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AVENCIÏES
époque, malgré l'état de délabrement de la ville. Après les invasions du IVe s , les habitants d'Avenches paraissent s'être concentrés au pied de la colline on se trouve la ville actuelle, sur l'Etraz autour de L'église Saint-Martin qui devint paroissiale et plus au Sud, autour de l'église Saint-Symphorien sous la tour du Musée. Au moyen âge, cette église jouissait de privilèges particuliers, et la tradition rapporte que là furent enterrés de nombreux évoques, vingt-deux au dire du vieillard Matthieu dont on rapporte le témoignage en 1228, sept suivant une supplique au pape de 1447 Ces évèques étaient-ils antérieurs ou postérieurs à Grammatius et à Marius ? On n'en sait rien. Toute trace de leurs
Château d Avenches, rebâti en 1567. (D'après une photographie.)
tombeaux avait déjà disparu en 1228, et les documents écrits font totalement défaut. Il n'y a cependant pas de raison suffisante pour mettre en doute le principe même de l'inhumation d'évêques dans l'église Saint- Symphorien. Cette église a reçu son nom de l'évêque Marius qui venait d'Autun et probablement du monastère de Saint-Symphorien de cette ville. Mais les fouilles opérées de 1905 à 1906 sur son emplacement (la grange du Dîme) ont permis d'établir que ce n'était qu'un temple gallo-romain carré et à double enceinte qui avait été transformé en sanctuaire chrétien. Cette transformation est sûrement postérieure au milieu du IVe s. soit au triomphe définitif du christianisme. Datet-elle de ce siècle et Marius n'aurait-il fait que donner un nouveau vocable à une église existante ou la transformation date-t-elle de lui-même ? C'est ce que ni l'état des ruines ni les documents ne permettent de discerner.
L'évêque de Lausanne seigneur d'Avenches. — La ville même d'Avenches paraît être demeurée la propriété personnelle de l'évêque alors même que celui-ci eût transféré sa résidence à Lausanne, car il semble bien qu'Avenches avec Bulle et Curtille compte parmi les biens primitifs de l'évêché C'est ce qui ressort des franchises
do Lausanne qui, quoique datées du temps de l'évêque Amédée au milieu du XIIe s. sont vraisemblablement d'un siècle plus anciennes. L'évêque Bourcardd'Oltingen de Lausanne agit vers 1070 comme souverain d'Avenches, lorsqu'il déplaça la ville jusqu'alors massée autour des églises Saint-Martin et Saint-Symphorien pour la transférer sur la colline qu'il ceignit d'un rempart. Comme souverain temporel, l'évêque avait à Avenches la haute juridiction. Il percevait le cens, les corvées, le pacage, le fenestrage et le fourrage. Il percevait en outre toute la dîme de la ville et. du territoire d'Avenches, y compris celle de l'église paroissiale, sauf celle de la chapelle Saint-Symphorien. L'évêque gouvernait Avenches au moyen d'un mayor dont l'office, devenu héréditaire, fut racheté en 1279 et 1339, puis par l'intermédiaire d'un châtelain amovible. Il accorda de très bonne heure des libertés aux bourgeois puisque l'on voit ceux-ci s'allier en 1239 à ceux de Fribourg. Le plus ancien texte connu des franchises particulières d'Avenches est du 6 octobre 1259 et il s'inspire visiblement des franchises de Lausanne. Il se termine par ces mots : « Et sous ces droits et conditions nous (l'évêque) avons fondé et faite la ville d'Avenches ». Cette phrase peut se rapporter à la reconstruction d'Avenches par Bourcard d'Oltingen et l'on peut se demander si les franchises primitives ne datent pas de cette époque, soit de la seconde moitié du XIe s. Un nouveau texte de franchises, complètement remanié et développé fut donné à la ville d'Avenches par l'évêque Jean de Rossillon le 20 mars 1338. Elles furent reconnues par les évêques postérieurs jusqu'à Sébastien de Montfalcon le 24 juillet 1524. En 1349 les habitants d'Avenches se soulevèrent contre l'autorité de l'évêque se plaignant de l'inobservation des franchises par ce dernier et se donnant de nouveauxstatuts. Ils furent traduits devant le tribunal séculier de l'évêque qui condamna quelques mutins à mort, d'autres à la confiscation de leurs biens et à l'interdit. Cependant les dames de Vaud (princesses de Savoie) et les villes de Berne et de Fribourg intervinrent, et rendirent le 12 mars 1351 une sentence arbitrale suivant laquelle les bourgeois se soumettaient et voyaient d'autre part leurs peines commuées. Les gens d'Avenches demeurèrent dès lors de fidèles sujets de l'évêque. Cependant en 1511, lorsqu'il fut question de renouveler le traité de combourgeoisie entre Avenches et Fribourg, Aymon de Montfalcon s'inquiéta. Mais le conseil de Fribourg lui répondit que cette alliance ne lui était point hostile, qu'elle avait pour but «dans les dangereux cours qui sont à présent de lui conserver des fidèles sujets ».
Avenches au moyen âge. — La construction de la ville haute au XIe s. modifia profondément la physionomie de la région. La ville romaine et le vieux bourg chrétien massés autour des deux anciennes églises furent à peu près complètement abandonnés, ainsi qu'en témoignent les textes du XIVe s. Les monuments antiques déjà aux trois quarts renversés achevèrent de s'effriter. De nombreuses pierres servirent à élever de nouveaux édifices au loin jusqu'à Payerne et Yverdon ; d'autres marbres servirent à faire de la chaux. Les deux églises, un vieil hôpital, avec deux reclusages et le cigognier restaient seuls debout.
La ville haute était dominée par trois monuments : l'église Sainte-Marie-Madeleine, la tour et le château. Celui-ci, d'après M. Naef, a été construit au XVe s., peutêtre sur l'emplacement d'une maison achetée par l'évêque en 1362 et presque entièrement réédifiéee à partir de 1565. La tour du Musée, qualifiée de tour de l'évêque en 1336 et en 1481, a été édifiée sur les bases de l'amphithéâtre romain. Quant à l'église, l'abside et le gros oeuvre du clocher roman peuvent être de la fin du XIe s.; elle a été remaniée au XVe s. et au XVIe s. et décorée alors de fresques, dont le seul fragment conservé représente le martyre de sainte Apolline. Non loin, la tour octogonale du Montauban, ancienne résidence probable des nobles d'Avenches, puis la maison des nobles de Benn'enwy) qui fut transformée en hôtel de ville de 1438 à 1618. Les dessins du XVIII» s. montrent encore les remparts avec les tours dont deux seulement, celles du Vully et celle de Ben-
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