‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 2)Chapitre 232 sur 329 · CANTON : D'ARGOVIE · texte numérisé non relu

CANTON : D'ARGOVIE

Costumes du Fricklal.

Costumes du Freiamt.

Dessinés et peints par Reinhard, édit. par Birmaun et Huber (Bàle). Dessinés et peints par Joseph Reinhard 179t. Musée hist. Berne.

Costumes du Fricklal, Canton d'Argooie. — Jusque vers 1840, les femmes du Fricktal portaient un bonnet dont le fond était en métal ou formé d une broderie de soie bigarrée ; il était orné au-dessus du front d'un nœud noir. Le col blanc reçut, après 1830, deux ou trois fraises droites. Le corsage, de forme empire, était court.

Costumes du Freiamt. (Henri Lundzy Burkart et sa fille). Le costume de Lunziod, Leonz Burkart, de Meren;chwand dans le vieux Freiamt, présente un genre de veste tout à fait spécial. Pendant que. sur le devant, elle descendait sur les culottes portées bas, la veste s'arrêtait, derrière, immédiatement au-dessous des omoplates. Elle était faite de grosse toile ou de futaine de coton teinte. Les points de couture devaient orner le vêtement et se faisaient souvent en couleur. Sur le pan droit, on voyait la date de la confection du costume, marquée avec du fil rouge, ainsi que les initiales brodées du propriétaire. La veste n avait pas de boutons : les deux pans étaient retenus, le dimanche, par un long ruban de soie de couleur. On ne rencontre ce costume que dans le Freiamt et les contrées limitrophes, les cantons d'Argovie, Lucerne, Zoug et dans les régions frontières de Zurich. Les culottes de lin plissées et les gilets rouges étaient portes par la plupart des paysans en Suisse. Les femmes du Freiamt se distinguaient des autres paysannes suisses par leur corsage tout particulièrement orné et leur ceinture du dimanche, spéciale à cette contrée et ne se rencontrant nulle part ailleurs ; elle était faite de fils de cuivre tressés et des pierreries de couleur y étaient enchâssées.

Infanterie argovienne en 1803

Cavalerie argovienne,

CANTON D'ARGON li.

Vitrail de Konigsfelden.

Réduction de l'original d'après le carton de R. A. Nueschclcr, Boswil. (Le vitrail mesure 81 : 54,

Vitrail de gauche du triptyque rappelant la naissance du Christ dans le chœur de l'église de hlbnigslelden (Argovie) (auteur inconnu). — L'inscription latine est tirée de saint Luc II, 10 : <" Ecce Evangeliso vo * bis (la fin de ce dernier mot se trouve dans le vitrail du centre du triptyque).

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ses foires célèbres, qui avaient lieu le 1er septembre (jour de Sainte- Vérène) et à la Pentecôte. On y vendait surtout du cuir, du drap et des chevaux. Les moyens de communication modernes enlevèrent à Zurzach de son importance et en 1856 la foire du cuir fut transportée à Zurich. Zofingue et Laufenbourg avaient le droit de battre monnaie, la première de ces villes depuis le commencement du XIIIe s., la seconde depuis 1363. Sous la République Helvétique, le monnayage était un monopole de l'Etat centralisé ; en 1803, ce monopole passa aux cantons. Mais la Diète du 11 août 1803 décida que tous les cantons suisses devaient introduire le même titre dans leurs monnaies. Dans le Pacte fédéral de 1815 toute restriction du droit des cantons de battre monnaie fut supprimée. Une confusion incroyable se produisit, à laquelle la majorité des cantons chercha à mettre fin à partir de 1819 par des conventions dites concordats. Le canton d'Argovie institua en 1805 un atelier monétaire à Aarau, mais il ne se maintint que jusqu'en 1825. L'Argovie se rattacha ensuite au concordat monétaire et fit frapper ses monnaies à Berne en 1826, 1829 et 1831. En 1848, le droit de battre monnaie passa à la Confédération. — Voir B. Reber: Fragments numismatiques sur le canton d'Argovie. — Corragioni : Miinzgeschichte der Schweiz.

c) Industrie. Les commencements de l'industrie textile (soie et coton), qui aujourd'hui encore est importante, remontent aux premières années du XVIIIe s., où le tissage du coton au métier à main se développa dans le Winental, le Seetal et le Wiggertal. En 1810, Joh. Herzog, d'Effingen, fonda à Aarau le premier tissage mécanique de coton. Le tissage de rubans de soie, qui existait déjà au XVIIIe s., est aujourd'hui un métier exercé à domicile surtout dans le Fricktal. Le siège principal de la broderie est Zurzach, où elle a été introduite vers 1870. Le tressage de la paille est une vieille industrie locale du Freiamt. Vers la fin du XVIIIe s., Jakob Isler, de Wohlen, réussit à trouver des débouchés importants aux tressages de paille et aux chapeaux de paille. Dans la suite, le tissage de la paille et plus tard encore l'emploi du chanvre indien, de la soie, du coton et des crins de chevaux se répandit dans cette branche de l'industrie Elle fut introduite vers 1840 à Meisterschwanden et Wildegg et plus tard à Aarau. La fabrication du ciment à Aarau date de 1830 et passa de là à Wildegg et dans d'autres endroits. Au XVIIIe s., on découvrit les mines de sel près du Rhin, mais on n'a commencé à les exploiter sérieusement qu'à partir de 1840 environ; la saline de Kaiseraugst fonctionne depuis 1843, celle de Ribourg depuis 1844 et 1846; une seconde saline est installée à Kaiseraugst, depuis 1863. L'industrie chimique fut introduite dans la seconde moitié du XIXe s Auparavant on utilisait déjà l'oolithe de fer (Fricktal, Erlinsbach) et le fer en grains éocène au Hungerberg près d'Aarau, pour la production du fer La fonderie de cloches d'Aarau est une des plus anciennes industries métallurgiques du canton. En 1803, l'Alsacien Esser introduisit à Aarau la fabrication des étuis de mathématiques et des instruments géodésiques. La plus importante parmi les fabriques de machines électriques est la fabrique de Brown, Boveri & Cie, à Baden La fabrication des chaussures fut introduite à Schônenvverd (Soleure) par Karl-Franz Bally vers 1850 ; bientôt après elle passa en Argovie. L'industrie du tabac dans le Winental supérieur date des années 1840 (Reinach, Menziken) et se répandit de là dans le Seetal (Beinwil) et à Rheinfelden, l'industrie des conserves à Lenzbourg depuis 1886. Exposition industrielle cantonale d'Aarau en 1880. Le commerce et l'industrie furent soutenus au XIXe s. surtout par les banques qui apparurent en Argovie au milieu du siècle. En 1854, la banque de crédit d'Argovie fut fondée sous la direction de Feer-Herzog. La plus ancienne des nombreuses caisses d'épargne est celle d'Aarau (1812).

Les forces hydrauliques sont de plus en plus mises au service de l'industrie. La première loi sur les installations hydrauliques date de 1856. — Voir DGS VI, 739.

d) Moyens de communication. La construction des routes a été très négligée pendant des siècles Encore en

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1569, on se plaignait à la Diète de Baden de ce que les routes et les chemins des bailliages communs fussent en si mauvais état que l'on ne pouvait en bien des endroits ni y marcher, ni aller à cheval ou en voiture. La navigation sur l'Aar, la Limmat et la Reuss devint florissante à- cette époque et s'est maintenue pour le transport des personnes et des marchandises jusqu'au XVIIIe s. Les foires de Zurzach devaient une bonne partie de leur importance au trafic des marchandises par voie d'eau. Depuis 1850 à nos jours, le trafic des bateaux a presque entièrement disparu. (Navigation fluviale de Rheinfelden à Bâle.) Au XVIIIe s., on recommence à construire des grandes routes et les Bernois ont bien mérité du pays à cet égard ; ainsi furent créées les routes de Zurich à Berne et celle de Zurzach. Vers la fin du XVIIIe s., on commença à construire la route du Bôzberg et de 1803 à 1811, on fit la route qui traverse la Staffelegg. Les constructions de routes ultérieures appartiennent presque toutes à la première moitié du XIXe s. Les ponts, en partie très anciens, ont joué un grand rôle dans le mouvement commercial ; ceux de Kaiserstuhl, Laufenbourg, Sàckingen et Rheinfelden sur le Rhin ; d'Aarau et de Brugg sur l'Aar ; de Baden et depuis 1765 de Wettingen sur la Limmat ; de Sins, Bremgarten, Mellingen et de Windisch sur la Reuss. Windisch reçut en 1835 un nouveau pont sur la Reuss ; le pont suspendu d'Aarau a été construit en 1850 ; le pont de la Fridau à Murgental en 1863 ; le pont sur la Reuss à Ottenbach en 1864 ; le grand pont sur l'Aar à Wildegg en 1869-1870; le pont sur l'Aar à Dôttingen en 1891 ; le pont sur l'Aar au-dessous de Turgi en 1893.

Les chemins de fer amenèrent le changement le plus complet. Dès 1841, le Grand Conseil eut à s'occuper de cette question. La première ligne de Suisse fut celle de Baden-Zurich (dite Spanischbrôtlibahn), inaugurée le 7 août 1847. Elle fut suivie des lignes Baden-Brugg en 1856, Brugg-Aarau 1858. D'Olten la voie ferrée avait été prolongée en 1856 jusqu'à Aarau et la liaison avec Lucerne par Zofingue avait été constituée. En 1858 Aarau fut relié à Berne et par le Hauenstein à Bâle. En 1877 la ligne Baden-Lenzbourg-Zofingue de la Nationalbahn fut ouverte à l'exploitation. Les communes des bords du Rhin jusqu'à Koblenz furent reliées par Winterthour, après que déjà en 1859 la ligne Koblenz-Turgi eut été rattachée à la ligne Aarau-Zurich. En 1875 la voie ferrée de Brugg à Bàle par le Bôzberg fut construite, en 1883 et en 1887, celle du Seetal ; en 1892, la dernière voie ferrée normale Stein-Koblenz fut inaugurée. Depuis le commencement du XXe s., on a ajouté des tramways électriques : Bremgarten-Dietikon 1900, Aarau-Schôftland 1901, Aarau-Reinach-Menziken 1903, etc.

ej Organisation judiciaire. Les tribunaux régionaux étaient les tribunaux de première instance pendant l'époque de sujétion avec un sous-bailli comme président. Le bailli représentait l'instance suivante, tandis que des délits graves pouvaient être traduits jusque devant le Conseil de Berne ou devant la Diète. Beaucoup de basses justices étaient en outre dans les mains de seigneurs laïques ou ecclésiastiques. Les villes aussi avaient leurs propres tribunaux. La République Helvétique a posé les bases du système juridique moderne : tribunaux de district et un tribunal cantonal. La Constitution de 1803 institua un juge de paix par cercle, des tribunaux de districts et une Cour d'appel. Les juges de paix et les juges de district étaient nommés par le Petit Conseil (les juges de district sur proposition de trois candidats désignés par la Cour d'appel), les 13 juges de la Cour d'appel par le Grand Conseil. La Constitution de 1814 maintint en général ces dispositions, celle de 1831 introduisit la séparation nette des pouvoirs et établit que le tribunal cantonal devait se composer de 9 membres ; le Grand Conseil nommait aussi les juges de district sur la proposition du tribunal cantonal, tandis que les juges de paix étaient nommés par le tribunal cantonal sur la proposition des communes du cercle. La Constitution de 1852 introduisit les Cours d'assises dans la juridiction civile cl militaire. D'après la Constitution de 1885, le Grand Conseil élit le tribunal cantonal (9 membres), la Cour d'assises, la Chambre de mises en accu-

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sa lion el les procureurs ; mais les membres des tribunaux de districts el les juges de paix de chaque cercle

SOIll l'-lllS | > . • r le peuple.

La idi i me lui appliquer puni- la dernière foi> à Aarau en 1779 : la dernière exécution capitale eul lieu en 1863. En été 1864, la maison de correction moderne de Lenz bourg l'ui inaugurée. Depuis L893, il existe dan: le château d'Aarbourg une maison d'éducation pour jeunes criminels.

I) Assistance publique. Le Grand Conseil vola de: luis cl as^isi aiicc publique en I8(i'i et on 1^-Jô. Aujourd'hui l'assistance publique esf confiée aux communes sous la surveillance de l'Etat. Chaque district possède une société d'éducation des indigents, presque toutes fondées de 1855 à 18(55. Les établissements privés pour indigents sont ceux de Friedberg près de Seengen (1852), de Kasteln (1855), l'établissement du Couronnement de la Vierge à Baden (18C9), de Saint-. Jean à Klingnau (1894). Les heimatlose ont eu définitivement le droit de bourgeoisie en 1847. La société argovienne d'utilité publique ( Aargauisrhe gemeinnnlzigcGeselIscliafl), qui a pu fêter en 1911 le centième anniversaire de sa fondation, a joué un rôle important dans les questions sociales.

g) Ecoles. L'Argovie est redevable de ses premières écoles aux moines de Mûri et de Wettingen, aux chanoines de Rheinfelden, de Zofingue et de Zurzach. Les premiers textes relatifs à l'organisation de l'enseignement dans ces fondations pieuses remontent généralement aux premiers temps de leur existence. Lorsque dans le courant du XIIIe s. le bien-être et l'importance des petites villes grandirent, les autorités laïques s'occupèrent aussi de l'enseignement ; c'est ainsi qu'alors déjà Mellingen, Aarau, Klingnau, Laufenbourg, probablement aussi Bremgarten eurent leurs écoles latines ; Brugg et Kaiserstuhl les imitèrent plus tard . La Réforme provoqua la création d'écoles publiques ; les catholiques suivirent cet exemple; dans les villes (à côté des écoles latines) et dans les villages les plus importants, se fondèrent des écoles communales où les enfants apprenaient à lire, à écrire, à calculer et le catéchisme. La fin du XVIIIe s. et la République Helvétique leur donnèrent une nouvelle impulsion. En 1802 l'école cantonale fut inaugurée, depuis 1896 elle est installée dans un bâtiment magnifique. En 1822. l'école normale cantonale d'Aarau, dirigée par le directeur Nabholz, fut inaugurée et transportée en 1836 à Lenzbourg sous la direction d'Augustin Keller et en 1846 dans les bâtiments du couvent sécularisé de Wettingen. On relia avec le collège municipal de jeunes filles d'Aarau une école normale de jeunes filles pour laquelle l'Etat fournit des fonds. Zofingue fonda la première école de district en 1815, combinaison de l'école secondaire et du progymnase ; Aarau suivit cet exemple en 1816 ; en 1845, il existait déjà 13 de ces écoles et aujourd'hui il y en a 33. Les lois scolaires de 1805, 1822, 1835 et 1865 sont des dates importantes dans l'histoire de l'enseignement. Le nombre des écoles s'éleva de 259 au commencement du XIXe s. à 482 en 1845. Aujourd'hui, il n'y a pas moins de 631 écoles communales ; en outre, les écoles de district, de nombreuses écoles professionnelles, écoles ménagères pour jeunes filles, des maisons d'éducation et de relèvement, une école d'agriculture ouverte l'hiver (Brugg), etc. La riche bibliothèque cantonale, le musée des arts et métiers (1896), etc., contribuent à répandre la culture intellectuelle. — Voir 0. Hunziker: Gesch. der schweiz. Volksschule, III, p. 338. — Hans Millier : Die aarg. Fortbildungssclmle, 1865-1915.

h) L'Eglise. — 1. Eglise catholique. Les deux diocèses de Vindonissa et d'Augst remontent sans doute à l'époque romaine. Vindonissa n'est toutefois désigné comme siège d'un évoque qu'en 511. Le diocèse de Vindonissa fut ensuite rattaché à celui de Constance, connu depuis la deuxième moitié du Ve s.

Dans le courant du moyen âge s'est formée la division ecclésiastique du territoire du canton d'Argovie faisant partie de l'évêché de Constance.

L'archidiaconat d'Argovie se divisait en décanats de : Aarau, Altishofen (plus tard Willisau), /Esch (plus tard Pfàffikon, puis Sins et Hochdorf) (les paroisses catho-

liques furenl détachées en l mi.", du chapil re de 1 lochdorf mies au chapitre de Bremgarten); Wohlenswil (plus tard, l324,Windisch el 1360 Staufen ouAmmerswil, puis Mellingen el Lenzbourg). A l'occasion de la Réforme, les églises réformées île Holderbank, Stauf- Vmmerswil, Brugg et Windisch se séparèrent et formèrent avec Birr el (1873) Othmarsingen le chapitre Brugg-Lenzbpurg. De L'archidiaconal de Bourgogne, décanal de Roi (plu- tard Winau), dépendait Riken ; de L'archidiaconal de Zurichgau dépendaient tes décanats île Rapperswil et deKloten (plus tard Regensberg). Knlin de l'archidiaconat de Klettgau, décanal de Tengen (plus tard Neunkirch, Eglisau), dépendait l'église île Kaiserstuhl

L'évêché d'Augst fut transféré à Haie lors des invasions. Peut-être les deux évêchés ont-ils existé simultanément pendant un temps, car Ragnachar, au commencement duVII* s., avait le titre d'évêque de Bâle et d'Augst. Ensuite l'évêché d'Augst disparaît et il n'est plus question que de Bâle.

Les territoires argoviens de la rive gauche de l'Aar, qui firent par conséquent de tout temps partie de l'évêché de Bâle, formaient à la fin du moyen âge les deux décanats de Frickgau et de Sisgau. Dans la seconde moitié du XVII'' s., on réunit le Sisgau et le Frickgau dans le chapitre rural de Sisgau et Frickgau.

En 1814 un vicaire apostolique fut institué pour les parties suisses du diocèse de Constance et plus tard (1819) l'administration en fut confiée à l'évêque de Coire. En 1827 enfin un traité, auquel l'Argovie aussi se rallia en 1828, fut conclu par plusieurs cantons avec le Saint-Siège, par lequel les territoires argoviens sur la rive droite de l'Aar furent également rattachés au diocèse de Bâle. A diverses reprises, les évêques de Bâle entrèrent en conflit avec les cantons de leur diocèse, et aussi avec l'Argovie. A l'époque du Kulturkampf, il y eut, en particulier, rupture avec l'évêque Eugène Lâchât (voir Kulturkampf). En mars 1874, l'Argovie sortit du diocèse. En 1884 seulement, après la retraite de Lâchât, et grâce à l'intervention du Conseil fédéral, un arrangement eut lieu entre les sept cantons du diocèse et la Curie romaine. Par la Constitution cantonale de 1885, l'église d'Argovie reçut un organe officiellement reconnu, le Synode. En 1906 et 1907 enfin, les biens ecclésiastiques furent séparés des biens de l'Etat, ce qui était déjà prévu par la Constitution, et furent attribués aux paroisses.

La division ecclésiastique a été sensiblement modifiée par suite du passage de la Basse-Argovie bernoise à la Réforme. Depuis 1828, l'Argovie catholique se divise en 4 chapitres : Sisgau et Frickgau, avec 28 paroisses ; Mellingen, avec 20 ; Bremgarten, avec 15, et Regensberg, avec 23 paroisses. (V. DGS V, 301.) Il n'existe plus qu'un seul des 22 couvents : le couvent des bénédictines de Fahr sur la Limmat, enclavé dans le canton de Zurich. Les autres ont été sécularisés à l'époque de la Réforme, par l'empereur Joseph II (Fricktal), dans la période de médiation, à la suite de l'affaire des couvents d'Argovie (1841) et depuis, par des décisions du Grand Conseil.

2. Eglise protestante. L'introduction de la Réforme dans la Basse-Argovie bernoise se fit sans difficulté. Les 5 (plus tard 6) bailliages formaient les 3 chapitres d'Aarau (Biberstein entièrement, Lenzbourg en grande partie), de Brugg-Lenzbourg (Schenkenberg, Kônigsfelden, Kastelen entièrement et l'extrémité Est de Lenzbourg) et de Langenthal dans la Haute-Argovie (seulement Zofingue et Aarbourg). Aarau comptait 19 paroisses, Brugg-Lenzbourg 17 (et les deux communes de Gebistorf et Baden dans le Freiamt), Langenthal trois communes dans la Basse-Argovie : en tout, la Basse-Argovie bernoise comptait donc 39 paroisses. Chaque chapitre avait à sa tète un doyen : sa chancellerie était tenue parle camérier. Les écoles latines d'Aarau, Brugg, Lenzbourg et Zofingue dépendaient d'eux. Les 3 chapitres se réunissaient une fois à Aarau et une fois à Langenthal, et dans l'espace de trois ans, deux fois à Brugg et une fois à Lenzbourg, pour discuter des affaires du Corps ecclésiastique. Le Grand Conseil de Berne, par contre, prenait toutes les dispositions légales, après avoir con-

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suite le Ministerium, c'est-à-dire l'ensemble du Corps ecclésiastique.

Le nouveau canton d'Argovie chargea un Conseil d'Eglise de la direction de l'Eglise évangélique. Plus tard, cette dernière s'est aussi développée dans le sens démocratique et l'église d'Argovie est aujourd'hui un mélange d'église d'Etat et d'église populaire. Un synode ayant un comité synodal à sa tête a la direction de l'église évangélique. Les pasteurs sont élus par les paroisses pour une durée de 6 ans et soumis à réélection ; ils sont rétribués par l'Etat. L'Argovie a adhéré au concordat intercantonal concernant l'admission à partir de 1862 de pasteurs évangéliques réformés dans le service de l'église. [F. W.]

3. Vieux catholicisme et église chrétienne catholique (christiich-Katholische Kirche ).. Le dogme de l'infaillibilité du pape, proclamé le 18 juillet 1870, se heurta en Argovie à la résistance de l'Etat, qui interdit la publication de ce dogme, en se fondant sur la loi du placet de 1834 et sur la décision du Grand Conseil du 18 février 1867. Dans beaucoup de paroisses aussi, en particulier dans le Fricktal aux tendances libérales, les décisions du Concile du Vatican ne furent pas approuvées. A Olsberg, Rheinfelden, Môhlin, Magden, Kaiseraugst, Obermumpf, Wallbach, Wagenstetten, Hellikon, Zuzgen, Aarau, Lenzbourg et Laufenbourg, des paroisses et des associations vieilles-catholiques se formèrent, qui se rattachèrent à l'évêché chrétien-catholique suisse fondé en 1875. Le 18 septembre 1876 eut lieu à Aarau la consécration d'un évèque que les gouvernements cantonaux assermentèrent. Certaines paroisses, comme Rheinfelden et Aarau, avaient déclaré presqueàl'unanimité leur réunion à l'église nationale chrétienne-catholique ; d'autres se divisèrent en paroisse catholique romaine et paroisse chrétienne-catholique. Dans ces dernières, les biens de l'église et les prébendes furent partagés, par voie de décret, d'après le nombre des paroissiens ayant droit de vote et les églises furent abandonnées, par un partage purement idéal, aux deux partis qui devaient s'en servir indifféremment. On maintenait ainsi au point de vue juridique le principe de l'utilisation simultanée des églises, établi par la quatrième paix publique. Les catholiques romains par contre en appelèrent au Tribunal fédéral en se fondant sur l'article 50, III, de la Constitution fédérale. Celui-ci rejeta le recours et déclara les mesures prises par les autorités d'Argovie justifiées.

La Constitution du 23 avril 1885 régla à nouveau les affaires ecclésiastiques et des synodes spéciaux composés d'ecclésiastiques et de laïques furent institués pour les confessions chrétiennes reconnues par l'Etat et pour les associations libres qui s'y rattachent. Le synode chrétien-catholique, duquel dépendent les paroisses chrétiennes-catholiques d'Aarau, de Kaiseraugst, Magden, Môhlin, Olsberg, Rheinfelden, Obermumpf- Wallbach, Wegenstetten, Hellikon, Zuzgen et l'association de Lenzbourg, s'est organisé le 15 septembre 1886 avec l'approbation de l'Etat. [Seb. Burkart.]

i) Les Israélites en Argovie. Les Israélites ont leurs lieux de résidence primitifs à Endingen et à Lengnau, dans l'ancien comté de Baden, seuls endroits où il leur fut accordé de s'installer librement dès la seconde moitié du XVIIe s. sans avoir, il est vrai, le droit d'y posséder des maisons et des terres. Là, il leur était permis d'exercer leur culte et ils y avaient leur cimetière. Pendant la République Helvétique, la question des droits de bourgeoisie des Israélites fut débattue, mais ne put être résolue ; toutefois, ils jouissaient de la liberté du culte. Le canton nouvellement fondé régla leur situation parune loi en 1809, mais ne leur accorda pas le droit de bourgeoisie. Ils en demeurèrent exclus même alors que peu à peu d'autres droits leur étaient accordés. La loi de 1862, motivée par un arrêté fédéral de 1856, voulut leur accorder ce droit aussi, mais le Grand Conseil fut révoqué par le peuple, qui à une grande majorité exigea la modification de cette loi. La nouvelle loi de 1863, qui annulait l'ancienne, n'eut pas l'approbation des Autorités fédérales ; une troisième loi (1863) rétablit en fait les droits politiques des Israélites. Mais ce ne fut qu'en 1877 que

les corporations juives de Lengnau et d'Endingen devinrent communes bourgeoises et furent réunies aux communes bourgeoises chrétiennes pour former des communes politiques L'émancipation des Juifs était réalisée. Entre temps la loi sur les paroisses de 1868 avait créé pour les Juifs aussi des paroisses et des consistoires, dans lesquels siégeaient le rabbin ou un administrateur et des membres laïques. Il existait des prescriptions particulières au sujet de la circoncision et de l'abatage selon le rite juif (qui fut interdit en 1893 par la Constitution fédérale revisée). Outre les deux paroisses juives il existe des associations cultuelles à Baden et Bremgarten. (DGS VI, 744.)

k) Arts et Arts industriels. — 1. Architecture. La plupart des anciennes églises ont été souvent remaniées. Parmi les édifices conventuels encore existants, on remarquera particulièrement Mûri, consacré en 1064, Wettingen (église construite de 1227 à 1256), Kônigsfelden (1309-1320), Zurzach (de la fin du Xe s.), église reconstruite en 1294 et consacrée en 1347. Zofingue (église incendiée en 1396, presque entièrement reconstruite en 1515 et consacrée en 1520). Les autres églises du canton n'ont pas de grande valeur artistique. Les églises paroissiales d'Aarau, Baden, Bremgarten, Brugg, Kaiserstuhl, Laufenbourg, Rheinfelden et Zurzach (ne pas confondre avec l'église du couvent) sont entièrement ou en partie gothiques.

En fait d'édifices profanes, l'Argovie se distingue surtout par ses nombreux châteaux. A citer : Aarbourg, Brunegg, Biberstein, Habsbourg, Kastelen, Lenzbourg, Liebegg, Trostbourg, Wildegg, Wildenstein. Nombre de petites villes étaient importantes pour la défense des passages de rivières, par exemple Aarau, Brugg, Bremgarten, Mellingen, Baden, Kaiserstuhl, Laufenbourg, Rheinfelden.

La simplicité de l'architecture ne favorisait guère le développement de la sculpture. On ne peut citer que quelques sculptures sur pierre, surtout celles qui ornent des fontaines publiques : ainsi la fontaine de la Justice à Aarau 1643 et les 7 fontaines de Bremgarten érigées de 1650 à 1700. Rares sont aussi les monuments funéraires anciens ayant une valeur artistique : Zurzach (église du couvent) ; Wettingen (chapelle de Marie et nef principale) ; Kônigsfelden (tombeaux des chevaliers morts à Sempach) ; église de Rheinfelden (pierre tombale) ; Lenzbourg (tombeaux de Villmergen).

Les sculptures sur bois sont plus importantes : A Bremgarten un beau crucifix de jubé, de 1600 environ ; à Mûri, une mise au tombeau de 1500, les « Monts des Oliviers », de Baden et de Bremgarten. Un volet d'autel gothique provenant de Herznach se trouve au musée historique d'Aarau ; des fragments d'un autre autel de Baden au musée historique de Bâle. Mûri possède plusieurs autels, décorés avec un luxe particulier et dorés, en style rococo. Les stalles de chœur et les bancs d'églises sont de remarquables travaux de sculpture sur bois, particulièrement ceux de Zofingue, Aarau, Beinwil près de Mûri, Frick, Wettingen et Mûri. Une chaire gothique se trouve à Kônigsfelden, six belles chaires plus récentes à Zofingue, Bremgarten, Wettingen et Mûri. Les églises de Kônigsfelden, Rupperswil, Rheinfelden et le château de Habsbourg ont des plafonds de bois gothiques. La salle du Conseil de Mellingen (aujourd'hui au Musée national) est également gothique ; deux salles de l'hôtel de ville d'Aarau sont dans le style de la première Renaissance.

En fait de céramique, on trouve les briques de Saint- Urbain et des poêles à Zofingue.

Travaux en métal : grilles du chœur à Mûri, Wettingen, Zurzach, Laufenbourg et Rheinfelden. 83 cloches datent d'avant la Réformation ; la plus ancienne, datée de 1397, se trouve à Bremgarten. L'orfèvrerie est richement représentée à Kônigsfelden, Mûri, Bade et Bremgarten. Parmi les ostensoirs, il faut mentionner ceux de Baden, Klingnau, Laufenbourg, Rheinfelden. Parmi les reliquaires, ceux de Zurzach (Sainte- Vérène), Mûri, Baden.

Dans la peinture, il faut citer les églises de Kônigsfelden, de Zurzach, Kulm, Gebenstorf, Birmensdorf, Windisch, Bremgarten, Zofingue et Fahr. Des façades

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