XII. XIV, XXIII. [Jos. Muller, E. W. et A. Scn
ASCLEPIODOTUS. Voir Pontius Asclf.p.
ASCONA ((',. Tessin, D. Locarno. V. DGS). Com. et paroisse, chef-lieu du cercle « délie Isole » et du décanat d'Ascona. Anciennes formes du nom à partir du XI IIe s. : Scona, Schona, Ascona, Asrhona. On ne sait, rien des origines du village, que Vegcz/.i fait remonter à l'époque gauloise En 754. un Guido, comte de Lomello et de Sparavaira, faisait donation à l'abbaye de Disentis de plusieurs terres dans lïnsubrie, entre autres le domaine d'Anchsona. Cette donation fut confirmée en 1154 par Frédéric Barberousse et en 1181 parle pape Lucius III. D'après la tradition, le village s'étendait autrefois du côté de la colline de Castelletto. Ascona suivit les mêmes destinées politiques que Locarno jusqu'à l'érection du canton du Tessin. En 1497, il est mentionné, avec Locarno et plusieurs autres localités, dans la liste des terres du comté d'Angera, mais cette dépendance ne dura pas longtemps. Dès le moyen âge, il formait avec Ronco sur Ascona une communitan ou territorium avec des biens communs (la pieve de Locarno était divisée en territoria ou communautés1). En 1368. Ascona, Ronco et Castelletto se donnaient des statuts particuliers. Vers la même époque, le premier de ces villages était le siège de la Cour de justice. Des familles nobles entre autres les Duni, l'évoque de Côme et l'église locale de Saint-Pierre jouissaient de droits féodaux à Ascona, relevant pour la plupart de l'empire. Le village avait droit de marché, conféré le 22 avril 1428 par Philippe- Marie Visconti et confirmé en 1720 par les Suisses. D'après les statuts généraux de 1365, Ascona avait 3 représentants dans le Conseil de la pieve ; sous la domination suisse, il n'en eut plus que 2, alternativement tous les deux ans avec Ronco. Vers 1540, il nommait aussi deux membres du collège des famlterii, sorte de Commission fiscale de 14 à 15 membres qui fixait pour toute la pieve la quote-part d'impôt à payer par chaque commune L'école d'Ascona existait déjà en 1512, ses maîtres venaient quelquefois de loin et elle recrutait des élèves jusqu'à Milan. Le 10 novembre 1798, les troupes françaises de Lecourbe occupèrent Ascona, mais elles durent céder la place aux Austro-Russes au mois de mai de l'année suivante. A l'arrivée des impériaux dans le Tessin, tandis que les anciens bailliages tessinois renversaient les organes de la République Helvétique et proclamaient des gouvernements provisoires, Ascona se donna une régence et un tribunal autonomes qui subsistèrent jusqu'à la fin de l'occupation des impériaux. La paroisse d'Ascona existait déjà en 1332 ; primitivement le village dépendait de Locarno, mais on ne sait quand il s'en est séparé. Les curés étaient au nombre de trois ; dès 1894, il n'y en a plus qu'un avec le titre d'archiprètre. Le 2 juillet 1709, Ascona devint une paroisse prévôtale. Il est le chef-lieu du décanat du même nom, qui remonte probablement à saint Charles Borromée.
Le village eut à souffrir de nombreuses inondations, entre autres en 1177, 1566, 1570, 1640. 1705, 1868. Suivant Rahn, il existait autrefois près du hameau de Moscia une carrière de marbre d'où, en 1639, on extraya les cinq paires de belles colonnes qui séparent les trois nefs de l'église de San Francescode Locarno. Au début du XIXe s., Ascona était une station de douane et exerçait, malgré la loi du 22 novembre 1803, sur les péages et pontonnages, une régale du poids, sorte de droit d'en-
trée surtout sur le fromage, les graisses et le beurre. ; — Personnages marquants. Nous citerons : les Abondio, Giovanni Serodino, Délia Gaia, Gaetano Matteo et Paolo Antonio Pisoni, Pier Francesco Pancaldi-Mo!a, tous artistes; le bienheureux Pietro Berno, les Caglioni, Raffaele Pancaldi, etc. — Population : en 1591, environ 1000 hab. ; 1801, 772 ; 1900, 942 ; 1910. 1153. - Edifices remarquables : le palais Serodino, aujourd'hui Borrani, dont la façade fut bâtie et décorée parle célèbre
La maison Borrani à Ascona, construite de photographie.
1595 à 1633. D'après une
artiste Giovanni Serodino : la maison de ville qui est l'ancien palais Bartolomeo Papio.
Les châteaux. Ils étaient au nombre de quatre : San Michèle. Il s'élevait à l'Occident du bourg, sur un rocher dominant le lac, et, d'après la tradition, remonterait à l'époque gauloise; il aurait été achevé par les Lombards En 1186, l'évèque de Côme, Anselmo dei Raimondi, en investissait Pietro Duni ; le château resta dès lors dans cette famille dont il porta le nom. En 1518, il fut démantelé par les Suisses, qui laissèrent subsister une partie des tours ; actuellement quelques rares vestiges du château sont encore visibles, entre autres une grande muraille soutenant un terreplein. Le château des Griiioni s'élevait à l'Est du village et aurait été édifié vers 1250 par la famille Griiioni. Le dernier propriétaire de cette famille fut Giovanni-Antonio Griiioni. D'après Rahn, le château se composait de trois édifices rectangulaires égaux ; au XV!!!"" s., il en subsistait encore une bonne partie, entre autres deux des quadrilataires, une partie des fossés et la porte d'entrée Nord. La Tour