‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 2)Chapitre 258 sur 329 · AUBERT · texte numérisé non relu

AUBERT

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de Jean à la bourgeoisie en 1493. Armoiries : de sable à la colonne d'or surmontée d'une flamme ut accompagnée de trois étoiles mal ordonnées, deux d'argent et une d'or. — 1. HENRI, fils de Jean, du Conseil des Deux-Cents en 1536, conseiller 1537 et de 1542 à 1556, syndic 1549, 1555, 15G3, 1567 et 1571. — 2. Jean. Bis du n° 1, du Conseil des Deux-Cents 1560, auditeur 1562 et 1573, procureur général 1568, conseiller 1588. Il commandait la garnison genevoise du fort de Bonne lors de la reprise par les Savoyards en 1589; blessé, il parvint à s'enfuir mais mourut peu de temps après. — 3. Pierre, fils du n° 2, f 1636. Imprimeur dès 1598. il fut nommé imprimeur de la république en 1626; du Conseil des Deux-Cents en 1613. — Voir Galifîe : Not. Gen. I, 137-139 — Arch. d'Etat Genève.

II. Les Aubert, originaires du Chenit et du Lieu, vallée de Joux, venus à Genève aux XVIe et XIXe s. — 1. Laurent-Marcel, * 1836, du Grand Conseil 1876- 1878 ut 1880-1884, maire de Chêne-Bougeries 1882- 1885. — 2. Emile-Auguste, * 1839, imprimeur à Genève et auteur de : Lignée généalogique de Guillaume Aubert. — Voir Aubert-Schuchardt : Lignée généalogique de Moïse Aubert. [Th.- F.] .

III. Les Aubert, de Crest en Dauphiné. Famille de robe connue à Crest dès le XVIe s. L'ancêtre auquel remonte la filiation ininterrompue en est Vincent I (* avant 1530, t vers 1604), qui habitait Manas près Crest. Une partie de la famille embrassa la Réforme. Des branches se répandirent à Londres, Turin, Genève,

etc. Armoiries : d'or à trois têtes de limiers (alias chiens braques) de sable, arrachées de gueules A des branches actuellement éteintes se rattachent Pierre II et Jean Louis. — 1. Pierre II, * à Genève le 29 juillet 1715, t à Genève le 9 avril 1784, négociant en cette ville puis à Gênes, membre du Conseil des Deux-Cents (1752-1753 et 1771-1784) et Secrétaire de la Chambre des comptes (1760-1769) à Genève. — 2. Jean-Louis, l'un de ses fils, * à Genève le 20 juin 1756, banquier et membre du Conseil des Deux-Cents. — 3. Jacques II, arrière-petit-fils de Vincent Ier, *

à Crest en 1677, réfugié pour cause de religion à Genève vers 1699-1700, reçu bourgeois le 4 décembre 1708, f à Genève le 26 octobre 1743, est l'ancêtre commun des deux branches genevoises qui représentent actuellement la famille Aubert issue de Vincent Ier. — 4. Guillaume-Louis, petit-fils du n° 3, * à Turin le 5 octobre 1759, t à Genève le 8 juillet 1847.

Banquier à Turin puis à Genève, il fît partie du Bureau des finances en l'an VI, après l'annexion de Genève. Il devint membre, et président (30 mai 1799), de l'administration municipale de Genève II fut du nombre des négociants ou banquiers appelés à seconder l'administration préfectorale et fit partie du Tribunal de commerce et du Conseil Représentatif, dès la Restauration de la république ; membre du Consistoire. — 5. Antoine, dit Tonin, frère du n°4. * à Turin le 11 juin 17"i2, f à Genève le 15 décembre 1820, docteur en médecine à Gôttingue en 1797. Agrégé à la Faculté de Genève en 1799, il se rendit la même année à Paris, et s'intéressa à la découverte de la vaccine. Traduisit en français l'ouvrage de Woodville (Rapport sur le cow-pox... 1799). Il entra ensuite comme élève à l'hospice des varioleuxde Londres, sous la direction du Dr. Woodville, et rédigea en l'an IX (1800) un Rapport sur la vaccine... Rentré à Genève, il se voua

1»' Aubert, d'après une miniature de M»« Rath, 1804.

Louis Aubert. colonel fédéral.

(Collection Maillartj.

spécialement à la pratique des maladies mentales, et lut nommé en 1808 médecin des aliénés. Fut médecin de l'impératrice Joséphine et de la reine Hortense. — 6. Jean-JLoiris-Hippolyte, neveu du n° 4. * à Turin

le 15 octobre 1813, t à Genève le 11 novembre 1888, fit une belle carrière militaire. Collaborateur du général Dufour dans l'œuvre de réorganisation de l'Ecole Centrale de Thoune et de l'arme du génie. Capitaine et instructeur du génie en 1842, il donne sa démission de major lors du Sonderbund. Rentré dans l'armée en 1855 avec le grade de lieutenant -colonel. il passe colonel et inspecli'ur du génie en 1858.

Lors de la campagne du Rhin, 1856, il dirigeait le bureau d'état-major du génie installé à Zurich. En 1860, chargé par le Conseil fédéral d'étudier les routes militaires des Alpes dans la Suisse centrale, il dirigea la construction des routes de l'Axenstrasse, de la Furca et de l'Oberalp. Il dirigea le rassemblement de troupes de 1861. Nommé commandant de la 9e division en 1866, puis de la 3e en 1870, il participa à l'occupation des frontières de 1870-1871. Colonel divisionnaire en 1875. prit sa retraite l'année suivante. Aubert, qui avait fait un doctorat en mathématiques, est l'auteur de Leçons sur le calcul des probabilités et ses principales applications (1839). Il fut appelé vers 1848 à occuper la chaire de mathématiques du gymnase libre (Institution d'enseignement littéraire et scientifique). Vers la même époque, il fonda une institution préparatoire pour l'Ecole centrale des Arts et Manufactures de Paris, qui acquit une réputation européenne. En 1852, il devint administrateur, et en 1856 directeur de la compagnie de chemins de fer \'Ouest-Suisse, plus tard Suisse-Occidentale. Démissionnaire en 1872, il passe l'année suivante administrateurdélégué de la compagnie d'assurances La Genevoise, dont il fut président du conseil d'administration de 1880 à sa mort. En 1862, le duc d'Aumale, Henri d'Orléans, lui avait confié l'éducation militaire de son fils aîné Louis. — 7. Antoine-EDOUARD, arrière-petit-fils du n°3, * à Marseille le 10 septembre 1820, f au Petit-Saconnex (Genève) le 15 août 1877, avocat, juge à la Cour dès 1864, puis président de la Cour de Justice 1875 à 1876 ; de 1858 à 1860 et de 1862 à 1872 député au Grand Conseil qu'il présida en 1865 et 1868 Membre du Consistoire (1855-1859). Présida le Comité d'organisation du cinquantenaire, projeté d'abord pour 1864, de l'entrée de Genève dans la Confédération ; administrateur de plusieurs sociétés financières. Au Grand Conseil, il appartenait à l'opposition libérale et soutint la cause d'une politiquemodérée; il combattit les méthodes financières du régime fazyste, et fut un des premiers partisans de la représentation proportionnelle. Membre de la Commission de la Constituante de 1862. Parmi ses fils, n°s 8 à 10. — 8. CHARLES-Hippolvte, * le '28 janvier 1848 f le 12 novembre 1910, avocat à Genève 1872- 1892, juge au tribunal de première instance 1892-1900, puis juge d'instruction 1900-1910. Membre du Consistoire etc. Activité artistique et philanthropique. — 9. ALFRED-AIbert, * 24 avril 1855, t 31 août 1891. L'un des architectes de la nouvelle Sorbonne, etc. — 10. Hip- POLVTE-Victor, * le 31 mai 1865, archiviste-paléographe à Paris, directeur de la Bibliothèque de Genève 1900- 1906, auteur de travaux et publications historiques (descriptions de manuscrits, études sur la réforme calvinienne etc.). — 11. FERNAND-Jean, fils dun°8, * 30 août 1879. Bibliothécaire à la Bibliothèque de Genève. Parmi ses travaux en collab. avec le Dr Charles Julliard : Catalogue des ouvrages... publ- par les prof, et priv.-doc.

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AUBONNE

de l'Unie, de Genève... 1896 à 1907. — 12. Henri-LouIs, fils du n° 6, * 1849, agent de change (1876-1902), administrateur, puis directeur ( 902-1913) de La Genevoise ; membre du consistoire etc. Parmi ses fils n,,s 13 et 14: — 13. Louis-Henri-Gustave, *le 10 janvier 1877, médecin-chirurgien à Genève. Publications médicales, dont la traduction de la 6e éd du Précis d'opérations obstétricales, d'A. Dôderlein. — 14. THÉODORE-William, * le 8 septembre 1878, avocat à Genève. Délégué du gouvernement suisse en France, 1917-1918, et par le comité international de la Croix-Rouge à Berlin en 1918, dans les régions dévastées en 1919, et à Paris en 1919 pour visiter les prisonniers et internés. — Bibliographie: AGS IV. — Notes sur la famille Aubert de Genève, originaire de Crest en Dauphiné (par Hippolyte-V.Aubert). — F. Barbey : Félix Desportes. — Ed. Jacky : L'occupation des frontières suisses en 1870-187 1 . — Galiffe : L'occupation des frontières... 1870-1871. [F. A.]

AUBERY, Claude, originaire de Triancourt en Champagne, étudia dès 1563 à Genève et à Bâle. En 1576, il fut nommé professor artium à l'Académie de Lausanne. Il y défendit avec ardeur la philosophie d'Aristote et publia un Organon en 1584. Son livre, De Fide cathotica, qui parut en 1587, fit scandale dans les milieux protestants; il y cherchait, par le moyen de sa doctrine de la justice inhérente, un compromis entre les deux religions catholique et protestante. Cet ouvrage fut condamné par le colloque de Berne en 1588, et son auteur dut se rétracter. L'albérianisme recrutant néanmoins de nombreux adhérents dans la Suisse romande, Aubery rentra en France en 1593 et retourna dans le giron du catholicisme. Il semble être mort à Dijon en 1594. — Voir France protestante, 2e éd. — A. Bernus : Antoine de Chandieu. — Heubi : L'Académie de Lausanne. r [t W. Heubi.]

AUBIGNÉ, d\ Famille éteinte de réfugiés français établie dans la Suisse romande dès le XVIIe s.

Armoiries : de gueules au lion d'hermine, armé, lampassé et couronné d'or. La descendance de Nathan porte la barre brochant sur le tout. — 1 . Théodore- Agrippa, célèbre homme de guerre, écrivain, maréchal de camp des armées d'Henri IV, * le 8 février 1552 près de Pons en Saintonge, t le 29 avril 1630 à Genève. Compagnon de luttes d'Henri IV, il entra dans l'opposition dès l'abjuration de ce monarque et s'établit en septembre 1620 à Genève, où il avait déjà passé deux ans à l'âge d'écolier. D'Aubignémit ses talents au service de cette ville et fit ajouter de nouvelles fortifications du côté de Saint-Victor et de Saint-Jean. Il avait formé le projet de «faire des cités helvétiques un camp protestant au service d'une fédération des puissances réformées ». Berne l'appela et le reçut avec de grands honneurs, Bâle le consulta à son tour et sur son avis construisit quatre nouveaux bastions. D'Aubigné acquit en 1620 la terre du Crest et sur l'emplacement de l'antique manoir des de Rovorée, il bâtit le château actuel. Là, il recevait l'élite de la société genevoise et l'on a comparé le Crest de ce temps à un Ferney protestant. D'Aubigné est l'auteur des Tragiques et d'une Histoire universelle, etc. Il fut inhumé dans le cloître de Saint- Pierre. — 2. Nathan, fils légitimé d'Agrippa, médecin, astrologue et géomètre, seigneur de la Fosse, * le 16 janvier 1601 à Nancray en Gâtinois, t le H avril 1669 à Genève. Il est la souche de la famille Merle D'Aubigné. — 3. Tite, fils du n° 2, * le 31 janvier 1634 à Genève, médecin de la princesse à Neuchâtel dès 1666;

Tht'-odore-Agrippa d Aubigné, d'après le portrait à la Bibliothèque publique de Genève.

bourgeois de cette ville en 1678, il y mourut en novembre 1688. — 4. Samuel, frère du n° 3, * à Genève en 1657, pasteur à Renan 1679-1695, puis à Bévillard, t à Renan en 1710. — Voir d'Aubigné : Vie à ses enfants. — S. Rocheblave : La vie d'un héros. — Galiffe : Not. gén. III. — Heyer : Théodore- A grippa d'Aubigné à Genève. — MDG XVII, 153-327. — Arch. d'Etat Genève. [A. Corbaz et E. K.]

AUBIN. Famille genevoise établie à Chêne dès le milieu du XVIIIe s. — 1. Napoléon, * 1813, t 1890, consul général de Suisse au Canada et journaliste ; il fonda en 1837 le Fantasque et collabora plus tard au Pays et au National, journaux canadiens. — 2. Louis, * 1837, f 1902, neveu du précédent, fut pasteur au Bullet, à Brenles et Chesalles (Vaud), puis à Avully (Genève) de 1875 à 1900. — Voir Arch. d'Etat Genève : Etat-civil. — JG 7 août 1890. [Th. F.]

AUBONNE. Bailliage du pays de Vaud à l'époque bernoise. Il fut constitué le 2 février 1701 à la suite du rachat de la baronnie d'Aubonne par le gouvernement bernois du dernier seigneur Henri du Queshe II comprenait le district actuel moins les villages d'Apples, Bérolles, Bière, Mollens, Saint-Georges, Saint-Oyens et Bougy-Villars ; en plus Burtigny, Chardonney, Etoy, Lavigny et Yens. — Voir DHV. [M. R.]

AUBONNE (C. Vaud). Décanat du diocèse de Genève, comprenant toute la partie occidentale du canton de Vaud, dès l'Aubonne, la rive droite du Rhône au canton de Genève et le Pays de Gex. En 1444, le siège du doyenné fut transféré d'Aubonne à Gex.

— Voir Regeste genevois. — Reymond : Dignitaires.

— DHV. [M. R.] AUBONNE (C. Vaud) District constitué en 1803

et formé de 17 communes réparties dans les trois cercles d'Aubonne, Gimel et Ballens. Voir DHV et DGS. [M. R.] AUBONNE (C. Vaud, D. Aubonne. V. DGS). Armoiries : parti de gueules et d'or. On y a trouvé un tombeau de l'époque de Hallstatt, des vestiges romains et des tombes burgondes. La ville actuelle paraît avoir été édifiée au XIe et au XIIe s. par les seigneurs d'Aubonne à l'ombre de leur château. Ils y attirèrent notamment les habitants des deux localités voisines de Trévelin et de Bougy-Saint-Martin qui furent désertées à tel point qu'il ne restait plus que trois familles dans cette dernière paroisse en 1276. Les seigneurs d'Aubonne donnèrent au nouveau bourg des franchises importantes en avril 1234. Dès le XIVe s., la ville fut administrée par deux syndics ou gouverneurs et par un conseil qui finit par être .fixé à 12 membres. En 1476, les gens d'Aubonne prirent le parti des Suisses par le fait qu'ils étaient sujets du comte de Gruyère allié des Confédérés. Pour ce motif, ces derniers les épargnèrent dans leurs incursions au Pays de Vaud. L'histoire de la ville se confond au surplus avec celle de ses seigneurs. Aubonne avait été construit sur le territoire de la paroisse de Trévelin. L'église de Trévelin, dédiée à Notre-Dame, quoique désertée par les voisins immédiats, resta cependant le centre paroissial d'Aubonne ; elle fut démolie en 1577. L'église de Saint-Etienne, construite au XIIIe s. près du château, sert maintenant encore d'église paroissiale. Elle est de style gothique avec des stalles du XIVe s. et des restes intéressants de chapelles latérales dédiées à Sainte-Catherine et à Saint-François (celle-ci fondée par les Bégoz). Aubonne avait en outre un vieil hôpital fondé avant 1225 et un hôpital du Saint- Esprit fondé en 1314 par le curé Jaques Marchand et administré par la ville Cet hôpital fut reconstruit en 160U. Les habitants d'Aubonne accueillirent avec joie la révolution et on brûla solennellement en 1802 les titres féodaux. Les monuments principaux d'Aubonne sont : le château formé de deux corps de bâtiments qui furent plus tard réunis. Le seigneur habitait le côté du lac, le coseigneur la partie antérieure. Au XVIIe s., Tavernier, puis du Quesne, transformèrent l'intérieur de l'édifice. Tavernier fit construire la grande tour actuelle qui a 23 mètres de circonférence. Le château appartient de-

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puis 1835 à la ville ; il abrite les écoles, le musée, le tribunal et les prisons. Depuis la Réforme, Aubonne a eu un pasteur et un diacre. Une chapelle libre a été construite en 1862. Le culte catholique est célébré depuis

Le château d'Aubonne vers ÎKM). D'après une lithographie de J.-F. Wagner.

1918 dans une salle privée. Aubonne avait une Société des Arquebusiers datant de 1550, une Société des Arbalétriers de 1575. Elles ont été réunies en 1838 en une Abbaye des amis d'Aubonne La ville a deux journaux : le Journal d'Aubonne et le Jura vaudois. Aubonne est la patrie de L Bégoz, membre du Directoire Helvétique, du colonel Bégoz, des généraux Béricod et de Mestral d'Aruffens. Les registres de baptêmes et de mariages datent de 1629 et ceux de décès de 1712; les registres de baptêmes de la paroisse allemande datent de 1711. — Voir DHV. — Du Quesne : Aubonne à travers les âges. — Echo vaudois 1919. [M. R]

AUBONNE (L') (C. Vaud, D. Aubonne. V. DGS). Rivière descendant des environs de Bière au lac. Citée au Xe s. sous le nom d'Albinna (Albuna). Sous la domination romaine, elle sépara la Civitas Equestris de la Civitas Helvetiorum; ensuite le comté des Equestres de celui de Vaud et enfin le diocèse de Genève de celui de Lausanne. En 1365, l'empereur Charles IV concéda à Guillaume de Grandson seigneur d'Aubonne, le droit de construire (ou plus exactement de reconstruire) un pont sur l'Aubonne près d'Allaman, sur la grande route, et d'y percevoir un péage. Cette taxe étant extrêmement gênante, l'empereur en dispensa en 1386 tous les sujets de l'évêque de Lausanne et plusieurs seigneurs du pays de Vaud rachetèrent l'imposition pesant sur leurs sujets. Cette exemption fut reconnue plus tard par le gouvernement bernois et étendue par eux aux ressortissants des bonnes villes du pays de Vaud. Ce pont porta aussi le nom de pont d'Allaman et de pont de Genève. — Voir DHV. (M. R.]

AUBONNE (SEIGNEURS d'). Les premiers seigneurs d'Aubonne apparaissent en 1001 au plaid d'Eysins, dans l'entourage du roide Bourgogne RodolphelII. Ce sont Turimbert et Dodon, frères. Humbert, qui vivait au milieu du XIIe s., fut un des bienfaiteurs des couvents de la région, mais il était en même temps en guerre avec l'évêque de Lausanne saint Amédée, auquel il avait enlevé le village de Saint-Livres. Guerry, chevalier, 1177-1261, donna aux bourgeois leurs franchises en 1234 et vendit en 1259 et 1261 sa part de la seigneurie — la plus importante — à Pierre de Savoie. Il demeura dans la région et sa branche s'éteignit aveci;es petits-enfants. Il avait deux frères, Pierre-Puthod, dont les enfants et les petits-fils conservèrent des droits à la seigneurie, et Jaques, qui fut la souche d'une lignée de coseigneurs d'Aubonne, laquelle s'éteignit en 1458 avec Marguerite dont les Menthon héritèrent. D'Humbert Ier, que nous avons mentionné, descend une autre branche qui se fixa à Lausanne, elle donna des magistrats et des chanoines et s'éteignit avec le XIVe s. Pierre de Savoie légua Aubonne à sa femme Agnès de

Faucigny de laquelle hérita en 1271 sa sœur Béatrix d'ÏIumbert, sire de Thoire et Villars. Aubonne passa ensuite par alliance à Guillaume Alleman de \ albonnais en 1314 el en 1357 à Guillaume de la Baulmes qui mourut en 1362. Le comte de Savoie inféoda en 1364 la seigneurie d'Aubonne à Guillaume de Grandson, seigneur de Sainte-Croix, dont le fils Othon épousa l'une des héritières des Alleman. Othon ayant péri dans son fameux duel avec Jean d'Estavayer, sa veuve céda ses droits au comte de Savoie. Mais son neveu, le comte Antoine de Gruyère, revendiqua la seigneurie et finit par l'emporter en 1425. Le comte Michel parvint à conserver Aubonne en 1536 en admettant la suppression du culte catholique sur ses terres, mais ses biens furent saisis en 1553 Ils furent achetés par François de Lettes, ex-évêque de Montauban, qui fut convaincu en 1583 de haute trahison et vit ses biens confisqués. La terre d'Aubonne passa ensuite par des ventes successives à Guillaume Yillermin de Montricher (1586), à J H. Lochmann (1586) ainsi qu'à François Yillain (1592), à Théodore Mayerne (1620), à Jean-Baptiste Tavernier (1670), à Henri du Quesne, fils de l'amiral Abraham du Quesne, qui la vendit enfin au gouvernement bernois le 1er février 1701. Quant à la coseigneurie d'Aubonne, que Marguerite, fille d'Antoine, avait léguée à son cousin Henri de Menthon, bailli de Vaud, elle échut au fils cadet de ce dernier, Jean, seigneur de Dusilly et vidomne de Morges, dont les descendants possédèrent les droits jusqu'en 1579, date à laquelle Prosper de Menthon et son oncle Jaques en furent privés pour avoir refusé de rendre hommage au baron d'Aubonne, François de Lettes. Celui-ci réunit ainsi les deux parties de la seigneurie. — Armoiries : les sires d'Aubonne portaient un croissant accompagné de trois ('toiles. 2 et 1 ; les co-seigneurs : de gueules à deux pals d'azur, au chef d'or chargé d'un lion issant de sable ; les citoyens de Lausanne: d'azar à trois pals alézés d'argent, celui du milieu en bande. — Voir DHV. — de Charrière : Les dynastes d'Aubonne. — Sceaux des seigneurs d'Aubonne, AHS 1920, 5. [M. R.]

AUBORANGES (C. Fribourg, D. Glane. V. DGS). Com. et vge. Anciennes formes du nom : Alburengens, Alburenges, Arborenges, Alborengis, Alborengins, Arboreinges, Auborenges, Aulbrenges, Borenges, forme primitive Albhar-inges dérivant d'un nom propre germanique Alb-hari (Alb = dêmon, elfe, /iarz = Herr, seigneur; comparer Albe-rîch) . Le 21 juillet 1317, Louis de Savoie céda à l'abbaye de Saint-Maurice tous ses droits à Auboranges, ne retenant pour lui que le dernier supplice des condamnés à mort, contre les droits que celle-ci possédait à Vuadens. Le gouvernement de Fribourg succéda au duc de Savoie dans ses droits de suzeraineté sur Auboranges et réclama des abbés de Saint-Maurice, qu'il considérait comme des vassaux, prestation d'hommage. Cette cérémonie ne se faisait pas toujours sans difficulté. En 1649, l'abbé Odet, et en 1655, l'abbé de Quartery, refusèrent de prêter hommage-lige. Les deux prélats voulurent de plus annuler l'échange fait en 1317 et recouvrer Vuadens ; ils avancèrent que le contrat n'avait pas été libre, que les religieux y avaient été obligés par des menaces et que le Pape ne l'avait jamais ratifié. Le monastère protestait aussi contre une redevance en blé exigée par les Fribourgeois depuis 1566 et faisait remarquer qu'Auboranges était un fief franc, donné en échange par le prince sans condition aucune. Le gouvernement dut céder sur ce dernier point et renoncer au cens perçu jusqu'alors. Auboranges fit partie de la paroisse de Chàtilliens jusqu'àla Réforme; il en fut détaché alors, et réuni à celle de Promasens. Au XVIIe s. cependant, les paroissiens d'Auboranges devaient encore contribuer au traitement du pasteur réformé de Chàtilliens. — Voir Kuenlin : Dictionnaire du Canton de Fribourg. — Dellion : Dictionnaire des paroisses, IX, p. 276-278. — Ch. Pasche : La contrée d'Oron. — Jaccard : Essai de toponymie. — Stadelmann : Etudes de toponymie romande. ASHFVII, p. 302. [J. Niquille.]

AUBORT. Famille vaudoise mentionnée aux Planches (Montreux) dès le XVe s. Elle a donné autrefois

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