chœur et ses deux annexe- avec absides semi-circulaires datent de la seconde moitié du XII* s. A l'extérieur, la corniche et les frises présentent une décoration romane très intéressante. L'église de Saint-l r-.inne appartient déjà à l'époque de transition, mais elle possède un chevet dont les détails rappellent le style de la cathédrale de Bàle; le portail, avec des restes de polychromie,est l'un des plus beaux spécimens dju genri

Dans la Suisse romande, l'influence de la France se lait sentir principalement dan- le< dispositions des voûtes. Le berceau se rencontre fréquemment, même dans de grands édifices. Les abbayes de Cluny jouent à cette époque un rôle prépondérant dans le pays. L'église de Romainmôtier a conservé en grande partie sa structure romane, elle est précédée d'un narthex à deux : la croisée est surmontée d'une tour carrée. L'église de Payerne, d'un style moins primitif et de proportions grandioses, est malheureusement dénaturée à l'intérieur par de- installations utilitaires. La tour élevée sur les croisées ne fut achevée qu'à l'époque gothique, mais avait dû être déjà projetée à l'origine. Parmi les autres édifices de cette époque il faut citer les églises de Grandson. basilique à colonnes avec voûtes en berceau dans la nef. et demi-berceau dans les ba- côtés, et Saint-Pierre de Clages, au Valais, dont la cro>> surmontée d'une charmante tour octogonale. Les clochers de Sion et de Saint-Maurice sont de puissantes constructions qui rappellent certaines tours de la vallée d'Aoste. Dans le Tessin. l'art roman n'a pas laissé de monuments bien considérables. Partout la basilique simplement recouverte d'une charpente est la règle. Les plans sont également très peu développés, les chœurs de forme carrée, les bas côtés font le plus souvent défaut. L'église de Biasca est un des rares exemples d'églises à trois nefs: elle a été passablement remaniée au XVIIe s. Celle de Giornico a un chœur et une crypte voûtée, mais sa nef unique est recouverte d'un plafond.

En Suisse, comme ailleurs. l'architecture gothique eut un caractère plus universel que celle de la période précédente. Sans disparaître complètement, les différences locales s'atténuent: mais entre le XIIe et le XVIe s. le style subit des variations résultant de l'application progressive de nouveaux systèmes constructifs. La cathédrale de Genève est l'un des premiers édifices où l'on ait employé de façon conséquente la voûte sur croisées d'ogives. Commencée vers le milieu du XII -.. la construction ne fut achevée qu'un siècle plus tard. Plusieurs catastrophes en ont modifié assez profondément l'état primitif. Leplan de l'édificea encore le caractère roman: les parties orientales présentent certaines analogies avec les dispositions des églises cisterciennes. La cathédrale de Lausanne marque un progrès véritable dans le développement du style. Elle fut édifiée à une époque plus récente et achevée, seulement dans ses 'parties principales, au XIVe s. Le chœur, avec déambulatoire, a beaucoup plus d'ampleur qu'à Genève Le plan de la nef semble avoir été conçu dans l'idée de construire des voûtes sexpartites: mais il n"a été appliqué que dans une travée: partout ailleurs la croisée d'ocives sur plan barlong a été adoptée. Parmi les autres particularités de l'église, il faut citer le naithex. avec un porche ajouté au XVe s. le portail des apôtres au midi, et la tour plantée sur la croisée. Dans la même ville, l'ancienne église des franciscains. Saint-François, est également un spécimen de style gothique dans la première phase de son évolution.

Dans le Valais, Notre-Dame de Valère à Sion a encore dans certaines parties un caractère assez archaïque. Les transepts ont des voûtes en berceau et le chœur présente des détails romans: la nef a dû être construite

Page 1