‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 2)Chapitre 272 sur 329 · AVENT · texte numérisé non relu

AVENT

nenwyl subsistent. Un hôpital neuf fut construit en 1323 près des remparts. On signale l'existence d'écoles à Avenches dès 1330.

La population d'Avenches paraît avoir été au surplus assez belliqueuse. Nous la voyons assez souvent en guerre avec les voisins immédiats. En 1344, Berne et Fribourg avaient déjà eu à apaiser un conflit entre elle et les gens de Bienne. En 1381, à la suite d'hostilités entre la ville d'Avenches et le seigneur de Montagny, des arbitres l'obligèrent à payer 3000 il. de dommages-intérêts à ce dernier. Avenches parait avoir eu ses édiles propres dès le début du XI Ve s. ce qui diminua d'autant les compétences des fonctionnaires del'évèque et spécialement du mayor, dont l'ollice fut d'ailleurs aboli à cette époque. En 1363 l'évêque Aymon de Cossonay établit à Avenches quatorze conseillers qui siégeaient sous la présidence du châtelain. En 1402 il leur concéda le droit, qu'il s'était réservé jusqu'alors, de nommer les 12 membres de la cour séculière. Le doyen d'Avenches jugeait au nom de l'évêque les causes ecclésiastiques du ressort de l'officialilé, entre autres les causes matrimoniales. Une disposition intéressante des franchises de 1259, est que les gens d'Avenches devaient aider à défrayer l'évêque s'il se rendait outre-mer, à Rome, ou en pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle ou aux Trois-Rois de Cologne.

La Réforme. — Avenches ne paraît pas avoir souffert en 1476 au cours de la guerre de Bourgogne. En 1536, elle se soumit sans difficulté à l'armée bernoise. Elle avait réservé sa fidélité à la foi catholique et malgré les prédications de Farel en 1531 deux bourgeois seulement étaient protestants, mais Berne ne l'entendit pas ainsi et invita les autorités à laisser prêcher librement la réforme. Au' mois de novembre suivant le culte catholique fut complètement aboli. Une partie des biens du clergé furent cédés à la ville en 1539; la majeure partie demeura aux mains de Leurs Excellences qui en tiraient en 1540 un revenu de 322 livres. Le premier prédicant fut Georges Grivat, d'Orbe, qui mourut de la peste en 1550. L'église paroissiale de Saint-Martin fut démolie de 1658 à 1659, et l'église Sainte-Marie-Madeleine, à l'intérieur de la ville, demeura seule affectée au culte.

L'intérêt aux recherches historiques. — La première personne qui se soit intéressée aux anciens monuments d'Avenches est le chroniqueur Tschudi qui a relevé nombre d'inscriptions; Stumpf vient ensuite; Sébastien Munster dans la Cosmographia (1559, p. 382) mentionne le cigognier. A la fin du XVIIe s. (1697) un jésuite bourguignon, le P. Dunod, ayant prétendu qu'Aventicum était la ville d'Antre en Franche-Comté, la réplique lui fut victorieusement donnée par un régent lausannois David Aubert, en 1709, puis par Marquard Wild, 1710. Leurs écrits attirèrent l'attention sur les antiquités d'Avenches, qui furent dès lors étudiées par de nombreux auteurs : Schmidt de Rossens 1760, Ritter 1780, etc.

Les armoiries d'Avenches. — Les armoiries d'Avenches, une tète de Maure à bandeau blanc, sur fond de gueules, ont beaucoup intrigué les érudits.

Le plus ancien sceau, du XVe s., représente,au centre d'un trilobé, unetêteaux traits anguleux, ceinte d'un bandeau ; au bas du cou se distinguent les plis d'un vêtement. Cette figure archaïque rappelle les bulles de Charles-le-Chauve, ou celle du sceau de Conrad I. Le buste de nègre apparaît pour la première fois sur un sceau de 1540. L'opinion de M.

A. Kohler est qu'il s'agit d'une déformation d'un sceau primitif, représentant non pas l'empereur Vespasien, comme on l'a dit, mais un évêque de Lausanne.

ASSOCIATION pro Aventico. Fondée le 3 septembre 1885 à Fribourg sous les auspices de la Société d'histoire de la Suisse romande, cette association a pour but de déterminer par des fouilles la topographie de la ville romaine d'Avenches, et de maintenir et de restaurer les vestiges d'Aventicum subsistant encore. Elle a été dirigée dès sa fondation jusqu'en 1918 par Eugène Secre-

DHBS

tan, avec le concours du professeur William Cart. L'association a consigné le résultat de ses fouilles dans treize Bulletins, de 1886 à 1918; elle a publié en 1888 un plan d'Aventicum et inspiré le Guide d'Avenches, de Eug. Secretan (3 éditions), le Guide du Musée, d'Emile Dunant, le Catalogue du Médaillier, de L. Martin. — Voir DHV (avec bibliographie). [M.R.]

AVENCHES, d\ Famille issue des mayors d'Avenches. Armoiries : de gueules à un sanglier passant d'or, ou d'or à un sanglier de sable. — Sonelicus, Nantelme chevalier et Conon sont cités vers 1 158 ; le dernier est l'ancêtre des branches qui suivent.

— Pierre, mayor, 1289-1338, souche des Mayor, quis'éteignirentavec Nicod Mayor, seigneur de Donatyre, au XIV0 s — Otton, frère du n° 1, chanoine de Lausanne en 1310 et de Verdun, vicaire général de Bàle en 1314, archidiacre puis prévôt de Bâle de 1320 à 1325. — Burcard, mayor, 1329-1357, tige des Boccard.

— Jean, frère du n° 3, 1334-1364, tige desChastellain. — Pierre, d'une ligne collatérale des Chastellain, châtelain de Lucens et de Villarzel; 1379-1403, acquit par mariage la seigneurie de Combremont-le-Grand. — Guillaume, d'une branche cadette des Chastellain, reçu à la bourgeoisie de Fribourg au XIV8 s., membre du Conseil de cette ville en 1432, fit un pèlerinage à Jérusalem de 1437 à 1438, où il fut créé chevalier du Saint-Sépulcre. Du 16 avril au 11 mai 1443 il commanda les 400 Fribourgeois qui marchèrent contre les Armagnacs en Bresse. Avoyer de Fribourg, 24 juin 1445-20 avril 1446, vassal et conseiller du duc de Savoie, il fut l'un des plus opulents bourgeois de Fribourg. Déposé et emprisonné pour concussion et oubli des devoirs de sa charge, il fut remis en liberté après six jours de détention et se retira auprès du duc de Savoie qui le nomma châtelain d'Yverdon. Avec son aide et celle de bourgeois et de seigneurs, Guillaume d'Avenches entreprit une guerre de partisans acharnée contre Fribourg de 1446 à 1450. Grâce à la médiation de l'évêque de Lausanne, il se réconcilia avec cette ville après l'arbitrage du 3 décembre 1450, en vertu duquel ses biens confisqués lui furent rendus avec une indemnité de 600 florins. De son côté, il s'engageait par écrit à cesser les hostilités. Il mourut à Fribourg en 1476. — Antoine, gendre de Guillaume, 1439-1475, seigneur de Villarepos, lieutenant -général du pays de Vaud et trésorier pour le comte de Romont 1473-1475. La famille s'est éteinte au début du XVIIe s. — Conrad d'Avenches, avoyer de Fribourg de 1295 à 1305, appartenait à une famille bourgeoise différente. — Voir Fr. Girard dans Etrennes fribourgeoises, 1802.

— Chronique de du Chastel et de Hans Greierz, dans ASG 1920, Indicateur XVIII et FGB X. — A. Buchi : Freiburgs Bruch mit Œsterreich. — DHV I, 139. — Arch. d'Etat Lausanne. — Généalogie d'Avenches dressée par M. R. [A. Buchi et M. R.]

AVENIÈRES, des. Nom d'une famille et d'un fief au XVe s. à Genève. Armes : de gueules à l'écu d'argent chargé d'hermines, accompagné de trois gerbes de blé. — Jean des Avenières, originaire d'Aix en Provence, bourgeois de Genève, secrétaire ducal au XVe s., était possesseur de nombreuses terres et judicatures. En 1467, il acheta des frères «de Crose » la judicature de toute la terre et baronnie de Gex, pour quatre ans. En 1441, lors du partage du fief de la famille Lombard, il en eut une part, qui porta son nom, par Guillemette Lombard sa femme. Ces droits concernaient des maisons et terres dans les franchises de Genève, à Cointrin, Fernex, Genthod et Corsinge. — Voir Arch. d'Etat Genève: E et D. — Galiffe : Mns. — Galiffe : Not. Gen. I, art. Lombard. [Louis Blondel.]

AVENN 1ER, Louis, *à Genève le 10 avril 1872, étudia dans cette ville et à Paris, enseigna à Breslau et à Lausanne où il dirigea l'Ecole Ferrer. Il fit de nombreuses conférences en Suisse et en Allemagne et collabora à plusieurs journaux et revues. Auteur d'études littéraires et de romans. [O. K.]

AVENT (adventus Domini), désigne, dans l'église

Mars 1921

AVENTIA

AVIATION

catholique, les quatre dimanches et les quatre semaines qui précèdent Noël. Il est connu depuis l'an 380 et commence chez nous à la Saint-André, 30 novembre. Pendant cette période religieuse, certains jours comme la Sainle-Barbe, 4 décembre ; Nicolas, G décembre ; Conception de N.-D., 8 décembre ; Thomas, 21 décembre, et le Jeûne des Quatre-Ternps, ont un caractère populaire. Parmi les coutumes caractéristiques de l'Avent, surtout pendant les trois jeudis précédant Noël, il faut citer les cortèges bruyants et burlesques, les charivaris, les claquements de fouets pour chasser les démons de l'hiver, le frappement aux portes, les cortèges d'hommes ou d'animaux travestis en démons. A l'Avent se rattache aussi la croyance superstitieuse que durant cette période, de même qu'après Noël, les démons sauvages parcourent la terre et hantent les hommes. Enfin, selon un usage religieux, des enfants et des adultes se promènent en exécutant des chants.

— Voir .S V I, 89. [A. \V. et E. H.-K.] AVENTIA, déesse gauloise, probablement protectrice d'une source, qui a donné son nom à Aventicum. On ignore la forme celtique du nom Avenlia ou si les Romains l'ont emprunté aux Helvètes sans le modifier. Le culte de cette déesse est attesté à Avenches par trois inscriptions lapidaires au musée de cette ville. En outre, une quatrième a été découverte le 30 novembre 1920 dans les fondations de l'église abbatiale de Payerne. C'est une pierre votive élevé à la Dea Aventia par Gnaeus Julius Marcellinus, chevalier. — Voir Dunant : Guide du Musée d' Avenches, nos 41, 45-46.

— Renseignements de M. A. Burmeister. [L.M.] AVENTICENSIS PAGUS. Après la chute de

l'empire romain, l'unité administrative de la cité des Helvètes fut rompue par l'établissement des Alémannes dans la partie orientale du pays. La civitas aventici devint le pagus Avenlicensis (ou U lirai uranus), avec des limites plus restreintes : au Nord, à l'Ouest et au Sud, l'établissement des diocèses de Bâle, Besançon, Nyon (?), Octodure montre que les limites ne varièrent pas. Il en fut autrement dans l'Est, du côté de l'Alémannie On peut inférer de la présence de l'évêque de Windisch-Avenches, Bubulcus, au concile d'Epaone en 517, et de Grammatius au concile d'Orléans en 549, que Vindonissa faisait encore partie de la Burgondie etpar là même que le pagus Aventicensis s'étendait jusqu'à la Reuss, comprenant ainsi une partie des cantons actuels d'Argovie et de Lucerne. Plus tard, en 610-611, d'après Frédégaire, les Alémannes envahirent ce pagus et le ravagèrent. Les comtes Abbelenus et Herpinus tentèrent de les arrêter à VVangas, mais ils furent battus. Les Alémannes dévastèrent la majeure partie du territoire d'Avenches, l'incendièrent et se retirèrent librement chargés de captifs et de butin Wangas est Wangen, la localité soleuroise de ce nom, ou l'une des localités bernoises. Elle est en tout cas sur la rive droite de l'Aar, et P.-E Martin en tire la conclusion que cette rive était restée rattachée au pays d'Avenches ; il croit que ce n'est qu'après cette déprédation qu'un évêché nouveau fut constitué à Constance ; toutefois, le texte de Frédégaire n'implique pas nécessairement queWangen fût enBurgondie. Lescomtes susnommés auraient tenté d'arrêter l'envahissement à la frontière du pays. On pourrait alors maintenir que la séparation de l'évêché de Constance de celui d'Avenches eut lieu au lendemain de l'avènement du roi Contran. Au surplus, il est fort possible que pendant toute cette période tourmentée le territoire entre l'Aar et la Reuss soit devenu un champ clos entre les deux races qui se le disputaient. Les Alémannes finirent par triompher, et les textes de 762 et de 778, qui mentionnent pour la première fois l'Argovie (Argouwe), prouvent que le recul de la Burgondie à l'Ouest de l'Aar était alors devenu définitif. L'expression de pagus Aventicensis ne se retrouve d'ailleurs plus dans les textes ; elle est remplacée par celle de pagus Lausannensis ou de comitatus Waldensis, et le territoire plus restreint encore ainsi dénommé ne s'oriente plus vers Avenches, mais vers Lausanne. [M. R.]

AVENTICUM. Voir Avenches.

AVERS (C. Grisons, D. Hinterrhein. V. DGS). En

Sceau de la commune d Avers de 1(350 environ.

1372 vallis Averi (du romanche ava = eau). Cette vallée comprend dans sa partie inférieure les villages d'Ausser- et Innerferrera (Caniciil), Campsut et Cresta. La vallée proprement dite d'Avers forme une commune de dix hameaux dont Cresta est le centre politique. Juif ou Giuf à 2133 m. est l'endroit des Alpes le plus élevé qui soit habité toute l'année.

On sait peu de chose sur l'histoire de la vallée pendant le moyen âge. La vallée fut colonisée pardes Walser au XIVe ou au XVe s. à l'exception de Ferrera. Les von Marmels dans l'Oberhalbstein, et les Salis du Val Bregaglia y avaient des biens ; les premiers tenaient en fief de l'évêquele bailliage de cette vallée. L'hospice de St. Peter en avait à Ausser- et Inner-Cresta et à Julî. Comme ce fut le cas ailleurs, les Walser conservèrent leurs usages et leur organisation juridique. Ils nommaient librement leur ammann et leurs juges ; peu à peu la haute justice devint aussi une compétence de l'ammann. Ce dernier était choisi parmi les délégués des communautés et de la famille von Marmels. Le bailli épiscopal était nommé sur une triple présentation. En 1396, Avers avait déjà son propre sceau. En 1525, il passa à la réforme, à l'instigation de son curé Joh.-Rudolf Salis. En 1607, les habitants d'Avers furent condamnés par le tribunal de Coire et Ilanz à payer trente couronnes d'amende parce qu'ils avaient, avec quelques autres juridictions, signé la convention de Milan à l'insu et sans l'autorisation des trois Ligues.

La landsgemeinde se réunissait à l'origine le premier dimanche de septembre. Elle élisait un landammann, un vice-landammann, dix jurés et douze suppléants, qui étaient appelés les vingt-quatre lorsqu'ils fonctionnaient comme tribunal {Appelaz). Pour les affaires criminelles, le tribunal ne se composait que du landammann et de douze jurés. Après la conquête de la Valteline, Avers et Stalla furent rattachés à la juridiction de Remus, mais seulement en matière de vote, d'impôts et d'émoluments. Depuis la loi du 1er avril 1851, Avers forme un cercle autonome. — Voir Caviezel : Landschaft Avers. — Neuer Sammler 1872, p. 184.

— Planta : Herrschaften, p. 370. — Muoth : Aemterbûcher. — JSAC XXXIV. — Sprecher : Chronik. — Niischeler : Golteshduser, p. 115-116. — Sererhard, p. 43. — Mohr : Codex III, n° 163. — Gatschet : Ortsetymologische Forschungen. — Lemnius : Rseteis. — A. Porta : HR I, p. 77. — Branger : Walserrecht, p. 36-37.

— JHGG 1914, p. 246. — Anhorn, 190. — Statuten von Avers. — Der freie Ràtier 1914, nos 100-103. [L. J.l

AVIANO, P. Marc, * à Aviano (Italie), le 17 novembre 1631, f à Vienne, le 13 août 1699, capucin, prédicateur d'une très grande renommée. En 1681 il traversa la Suisse, visita l'abbaye de Mûri et passa trois jours à Lucerne. Il revint en Suisse en 1686, visita Lucerne et se rendit à Fribourg, où son passage, le 28 octobre, prit les proportions d'un véritable événement. La bibliothèque cantonale de Fribourg possède deux portraits et deux vies d'Aviano. Le couvent des capucins d'Altdorf un portrait. — Voir AF 1916.

— J.Gumy de Matran" Le P. M. d'A. à Frib dans Rev. des St. Fidelis Glôcklein, 1915-1916. — Heyret : P. M. von A. — Le palmier séraphique ou Vie des Saints et des hommes et femmes illustres des Ordres de Saint-François, VIII. — AS ï VI, 2. — ZSK 1914, p. 44. — Hist. Nbl. von Uri, 1914, p. 9. — Chronica Provinciae helv. capucinorum, 1884, p. 425, 741. — Kùchler : Chronik von Sarnen 441. [Corpataux.!

AVIATION. A. Avant le 1" août 1914. L'horloger Jakob Degen, mentionné si souvent comme Viennois et qui, en 1808 à Vienne et 1812 à Paris, étonna le monde par ses tentatives de vol, serait originaire

AVIATION

AVIATION

d'Oberwil (Bâle-Campagne). Il serait ainsi le premier Suisse qui se soit occupé pratiquement du problème de l'aviation. Après lui, nous trouvons notamment les peintres Bôcklin ei Steiger, l'architecte Chiodera et les frères Dufaux qui ont cherché la solution du problème. Ces derniers en particulier exposèrent en 1904 à l'Aéroclub de France un modèle d'appareil à hélice qui doit avoir donné à Santos-Dumont l'idée de ses essais. Les fameux vols libres de 60 et 220 m. exécutés par Santos-Dumont les 23 octobre et 12 novembre 1906 ne rencontrèrent aucune confiance dans notre pays. Seuls les succès de W. Wright, en août 1908, éveillèrent un intérêt général pour l'aviation et, le 22 novembre, fut fondée une Association suisse pour la navigation aérienne. En janvier 1909 Auff'm Ort fit en vain des essais de vol sur le lac gelé de Saint-Moritz avec un monoplan monté sur des skis au lieu de roues. En mars, Riedweg et Dôpfner cherchèrent à installer à Lucerne des aéroplanes pour la saison des étrangers. Du 1er au 3 octobre 1909, Jaboulin exposa un biplan français d'une surface portante de 55 m- avec moteur Gnome de 35 HP, mais ne vola pas. Le 14 octobre 1909, dans le but de développer l'aviation, il se fonda un Club suisse d'aviation qui n'obtint cependant pas plus de succès que l'Association fondée l'année précédente, car l'argent manqua aux deux sociétés. Le sport de l'aviation resta à l'initiative privée, car l'Etat ne fit à peu près rien pour le soutenir. A la vérité, Affolter à l'Ecole polytechnique de Zurich et Livventaal à l'Université de Lausanne firent un cours sur la théorie de la navigation aérienne. Du 9 au 11 janvier 1910 eut lieu, à Planeyse près de Colombier, le premier meeting d'aviation suisse; trois machines y furent détruites, mais aucun aviateur ne réussit à s'élever. Par contre le Suisse Audemars fit parler de lui avec ses vols en France sur son appareil « Demoiselle ». Pour stimuler les constructeurs suisses, le Genevois Eynard fonda la « Coupe Eynard » de 10000 fr., en faveur du premier qui survolerait le Léman dans le sens de la longueur sur une machine entièrement suisse. Deux ans après, René Grandjean gagna le prix Le premier vol réussi dans notre pays était effectué à Saint-Moritz le 25 fév. 1910 par le capitaine Engelhardt qui avait utilisé une sorte de skis au lieu des roues ordinaires. De même en février 1910 se fonda à Lucerne la Société Aero qui ouvrit le 24 juillet suivant la première station suisse d'aviation et de navigation aérienne. Le 28 août 1910 A. Dufaux survola le Léman et gagna ainsi le prix de 5000 fr. des industriels Perrot et Duval. Dès lors, les meetings d'aviation rencontrèrent plus de succès. Dans celui du 8 au 10 octobre 1910, près de Berne, Failloubaz obtint le premier brevet suisse d'aviateur. On créa aussi des places d'aviation. Ainsi l'aérodrome de Dubendorf fut inauguré fin octobre 1910 par une grande semaine d'aviation, mais déjà à fin décembre 1911 eut lieu la liquidation de cette place d'aviation sur laquelle on avait fondé tant d'espérances. Le terrain de Collex près de Genève n'eut pas plus de succès. Une école de navigation aérienne, que Schœck projetait de fonder à Fribourg, n'éveilla aucun intérêt et manqua aussitôt d'argent: les premières délibérations restèrent sans lendemain. L'Etat, qui jusqu'alors n'avait rien fait pour l'avia-

L'avion de Degen en 1808.

tien, accorda exceptionnellement de modestes subventions à des officiers qui se rendaient à l'étranger pour leur instruction ou qui allaient s'y spécialiser en service commandé. C'est ainsi que le premier-lieutenant de cavalerie Real étudia l'aviation à Darmstadt et le lieutenant du génie Santschi la navigation aérienne l'année

suivante également en Allemagne. Le 9 mai 1911, Real entreprit un vol de Darmstadt à Berne par Bâle ; près de Làufelfingen, dans un atterrissage forcé, il brisa son appareil mais s'en tira indemne. L'année 1912 fut une

Type d'avion utilisé en Suisse en 1914.

période de stagnation. Cependant grâce à l'initiative de l'Aéro-Club suisse, la Société suisse des Officiers et l'Association de la presse suisse proposèrent au Département militaire fédéral d'instituer une collecte nationale à l'instar de ce qui s'était fait dans les Etats voisins. Parmi les records de 1912 mentionnons : Hauteur, 1200 m. par Maffei à Lugano; duri-e, 1 h. 7' par Blanc à Dubendorf; distance, 110 km. par Durafour, trajet Avenches-Genève ; distance et durée avec un passager, 80 km. en 48' par Burri à Bienne.

L'année 1913 devait être celle de la Collectenationale, aussi les aviateurs rivalisèrent-ils à l'envi. Les principales performances furent celles d'Oscar Bider, breveté le 8 décembre 1912 à Pau. Il acquit une célébrité universelle par sa traversée des Pyrénées et des Alpes. Ses records sont : Hauteur, 3050 m. le 13 juillet; durée, 3 h. 9' le 26 juillet ; dislance, 250km., Milan-Liestal. La collecte produisit vers la fin de l'année plus d'un million et demi de francs, somme qui fut portée le 30 juin 1914, clôture de la collecte, à un million sept cent mille francs.

B. Du l«r août 1914 à la fin de 1918. Au moment où éclata la guerre européenne, le capitaine Real, qui peu de jours auparavant avait été chargé d'organiser un corps d'aviateurs militaires, saisit aussitôt d'office tout le matériel privé d'aviation se trouvant dans le pays; ainsi toute activité civile dans ce domaine fut arrêtée sauf à l'Ecole supérieure aéronautique de Lausanne, ouverte à la suite d'une permission spéciale au printemps 1915, et dont l'activité fut très modeste. Notre aviation militaire profita heureusement du fait que plusieurs maisons étrangères renommées avaient envoyé leurs produits à notre Exposition nationale ouverte en mai 1914. L'élite des aviateurs volontaires comprenait les noms de Bider, Audemars, Burri, Cuendet, Parmelin, Durafour, pendant que les officiers aérostiers observateurs comptaient notamment Messmer, Santschi et d'autres. La troupe se composait d'engagés volontaires de toutes les armes et d'hommes des services auxiliaires. Des étrangers furent aussitôt engagés avec de hauts traitements comme mécaniciens spécialistes. Néanmoins le tout gardait un caractère bien modeste et provisoire, et n'eut suffi que pendant peu de jours en cas de combat. Des rapports de service adressés à l'état-major général et au département militaire insistèrent de diverses manières sur le fait que le moment était venu d'utiliser la somme de 1700 000 fr. produit de la collecte en faveur de l'aviation. Avec beaucoup de peine cependant on se mit enfin à construire dos avions dans les ateliers fédéraux de Thoune vers la fin de 1915. Des tentatives privées pour introduire une industrie suisse des aéroplanes furent

Wt

AVIATION

AVITLS

conirerarrées de toute manière par les établissement! de l'Etat. Ceux-ci durent mettre hors de service en juin 1 1> 1 8 une série de 30 appareils sortis des ateliers de Thoune, des vices de construction tout à fait inatten dus ayant été constatés, de sorte que les aviateurs refusèrent de s'en servir. Malgré d'énormes efforts et la dépense de nombreux millions, on ne disposait, le 1 "no vembre 1918, que de20 avions d'école et d'entraînement nullement équipés pour la guerre. Comme appareils de guerre, nous possédions Savions d'observation de construction suisse et 5 Nieuport de chasse achetés en France et considérés depuis longtemps comme vieillis dans les armées belligérantes. Le reste de notre parc d'aviation, en tout 36 machines, était en réparation dans les ateliers fédéraux. Les capitaux engagés à ce moment-là dans l'aviation militaire s'élevaient à plus de 7 millions de francs.

C. Du commencement de 1919 au milieu de 1920. Le 1er janvier 1919 on institua, pour remplacer le commandement militaire de la place de Dubendorf, une direction fédérale avec un caractère plus civil. Par raison d'économie, on avait déjà licencié vers la fin de 1918 trente-deux aviateurs militaires sur les 62 dont on disposait. Les trente qui restaient formèrent dès lors, avec un certain nombre d'auxiliaires, en tout 128 hommes, le personnel subordonné à la nouvelle direction. Le corps d'fes officiers observateurs comptait alors à peine une douzaine d'hommes. Ils restèrent attachés à la division d'aviation et se virent astreints à exécuter huit heures de vol par mois pour lesquelles ils recevaient une indemnité de 50 fr. par heure. Pour susciter un trafic aérien civil, on institua à Dubendorf la poste aérienne entre cette place et Berne. Elle ne lit pas ses frais, le trajet étant trop court; prolongé jusqu'à Lausanne, il ne produisit pas de meilleurs résultats, de sorte que la poste aérienne fut supprimée le 1er novembre 1919; le déficit mensuel s'élevait à environ 5000 fr. Le licenciement de tous ces aviateurs militaires eut pour conséquence immédiate la fondation d'une série de petites et de grandes sociétés d'aviation. Citons entre autres : VAéro S.- A., fondée à Zurich en janvier 1919 au capital de 200 000 fr.; elle se proposait comme but de créer des communications aériennes entre l'Engadine et les plus grandes villes du pays et la vente de vues photographiques aériennes. Le 15 décembre 1919 la société aérienne Ad Astra S.-A., au capital de 300 000 fr., avec siège à Zurich, vit le jour. Elle fusionna le 24 février 1920, avec l' Avion tourisme, fondée à Genève, qui se proposait de relier par les airs au moyen d'hy-

août 1919 furent abrogées par une Réglementation de la circulation aérienne en Suisse, du 27 janvier 1920. Par li on ventions provisoires des 6 no vembre et 9 décembre 1919, les relations aériennes entre la Suisse, l'Angle-

Biplan Wild de 1915, jusqu en 1918 la meilleure construction de provenance suisse.

droavions' toutes les grandes villes suisses situées au bord de l'eau. Le 1er mars 1919 une commission fut nommée et sur la base de ses travaux on essaya, durant cette année-là, de réglementer quelque peu la circulation aérienne. Par décision du Conseil fédéral, les ordonnances du Département militaire des 18 juillet et 1er

Type d avion utilisé en Suisse en 1920.

terre et la France furent réglées. Le 1er avril 1920, on institua un Office aérien fédéral adjoint au Département fédéral des Postes et Chemins de fer; le major Isler, de Dubendorf, fut appelé à le diriger. Le 20 septembre 1920 une convention aérienne entre la Suisse et l'Allemagne entra aussi en vigueur. A la suite des critiques publiques qui s'étaient fait jour lors de la mise hors de service d'une série d'appareils fabriqués à Thoune, la fabrique de wagons de Schlieren entreprit à titre d'essai la construction des avions en automne 1918. Le premier appareil sortit des ateliers au milieu de mars 1919. Malheureusement il arrivait trop tard ; la cessation des hostilités fit supprimer la fabrication des avions en série par la fabrique de Schlieren ; on n'en avait plus besoin et les crédits accordés furent attribués aux ateliers fédéraux pour la construction des nouveaux aéroplanes. Par contre la fabrique suisse de locomotives à Winterthour et la fabrique de moteurs Saurer à Arbon, à la demande de la division de l'aviation, entreprirent dès 1915 la construction de moteurs d'aéroplanes. Parmi les prouesses accomplies après la guerre, il faut mentionner surtout le vol de Bider qui, le 22 juin 1919, fit une double traversée des Alpes. Cette performance est la plus belle qui ait été accomplie dans notre pays jusqu'au milieu de 1920. Le 7 juillet 1919, Bider fit une chute mortelle à Dubendorf. [E.-T. Santschi.]

AVICULA MONS. Voir Saint-Bernardin.

AVIOLAT. Famille vaudoise originaire d'Aigle où elle est citée dès 1426. Elle s'est ramifiée dans toute la région et a fourni plusieurs fonctionnaires locaux. Armoiries : d'argent à trois fleurs de violettes au naturel, tigées et feuillées de sinople, mouvant d'un mont à trois coupeaux de même. — Voir Henrioud : Livre d'or. [M. R.]

AVISE. Famille originaire d'Aoste, dont plusieurs membres s'établirent dans le Valais, alliés aux familles de Collombey, de Mar, de Leytron, etc. — Anselme, chanoine de Sion 1290. — Vionin. seigneur de la Motte, notaire, stipula en 1348 un arrangement entre l'évêque Guichard Tavelli et la commune de Sion. — Voir Tillier : Le duché d'Aoste. — Gremaud I-IV. — Rameau : Châteaux. [Ta.]

AVITUS, Alcimus-Ecdicius, issu d'une famillenotable delà Province romaine, évèque devienne vers 494, t vers 526. Il fut propagateur du catholicisme dans le royaume arien des Burgondes sous Gondebaud et exerça une grande influence sur le fils et successeur de ce roi, Sigismond, qui embrassa le catholicisme. Il laissa des lettres, des poésies et des homélies ; quelques-unes de ces dernières, prononcées lors de la consécration des basiliques de Genève et de Saint-Maurice, sont importantes pour l'histoire de ces villes; de même, quelques

Page 1