ABU Y
ABSCHIEDE
en vertu des anciens actes de combourgeoisie, était désignée comme arbitre dans les conflits entre le prince de Neuchâtel et ses sujets.
11 s'en prit à la ville de N'eiicliâlel et le procès dirigé contre elle fut plaidé successivement en première et seconde instance devant le Petit et le Grand Conseil de Berne. L'avocat général Claude Gaudot (1713-1768) y soutint avec beaucoup de passion les intérêts du prince, bien qu'il eût dans les débuts des dissentiments pris le parti du peuple. La sentence de Hernc rendue en dernière instance le 23 janvier 1708 fut défavorable à la ville sur tous les points et de nature à diminuer ses droits acquis, aussi ne fut-elle acceptée qu'avec colère et sous protestation, mais, lorsque 9250 hommes furent mobilisés sous le commandement du général Lentulus pour obtenir l'exécution de la sentence par une occupation militaire, la ville lit sa soumission. L'intervention militaire n'eut donc pas lieu alors, mais toute la population fut profondément ulcérée du jugement de Berne qui consacrait un recul dans le sens de 1 absolutisme.
Plusieurs pamphlets parurent pendant les premiers mois de 17(58; ils ne firent qu'attiser le feu ; les mesures ordonnées par la seigneurie, mais que les autorités locales se refusèrent à exécuter contre les libraires Fauche de Neuchâtel et Girardet du Locle, qui les avaient répandus, ne contribuèrent pas à calmer les esprits, pas plus que les maladresses commises par le vice-gouverneur Michel et la démarche, restée sans résultat, des corps et communautés auprès du canton Vorort pour solliciter l'intervention du corps helvétique.
L'effervescence atteignit son comble, lorsque l'avocat général Gaudot, qui, pour prix de ses services, avait été nommé lieutenant-gouverneur, revint de Iîerne le 24 avril. Il fut accueilli par des huées et assiégé dans sa maison par la populace qui, le lendemain, finit par y pénétrer et massacrer ce bouc émissaire de la vindicte publique. Une garde bourgeoise et les grenadiers mis sur pied pour sa protection n'offrirent qu'une résistance passive.
Pour activer l'enquête sur ces événements, menée avec une extrême lenteur par les magistrats, une occupation fédérale fut décidée et 600 hommes appartenant aux quatre cantons alliés (Berne, Fribourg, Lucerne et Soleure) firent leur entrée à Neuchâtel le 21 mai, mèche allumée, tandis qu'un corps de 1400 Bernois devait au besoin soutenir le premier contingent, mais il put être licencié au bout de quelques jours. Le procès contre les auteurs de l'assassinat de Gaudot auxquels on avait laissé le temps de fuir, aboutit à quelques bannissements et à la condamnation de cinq des plus compromis à la peine capitale en effigie ; leurs images furent pendues au gibet le 16 juillet avec tout le cérémonial d'une vraie exécution.
La tranquillité se rétablit enfin après la nomination du général de Lentulus au poste de gouverneur. Il jouissait de la faveur particulière du roi et, connu pour sa modération, il inspirait confiance aux Neuchâtelois. Il ne tarda pas à élaborer, de concert avec une commission nationale, un pacte de pacification qui fut ratifié par les députés des corps et communautés assemblés le 19 novembre. Il reconnaissait à ceux-ci le droit de réunion qui leur avait été contesté, admettait l'illégalité de la destitution sans jugement des fonctionnaires, et deux des conseillers d'Etal suspendus par le roi furent réintégrés dans leur place ; il réglait encore différentes questions de police ou concernant spécialement la ville et, point essentiel, il abolissait définitivement la ferme des revenus pour en revenir à la régie et rétablissait la vente et l'ahri. La coutume en fui dès lois maintenue jusqu'au moment du rachat des dîmes en 1849, la vente même jusqu'en 1892, — bien qu'elle n'eût plus d'autre intérêt pour le commerce des vins que celui d'établir à titre d'orientation les prix moyens de l'année.
Voir : Histoire abrégée des troubles du pays de Neuchâtel pendant les années 1766-1768, Neuchâtel 1832. — (',. G. de Tribolet : Histoire de Neuchâtel et Valangin, Neuchâtel 1846 p. 122, 170. ss. —G. de Pury: Un assassinat pnlitique à Xenehàlel en 1168, dans le MX 1875 p. 199, 236, 292, et 1876p. 13. - Arnold Borel : Le conflit entre les Neuchâtelois et Frédéric-le-Grand sur la question de la ferme des impôts 1766-1768, Neuchâtel 1898. [J. <;i n
ABRY. Puni, sculpteur, uéâ Huningue en 1865, mais ressortissant de Bâle où il reçut sa première instruction
technique à l'école des arts et métiers. De 1885-1889. nous le trouvons à celle de Strasbourg et à l'atelier de K. D.igg également dans cette ville. Après de brefs voyages à Paris et Munich au printemps 1889, il s'établit à Zurich où il est maître à l'école des arts et métiers. A côté de plusieurs travaux néco rat ifs d'architecture au Musée national, à l'Utoschloss, à la Banque cantonale, i te . on lui doit aussi la fontaine monumentale du quai l'to. —D'après SKL. \ b.
absagbrief. Voir Fehdebrief.
abscheid. Voir Abschiede.
ABSCHIEDE (CONGÉS). Sous ce nom allemand, on désigne généralement, même en français, les Recês des diètes fédérales de tout ou partie des Ligues et de alliés. Ils étaient remis aux députés prenant congé, d'où leur nom ; ce sont des notes sommaires sur les délibérations, notes devant permettre aux députés de faire rapport aux autorités cantonales ou de prendre des instructions. Le recès de chaque député ne contenait en général que ce qui concernait soit l'ensemble des cantons représentés à la diète, soit ce qui se rapportait à son canton en particulier. Il n'était pas fait de recès général ou de procès-verbal proprement dit. Les recès remontent au 13e siècle el se trouvent pour la plupart dans les archives cantonales. Tandis que les plus anciens se bornent souvent à de simples mots de rappel, les plus récents deviennent parfois assez détaillés.
Afin de rendre ces sources d'information accessibles, Lucerne fit, en 1818, la proposition de prier tous les cantons où des diètes avaient été tenues, de dresser- un inventaire des recès et des documents s'y rapportant et de le mettre à la disposition du Vorort. Un modèl< présenti lement par Lucerne fut adopté pour cet inventaire de 1819 et l'on se mit à l'œuvre dans les différentes archives avec plus ou moins d'activité En 1832. sur la motion de Glaris, la diète entra en matière sur la question d'un répertoire général et le Vorort autorisait la chancellerie fédérale le 30 décembre 1837 à faire établir et imprimer une collection de recès du XVe siècle. Dès 1839. il était fait dépôt à la diète du 1er volume de l' Amtliche Sammlung der âltern Eidg. A.; mil den ewigen Bûnden, lien Friedbriefen und andern Hauptvertrâgen als Beilagen • Lucerne 1839, 4°) embrassant la période 1291-1420 et édité par le Prof. Jos. Eutych Kopp La diète approuva ce travail et invita le Vorort à le continuer ; mais l'entreprise subit un temps d'arrêt jusqu'au moment où le Conseil fédéral prit les mesures nécessaires à sa reprise le 10 janvier 1852. et cela à l'instigation du chef du département de l'intérieur, le très érudit Conseiller fédéral Stefano Fhaxscini.
La direction fut confiée à l'archiviste cantonal de Zurich Gerold Meyer de Knonaxj (1804-18581. puis à l'archiviste fédéral Dr Jos. Ch. Krùtu (18154867) et finalement à son successeur, le Dr Jacob KAISER qui réussit à mener ce grand travail à bonne fin. L' Amtliche Sammlung der âltern eidg. Àbschiede ; hg . aufAnordnung der Bundesbehôrden comprend la période de 1245-1798 et remplit huit volumineux in 4° qui se subdivisent à leur tour en dix-sept parties. Ils ont paru de 1856-1886. Auteurs: Vol. I (1245 à 1420i, (qui est une 2e édition de celui paru en 18391. Lucerne 1874 Ant. Phil. SEGESSER. Vol. II [1421 à 1477), III 1 (1478 â 1499) et III 2 (1500 à 1520) paru à Lucerne 1863, Zurich 1858 et Lucerne 1869, également A. Ph. Segesser. Vol. IV 1 a et /- 1 1521 â 152S et 1529 â 1532) â Brugg 1873 et Zurich 1876, .loh. Strickxer. Vol. IV 1 c, clete (1533 à 1540, 1541 à 1548 et 1549 â 1555) Lucerne 1878, 1882 et 1886, Ch. Deschwanden. Vol. IV 2 [1556 à 1586), Berne 1861,' .1. K. Kritli. Vol. V 1 (1587 à 1617i Herne 1872, J. K. Krutli et J. Kaiser. Vol. V 2 (1618 à 1648) Bâle 1875, Dan. Alb. Fechter. Vol. VI 1 Frauenfeld 1867, Jean Adam Pipikofer avec collabor. de J. Kaiser. Vol. VI 2(1681 à 1712) Einsiedeln 1882, Martin Kothing et Jean Bapt. Kai.in. Vol. VII 1 et 2 (1712 à 1743. 1744-1777) Bâle 181)0 et 1867, D. A. Fechter. Vol. VIII (1778 à 1798) Zurich 1856 G. Meyer de Knonai. Comme supplément au volume IV 1 a et b édité par lui, M. J. Strickxer fit paraître V Aktensammlung znr schweizer. Reformationsgeschichte 1521-1532 (Zurich 1878-1884, 5 vol.).
Le chancelier fédéral Jean Ulr. Schiess avait déjà proposé la continuation de la collection au delà de 1798. Ce-
ABSCHWUNG