AVARAY
AVENCHES
collège Saint- Joseph à Locarno et aida beaucoup d'ecclésiastiques dans leurs études. — 3. Achille, * à Bombinasco en 1 843, t à Astano le 12 septembre 1890. Il fut élève de Don Bosco à Turin, de 18G9à 1877, directeurdel'école normale de Pollegio et de Locarno, puis professeur de belles-lettres italiennes et latines au lycée de Lugano jusqu'en 1889 Correspondant de revues italiennes, il publia entre autres Francesco Soave e la sua scuola, qui obtint en 1881 la médaille d'or de la Société pédagogique italienne. — 4. Joseph, fils du n° 2, * à Curio le 16 mars 1848, f le 15 mai 1896, avocat et notaire 1878, député au Grand Conseil 1891-1895, président de ce corps 1891, membre de la Constituante de 1891 . — Voir BStor. 1889, 1890, 1891. — Maspoli: La Pieve d'Agno. — Galli-Tamburini : Guida Malcantonese — Educatore 1890. — Dotta : ITirinesi... — Mondada: IID"> Pietro Avanzini di Curio.
— // Dovere, 1898 n° 41. [C. Trezzini.] AVARAY, Claude-Théophile de Béziade, marquis d'. Fut nommé en 1714 par Louis XIV comme ambassadeur et successeur de du Luc auprès des cantons suisses. La mort du roi, 1er septembre 1715, retarda son départ et après que le régent eut ratifié sa nomination, le nouvel ambassadeur arriva enfin à Soleure le 5 novembre 1716. Il y resta jusqu'au 30 octobre 1726 et fut remplacé en 1727 par le marquis de Bonnac. — Voir Saint-Simon : Mêm. VII, chap. XVI, XL chap. XXV, XIV, chap. II. — Dôrfliger : Franz. Politik in Solothurn zur Zeit des Schanzenbaues, p. 311. [H. D.]
AVEGNO (C. Tessin, D. Valle Maggia. V. DGS).Vge et Com. Anciennes formes : AveniUm, Vegnio, Avigno valis Madie. Au moyen âge les capitanei, ou nobles de Locarno, y jouissaient de droits féodaux, ainsi que l'évêque de Côme. Le 1er janvier 1284, Avegno et Tegna achetaient de la bourgeoisie de Locarno des terrains et des moulins dans le voisinage de Ponte Brolla. Au début du XVe s., le village devait une redevance annuelle au célèbre sanctuaire de la Madonna del Monte, audessus de Varese. En janvier 1412, Avegno fut une des communes qui prêtèrent serment de fidélité au capitaine savoyard Pierre de Chevron, après la descente des Suisses dans le val d'Ossola. En 1484, il envoya aussi des hommes à la défense des passages conduisant dans le val d'Ossola, contre une éventuelle incursion des gens de l'évêque de Sion descendus pour combattre les comtes d'Arona. Sous la domination suisse, Avegno nommait le chancelier du bailliage lorsque le bailli était désigné par Zoug ; il élisait à tour de rôle un des sept juges qui, dans le Val Maggia inférieur, devaient assister le bailli dans l'administration de la justice criminelle; il envoyait aussi trois députés au Conseil général de la vallée inférieure. En 1747 le village fut presque entièrement enseveli et détruit par l'inondation de la Maggia. Au spirituel, Avegno dépendit primitivement de Locarno, mais il dut s'en détacher assez tôt pour former une paroisse avec Gordevio. Ces deux villages se séparèrent à leur tour, mais en conservant un même curé jusqu'au milieu du XVIIe s., à cause de leur pauvreté et du peu de distance des deux églises. En 1333, l'évêque Benedetto degli Asinari octroya à Avegno et Gordevio le droit d'élire leur recteur. L'église existait déjà au XIIe s. D'abord à une seule nef à plafond de bois, on lui ajouta deux nefs latérales voûtées en 1591, et en 1857, on rehaussa la nef centrale et remplaça le plafond par une voûte. L'ancien édifice fut consacré le 27 novembre 1516 sous le patronage de Sant'Abondio, auquel on ajouta peu après celui de Saint-Luc. L'église renferme une croix de procession du XVe s. et un tabernacle à face et bas-reliefs en pierre, qui peut remonter, suivant Buetti, à l'époque de la construction de l'église primitive. Le clocher est daté de 1527 et fut rehaussé en 1852. La paroisse a encore deux chapelles : celle de la Trinité, construite en 1727, et Notre-Dame du Rosaire, bâtie dans la seconde moitié du XVIIe s. Population : 1591. env. 400 hab. ; 1801, 400 ; 1900, 322 ; 1910, 253.
— Voir BStor. 1880, 1885, 1886. 1911.— Monti :Atti...
— Buetti : Note storiche n-ligiose. — Weiss : Die tessin. Landvogteien. — Meyer : Die Capitanei von Locarno. — Meyer, dans Hist. militaire suisse III. — Pometta : Come il Ticino ... [C. Trezzini.]
AVENARIUS, Richard-Heinrich-Ludwig, allemand, * à Paris le 19 novembre 1843, f le 18 août 1896, professeur de philosophie inductive à l'Université de Zurich, de 1877 jusqu'à sa mort. — ADB XLVI. — Avenarische Chronik, édit. par Ludwig Avenarius 1912. [F. H.l
AVENCHES (-j.il. Wiflisburg) (C. Vaud, D. Avenches. V. DGS).
I. Période h«>lvète et romaine. Le nom Aventicum est celtique, dérivé de celui d'Aventia, probablement déesse protectrice d'une source. Le premier historien qui mentionne Aventicum est Tacite, dans son récit des événements de l'an 69 ap. J.-C. Strabon, qui emprunte la plupart de ses récits à Posidonius (f 51 av. J. C.) parle des Helvètes à plusieurs reprises, mais sans nommer leur chef-lieu. De même César. Comme Tacite qualifie Aventicum de genlis caput ou capitale de tribu, on peut être sûr qu'elle était du nombre des 18 villes que les Helvètes incendièrent lors de leur départ pour la Gaule et qu'ils furent obligés de reconstruire après leur retour. Nous savons en outre que Aventicum était la capitale des Tigorins, dont le pagus comprenait en tout cas les vallées de la Broyé et de l'Aar moyen et Aventicum en était la ville principale. Mais de la cité gauloise d'Aventicum, rien ne subsiste; on n'en connaît pas même la situation exacte. Le Musée d'Avenches possède en grande quantité des poteries de provenance locale aisément reconnaissables à leur couleur grisâtre ou noirâtre, dont quelques-unes remontent à l'époque de l'indépendance celtique. Le même Musée possède une pièce datant sans conteste de cette période et bien autrement rare; c'est le fameux coin monétaire qui se compose d'un disque de fer dans lequel est incrustée une rondelle de bronze. A Avenches même, on n'a pas retrouvé de monnaies frappées sur ce coin, mais il en existe ailleurs notamment à Zurich. Le revers présente un char attelé de «deux chevaux. Des premiers temps de l'Aventicum romain, il nous reste, outre de nombreuses monnaies, quelques inscriptions. La plus ancienne est certainement celle qui mentionne un esclave d'Auguste, collecteur des impôts. Avenches courut un grave danger au moment des troubles de l'an 69. Les Helvètes, ignorant la mort de Galba, lui restaient fidèles et refusaient de reconnaître Vitellius. Ils arrêtèrent des soldats qui portaient un message des légions de Germanie à celles de Pannonie; Cecina, le principal lieutenant de Vitellius, se vengea en pillant la ville florissante de Baden et, secouru par les Rhétiens, battit complètement les Helvètes, dont des milliers furent égorgés ou vendus comme esclaves. Le vainqueur marcha droit sur Aventicum qui capitula pour éviter les horreurs d'un assaut. Cecina se contenta de faire mettre à mort Julius Alpinus comme principal auteur de la révolte et abandonna la cité à la merci de Vitellius. Celui-ci se laissa fléchir par l'éloquence de Claudius Cossus, l'un des délégués d'Aventicum, et accorda à ses prières «le salut et l'impunité de sa ville». Avec l'avènement de T. Flavius Vespasianus, la situation d'Aventicum changera complètement : dorénavant elle ne sera plus une civitas pérégrine plus ou moins alliée ou sujette, elle deviendra une colonie. Le nouvel empereur avait de bonnes raisons pour porter un intérêt spécial à la cité des Helvètes ; son père y avait exercé la profession de banquier et y était mort ; lui-même doit y avoir passé une partie de son jeune âge ; il n'y est pas né, quand même on le répète souvent ; Suétone nous dit expressément que Vespasien naquit dans un petit bourg du pays Sabm et fut élevé chez son aïeule dans son domaine en Etrurie. Mais le futur souverain doit avoir vécu dans son enfance à Aventicum, car une modeste inscription trouvée dans les fouilles de l'association Pro Aventico. et qui ne peut se rapporter qu'à lui, mentionne les «éducatrices de notre Auguste». En raison de ses souvenirs, et sans doute aussi pour dédommager les Helvètes des souffrances que leur avaient infligées les troupes de Cecina, Vespasien donna à la civitas des Helvètes le rang de colonie Elle eut donc son organisation autonome comme les municipes et les colonies sur toute l'étendue de l'empire.
Institutions. L'autorité appartenait à Vordo decu-
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rionum, correspondant à peu près à ce que le Sénal était à Rome A la tdte de ce conseil fonctionnaient les duumviri, préposés à La direction de l'administration
et spécialement à la justice. Comme les inscriptions nous l'i m t connaître des personnages omnibus honoribut funcli il est évident que d'autres magistratures devaient mener au grade suprême du duumvirat. Mais quelles él aienl ces magistratures ? Contrairement à ce qui étail l'habitude, Aventicum n'eut pas d'édiles Leurs fond ions étaient remplies par le prafectus operum publicorum que mentionnent les inscriptions, lequel était inférieur en
\ r-i us (les plus hautes fonctions impériales, qui évidemment «lurent représenter les intérêts d'Aventicuui auprès du souverain. Le premier de ces illustres patrom fut, comme de juste, le fondateur de la colonie : Vespasien. La longue nomenclature qui désigne la colonie est caractéristique ; elle s'appelle officiellement Colonia pia Flavia constans emerila Helvetiorum fœderata ; Flavia puisqu'elle doil son élévation à Flavius Vespasianus ; pia constans à cause de sa fidélité envers Galba: rtnerila parce qu'elle reçut comme colons d'anciens soldats. Le dernier des noms, fœderata, est plus difficile à ex-
D'ORIEJYTATIOIV
Etabli en lOIÇ
par H Kissllng géomètre d'après leplanflu^ RossttdelOOS
Légende, .
Constructions romaines encore tnjtèïes Constructions romaines constatées, mais qui no sont plus iisiàUs
Plau d'Avenches d'après le Guide d'Eugène Secrétan (1919).
rang aux duumviri (iuri dicundo) et en revanche supérieur aux questeurs. Il est Vrai qu'aucun document ne mentionne ces derniers; mais il est plus que probable qu'ils n'ont pas fait défaut. Ces trois fonctions étaient donc les honneurs auxquels pouvaient aspirer ceux d'en tre les décurions qui présidaient à l'administration de la colonie. Les décurions étaient une sorte d'aristocratie régionale héréditaire qui se recrutait parmi les grands propriétaires. Au-dessous de ces «riches» nous voyons, comme intermédiaire entre eux et les « petites gens », les seviri Augustales, voués spécialement au culte des empereurs et souvent d'origine libertine. Une fois devenu colonie, la ville eut son flamen, son prêtre local, assisté de sa flaminica; auparavant, ce grand prêtred'Auguste portait simplement le titre de sacerdos. Mais il se peut que ces deux désignations, de même que celle de magister, aient été employées indifféremment. En outre, la colonie a eu, mais non pas d'une manière constante, des patrons. Ce titre était en général porté par de hauts dignitaires, ré-
pliquer; on s'accorde à y voir un souvenir de l'ancienne alliance imposée aux Helvètes après la victoire par César. Depuis qu'Aventicum est devenu colonie, il n'est plus fait mention des pagi, on ne trouve plus que des l'iri. Les habitants s'appellent Avcnticenses ou Helvetii. Ceux d'entre eux qui devinrent citoyens romains, après l'érection en colonie, furent inscrits dans la tribu Quirina qui était celle de Vespasien. C'est à son élévation au rang de colonie que la ville d'Aventicum dut d'avoir gardé son nom individuel au lieu de prendre celui du peuple dont elle était le chef-lieu. Si Aventicum n'était pas devenue colonie, elle aurait certainement pris le nom d'Helvètes ou d'Helvèces. Aventicum est-il devenu colonie romaine ou colonie latine ? Est-ce tout le territoire des Helvètes qui est devenu colonie ou seulement la ville d'Aventicum ? Ces deux problèmes sont connexes et ont été résolus de façon bien différentes si ce n'est contraires. Mommsen se prononce carrément pour la colonie latine comprenant tout le territoire des
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Helvètes ; Pomot, au contraire, après Kornemann. admet qu'Aventicum a été colonie romaine et restreint cette application à la ville seule. Charles Morel plaide pour la latinité de la colonie, mais ne l'applique qu'à la ville et non à tout le territoire. C'est aussi à peu près l'opinion de Holder qui admet le droit latin pour la ville seule d'Aventicum, laquelle devenant colonie, cessa de faire partie de la civilas. Pour nous, nous voyons les duumviri de la colonie exercer leurs fonctions en dehors d'Aventicum, c'est un duumvir de la colonie des Helvètes qui a dirigé les travaux du fameux tunnel de la Pierre Pertuis ; le nom du même Dunius Paternus se retrouve sur des tuiles à Niedergôsgen (entre Olten et Aarau). Puis nous voyons les vicani d'Yverdon, élever un monument en récompense de services rendus, à un duumvir de la colonie. Nous ne comprenons guère ce
nom de cohni désigne les nouveaux venus à Aventicum, celui d'inrolœ les anciens habitants; Mommsen identifie les deux catégories.
La Situation géographique d'Aventicum en fit une place importante à tous égards. Il était sur la grande voie militaire qui, venant d'Italie par le Grand Saint-Bernard, le bas Valais, Vevey, les collines audessus de la vallée de la Broyé, conduisait par Soleure à Vindonissa, ainsi qu'à Augst et de là descendait le Rhin ; deux routes partant de Genève, l'une par le pied du Jura, l'autre par le bord du Léman et Lousonium, la rejoignaient à Aventicum même. Une autre voie menait à Yverdon et franchissait le Jura pour aller chez les Séquanais à Vesontio, devenu également colonie. Les itinéraires et la table de Peutinger mentionnent quelques-unes de ces voies, mais pas toutes, dont les plus im-
Le théâtre romain d'Avenches. 1) après la photographie du Bulletin de l'Association pro Aventico (X)
que les magistrats d'Aventicum auraient eu à voir à Yverdon et à Pierre Pertuis si ces régions n'avaient pas fait partie de la colonie. D'autre part, nous rencontrons plusieurs fois des personnages qualifiés de Curatores civium Romanorum convenlus Helvelii. Si la colonie avait possédé le droit romain complet, il est difficile de comprendre pourquoi des citoyens romains, habitant son territoire, auraient eu besoin de curateurs spéciaux, alors que les magistrats de la colonie auraient certainement suffi. Il est à remarquer qu'aucun de ces curateurs n'est Helvète. Nous arrivons à conclure que tout le territoire des Helvètes formait la colonie et que celle-ci était de droit latin et non romain. Les magistrats sont naturellement citoyens romains, quand même ils n'ajoutent pas toujours à leurs noms la mention de leur tribu ; juristes et historiens sont d'accord pour dire qu'en pays de droit latin quiconque revêtait une magistrature devenait par le fait même citoyen romain. D'autres problèmes encore se posent. Que sont les curatores colonorum qui n'apparaissent qu'à Avenches ? D'après Jullian ces curateurs auraient été, non pas des magistrats municipaux, mais les anciens curateurs du groupe des citoyens Romains domiciliés à Aventicum et transformés en colons sous Vespasien. Enfin les incolœ et les coloni sont-ils identiques ? Et s'ils sont différents, en quoi consiste cette différence ? Ch. Morel admet que le
portantes étaient desservies par les postes impériales. Les communications par eau, c'est-à dire par un canal et par les lacs de Morat, de Neuchâtel et de Bienne ainsi que par l'Aar, avaient une importance considérable, si bien que les bateliers de la région étaient constitués en corporation puissante et avaient un centre de réunion, une schola, à eux au chef-lieu.
Depuis Vespasien jusqu'au milieu du IIIe s., Aventicum a joui d'une paix profonde et d'une longue prospérité. C'est certainement pendant cette période paisible que furent construits lesmouuments dont les restes subsistant aujourd'hui font d'Avenches la place la plus riche de toute la Suisse en antiquités romaines. Vers 260 les Alémannes réussirent une première fois à envahir le territoire romain; ils traversèrent le pays des Helvètes, pour se rendre en Italie, ravageant et détruisant tout sur leur passage, entre autres Aventicum. Il est intéressant de suivre le long retentissement de cette expédition dévastatrice dans les traditions locales. Le chroniqueur connu sous le nom de Frédegaire (vers 660) la rappelle, à moins qu'il ne la confonde avec la destruction finale et paraît, pour autant que son latin barbare et le texte corrompu soient compréhensibles, attribuer aux Alémannes comme chef le Wibilis duquel dériverait le nom allemand d'Avenches, Wiflisburg : Alamani vastatum Aventicum preventiore Wibili cui mo-
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mento et plurima parle Galliarum in Aelalia transierunt. Aventicum doit avoir cruellement souffert de cette première invasion barbare, car les monuments subsistant encore portent généralement les traces d'une destruction voulue. Cette destruction fut suivie d'une réparation qui a dû commencer déjà sous Dioclétien et continuer sous Constantin. Sous Dioclétien le territoire helvète fut réuni avec celui des Séquanais (Franche- Comté) et forma la province appelée d'abord Sequania puis Maxima Sequanorum, avec Vesontio comme cheflieu. Ainsi s'explique le fait qu'au moyen âge le diocèse épiscopal d'Avenches-Lausanne relevait de l'archevêché de Besançon. Le nom même des Helvètes disparaît alors. Sous Constantin et ses premiers successeurs, Aventicum dut, à juger d'après les nombreuses monnaies de cette époque, avoir joui d'un moment de nouvelle vie. Mais une seconde invasion, vers 354, vint mettre fin à cette renaissance éphémère. Pour la première fois, après une longue interruption, le nom d'Aventicum revient sous la plume d'un historien, Ammien Marcellin qui, vers 355, traversa notre pays : Aventicum, deserlam, quidem civilatem, sed non ignobilem quondam, ut œdificia semirtita nuncquoque demonstrant. Avec le Ve s. vient la débâcle définitive; les Alémannes, les Burgondes occupent tout le pays des Helvètes. C'est alors qu'Aventicum est détruit, consciencieusement et systématiquement, avec une fureur telle qu'il ne reste pas un seul monument entier au-dessus du sol et qu'il est rare qu'on trouve aujourd'hui un objet qui ne soit pas brisé. Les dernières monnaies romaines qui se trouvent à Avenches sont de Magnus Maxime, l'usurpateur d'Occident, de Théodose I et de son fils Arcadius. Il y a bien encore au Musée un triens d'or de Justinien; mais il n'est pas du grand Empereur d'Orient; c'est une de ces pièces que frappèrent les rois francs, alors qu'ils n'osaient pas encore mettre leur propre effigie sur leurs monnaies
Monuments, Il n'en reste plus que quatre au-dessus du sol : le mur d'enceinte, avec ses portes et ses tours ; le Cigognier. le Théâtre et l'Amphithéâtre.
Le mur d'enceinte. En transformant la cité des Helvètes en colonie, Vespasien a dû évidemment la fortifier. Le mur d'enceinte dont il la munit existe encore aujourd'hui sur presque tout son pourtour. Ce rempart forme un polygone irrégulier de 6 à 7 kilomètres de tour, englobant un espace dont la ville actuelle n'occupe qu'environ un dixième Le mur d'enceinte d'Aventicum est un des mieux conservés de toutes les Gaules, et offre de ce chef un intérêt tout particulier. Du côté de la plaine marécageuse, il est par places construit sur pilotis de chêne ; ailleurs il est fondé sur un épais lit de pierrailles. Son épaisseur devait être d'environ 3 mètres ; l'intérieur est un blocage consistant en pierres de toutes espèces et de toutes formes, noyées dans le fameux ciment, dont la réputation ne date pas d'aujourd'hui. Sur les deux faces, du côté de la ville comme à l'extérieur, on constate au contraire un parement des plus soignés, composé de moellons régulièrement taillés, sensiblement de même grandeur, et soigneusement jointoyés. Aujourd'hui l'épaisseur n'est plus guère que de 2 mètres. Sa hauteur primitive a été de 5.60 m. D'après M.Naef, archéologue cantonal, et M. Bosset, architecte à Payerne, on a dû le commencer un peu partout à la fois, jusqu'à ce qu'il eut atteint une certaine hauteur, la même sur toute la ligne. Puis on a repris de la même façon une seconde et une troisième fois C'est ce que montrent les couches horizontales qui se sont succédé, encore aujourd'hui différentes d'aspect et de matériaux Quant à l'époque de la construction, une découverte précieuse est venue donner un renseignement aussi précis qu'inattendu: dans les fondations d'une tour, entre la Tornallaz et la Porte de l'Est, on a trouvé une monnaie de bronze de Vespasien presque à fleur de coin. C'est donc, sinon sous le règne de cet empereur même, en tout cas sous celui d'un de ses successeurs immédiats, qu'a eu lieu la construction. Un chemin de ronde, auquel donnaient accès des escaliers de bois, régnait sur tout le parcours du mur. A l'extérieur, le rempart était couronné de puissants nierions taillés en retour d'équerre dans de gros blocs de grès et derrière lesquels les dé-
fenseun pouvaient s'abriter. Ces merlons étaient recouverts de dalles bombées. Les fortifications du bois de Châtel sont venues, probablement du temps de Dioclétien, compléter l'ensemble de la défense.
Les PORTES. Sur toute cette immense enceinte, on n'a pu reconnaître que peu de portes : une dans le village de Donatyre, une seconde un peu au Sud de l'entrée de la ville moderne, une ou peut-être deux dans la direction des marais ; les routes sortant de ces trois dernières étaient, suivant l'habitude romaine, bordées de sépultures. La porte la plus importante est celle de l'Est, appelée Porte des Combes ou simplement Porte de l'Est Si un assaillant avait réussi à forcer la herse ou la porte extérieure, il se trouvait engagé dans une sorte de cour circulaire fermée, mais non couverte, qui formait un véritable propugnaculum ; il pouvait y être pris comme dans un piège, criblé de projectiles lancés du haut des galeries qui entouraient cette cour. A droite et à gauche des larges voies, il y a des couloirs pour les piétons. En dehors de la porte, de chaque côté, s'élève une tour polygonale à l'extérieur, circulaire à l'intérieur, en fortes saillies sur le rempart. Selon M. ISaef ces deux tours, semblables à celles du palais de Dioclétien à Spalato, auraient été ajoutées à l'époque de cet empereur au plan primitif. Le long de la route aboutissant à cette porte, on a découvert en 1904 des tombes renfermant des squelettes de grandeur au-dessus de la normale, probablement des Barbares, avec quelques débris de boucles de ceinturons.
Les Touhs. Le rempart était flanqué sur tout son parcours d'épaisses tourelles, disposées à dislance inégale les unes des autres. On a calculé qu'il y a dû eu avoir au moins 80, mais il s'en faut de beaucoup qu'elles aient été toutes dûment constatées. Ce qui est certain, c'est que beaucoup ont disparu depuis le commence-
La Tornallaz, tour d'enceinte romaine à Avenches. D'après une photographie.
ment du XVIIIe s. Ces tours sont édifiées sur plan semi-circulaire, et font saillie sur le rempart du côté intérieur, comme cela se voit dans d'autres places romaines. Une seule de ces tours est encore assez bien conservée, la Tornallaz, à environ 140 m. au Nord de
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