AROSA
Charles d'Amboise et Antoine de Bessey. Louis Xll le ratifia à Lyon le 16 juin de la même année.
Par le traité d'Arona, Louis XII, comme duc de Milan, cédait, sous réserve de l'investiture impériale, la ville et le comté de Bellinzone avec Isone et Medeglia aux trois cantons d'L'ri, Schwyz et Unterwald. En outre, les privilèges, commerciaux dont les Confédérés jouissaient dans le Milanais étaient confirmés et étendus à Bellinzone. — Voir AS I. — Dierauer II. — Pometta : Corne il Ticino venne in potere degli Svizzeri. [C. Trezzini.J
AROSA (autrefois Erosa ou Erosen) (C. Grisons, D. Plessur, Cercle Schanfigg. V.DGS). Arosa vient du bas latin arrogium (cours d'eau). La contrée fut colonisée au commencement du XIVe s., probablement par des Walser de Davos. En 1384, les gens «in Sapunne,inVenden und in Arasen «résolurent debàtir ensemble une chapelle à Langwies. En 1492, Arosa et les gens dePrâtsch construisirent à Inner-Arosa la petite église de mon-
L'église d'Inner Arosa, d'après une photographie.
tagne qui existe encore et au-dessus de laquelle se trouvaientalors beaucoup d'habitations. La toiture voûtée en bois en est très remarquable, on y voit les armes d'Autriche et d'Heinrich IV, évêque deCoire. En 1649,1a juridiction de Davos se racheta de la dépendanceautrichienne. avec Arosa, et en 1669 céda, pour 800 florins, Arosa. Obersee et Untersee à la ville de Coire pour amortir en partie un emprunt contracté pour son rachat. Les tentatives de séparation religieuse de Langwies à la fin du XV8s. réussirent, mais les essais d'émancipation politique échouèrent (1542). Arosa forma jusqu'à la division du canton en districts (1851) une communauté de la région de Davos ; à ce moment, il fut incorporé au dis) ricl de Schanfigg. Il est établi qu'une mine fut exploitée autrefois à Arosa ; la tradition lui fait jouer un grand rôle, mais en réalité, elle est peu importante. Arosa ne vécut, jusqu'à l'introduction de l'industrie des étrangers, que de l'élevage du bétail et d'un peu de tonnellerie. Au XVIe s., une grande partie des forêts qui s'étendaient jusqu'au Schwellisee furent transformées en pâturages. La fin du XVe s. et le commencement du XVIe furent le beau temps d'Arosa ; 60 familles environ y habitaient Le village se divisait en commune intérieure et en commune extérieure, et si les habitants de la première (ayants droit à l'alpe de Schônboden) avaient en 1508 plus de pâturages qu'ils n'en pouvaient utiliser, ceux de la seconde (ayants droit à l'alpe de Sattel) se plaignaient dès cette époque qu'ils en man-
quaient.. Lorsqu'au milieu du XVI' s. Arosa s'endetta et qu'il fallut lui accorder en 1571 un délai de payement à cause des temps chers et difficiles, les habitants de la commune extérieure, la plus pauvre des deux, prirent la résolution d'émigrer ; le 7 novembre 1575, les gens du Sattel vendirent leur avoir à la ville de Coire pour 12400 florins. L'alpe de Schônboden passa aussi morceau par morceau à Coire et Maienfeld. En 1596, Coire y possédait 273 Stoss (droits de pacage), Maienfeld 139 et Arosa seulement 47 3'4. En 1625 Coire acquit les propriétés de Maienfeld, 152 y4 Sloss pour 2968 florins. Par la disparition de leurs pâturages, les habitants de la commune intérieure auraient été aussi obligés de s'expatrier, si la ville de Coire ne s'était engagée contre une faible redevance à laisser paître dans le Schônboden tout le bétail qu'ils pourraient entretenir l'hiver durant par le produit de leurs propres prairies (droits d'hivernage). Les bonnes relation squ'entretenaient Coire et Arosa au début du XVIIe s. se gâtèrent et firent place à de l'animosité au milieu du XVIIIe s. Alors que le conflit était à l'état aigu, Arosa put racheter pour 3806 florins, à la suite d'un arbitrage, en 1780, les 152 y4 Stoss que possédait autrefois Maienfeld. Les bourgeois de Coire réunirent à l'alpe de Sattel ce qui leur restait de l'alpe de Schônboden, dont l'autre partie, propriété des habitants d'Arosa, prit le nom d'alpe d'Arosa. La sentence de 1780 sépara les ayants droit à l'alpe, mais la lutte continua entre les bourgeois de Coire et les habitants d'Arosa, les premiers ne reconnaissant plus aux seconds le droit d'hivernage.
En 1791, le tribunal de Davos décida que tout habitant avait le droit de faire estiver sur l'alpe d'Arosa, pourl'/;i florins, le bétail qu'il pouvait hiverner avec le foin de sa propre récolle. Le droit d'hivernage fut encore confirmé par l'accord de 1809 d'après les principes suivants : A chaque bourgeois et habitant devait être attribué un pâturage qui serait définitivement et inséparablement joint à son domaine; les bourgeois reçurent chacun gratuitement la part qui leur était nécessaire, et les habitants durent acheter la leur au prix de 38 florins le pâquier. Cette détermination du droit d'hivernage qui relia inséparablement un droit d'alpage à la possession d'une terre de prairies s'est parfaitement conservée jusqu'à nos jours.
La concession du chemin de fer électrique à voie étroite Coire-Arosa date de 1905, la ligne fut ouverte le 11 décembre 1914. En 1907, inauguration de la chapelle catholique, pose de la première pierre de la nouvelle église évangélique sur le Piz Erika, adoption des plans de l'église anglaise. 1907-1909, construction de l'hôpital. La population d'Arosa avait fortement diminué au commencement du X IXe s., quoiqu'il y eùl bleu assez. de prairies et de pâturages pour le nombre d'habitants. En 1806, il restait. 98 Ames, en 1831 encore 51. Le pasteur de 1837 craignait que par suite d'une dépopulation complète, le nom même d'Arosa disparût. Le tourisme, la cure d'altitude et l'extension prise par les sports d'hiver onl sauvé le village de l'oubli. Il est devenu l'une des stations climatériques les plus connues de l'Europe et sa population comptait 3700 âmes en 1918. — Arosa, Europàische Wanderbilder, 225 et 226. — C. Fischer: Land und Leule im Taie. Schanfigg. — P. Met-
«li
AHOSIO
AKIWCIS
tier : l'.esrlm htliches tiber Arosa, dans FremdenlisU von Arosa VIII, 20 et 21. — R. Just : Die Gemeinde Arosa. \. Jenny : Arosa Wanderbilder, 372-374. — A. 1 1 «>l«l ut M. . 1 1 1 >> l : \'(im iillrit Arosa. [Dr R.Just.]
AROSIO (C. Tessin, I). Lugano. V.DGS). Com. el paroisse. On a découvert récemmenl ;'i Arosio une quantité de monnaies romaines; d'après la tradition, une voie romaine montail de l'unie Tresa el Novaggio à Arosio d'où elle descendait au col du Monte Ceneri. \nriennes formes du nom : Arosium, Aloxio, Aroxio, Roseo, ftosio. La première mention du village esi de 1180. En 1217, l'église Sainte-Marie de dôme possédait des immeubles à Arosio, de même que le monastère de Saint- Ahondio de Côme. L'évêque de Côme avail la dîme sur les châtaignes, qui fut rachetée au commencement du XIXe s Sous les dues de Milan. Arosio devail fournir aux armées ducales, dans la première moitié du XVe s., 30 hommes d'armes Arosio appartenait anciennement à la paroisse d'Agno, mais on ne sait pas quand il en a été séparé. En 1571, il formait déjà une sous-paroisse; cependant, le 30 septembre 1599, Arosio demandait encore à être séparé d'Agno. Jusqu'en 1910, Arosio fit partie du décanat d'Agno; depuis 1910, du nouveau décanat de Breno. L'église de S;i in I -Michel est citée pour la première fois le 1er juin 1217. L'édifice actuel comprend des adjonctions postérieures : les deux chapelles latérales datent de La fin du XVI's. et du commencement du XVIIe s. Une restauration générale eut lieu de 1640 à 1647. Sur la route d'Arosio à Gravesano s'élève la chapelle très ancienne de Ronco, aujourd'hui de Cimaronco, qui est un lieu de pèlerinage fréquenté. A l'origine, ce n'était qu'une petite chapelle ouverte et la partie ancienne — le maître-autel actuel — a encore une fresque, qui remonte probablement au XVe s. Les registres de baptêmes datent de 1760, ceux de mariages de 169") et ceux de décès de 18-2'». Arosio a été dévasté par un incendie en 1584. Population : 1591, environ 300 hab.; 1801,221; 1910,189.— BStor. 1885, 1890, 1904 et 1915. — Brentani : Lugano e il Ceresio. — ■ Maspoli : La pieve d'Agno. — Meyer : Die Capitanei von Locarno : AS I. — Monli : Atti... — Borrani : Ticino Sacro. — Galli-Tamburini : Guida del Malcantone. — Vegezzi : Esposizione storiea. [C. Trbzzini.]
AROUW, AROUWER, AROVIA. Anciennes formes d'AARAU.
ARPAGAUS. Ancienne famille bourgeoise de Cumbels (Grisons). — 1. CHRISTIAN, * 1613 à Cumbels, curé à Ruschein, doyen du chapitre de l'Oberland, vicaire épiscopal, f à Lumbrein le 15 octobre 1681. — 2. Christian, de Tersnaus, 1650-1664 curé à Cazis, 1664-1666 à Neukirch (Lugnez), 1675 chapelain à Vais, 1677-1681 curé du même lieu, 1682 de Lumbrein, 1684 chanoine, dut se rendre à Wyl (C. Saint-Gall) où il devint curé et doyen; f 25 novembre 1706. Il avait obtenu à Dillingen son doctorat en philosophie en 1671 et celui en théologie en 1679. Il publia deux volumes de sermons. — 3. Moritz, landammann à Lugnez, importante personnalité politique. Il signa à Ilanz avec Anton Salis et Anton Orsi du côté catholique, avec Paul Beeli, de Belfort, du côté protestant, le 12 juillet 1704, au nom des trois Ligues, une ordonnance qui mit fin à l'affaire de Sagens. Il participa aussi à l'affaire Massner. — 4. Johann BARTHOLOME, * le 3 octobre 1810 à Cumbels où il mourut le 3 février 1882. Il étudia la médecine à Paris el Heidelberg, s'établit à Ilanz, devint préfet en 1848, remplaça l'année suivante Carlo a Marca au Petit Conseil, devint conseiller national de 185 1 à 1854, puis membre du Petit Conseil en 1866-1867 et 1870-1871. Il a rendu de grands services à la langue romanche par ses publications et comme rédacteur de la Ligia Grischa. — F. Robbi : Unterhaltungsblâtter zum Graub. Generalanzeiger, 1918, n° 6. — Gasetta Romonscha, 1882, n° 7.
- Bûndner Tagblatt, 1882, n° 36. — J.-.I. Simonet : DieWeltgeistlichen Graubiindens (mns). — A. Sprecher: Gesch. der Republik (1er 3 Blinde I, 31 et 162. [L.J.]
ARPEAU. Famille noble vaudoise, originaire d'Annecy. Armoiries: de gueules à trois rencontres de cerf d'argent, au chef du même chargé de trois tourteaux d'azur (variante chef de gueules à trois besants d'or):
- Jean, marchand à Lyon, acheta en 1550 la sei-
L'iieurie de Troches en Savoie, qu'il revendit ensuite
Il se fixa à Genève Son fils, Sami fi.. 1580-1610,
s'établit à Rolle, fut coseigneur du
Rosey du chef de sa mère, une Senarclens, châtelain de Bursins et de Perroy, Ses descendants occupèrent de nombreuses charges locales — Emmanuel joua un rôle politique en vue dans fii région en 1798-1815 ; il avait épousé une G alla tin. — Son ois Charles-Benjamin prit du service au Wurtemberg où il fut créé comte Arpeau de Gallatin. — Du mont : Goll. gén. [M. lt.1 ARQUEBUSE. Voir ARMES.
ARRAGON. Famille vaudoise fixée à Corsier sur Vevey, dès le XVI1 s. [m. h.]
ARRAGOSIUS, WlLHELM, * 1513 à Toulouse, médecin très savant et considéré à Paris, médecin particulier du roi de fiance et de l'empereur d'Allemagne, vint à Bàle vers 1585 comme réfugié religieux et habita jusqu'à sa mort, survenue en 1610, dans la maison Zwinger. Il était disciple de Paracelse et s'occupa beaucoup d'expériences chimiques. Il désigna Jakob Zwinger comme héritier de sa bibliothèque et de ses instruments. — A. "Burckhardt : Gesch. der mediiinischen Fakultâl ;u Basel. [A. U.]
ARREGGER VON WILDENSTEG. Famille bourgeoise éteinte, de la ville de Soleure, venue probablement du bailliage de Ruswil par Martin et son frère Niklaus Arcliegger reçus bourgeois en 1495.
Armoiries : coupé d'azur, plus tard d'argent, à une aigle issante de sable et échiqueté de sable et d'or — 1. Lo- UKNZ, | 1616, grand conseiller 1555, bailli de Gôsgen 1569, porte bannière 1507 et capitaine 1576 au régiment Pfyffer, bailli de Flumental 1581, de Kriegstetten 1585, Altrat et trésorier 1585, banneret 1586, colonel au service de France 1589, chevalier français 1591, bailli de Buchegg 1593, avoyer 1594; il fut seigneur de Wartenfels en 1591, terre qu'il céda en 1600 à Jost Greder. — 2. Johann-Jakob,
* 1607, t 1675, grand conseiller 1633, capitaine au régiment de Stavay-Mollondin en 1635, au régiment de Roll en 1641, Jungrat 1638, bourgmestre 1647, bailli du Lebern 1649, gentilhomme de la chambre du roi de France, propriétaire d'une demi-compagnie du régiment suisse de la garde 1653, chevalier de Saint-Michel 1655, Altrat 1663, bailli de Kriegstetten 1665. — 3. Johann-Martin, * 1658, 1 1689 en Negroponte, fils du n° 2, lieutenant en France 1678. capitaine au service de Venise 1687, lieutenant-colonel. — 4.Fra.\z-Anton-Josek,
* 1689, t 1764, du Grand Conseil 1715, lieutenant au régiment des gardes suisses en France 1719, chevalier de Saint-Louis 1727, capitaine-commandant 1733, brigadier 1744, démissionnaire 1746. — 5. Peter, * 1691, t 1737, frère du n° 4, lieutenant au régiment des gardes suisses en France 1717, capitaine au service de l'Espagne 1721, colonel 1733. — 6. JoHANN-VlKTOR-LORENZ,
* 1699, f 1770, frère du n° 5, grand conseiller 1725, capitaine en Espagne 1728, fut prisonnier à Alger de 1732 à 1738, colonel du régiment Arregger 1736, Jungrat 1743, Altrat en 1764, trésorier et banneret en 1765, bailli du Bucheggberg en 1766. De 17 W à 1750. il reçut le titre de baron autrichien sous le nom de Arreger von Wildensteg. — 7. Viktor-Josef-Augustin-Hermenegild, * 1746, t 1834, fils du n° 6. enseigne en Espagne, grand conseiller 1767, capitaine de 1768 à 1769, Jungrat 1771, bailli de Flumental 1783, Altrat 1797. du Petit Conseil et avoyer 1814. Dernier de sa famille et dernier avoyer du canton de Soleure. — Une famille Arregger existe aussi dans le canton de Lucerne, à Schùpfheim. Ruswil etc. — Voir LL. — LLH. — Girard : Nobiliaire militaire suisse I, 136. — May de Romainmôtier : Histoire militaire de la Suisse VI, VII. — SGB III, 22. - - A. Haffner : Geschlechterbucli. - P. Wirz : Bùrgergeschlechter. [v. V.]
ARR ICUS. Evèque de Lausanne, figura au concile de Chalon le 2'i oct 650.— Maasen : Concilia I, 208. [M.R.]