ARS1NA
ARTH
Wil
qu'elle supportait un château qui appartenait aux ares de la Baume, originaires de la Savoie. Selon Kuenlin, on voyait encore les vestiges de ce château à la fin du XVIIIe s. En 1319, le donzel Pierre de Gruyère., co-seigneur de Cornières, affranchit les hommes de Charmey et des Arses (46 chefs de famille, dont 4 femmes) et leurs héritiers de toute taille moyennant paiement de 8(1 livres de Lausanne A une époque indéterminée, les sires de la Baume vendirent leur château à une famille Remy de Charmey, qui s'appela dès lors Remy de la Baume et dont le dernier rejeton, Louis Rime, dit « le Pia », mourut en 1864 On voit au hameau des Arses une chapelle dédiée à N. D. de Lorette et fondée en 1645, probablement par Georges et François Remy de la Baume.
— Voir Kuenlin : Dirt. géographique du canton de Fribourg. — Hisely : H'.st. du comté de Gruyère (MDRX, 177). — Jaccard : Essai de toponymie. [G. C]
ARSINA, de. Famille de notaires d'Estavayer-le- Lac, éteinte dans la première moitié du XVIe s. — 1, André, notaire de 1479 à 1540, secrétaire du Conseil d'Estavaver en 1482. — 2. Pierre, membre du Conseil d'Estavayer de 1509 à 1515, notaire de 1508 à 1528. — Voir Grangier : Annales d'Estavayer. — Arch. de la famille de Vevey. [H. V.]
ARSINAC. Voir Ravrée.
ART. Village. Voir Arth.
ARTARI, ARTARIA, ARTARIO. Vieille famille bourgeoise d'Arogno, que l'on rencontre aussi à Blevio (Italie) et à Lugano. — 1. Gian-Battista, * à Arogno en 1660, architecte et stucateur. Il sut donner à ses travaux en stuc l'apparence de la solidité du marbre de Carrare, de sorte qu'ils conservent encore à notre époque une merveilleuse fraîcheur. Avec son compatriote Genone, il construisit de 1704 à 1712 la cathédrale de Fulda, fit d'autres travaux dans cette ville et plusieurs grands édifices à Rastadt. Plus tard, il voyagea en Hollande, dans l'Allemagne du Nord et en Angleterre et laissa dans ces pays ses œuvres les meilleures. Il travailla aussi dans son village natal, où il mourut dans la force de l'âge. — 2. Giuseppe, fils aîné du n° 1,
* à Arogno en 1697, comme son père stucateur et architecte. Il étudia d'abord sous la direction de son père et alla ensuite se perfectionner dans son art à Rome. Il travailla avec son père en Allemagne, en Hollande et en Angleterre, où il laissa partout des œuvres remarquables Ayant conquis les faveurs du prince électeur de Cologne, il fit pour lui de très beaux travaux de plastique et mourut à Cologne en 1769. L\4LBK lui attribue la construction du château de Falkenlust, de 1729 à 1737, et celle de la cage d'escalier du château de Briihl, de 1743 à 1748.— 3. Giovanni- Batttsta. d'Arogno,
* dans ce village le 13 février 1796, f à Moscou en 1874. Peintre et stucateur de renom, il travailla dans les palais impériaux de Moscou, où il fut aussi professeur de dessin à l'école impériale. A Arogno, il laissa un tableau de l'Annonciation suivant les symboles orientaux que l'on admire dans l'église paroissiale. Il représenta le cercle du Ceresio au Grand Conseil tessinois de 1855 à 1859 et de 1863 à 1867.
— 4. ALRERTO, topographe et professeur,
* à Arogno le 21 juillet 1814, fit ses études d'architecture à Milan En 1844, il fut nommé professeur de dessin à Bellinzone, charge qu'il occupa jusqu'à sa mort. En 1845 il fut chargé par le général Dufour de
dresser le plan de Bellinzone avec ses fortifications — c'est le seul plan connu du vieux Bellinzone — dont une copie se trouve â la maison de ville. On a encore d'Artari le palais des postes, qui va être transformé en maison d'école, et la réduction du grand escalier de la collégiale de Bellinzone. — Voir SKL. — ALBK. — Bianchi : Artisti ticinesi. — Weiss : Die tessinischen Landvogteien. — Vegezzi : Esposizione storica. — BStor. 1885, 1889, 1907. ■ - Dotta : I Ticinesi. — Oldelli : Dizwnario. [C. Tbez/.ini.]
ARTER, Paul-Julius. Peintre et graveur en tailledouce, * à Zurich en 1797, f à Munich en 1839. On ne sait rien de sa personne, de ses études ni des œuvres de ses dernières années ; il semble cependant s'être formé par lui-même Son travail principal, publié en 1853, une Sammlung ziircherischer Altertùmer in Baukunst und Freskomaterei, est une illustration de Das alte Zurich historisch und topographisch dargestellt, par Sal. Vôgelin. Son œuvre se compose en outre de perspectives architecturales peintes à l'aquarelle, de paysages qu'il a lui-même gravés sur cuivre, et de dessins, reproduits en lithographie par J. Brodtmann. — Voir SKL.
ARTH (C. et D. Schwyz. V. DGS). Armoiries : de gueules à une tour d'argent sur trois monts de sinople. Ce nom vient du ahd. et du mhd.art,prim. labourage (du ahd.
erien = labourer, lat . ararel puis terrain cultivé (SI I, 473). L'endroit doit^avoir été colonisé très anciennement ; il est possible qu'il y ait eu des lacustres et une colonie romaine, il est certain que les Alémannes s'y établirent en nombre comme le témoignent beaucoup de noms de lieux. Le christianisme y fut introduit de bonne heure, l'église paroissiale est une des plus anciennes du pays. Arth fut une terre royale ; sous l'empereur Frédéric IL probablement, le bailliage en fut cédé aux seigneurs de Sax et Misox, qui le remirent en fief aux seigneurs de Grùnenfels. Le chapitre de Beromunster possédait aussi de grands biens à Arth, dont les comtes de Lenzbourg et plus tard les Kybourg furent avoués. Rodolphe de
Vue d' Arth en 1755. l>a]>rè- nue gravure
nivre do Daniel Dûringer.
Habsbourg réussit à acquérir le bailliage et l'avouerie, dans le but principalement d'enfermer les cantons primitifs, surtout Schwyz. Ils virent le danger et construisirent leurs fortifications sur le propre sol de l'ennemi ;
AHTII
AHT1CULANS
ce furenl les letzi. L'une allait «lu lac au Rùflberg, tandis que l'autre, s'étendanl du lac au Rigi, fermait la val lée. Toutes deux étaienl munies d'une tour el d'une porte : elles étaienl reliées le long de La rive pai une
solide muraille el dans le lac par une double palissade. Une muraille de même nature fut aussi édifiée à Oberarth. Ces travaux paraissent avoir été terminés avant la bataille du Abu^arien . l,es Scliwyzois durent à leurs bonnes relations avec les lia bit a ut s d'Art h el avec les seigneurs de Hiinenberg vassaux de l'Autriche à Artli, de pouvoir les édifier sans difficulté. Heinrich von Hunenberg aurait, dit-on, averti, par une flèche les Schwyzois de l'entrée des Autrichiens par le Morgarten. La conséquence immédiate du Morgarten fui que Arth tomba entre les mains des Schwyzois ; l'Autriche n'y garda que le droit de collature, qui passa à Schwyz en 1448. Arth fut d'abord une sorte de pays sujet de Schwyz, mais devint bientôt partie intégra nie du canton avec sa propre représentation au Conseil, el prit une pari active aux guerres des Schwyzois. La Réformation trouva un facile accès, grâce au curé d'alors, Balthasar Trachsel. Elle s'y maintint après sa fuite. Les procédés employés à l'égard des réformés provoquèrent en 1655 l'affaire d'Arili.
C'étaient surtout des membres de l'ancienne famille von Hospenthal qui s'étaient tournés vers la nouvelle foi. Ils tenaient leurs réunions la nuit en secret, de sorte qu'on les appela Nicodêmites, et à cause du nom de la ferme où ils se retrouvaient, l'affaire s'appela Hummelhandel. En janvier 1655, le Conseil de Schwyz décida d'agir énergiquement contre eux. Mais ils furent avertis et s'enfuirent, d'abord les cinq chefs de la famille Hospenthal, puis dans la nuit du 23 septembre, leurs familles elles-mêmes, en tout quatre ménages et environ 40 personnes. Ils se rendirent par Zoug à Cappel, puis à Zurich où ils furent très bien reçus et soignés. Schwyz agit avec la plus grande sévérité envers les suspects et ceux qui ne s'étaient pas enfuis; quatre qui ne voulurent point abjurer leur foi furent mis à mort, les autres privés de leurs biens. Les fugitifs, protégés par le Conseil de Zurich, s'adressèrent à Schwyz pour rentrer en possession de leurs biens. Schwyz n'en voulut pas entendre parler, et accusa Zurich de n'être pas resté fidèle à l'alliance en accueillant les fuyards. L'affaire s'envenima rapidement et mit en opposition les cantons catholiques et les cantons protestants. Les tentatives de conciliation ne manquèrent pas, mais toutes échouèrent. Les exécutions du 13 novembre 1655 à Schwyz furent le coup décisif; au début de l'année suivante éclatait la guerre de Villmergen.
Le danger couru parl'ancienne foi provoqual'érection d'un couvent de capucins à Arth, 1656, près de la chapelle de Saint-Zenon. L'inauguration de l'église de ce couvent eut lieu en 1667. Johan-Sebastian Zay bâtit en 1689 sur le Rigi la chapelle de Maria zum Schnee, à côté de laquelle fut édifiée une maison pour les capucins qui tiennent encore aujourd'hui un hospice au sommet (voir Rigi-Klôsterli). Au cours des années 1694 à 1696, fut bâtie l'église paroissiale actuelle. La tour est encore celle de l'ancienne église Saint-Georges qui datait de 131-2. L'église nouvelle fut inaugurée le 13 octobre 1697 par le nonce Michael-Angelo Conti qui devint en 1721 le pape Innocent XIII. Vers 1890, elle fut complètement restaurée. A part l'église paroissiale, il y a encore plusieurs anciennes chapelles : — 1. Saint- Georges, église paroissiale d'Arth jusqu'en 1312, reconstruite en 1654. — 2. Saint-Zenon mentionnée déjà en 1290, aujourd'hui chapelle des capucins. — 3. Saint- Adrian am Rùfibach, bâtie en 1480, réédifiée en 1889. — 4. La chapelle d'Oberdorf, de 1466, rebâtie en 1753.
Arth formait autrefois un des six districts du canton de Schwyz, l'Arther Viertel ; il avait à sa tête un Siebner et était représentée au Conseil par 10 conseillers. Les registres de paroisse datent de 1635.
Arth subit plusieurs catastrophes ; les plus terribles furent l'incendie de 1719 qui détruisit 77 maisons, celui de 1759 qui anéantit le village presque entier, et l'éboulement de Goldau du 2 septembre 1806.
Arth est la patrie des Reding d'Arth, des Hospenthal, Zay, Mettler, Rickenbach. Population : 1910, 5145 hab.
— Voir A. Blum : .-l/ter Klang aus alten Cassen. — Schweiz. Merkur St, Gailen, 1832, 1833. Zeitschrifi fin historische Théologie, 1*73. - A. Denier: Die Nikode-
milrn nm Ai lli inh i ili i I liiiiimi Ihajtdel. G/V.36. ["--r]
ARTH-RIGIBAHN. Voir RlGI, CHEMINS DE PERDU.
ARTHUS, Maurice, * à Angers le 9 janvier 1862. Il fut assistant de physiologie, puis chargé de conférences à la Sorbonne (1887-1890), professeur de physiologie à la faculté des Sciences de Fribourg (1896- 1900), chef de service à l'Institut l'asteur de Lille (1900 1903), professeur à l'Ecole de médecine de Marseille (1903-1907) et professeur de physiologie el directeur du laboratoire de physiologie de l'Université de Lausanne depuis 19i)7. Il a publié deux ouvrages classiques : Précis de chimie /ilnisiologique (9 éd.), traduit en allemand, russe et espagnol ; et un Précis de physiologie (6 éd.). Ses travaux, publiés dans environ 200 notes et mémoires, se rapportent à la coagulation du sang, caséification du sang, aux venins, sérums antitoxiques, etc. Titulaire du grand prix de l'Académie des Sciences de Paris, il est membre et correspondant de nombreuses sociétés et académies. [L. K.J
ARTHÛSER Voir ARDÛSER.