ARVE
admis par les deux parties en février 1544. Ce traité entraîna l'amnistie des fugitifs compromis dans le parti des Articulants qui rentrèrent à Genève le 29 février 1544. Le 7 mars suivant, les deux Articulans survivants, Jean Lullin et Jean-Gabriel Monathon, soutenus par Berne, obtinrent de rentrer à leur tour dans la ville, sous la réserve de payer une amende de 200 écus et d'abandonner les prises de leurs fonds à la Seigneurie. — Voir Gautier: Histoire de Génère 3, p 38-189 [l'.-E. M.J
ARTIKELBR IEF. Xom de tout document dont le contenu est coupé en subdivisions ou articles. Cette dénomination, fréquente dans l'ancienne littérature historique, est employée au gré de l'auteur. Elle fut surtout usitée pour les Lettres de Cappel (voir cet article) des années 1531 et 1532, par lesquelles Berne et Zurich durent accorder certaines libertés à leurs sujets rebelles après la deuxième guerre de religion. L'expression Capitulation particulièrement courante dans les relations militaires et mercenaires avec l'étranger, possède à peu près la même signification : un document divisé en chapitres ; elle a remplacé depuis environ 1650 l'ancienne dénomination d'Artikelbrief. Un des derniers emplois de ce mot dans l'allemand officiel fut probablement l'Articuls-Brieff (intitulé dans l'édition française : Articles nouveaux) que Berne fit imprimer en 1708 et 1711, mais qui n'est pas autre chose que le règlement de service pour la garnison de Berne de ce temps. — LL I, 353. — Dierauer. — Tillier. [Az.]
ARTILLERIE. Voir Armes.
ARTOLPHUS, Hieronymus, de Coire, maître es arts à Bâle, étudia plus tard la médecine, mais ne parvint qu'au grade de candidatus medicinae, titre qu'il conserva lorsqu'il devint recteur de l'Université de Bâle en 1538, professeur de logique en 1540 II mourut de la peste l'année suivante. — A. Burckhardt : Gcsch. der medizinischen Fakultàt zu Basel. [A. B.J
ARTOPOEUS, Nicolas. Nom grécisé de Nicolas Pfister, f 15 décembre 1553, de Balingen, dans la Forêt-Noire, appelé aussi pour cette raison Baling. En 1527, il était maître de l'école allemande de Coire, et refusa la même année un appel de Wesen, en 1528 un autre de Berne et en 1529 de Kônigsfelden. Appelé à Thouneen 1535, il retourna à Coire en 1539, y devint recteur de l'école latine nouvellement fondée, fut destitué en 1542 pour avoir été un des promoteurs des poursuites criminelles intentées aux partisans de la France. Il devint maître d'école à Brougg et succéda en 1546 à Grynaeus comme directeur du collège des Cordeliers à Berne, où il enseigna le grec et l'hébreu, et devint en 1553, peu avant sa mort, directeur de l'école latine. Ses publications ne nous sont pas parvenues. — Voir QSG 23. p. 38. — Fr. Haag : Die hohen Schulen zu Bern. [E:B.]
ARTORE (C. Tessin, D. et Corn. Bellinzone. V. DGS). Au moyen âge, le chapitre de la collégiale de Bellinzone y possédait des droits de dîme, dont il investit, le 3 juin 1383. l'archiprêtre de Bellinzone, Giovanni de Mazzo. Primitivement rattaché à la paroisse de Bellinzone, Artore en fut séparé, avec Daro et Pedemonte, pour former la paroisse de Daro, par décret de l'évêque de Corne, Lazaro Carafino. du 29 janvier 1631. Jusqu'en 1907 Artore faisait partie de la commune de Daro. Population en 1900 : 163 hab. — Franscini : La Svizzera italiana. — Monti : Atti... — Borrani : Bellinzona e i suoi arripreli. — - BStor. 1909. [C. T.]
ARTS (SOCIÉTÉ DES). Société d'utilité publique fondée à Genève en 1776 par Horace-Bénédict de Saussure et Louis Faizan. Dès le début, elle est dirigée par trois comités : le comité général, qui s'occupe de l'entreprise elle-même ; le comité des Arts, chargé du département de l'horlogerie, de la bijouterie ainsi que des autres professions mécaniques ; le comité de l'économie rurale auquel revient l'agriculture et l'économie domestique. En 1798,1a Société s'organise en quatre comités: dessin, chimie, mécanique, agriculture. Après des jours critiques, elle connaît des temps meilleurs et, de 1820 à 1822, se constitue en trois classes définitives de vingt membres chacune : Beaux-Arts, Industrie. Agriculture. On doit à la Société des Arts la fondation d'écoles industrielles ; l'ouverture de cours de méca-
nique, d'horlogerie, de dessin ; des concours, des expositions de produits agricoles ou industriels. La classe d'agriculture publie un Bulletin ; celle d'industrie en a édité un pendant longtemps, et la classe des beauxarts organise annuellement deux concours de peinture, le concours Diday et le concours Calame. — Voir Jules Crosnier : La Société des Arts (avec bibliographie). [A. B.j
ARTUS. Famille originaire de Bobi (Piémont), genevoise par Jean-Pierre, tanneur à Carouge, reconnu Genevois, le 25 avril 1823. — 1 . Jean-François, l'un de ses fils, * à Carouge le 14 octobre 1823, fut un dessinateurlithographe estimable. — 2. Emile, 1861-1916, fils de ce dernier, fut peintre et cultiva le portrait avec un certain talent. — Voir SKL ; dans cet ouvrage, la mention d'un Emile Artus, * en 1823, doit être erronée et le lieu de naissance de François (Jean-François), inexact. [C.R.]
ARUFFENS, d'. Nom sous lequel sont connus plusieurs membres de la famille vaudoise de Mestral de Mont, seigneur d'Aruffens. Voir Mestral. [m. r.]
ARVE. Cette rivière torrentueuse qui prend sa source au col de Balme, est, après le Rhône, le cours d'eau le plus important de toute la région. Il n'emprunte le territoire genevois qu'à la fin de son parcours, à partir de Sierne. Les formes les plus connues du nom de l'Arve sont : Arva (1083), puis Alva, et aux XIIIe et XIVe s., Arar. II faut rapprocher l'origine de ce nom de celle de l'Aar, de l'Aire (Laire), dénominations extrêmement anciennes, déjà formulées à l'époque celtique. Le rôle historique de l'Arve a été considérable, surtout comme ligne de démarcation entre les Etats et les circonscriptions ecclésiastiques. Dans toute la première partie de son cours, l'Arve traverse l'ancien Faucigny. En aval de Bonneville, elle formait limite entre le Faucigny et le Genevois et, depuis le pont d'Etrembières, entre le Chablais et le Genevois. Dans sa partie inférieure, elle limitait sur sa rive droite le bailliage de Gaillard, sur la rive gauche, celui de Ternier ; enfin, l'ancien territoire épiscopal de Genève : les Franchises, de Champel au Rhône, s'arrêtaient, au moyen âge, à l'Arve. Depuis 1815, la rive gauche de l'Arve a été cédée à Genève, de Sierne à Carouge ; la rive droite, du Foron à la Seimaz. Toute la partie française dépend du Département de Haute-Savoie.
L'Arve, qui avait son cours entier dans le diocèse de Genève, séparait aussi les décanats d'Annemasse et de Vuillonnex.
Il y a, actuellement, six ponts et passerelles sur le parcours genevois de l'Arve. Ce sont : le pont de Sierne, établi en 1782 : la passerelle de Vessy (1866) ; le pont de Carouge, le pont des Acacias (1596); le pont de Saint-Georges (1884) et la passerelle de la Jonction (1873).
Le pont de Carouge, autrefois dit le pont d'Arve, est le plus ancien de tous ; il existait déjà à l'époque romaine. C'est par là que passait la grande voie antique de Vienne à Genève. Par le fait du déplacement de l'Arve, ce premier pont se trouverait, actuellement, entièrement, sur la rive droite. On en a trouvé les substructions dans la campagne Prévost-Martin. Le pont du moyen âge, construit en bois, était en aval du pont actuel, en face de la rue du Cheval-Blanc. Il est cité pour la première fois en 1265. Le pontonnage se percevait au profit de l'évêque. Les bourgeois de Genève, de Cruseilles, de Rumilly et d'Aubonne étaient seuls exemptés de ce droit, à la condition de fournir un bœuf pour le transport des matériaux en cas de réparation. Nous connaissons ces péages par un acte de 1310. Souvent détruit par les inondations, ce pont fut remplacé par un bac ou « traille », ce qui souleva des difficultés en 1374 entre le châtelain de Ternier et l'évêque. Le pont fut rétabli en 1408 et fortifié en 1528. En 1596, on le démolit complètement et le transporta sur l'emplacement actuel du pont des Acacias. Ce ne fut qu'en 1818, que l'on construisit le pont de pierre actuel, en amont de l'ancien passage.
L'évêque de Genève a, de tout temps, été considéré comme possesseur des rivages de l'Arve et de la pêche faite dans cette rivière Cela nous est confirmé par une lettre de Guillaume de Con flans (1292). L'évêque amodiait le revenu de la pêche qui s'étendait spécialement
AlRWANGEN