ARMAGNACS
ARMBRUSTER
Savoie. — Regeste genevois. — Galiffe: Mus et Armoriai. — Galiffe : Notices généalog. — Piccard : Noms propres de la Suisse romande (Mns. aux Arch. d'État Lausanne). [Dr cTEternod.]
ARMAGNACS. Bandes de mercenaires, ainsi nommés d'après leur premier chef, le comte Bernard d'Armagnac, de Gascogne, qui les recruta dans les années 1420 pour la maison d'Orléans en lutte contre la Bourgogne. Appelés aussi Écorcheurs au siècle qui vit leurs exploits. En 1439 déjà, forts de 12000 hommes, ils avaient dévasté l'Alsace, mais cependant sans paraître aux frontières des VIII cantons, ni à celles des postes avancés de Bâle et de Soleure. Ce ne fut que lorsqu'en août 1443 l'ancien ennemi des Suisses, le roi Frédéric III, sollicita le secours de la France contre les Confédérés pendant la guerre de Zurich, que le roi de France, Charles VII, saisit l'occasion de se débarrasser une bonne fois de ces redoutables bandes tout en cherchant à réaliser ses plans d'occupation de l'Alsace et si possible de Bâle. Après l'armistice de Tours, le 28 mai 1444, avec les Anglais, il concentra les Armagnacs sur le plateau de Langres en Champague et les dirigea contre les frontières suisses. Quarante mille hommes à pied et achevai, etnonpas5000 commeleroi d'Allemagne l'avait demandé, se mirent en marche sous le commandement du Dauphin Louis (le futur roi Louis XI) et de son banneret, Jean de Breuil ; ils remontèrent l'Alsace et leurs avant-postes furent en vue des tours bâloises le 21 août ; les premières nouvelles de l'approche de l'immense armée étaient déjà parvenues à Berne le 27 j uillet .
Les Armagnacs venaient ouvertement dans le but de détruire les armées des Confédérés assiégeant la Farnsbourg et Zurich, mais le danger le plus pressant menaçait d'abord Bâle. Le 23 août, les cavaliers du comte Antoine de Dammartin passèrent la Birse et occupèrent le Birseck et les villages entre Bâle et Pratteln, tandis que des Autrichiens se rassemblaient près de Sackingen et se disposaient à marcher au secours de la Farnsburg assiégée par 2700 Confédérés. A la nouvelle de l'approche des Armagnacs, les chefs confédérés devant la Farnsburg envoyèrent 1300 hommes en reconnaissance contre le nouvel ennemi et leur ordonnèrent de s'arrêter à la Birse. Accompagnés de 200 Bâlois de la campagne, ces 1500 hommes partirent le 26 août 1444 de Liestal et. se heurtèrent les uns après les autres près de Pratteln et de Muttenz à un ennemi beaucoup plus considérable, qui les anéantit finalement vers la léproserie de Saint- Jacques sur la Birse. La nouvelle de la bataille poussa les Confédérés à lever le siège de la Farnsburg encore le jour même, et, quelques jours après, celui de Zurich. Les Armagnacs occupèrent immédiatement la rive droite du Rhin jusqu'à Schaffhouse et ravagèrent le pays comme des barbares, pendant que leur chef, l'héritier du trône de France, investissait Bâle toujours plus étroitement. La sanglante résistance que les 1500 soldats lui avaient opposée à Saint-Jacques lui conseilla cependant la prudence, et le poussa, le 20 septembre, à conclure un armistice avec les Confédérés, puis à faire la paix le 21 octobre à Zofingue, paix qu'il signa le 28 à Ensisheim et étendit le 25 novembre à Bâle.
Par la paix d'Ensisheim et de Bâle, le dauphin renonçait à son attaque contre la Suisse, et retirait son armée des frontières suisses. Les Armagnacs saccagèrent encore pendant plusieurs mois l'Alsace et le Sundgau, jusqu'à ce que le roi Charles VII et son fils, en vertu du traité du 13 février 1445, les rappelassent, délivrant ainsi le pays de cette plaie. Les Armagnacs sont avant tout importants pour l'histoire suisse parce que ce sont eux qui mirent en relation les Confédérés avec Louis XI et furent ainsi l'origine des alliances qui réglèrent pendant trois siècles les rapports réciproques entre la France et la Suisse. — Dierauer II. [Az.]
ARM AILLI. Ce mot, usité dans le canton de Fribourg, dérive du patois Armaille, pièce de gros bétail, qui provient lui-même du pluriel latin Animalia. Primitivement, Armailli désignait le gardien de bovidés sur les pâturages alpestres; aujourd'hui, ce mol au pluriel s'applique à tout le personnel de l'alpe, tandis que le singulier armailli est pris plutôt dans le sens
de fromager. Les plus connus des armaillis sont les Armaillis des Colombettes que célèbre le Ranz des vaches. [E. Fragnièru.J
ARM AN. Prieur du Grand Saint-Bernard. Son portrait au prieuré de Saint-Jacques à Aoste porte la date de 1192. Il fut en fonctions probablement jusqu'en 1199 ; cette année-là, un Petrus est mentionné comme prieur. Sous son administration, l'hospice acquit par dons ou achats diverses terres à Aoste, Saint-Oyen et Jablo. — Duc : La maison du Grand Saint- Bernard. [D. i.|
ARMAND, Eiifirne-Alplionso, avocat, * à Marseille le G septembre 1802, f à Marseille le 9 février 1875. Professeur de droit commercial dans sa ville natale, il fut destitué en 1829 pour ses opinions libérales et vint à Neuchâtel briguer la chaire de belles-lettres nouvellement créée. Il ne fut pas nommé, mais resta à Neuchâtel où il fit des cours libres de droit naturel et de littérature française. Il étudia avec intérêt la constitution et les lois de la Principauté et proposa de grandes réformes : l'élaboration d'un code civil, la liberté de la presse, la fusion des deux tribunaux souverains de Neuchâlel et de Valangin, etc. L'avocat marseillais, qui était monarchiste constitutionnel, passa dès lors pour un émissaire dangereux à la solde de la France. Rédacteur du Messager neuchâtelois, il devint l'un des chefs des libéraux neuchâtelois de la première moitié de 1831. Il fut expulsé au mois de juin 1831. — Voir A. Piaget • Hist. de la Révolution neuchâteloise II, p. 310. — MN 1920, p. 81. |A.P.]
ARMBRESTER, ARMBROSTER. Famille bourgeoise de Lucerne. Voir Ratzenhofer.
ARMBRUSTER ou ARMBROSTER (ARBALÉ- TRIER). Famille noble de Berne, faisant partie de l'Abbaye du Mittelleuen (abbaye du Lion Rouge). Armoiries : de gueules à un lièvre d'or terminé en queue de poisson d'azur. — 1. Nlklaus, du Grand Conseil en 1407. — 2.
Niklaus, fils du n°l,du Grand Conseil en 1457. — 3. Johann (liiilistuiins), fils du n°2, chanoine en 1476, curé de Chaley jusqu'à 1479, de Naters de 1479 à 1480, puis doyen du chapitre de Sion 1479-1500, vicaire général de Lausanne en 1483 et chanoine en 1484, dernier prévôt du prieuré clunisien de Rueggisberg en 1484. Il se rendit à Rome en automne 1484 par ordre du gouvernement bernois, et conduisit habilement avec la Curie les négociations qui aboutirent le 14 décembre 1484 à la fondation du chapitre de Saint- Vincent à Berne, dont il fut le premier prévôt. Il devin! prévôt titulaire d'Amsoldingen en 1485, abbé de Payerne de 1490 à 1492 et 1491 administrateur de l'évèché de Lausanne et candidat au siège épiscopal au mois de mai 1491. Titulaire d'une quarantaine de prébendes, il fut accusé de cumul par Valerius Anshelm. En 1503 il édifia une chapelle dans l'angle inférieur de la plateforme de l'église, mais dut la transférer en 1506 audessus du cimetière, sur le Mûnsterplatz,. Il mourut le 30 juillet 1508 et fut enterré dans le chœur de la collégiale. — 4. Bernhard, frère du n° 3, du Grand Conseil en 1488, bailli de Grandson 1495-1496, d'Echallens 1496-1499, il assigna son droit de bourgeoisie sur la maison de son frère au Mûnsterplatz, et reçut en 1490 celle que ce dernier possédait à la Gerechtigkeitsgasse c'est-à-dire l'hôtel de la Couronne; il fut membre du tribunal de la ville en 1510 et mourut en 1527. — 5. Franz, fils du n° 4, prit du service à l'étranger, fut puni en 1519 comme agent recruteur du duc Ulrich de Wurtemberg, devint néanmoins membre du Grand Conseil en 1520, capitaine à la solde du pape en 1521 et 1526, fut fait prisonnier à Pavie en 1525, et tomba devant Alexandrie en 1527. Son porlrail figure, avec celui de son père, dans la Danse des morts, de Manuel. Piler l'arbalétrier et sa descendance s'appellent Schenkschùcher et n'appartiennent pas à la, famille noble des Armbruster. — Reymond : Dignitaires de l'église de Lausanne. — Zesiger: Mittelleuen, p. 125. — Anshelm: Berner - Chronik, I, II. — BT 11 1893, 1894, 1900, 1901. — BWG
ARMÉE