‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 2)Chapitre 259 sur 329 · AUDIENCES · texte numérisé non relu

AUDIENCES

des châtelains, des notaires, des juges, des conseillers, puis des professeurs et des commerçants. [M. R.]

AUBRY. Très ancienne famille des Franches-Montagnes (Jura bernois) qui a donné des hommes marquants dans la magistrature, l'armée et le clergé. Nom dérivé d'un prénom germanique: Albe-rîch = seigneur des elfes. — 1. Pi erre, surnommé le grand curé, *en 1598, t en février 1636, fut le premier curé résidant à Montfaucon; il avait fait ses études à Porrentruy. — 2. Augustin. * à Montfaucon en 1741, entra au service de France en 1759. Lors de la visite du prince de Wangen aux Franches-Montagnes (1766), il fut un des trois cavaliers auxquels échut l'honneur d'accompagner cet hôte illustre. Lieutenant en 1767, il fut tué à Merosaglia en Corse en 1769 lorsque les Français s'emparèrent de cette île.

— 3. Etienne-Justin, * en 1801, fit ses études au collège Saint-Michel à Fribourg, puis à Rome où il obtient les grades de Dr en philosophie et en théologie; nommé curé aux Bois, il y bâtit la belle église actuelle; de 1833 à 1835, il professe au séminaire de Porrentruy, revient en 1836 dans sa première paroisse où il meurt en 1853

— 4. Pierre- Ignace, * le 16 décembre 1796 au Praissalet, Com. du Bémont( Franches-Montagnes), fà Saignelégier le 10 avril 1878. Etudia à Soleure, à Berne et à Vienne, fut précepteur en Pologne. Rentré au pays il fut tour à tour maire de Saignelégier, député à la Constituante de 1830, juge à la Cour d'appel du canton de Berne, membre du conseil d'Etat et député au Conseil national. Il négocia avec l'ancien landammann Blôsch et le landammann Nâf de Saint-Gall, député de la Diète, le rachat des corps-francs prisonniers à Lucerne. Il se retira à Saignelégier en 1850, où il s'occupa d'affaires juridiques comme procureur en droit, prit part à la fondation de la Caisse d'épargne et de l'orphelinat du district. — Voir SBB IV. p. 611. [E. K. et G. A ]

AUDANGER. Famille neuchâteloise. Voir Guy d'Audanger.

AUOEMARS, HODMAR, ORDEMARS. Famille vaudoise de la vallée de Joux. Nom dérivé du prénom germanique Audamari = Otmar (aud = riche, mari = célèbre). Armoiries : parti d'azur à une colombe et trois étoiles d'argent, et d'argent à une tour de... sur un mont de sinople. — ■ 1. Jacob, figure en 1609 parmi les chefs de famille qui ont contribué à la construction de l'église du Chenit. Dans la seconde moitié du siècle, le chef de cette famille paraît être un Pierre Ordemar, dont les enfants Pierre, Joseph et David sont appelés de 1699 à 1710 Hodmar et Ordemars. L'orthographe Odemars apparaît en 1711, celle Audemars au milieu du XVIIIe s. — 2. Louis-Benjamin, 1781-1833, réforma la construction mécanique des montres dans la vallée de Joux et fonda en 1811 la maison Ls Audemars, au Brassus, qui a introduit à La Vallée la fabrication complète de la montre. — 3. Louis, * en 1815. f à Lausanne en 1906, consacré en 1838, pasteur de l'église suisse de Londres 1839-1846, puis à Lausanne 1848-1891. Adhérent convaincu et militant du christianisme libéral, il collabora à l'alliance libérale de Genève., [M. R., G.-A. B., et H. Vr.]

AUDÉOUD. Famille originaire de Saint-Laurent du Cros en Champsaur (Dauphiné), dont deux membres, Pierre-Frédéric et son frère Charles vinrent en Suisse en 1685 à la révocation de l'Édit de Nantes. Ils séjournèrent d'abord à Lausanne, à Moudon puis à Payerne, dont ils furent bourgeois le 12 mars 1701. — Armoiries : d'azur à l'ancre d'or flanquée de deux besants du même. — 1. Pierre- Frédéric, * 1664 à Saint-Bonnet, devint bourgeois de Cudrefiu le 22 mars 1701, puis bourgeois de Genève If. 13 lévrier 1704. — 2. Michel, * à Genève le 3 décembre 1743, membre du Conseil des Deux-Cents 1782-1784, auditeur dès 1785. Agent de change puis banquier et ami quelque temps de Necker, il passa pour avoir été l'inventeur du système des billets solidaires qui causèrent tant de ruines à Genève à la suite de la baisse des assignats En 1788, étant auditeur, il obtint du gouvernement l'expulsion d'une actrice, M"e Dulac, qui avait une

liaison avec son fils, et devint ainsi la cause des troubles de cette année-là au théâtre, qui furent le prélude de la révolution de 1792. Condamné à mort par le tribunal révolutionnaire, il fut exécuté le 9 août 1794. — 3.'Louis, fils du n° 2, * 1771. Il s'établit en France, retourna au catholicisme, et fit une carrière comme inspecteur général des contributions indirectes dans le Département du Gers et à Strasbourg. — 4. Théodore, frère du n° 3, * 1779, fut successivement officier de l'état-major du comte d'Artois, membre du Conseil de préfecture du Bas-Rhin et employé à diverses missions par les princes émigrés jusqu'au moment où il fut arrêté et détenu au Temple, à Paris, puis déporté en Hollande par ordre de Bonaparte. — 5. Jean-François, plus connu sous le nom de James, * à Genève le 3 octobre 1793, f le 12 mars 1857, peintre sur émail. Il est l'auteur d'un Traité de la peinture sur émail qui ne fut pas publié parce qu'il contenait une description détaillée des procédés de l'émaillerie genevoise. Il s'occupa longtemps de l'administration du Musée Rath, des expositions et concours de peinture, présida la classe des Beaux-Arts de la Société des Arts, et passe pour avoir exercé une certaine influence sur le mouvement artistique de son époque. — 6. Théodore, * le 25 février 1824, f le 18 février 1892, avocat de 1847 à 1857, puis notaire. Il fut l'exécuteur testamentaire du prince Napoléon. On lui doit un certain nombre de brochures sur des questions morales, politiques ou religieuses, entre autres la liberté de conscience et la séparation de l'Église et de l'État. — 7 Alfred, * le 16 août 1853, t le 1er novembre 1917. Après avoir fait des études de droit, il entra dans l'armée.

Lieutenant en 1876, il était chef d'état-major de la IIe division et instructeur en chef de la Ire en 1896. Trois ans plus tard, il succédait au colonel E. de la Rive comme directeur des Ecoles centrales de Thoune. En 1908, il devint commandant de la Irc division, puis de la IVe en 1912, et la même année, était placé à la tête du 1er corps d'armée. Dans la guerre russo-japonaise de 1904- 1905, il fut délégué pour

suivre les opérations de l'armée russe en Mandehourie. Audéoud fut également professeur à la section des sciences militaires de l'Ecole polytechnique fédérale. Il collabora à la Revue militaire suisse, publia Notre armée, et traduisit l'ouvrage de Feiss : L'Armée suisse. Le colonel Audéoud a laissé le souvenir d'un conducteur d'hommes, au caractère ferme et bienveillant, en même temps que d'un excellent tacticien et d'un grand professeur militaire. — Voir Galiffe : Not. gen. IV. — Cornuaud : Mémoires. — Thourel : Hist. de Genève. — H. Fazy : Genève, de 1788 à 1792. — SKL. — JG 23 février 1892-2 novembre 1917. — RMS 1917. fJ. Bouvier.]

AUDÉTAT. Famille originaire des Verrières (Suisse). Le30 juillet 1357, Louis, comte deNeuchâtel, affranchit de la taille plusieurs de ses sujets des Verrières, parmi lesquels « Éstevenin fil Perrin Audeta ». — Matile. [L. M.]

AUDIBERT, d'( Jean-Pierre, de Montpellier, réfugié à Vevey, * 1689, | 10 octobre 1763. Ingénieur distingué, travailla à l'établissement de forteresses au Piémont, devint lieutenant-général dans l'armée sarde en 1745. Se fixa en 1745 à Vevey, mourut à Renens, où il avait acquis des droits seigneuriaux. Voir de Mont et : Dictionnaire. |M. R.]

AUDIENCES, appelées aussi Plaits de mai, Grands Etats, Grands jours ou Trois Etals, ancien tribunal sou-

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