‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 2)Chapitre 28 sur 329 · ABSINTHE · texte numérisé non relu

ABSINTHE

pendant ce ne fut qu'à la suite d'un mémoire présenté par J. Kaiser, en date du 18 janvier 1876, que ce travail tut entrepris ; ce mémoire eut pour conséquence directe la nomination d'une commission composée de MM. le prof. G. Hilty et des archivistes Kaiser à Berne, Aymon de Crousaz à Lausanne et Strickler à Zurich. Ce dernier élabora un mémoire avec programme et lit paraître comme travail préliminaire un Generalrepertorium der Acte» des helvet. Centralarchivs in Bern (Berne 1876,4»). La commission de rédaction, soit l'archiviste fédéral, le prof. Hilty et le prof. D' Emile Blœsch à Berne se réunit pour la première fois à Berne, en décembre 1876 M. J. Strickler se chargea de la rédaction et la commença au printemps 1877. Le résultat en sont les 10 volumes de VAmtliche Sammlung der A kt en ans der Zeit der helvetischen Republik (1798-1803) ; im Anschluss an die Sammlung der âltern eidg. A. hq. auf Anordnung der Bundesbehôrden (Berne 1886-

Dès le 21 juillet 1820 la diète avait chargé la chancellerie fédérale de publier une table des matières complète des recès « plus récents ». Recueillie par le chancelier Jos. Ch. Franc. A m Rhyn (1800-1849), la première partie parut comme Repertorium der A. dereid. Tagsatzung 1803-1813 Berne 1842, 4° et fut suivie, en 1843, d'un volume supplémentaire d'actes. A partie de 1874, sous la direction Générale de J. Kaiser et suivant l'ordonnance du Conseil fédéral, nous voyons encore paraître en 51 parties la Amlliche Sammlung der neueren eidg. A. 1803-1848. Elle est suivie du Repertorium der A. der eidg. Tagsatzungen 1844-1848, édité par Gottl. Wilh. Fetscherin (1818- 1883), 2 vol. Berne 1874 et 1876, et en 1886 J. Kaiser éditait une seconde édiiion du Repertorium der A. der eidg. Tagsatzungen 1803-1813, paru en première édition en

Le recueil officiel des recès fédéraux est ainsi continué jusqu'à la nouvelle Confédération et s'arrête à cette époque. Dans son ensemble, il contient, outre les recès aussi complets que possible, également des actes s'y rapportant directement, tels que des instructions, des avis, des mémoires, des plaintes, des projets d'ordonnances ou de traités, des consultations, des messages d'ambassadeurs étrangers et des documents divers, lesquels doivent être considérés au même degré comme sources historiques. Ainsi, nous voyons que les Abschiede forment un important recueil de délibérations et de documents de droit public suisse depuis les origines et jusqu'en 1848. Il reflète tomme un miroir l'histoire du développement intérieur et extérieur, la charte et la restauration de la Confédération. On peut considérer comme suite aux recès à partir de 1848: La Feuille fédérale suisse (depuis 1848); le Bulletin sténographique officiel de l'Assemblée fédérale suisse depuis 1891 : le Recueil contenant la constitution fédérale et les constitutions cantonales en vigueur (Berne 1891, avec suppléments dès 1892) ; le Recueil officiel des lois et ordonnances de la Con fédération (depuis 1849 ; nouvelle série dès 1875) ; les Arrête du Tribunal fédéral suisse (depuis 1875) pour autant qu'ils se rapportent au droit public suisse. [H. Bkunner.1

ABSCHWUNG (C. Berne, D. Oberhasle. Voir DGS). Extrémité Kst des Lauteraarhôrner entre la jonction des glaciers de Lauteraar et de Finsteraar et de celui de l'Aar inférieur. C'est sur la moraine de ce dernier glacier que le géologue Franc. Jos. Hugi, de Soleure, érigea, du 31 juillet au 3 août 1829, une cabane pour y faire des observations glaciaires; il l'y retrouva en 1830 et en 1836 ; mais, entraînée par la descente du glacier, la cabane tomba peu à peu en ruines. En 1839, Ed. Desor constata que ses parois étaient encore bien conservées tandis qu'en 1840 elles n'existaient déjà plus. Elle fut remplacée au même endroit par la nouvelle cabane qu'Agassiz, Desor et leurs compagnons y érigèrent et qu'ils nommèrent I'Hôtel des NEUCHATELOIS. (Voir cet article.) [H. D.]

ABSENCE de la Ville. Terme de droit public genevois. Coutumièremenl, le fait de s'absenter de la ville fut considéré, à Genève, comme une faute grave motivant des sanctions d'autant plus sévères que la cité courait des dangers plus grands. Au XVIe s., après la Réforme, une absence de trois mois entraînait la perte de la bourgeoisie, qu'on demandât congé ou non au Petit Conseil. La

coutume se perdit, au cours des siècles, pour les personnes particulières, mais on en trouve encore des traces, aujourd'hui, dans l'organisation judiciaire et civile pour des personnes officielles. — Voir Genève A. E. — Recueil des lois, Rép. décennaux. — Camille Odier : Index genevois (Genève 1912). [c. u.

Pour les divers droits ou devoirs concernant l'absente des bourgeois, voir Bourgeoisie, Droit de.

ABSINTHE. Celte plante dont deux variétés, la grande Artemisia absinthium et la petite Artemisia pontica, sont les plus connues, croît un peu dans tous les pays. Elle était employée par les anciens en tisane contre tout espèce de maux ; les prêtres en faisaient usage dans certaines pratiques mystérieuses du culte ; elle était aussi considérée comme l'emblème de l'amertume et, de nos jours encore, comme un charme contre les sortilèges qui venaient à la traverse de l'amour ; aussi, un époux superstitieux ne manquait-il pas, le jour de ses noces, d'en porter un bouquet sous ses habits. L'art de distiller ayant été découvert par les alchimistes du moyen âge, l'absinthe fut probablement une des premières plantes soumises à cette opération, sans qu'il soit possible d'en fixer l'époque ; tout ce que l'on sait est que le Krâuterbuch, du D' Lonicerus de 1678, indique l'élixir d'absinthe parmi les tinctures que vendaient les apothicaires. Cette liqueur ne prit de l'importance pour notre pays qu'à partir de la lin du XVIIIe siècle. A cette époque un médecin français exilé de sou pays, le Dr Ordinaire, vint se fixer à Couvet dans le canton de Neuchàtel pour y exercer son art. Comme tant d'autres médecins de campagne, il préparait lui-même ses médicaments et ne dédaignait pas les panacées; il employait en particulier l'extrait d'absinthe préparée d'après une recette dont il avait le secret et qui ne tarda pas à jouir d'une certaine vogue. A sa mort, la recette fut achetée par les demois.elles Henriod qui, avec des moyens primitifs et en quantités encore bien modestes, continuèrent cette distillation dans leur cuisine jusqu'au moment où elles vendirent leur recette en 1797 à Henri-Louis Pernod qui fonda alors la première fabrique d'absinthe à Couvet. Grâce à son intelligence commerciale, ses produits passés du domaine de la pharmacie dans celui de boisson d'agrément trouvèrent rapidement un grand écoulement, tant dans le pays qu'à l'étranger, particulièrement en France et en Italie. L'usine de Couvet étant devenue trop petite et pour éviter les droits d'entrée, Pernod construisit en 1805 une nouvelle fabrique à Pontarlier. Des fabriques s'établirent encore à Môtiers, Travers, Fleurier et dans d'autres parties du pays, mais le Val-de-Travers resta le centre de cette industrie ; la culture de l'absinthe et des autres plantes employées à la fabrication de l'extrait y devint une précieuse ressource de la population agricole. L'absinthe ne manquait cependant pas d'adversaires, car absorbée en quantités immodérées, elle produit de graves effets toxiques et on accusait la « verte Sirène », grâce à son odeur et à son goût alléchant, d'être particulièrement périlleuse pour les caractères faibles, enclins à l'ivrognerie. Différents crimes commis sous l'empire de l'alcool et que l'on attribuait, peut-être pas toujours avec raison, à l'absinthe, ont, par l'émoi qu'ils ont causé, contribué à activer le courant d'opinion publique qui, peu à peu, s'était formé non pas contre l'abus seulement, mais contre toute consommation d'absinthe. Un cas particulièrement grave, survenu en 1906, à Commugny, où un nommé Lanfroy, français d'origine, a tué à coup de fusil sa femme et ses deux enfants et tournant son arme contre lui-même a essayé de se suicider sans y parvenir, a été le l'ail déterminant d'une initiative partie du canton de Vaud et qui eut pour porte-parole zélé l'avocat Auguste Monnier. Appuyée par 167814 signatures, elle demandait la prohibition

dans toute l'étendue de la Suisse de l'importation, du

transport, de la vente, de la détention pour la vente de l'absinthe, ainsi que des boissons constituant une imitation de l'absinthe. Un délai de deux ans devait être câblée fédérale adhéra à cette demande et au vote fédéral qui eut lieu le 5 juillet 1908, l'initiative a été acceptée par 241048 Oui contre 136 869 non.

Les -culs cauions de Neuchàtel el de Genève ont donné majorité de rejetants. La question intéressant surtout la Suisse romande, nous donnerons les chiffres de

ci lie pariie du pays :

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