ARISTE
ARLKSHE1M
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le château; il ne fut pas rebâti. Dès le commencement du XIIe siècle, il existait une chapelle à Aristau, rebâtie en 1621 et agrandie en 1735 par l'adjonction d'un chœur. Le village forme une commune politique avec Althàusern et Birri, et une commune bourgeoise depuis 1912. — Acta Murensia 27, a et b. — Argoviq 18, p. 141. — Kurz et Weissenbach: Beitràge I, p. 138. — P. -M. Kiem : Gesch. des Klostcrs Mûri, I, p. 119. — F.-X. Bronner : Der Aanjau I. p. 57. [G. Wiederkeiir]
ARISTE. Voir Gueffier.
ARISTOCRATIE. L'aristocratie, telle qu'elle a existé jusqu'en 1798, peut se définir ainsi : une classe sociale dont les membres jouissent de certains privilèges héréditaires, à raison de leurs richesses, de leur rôle politique ou de l'illustration de leurs ancêtres : mais ce ne sont que des privilèges moraux ou, tout au moins, que des privilèges de fait.
La communauté politique, telle qu'elle nous apparaît dans les chartes urbaines, s'étend à toute la bourgeoisie. Il en a dû être ainsi à l'origine ; mais par la force même des choses, par suite du mouvement économique, le pouvoir passa aux mains des plus riches. Ces riches ne sont, pour la plupart, autre chose que des marchands enrichis ; ce sont aussi des propriétaires fonciers. Ils détiennent les droits politiques jadis diffus dans l'ensemble de la population. Ce mouvement de concentration des pouvoirs qui exista toujours à des degrés divers, prit une forme définitive au cours du XVIe s. L'accession à la bourgeoisie fut rendue plus difficile et souvent impossible. Les revenus, les emplois communaux, civils et militaires, appartinrent à un certain nombre de familles déterminées. La naissance l'emportait sur la condition sociale.
Cette classe dominante régna dans tous les cantons de l'ancienne Confédération, avec des pouvoirs plus ou moins étendus. Elle prit dans les villes, au cours du XVIIe s., le nom de patriciat et ses membres s'intitulèrent patriciens. Dans les cantons campagnards, le même mouvement aristocratique se manifesta parmi les propriétaires fonciers. Des luttes et des troubles éclatèrent naturellement entre le peuple et les aristocrates. Ce régime sombra en 1798 et prit fin définitivement en 1848. — Voir Noblesse et Patriciat, où est donnée toute la bibliographie. [h. K.]
ARLAC. Voir Erlach.
ARLAUD. Famille genevoise originaire de Maringues en Auvergne. — Antoine vint à Genève et acquit la bourgeoisie le 26 décembre 1617. Son petit-fils — Jacques-Antoine est le premier et le plusconnudes peintres sortis de cette famille qui en a produit plusieurs.
11 naquit à Genève le 18 mai 1668 et fit ses études au Collège. Il renonça à la théologie où voulaient l'engager ses parents, pour suivre ses goûts artistiques. Agé de vingt ans, il partit pour Paris ; ses .miniatures y furent, vite célèbres. Le Régent prit de lui des leçons de dessin et le logea à Saint-Cloud. Le duc de La Force lui offrit
12 000 livres de sa Lèda. grande miniature conçue d'après un bas-relief de Michel-Ange. Il dut à ces honneurs et à son mérite personnel, un succès très rapide et très grand. Comme Genevois, il eut à remplir un petit rôle diplomatique : le Conseil de Genève le chargea de rechercher pourquoi la Cour de France n'avait point réfondu aux lettres de condoléance sur la mort de Louis XIV. Il fit en 1721 un voyage en Angleterre et resta dès lors en relation avec Newton. Des raisons de santé déterminèrent son retour au pays, où il s'établit définitivement. En 1736. le duc de Médicis lui demanda son portrait pour la « Galerie des peintres célèbres » à Florence. Il mourut à Genève en 1746. — André, médecin, 1692-1762, agrégé le 24 août 1716 et visiteur des morts, laissa un mns. contenant ses recherches sur l'histoire de Genève ; l'exactitude en est sujette à caution. — François, cousin de Jacques-Antoine, est connu comme inventeur d'un instrument à engrenages dont la description se trouve dans les Mémoires de la Société des Arts Ses deux fils, Louis-Ami (1751-1829) et JÉRÉMIE (1758- 1827), furent peintres à leur tour. — Louis-Ami Arlaud-J urine fut élève de Liotard et de Vivien, à Paris. Il fit du pastel, de l'huile, de la peinture sur émail,
t.. -A. Arlaud-Jurine. D'aprè une miniature sur ivoire.
mais il est connu surtout par ses miniatures sur ivoire Il voyagea en Italie et en Angle! cric et habita à Genève dès 1802. Jérémie accompagna Saint-Ours à Home. Dessinateur honorable, il fut maître surnuméraire des écoles de dessin. — Marc-Louis, d'une autre branche, établie à Orbe. * à Orbe en 1772, t à Lausanne en 1845, étudia à Paris avec David ; il fut directeur de l'école de dessin de Lausanne et dota le canton de Vaud d'un musée de peinture (Musée Arlaud). — Voir Arch. d'État Genève; Galiffe mns.; PH 4241. — B Bodmer:
Louis Ami Arlaud dans Nos Anciens et leurs œuvres, 1901. — de Montet :
Biographie des Genevois
et des Vaudois. — France protestais. — A. Massé : Les parrains illustres des rues de Genève — MDG V. - DAS. — J.-J. Rigaud: Beaieil de renseignements sur la culture des Beaux-Arts à Genève. — L.Gautier: Médecine. — Sordet: Mns. — E.* Bonjour : Le Musée Arlaud. [H. Revilliod.]
ARLENS (C. Fribourg, D. Glane, Corn. Blessens. V. DGS). Groupe de maisons du village de Blessens. Anciennes formes : Allens, Aslens. Erlin. Aux Crottes (cru)itœ) on a découvert des tombes anciennes près du ruisseau dit Rio d'Arges. Au Xe s. un nommé Engeron échange des biens à Ariens avec l'abbé de Saint-Maurice La dîme de froment et d'avoine appartenait au XIVe s. à Richard de Prez En 1403, Antoine Champion et Jean de Prez possèdent la dîme d'Ariens en fief du comte Amédée de Savoie ; en 1516, Georges Maillardoz, de Rue, était coseigneur d'Ariens. Le 21 octobre 1784, le fief d'Ariens et la dîme de Vaud (Invaud) sont inféodés à Julie-Catherine May d'Huningue ; cet acte donne l'historique de la dîme d'Invaud, Mossel et Corbeyrier avant et après la Réforme. A la fin du XVIIIe s., le fief d'Ariens appartenait à la famille Cazenove d'Ariens. — Voir MDB 29, 35. — ASHF VI 17**, 96 ; VII 300 ; X 2, 4, 83. — Kuenlin : Dictionnaire. -- Cartulaire de Promasens (mns aux Arch. d'État Fribourg). — Voir aussi Hist. patr. mon. II 62. [F. D.l
ARLESHEIM (C. Bâle-Campagne, D. Arlesheim. V. DGS). 1239 Arlisheim: 1245 Arlosheim ; 1267 Arleshein; 1285 Arlshein; 1292 Arlenshein; 1332 Arlishetn: 1478 Arlassen; 1500 Arlaszen : demeure de Arolf ou Arnolf. Les grottes d'Arlesheim ont servi de demeure à l'homme dans la période néolithique et à l'âge du fer. A l'origine, Arlesheim était une possession du duc d'Alsace, Ético Cathicus ou Adalricus. Vers 708 sa fille Odilia, abbesse du couvent de Hohenbourg, fit don d'Arlesheim avec dépendances à son couvent, qui l'eut en sa possession jusqu'en 1239. Quoique situé dans le Sisgau, Arlesheim ne ressortissait pas au landgraviat du même nom. La haute justice était au contraire exercée par les avoués du couvent de Hohenbourg, soit les Habsbourg et plus tard Ludvvig von Frobourg-Homberg, époux de Gertrude de Habsbourg. L'abbesse Willebirgis de Hohenbourg vendit en 1239 le domaine et en même temps les droits de souveraineté à l'évêque Lutold de Bâle. Le 21 octobre 1245 le comte Ludwig von Frobourg renonça à tous ses droits sur Arlesheim et les deux citadelles de Birseck, et son fils Hermann vendit à l'évêque son alleu d'Arlesheim. L'évêque fit don du château et des domaines achetés du couvent de Hohenbourg à Rudolf Reich qui nomma le château Reichenstein. Arlesheim et Birseck furent mis en gage aux frères Hanneman et Ulrich de Ramstein du 15 mars 1373 au 23 mai 1386. A l'occasion de l'investiture du fief l'évêque s'était réservé le droit de collation de l'église de Sainte- Odile qu'il conserva jusqu'en 1792.
Lors de La guerre des paysans, en 1Ô2Ô la « pauvre
ARLESHEIM
commune d'Arlassen », de môme que les villa^1 ||" Kirseck, présentèrent à l'évoque leurs griefs et récla nièrent pour la commune entre autres le droit de parti-
Arlesheim vers 1750. (Dessin de E. Buchel daDs la Toi>oyrai>hie de Ilerrliherger.)
ciper à l'élection du prêtre. Après l'établissement de la Réformation à Bâle, quelques paysans d'Arlesheim brisèrent l'image placée au-dessus de la porte de l'église et la toiture; le prêtre fut obligé de céder la place. Pendant longtemps, Arlesheim n'ayant pas de pasteur en propre, fut desservi par celui de Pfeffingen. Le 22 septembre 1553, les Soleurois attaquèrent les trois villages d'Arlesheim, d'Ettingen et de Therwil pour s'en emparer et les ramener à la confession catholique; quelques jours plus tard, les Bàlois arrivèrent et mirent en liberté les habitants prisonniers. En 1569 un pasteur réformé, Paul Scherb, vint à Arlesheim, toutefois le 29 octobre 1581 l'évêque Jacob Christophe Blarer de Wartensee introduisit de nouveau la religion catholique dans le village parce que quelques habitants d'Arlesheim étaient allés au printemps à la messe à Dornach. En 1678, le chapitre de Bâle, qui s'était enfui en 1529 à Fribourg-en-Brisgau. obtint de Louis XIV de pouvoir rentrer dans l'évêché. Il alla se fixer à Arlesheim comme à l'endroit le plus approprié, parce que situé dans le voisinage des localités d'où le chapitre percevait ses revenus ; en outre, ce village était soumis aux tribunaux ecclésiastiques et laïques de l'évêque et distant seulement d'une heure de Bâle et de l'église-mère, où l'on espérait toujours que, avec le temps, le catholicisme serait rétabli et le chapitre réinstallé. Le 25 mars 1680, on posa la première pierre d'une nouvelle église, qui fut consacrée le 26 octobre 1681 ; peu après on bâtit aussi les maisons pour les chanoines. A l'exception de la tour, l'église du village, dédiée à Sainte-Odile, fut reconstruite de 1625 à 1629 et exhaussée de trois pieds en 1682; lorsque la commune eut acheté l'église cathédrale en 1814. Sainte-Odile fut démolie. En 1792, Arlesheim adhéra à la République rauracienne et fut réuni en 1793 à la France; en 1815, le congrès de Vienne l'adjugea au canton de Bâle, après que d'Andlau, gouverneur de l'ancien évêché de Bâle pour les alliés, y eut résidé pendant un an. En 1833, après la séparation de Bâle- Ville et de Bâle-Campagne, Arlesheim devint cheflieu de district ; les anciennes maisons du chapitre furent occupées par le secrétariat et le tribunal du district ainsi que par la préfecture. Ce fut en quelque sorte une compensation pour la vie et l'animation qui avaient pris fin en 1792, lors de la destitution du princeévêque et du départ du chapitre. La chapelle réformée, construite en 1856 par la famille Alioth, fut mise hors
ARLOD
de service en 1912, et remplacée par une église plus spacieuse, construite avec le produit d'une collecte faite en Suisse lors de la fête de la Réformation. Registres de
baptêmes depuis 1596,
de mariages depuis 1696 et de décès depuis 1059.
— Voir • Trouillat. — Fritz Sarasin: Die sleinzeitlichen Stationen des Birstales zwischen Basel und Delsberg. — H.Boos :
L'rkundenbuch von Baselland. — Walter Merz :
Die Burgen des Sisgaus.
— Jakob Burckhardt :
Die Ge genre formation in den ehemaligen Vogleien Zwingen, Pfeffingen und Birseck. — Markus Lutz Neue Merkwtirdigkeiten der Landschafl Basel. — G. Siitterlin : lleimatkunde des Dorfes und der Pfarrei Arlesheim. — Karl Gutzuiller : Geschichte des Birsecks. — Archives de Bâle et de Liestal. [K. Gauss.
ARLESHEIM, ER- MITAGE D\ Voir Andlau, Hotels d'.
ARLOD, d', ARLO, ARLOZ ou DARLO.
Nom de famille noble et de lieu très anciennement répandu en Savoie, en Bresse, en Bourgogne, à Saint - Claude et dans le pays de Vaud. Sur la rive droite du Bhône, à une demi-lieue de Bellegarde, existe un village du nom d'Arlod (Arlaudus) avec un château dont les ruines subsistent encore. L'on trouve à Genève, Reymond d'Arlod chanoine en 1188, et Guillaume, en 1264, mais il n'est pas possible de faire remonter les d'Arlod de Genève au delà de maître Pierre, alias de Arlo, dont l'origine est inconnue, mais qui venait peutêtre du village d'Arlo précité. Armoiries: d'azur à la rose d'or surmontée en chef de trois étoiles du même. — 1. Maître Pierre, alias de Arlo, reçu bourgeois de Genève en 1464, couturier. — 2. Jean, fils dun° 1, duConseil des CC en 1535. Il épousa en 1537 Françoise Bergier. Prisonnier à Chillon, il fut délivré en même temps que Bonivard. — 4. Domaime (Dominique), fils du n° 1, duConseil des CC en 1535, lieutenant de justice, châtelain deCartigny en 1536, syndic en 1540, 1541, 1545, 1549 et 1553 ; il fut l'un des deux juges envoyés par Genève à la marche de Lausanne (30 mai 1540) à la suite de l'affaire des Articulants. Le 14 mai 1553, il fut arrêté à l'occasion du meurtre du chanoine Werly, puis relâché; ami de Calvin, il fit partie, en 1558. du Conseil qui condamna Servet. — 5. Pierre, fils du n° 4, du Conseil des CC en 1555, testa en 1568. Il acheta en 1568 de Charles- Jacques-Claude-et. Louis d'Arerex, seigneurs de la Tour, la moitié du fief de Vège, Arerex, Confignon et Vallet, dont l'autre partie fut vendue en 1598 par Louise de Vernan, veuve d'Abram Dentand, à Michel, fils de Pierre d'Arlod, d'où la dénomination de fied d'Arlod. Ce fief n'a rien de commun avec celui de Bursins dit d'Arlod (région Bernex-Confignon). — 6. Michel, précité, fils du n° 5, t 29 juillet 1613, du Conseil des CC en 1590. — / . Paul, fils du n° 5, possédait en indivis avec son frère les fiefs de son père. Par contrat entre vifs du 9 mai 1623, il céda à Pierre de Langin tous ses biens situés en Savoie ; ces derniers furent rétrocédés le 30 septembre 1642 à son fils Pierre par Claude de Langin. La famille d'Arlod s'éteignit au début du XVIIIe s. — Voir Arch. d'État Genève, T et D ; Fief d'Arlod, reg. I. — Benoit : Hist. Abb. de Saint-Claude. — Covelle: LB. — Répert. des familles vaudoises qualifiées. — Foras : Armoriai de