‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 2)Chapitre 279 sur 329 · BACON · texte numérisé non relu

BACON

IUDEN

* à Genève le 20 janvier 1733, reçu bourgeois le 20 mai 1771, maître horloger e1 marchand. Il acquit en L776 le c liât eau cl. le (loinaiiic 1 1 1 • Saiul - Loup sur Versoix, prit, le 1er juin 1780, du service dans le régimenl de Meuron de la compagnie hollandaise des Indes orientales ; capitaine 1785-1786, major 1790. f le 4 février 1814 à Ghampel. — Régiment suisse de Meuron, l'Uni nominatif des ojliciers, 1781-1816. — 4. CÉSAR-HlPPOLYTE, fil du n° 3, * à Versoix le Hi février 17'J't, établi à. Buenos- Ayres, y publia en 1833: lielation du naufrage de la... Vigilance. — Sa femme, Andrienne-Pai i.im . née Ma naire, 1796-1855, peintre miniaturiste. - — SKL I. — 5. ËTIENNE-AUGUSTE-ISAAC-ChARLES, lils du n" 'i, * à Genève le 24 février 1817, avocat du Sultan, t à Conslantinople le 16 décembre 1873. — Notes inn^. de M. Eug. Hitter. — Arch. d'État Genève. (1'. E. M.]

BACON, HUMBERT, serrurier, originaire de Delémont. Vers 1714, il confectionna la magnifique grille en fer forgé qui séparait le chœur du reste de l'église de Bellelay. Aujourd'hui, cette grille se voit à l'entrée du jardin de l'ancienne propriété Wildermett à Bienne. — Voir Schwab : L'art et les artistes du Jura bernois. — SKL I. [G. A.]

BACTOCHI. Voir Baciochi.

BADE. Voir Badius.

BADE. I. Bade-Durlach. Vers 1530 le margraviat de Bade se divisa en deux : Bade-Bade, qui resta catholique, et Bade-Durlach, où le margrave Karl II introduisit la Réforme. Bade-Durlach touchait à la Suisse au Sud par les seigneuries de Rothelin, Badenweiler et Sausenberg. Lors de la guerre des paysans en 1525, Bâle servit de médiatrice entre le margrave Ernst, le fondateur de la branche Bade-Durlach, et ses sujets révoltés. En 1531, c'est le margrave qui était parmi les médiateurs dans la deuxième guerre de Cappel. Le 29 août 1612, Berne et Zurich conclurent avec le margrave Georg-Friedrich une alliance défensive pour douze ans. Elle n'eut jamais à déployer ses effets. En 1667, une proposition du margrave FriedrichVI derenoueretd'étendre l'alliance aux autres cantons évangéliques fut repoussée. Dès 1677, pendant la guerre des Pays-Bas, les margraves s'efforcèrent de neutraliser leur territoire limitrophe de la Suisse, soit le haut margraviat, en le plaçant sous la protection des Confédérés. Ce projet donna lieu à des discussions entre Bade-Durlach, les Confédérés, la France et l'Autriche en 1678; pendant la guerre de succession du Palatinat en 1689 et 1691 ; avant et pendant la guerre de succession d'Espagne, où on aboutit à la nomination d'un « Représentant » des Confédérés, et à décider une « Salvegarde » d'un ou deux députés de chacun des XIII cantons. Elle fut reconnue par le général des impériaux et l'ambassadeur de France, ce qui n'empêcha pas Villars de dévaster le margraviat en 1702. Les négociations furent reprises vers 1720 et pendant la guerre de succession de Pologne. Un des motifs des margraves pour demander cette neutralisation était de libérer ces territoires de la dépendance de Bâle. Les margraves possédèrent des propriétés dans cette ville, entre autres, de 1648 au XIXe s., les hôtels Bàrenfels et Eptingen. A plusieurs reprises les villes et cantons suisses servirent de parrains a des membres de la famille Bade-Durlach en 1658, en 1675, en 1701 et en 1728.

En 1771, Bade-Durlach et Bade-Bade formèrent un seul Etat sous Karl-Friedrich. Ce dernier eut quelques mésintelligences avec la Suisse sous la République helvétique ; ainsi en 1799 à cause de menées révolutionnaires parties de Bàle. Parmi les Suisses qui furent en relations avec Karl-Friedrich de Bade, il faut citer Lavater.

II. Electorat. Par décret d'empire du 25 février 1803, une série de territoires d'empire furent incorporés à Bade et le margrave prit le titre d'Electeur. Parmi ces territoires se trouvait l'évêché de Constance. Par accord signé le 6 février 1804 à Schaffhouse entre la Confédération et l'Electeur, les cantons obtinrent les possessions et les droits que l'évèque de Constance avait en Suisse. Le 28 avril suivant, l'Electeur renonçait également aux propriétés du prince-évêque de Bàle situées en Suisse. Par la paix de Presbourg, du 26 décembre 1805, le Brisgau fut cédé à l'Electeur de Bade, avec qui furent continuées les négociations de la part des Confé-

au sujet de leurs prétentions sur les biens du clergé en Brisgau, entre autres sur le couvent de Saint-Biaise. Quelques cantons continuèrent de leurs côtés les pourparlers. En 1806, le gouvernement badois pensa sérieusement à s'agrandir aux dépens de la Sui^e. Apres que l'Electeur Karl eut épouse Stéphanie Beauharnais, la fille adoptive de Napoléon, H demanda à ce dernier la Sui-sc entière à titre «le - Royaume d'Helvétii

111. Grand-Duché Créé en 1800, le grand-duché de Bade fui en 1810 parmi les Etats auxquels Napoléon ordonna le blocus commercial contre la Suisse. En 1818 survint un différend sérieux entre la Confédération et Bade au sujet des prêtent ions de ce dernier dans le Fric total, qui avait été' incorporé à l'Argovie, et du séquestre mis sur les biens des cantons dans le grand-duché. Une députation particulière de l'ancien bourgmestre Escher, de Zurich, ne parvint pas à obtenir la levée du séquestre, qui fut, cependant, accordée beaucoup plus tard. Un autre différend fut soulevé par une loi douanière badoise en 1825; elle était contraire aux traités et fut remplacée l'année suivante par un traité provisoire, défavorable à la Suisse. Les 5 et 6 avril 1832, les troupes bàloises violèrent le territoire badois ; l'incident fut liquidé à la suite des regrets exprimés par la Confédération. Après l'expédition de Savoie de 1834, Bade se joignit à la campagne diplomatique menée contre la Suisse pour exiger l'expulsion des fugitifs, et interdit aux ouvriers de se rendre en Suisse. En outre, il fit border de troupes sa frontière Sud. Les soulèvements badois de 1848 et 1849 obligèrent la Suisse à faire occuper la frontière. De nombreux insurgés trouvèrent asile en Suisse, ce qui provoqua un échange de notes avec le gouvernement badois au sujet des inquiétudes que lui causaient ces réfugiés. Bade fit partie de la Confédération germanique de 1815 à 1866 et de l'empire allemand dès 1871. A la suite de la révolution allemande de novembre 1918, la république fut proclamée dans le grand-duché, et le souverain abdiqua formellement le 22 novembre. — Vergl. Fr. von Weech : Badische Gesch.

— Obser : Die Reise einer eidg. Gesandsch. nach Durlach und Strassburg 1612 dans ZGO nouv. série XXIX. — Vierneisel : Neutralitàtspolitik unter Markgraf Karl Wilhelmvon Baden- Durlach, dans ZGO nouv. série XXXI II- XXXV. — CEchsli. — Fr. von Wyss : Leben des Bilrgermeister David von Wyss. — Cari Roth : Der ehemalige Basler Besitz der Markgrafen von Baden, dans BJ 1912.

— Funk : Die Schweizerreise des Markgrafen K. F. von Baden imJuli 17 8 3... dans ZGO nouv. série 29. — Gustav Steiner : Rheinbund. — Kônigreich Helvetien dans BZ XVIII. fC. B.]

BADEL. Famille des cantons de Genève et Vaud. A. Canton de Genève. Famille originaire de Certoux, connue dès le XVe s. — 1. DENIS, du Conseil des L en 1457, conseiller en 1458. — 2. Charles, 1823-1905, député au Grand Conseil de 1876 à 1880 et de 1882 à 1884. — 3. François, 1833-1900, aussi député au Grand Conseil de 1892 à sa mort. — Voir : Arch. d'État Genève. — Recueil des Lois, Genève. [C. R.]

B. Canton de Vaud. Famille originaire de Bassins, où elle est qualifiée de noble en 1484. Elle acquit au XVIe s. la seigneurie de Moinsel près Begnins, puis au XVIIe s. celle du Martheray près Rolle. Cette famille essaima à Genève et en France. — Voir J.-L. Badel- Grau : Les familles Badel.

BADEN (latin Aquae) (C. Argovie, D. Baden. V.

DGS). Ville. Vient du ahd.

Badon (ancien datif du pluriel deBad) «près des bains».

Baden se forma au XIIIe s.

entre les châteaux supérieur et inférieur, où la Limmat coupe la chaîne delà Lâgern, et non sur l'emplacement de l'ancienne Aquae près des grands bains. Sceau : un couple de baigneurs dans une baignoire de pierre entourée d'un cep de vigne.

Armoiries : dès le commen-

Premier sceau de la viile de Baden.

BADEN

BADEN

cément du XV Ie s., celles attribuées aux comtes de Baden, d'argent au chef de gueules soutenu d'un pal de sable. Histoire jusqu'en 400. Baden et ses environs furent sans doute l'une des premières contrées colonisées de la Suisse ; partout aux environs se trouvent des tumulus et des débris d'ustensiles et d'armes. Nous ne pouvons savoir si les sources thermales étaient déjà connues dans la période préromaine. Tacite (Histoire, I, chap 67), dit qu'Aquae est comparable à une ville et très fréquentée pour ses bains. Baden prit une grande importance par suite de la proximité de Vindonissa, dont elle devint le faubourg. Un grand pont de bo;s traversa'tla Limmat près des grands bains. Des petits bains, une route conduisait par Wettingen, Wûrenlos et Kloten a Winterthour. Différentes routes secondaires s'en détachaient encore La participation des Helvètes au soulèvement contre Vitellius (69 après J.-C.) leur fut fatal ainsi qu'à Baden. VI°-XIIe s. — Durant les invasions Baden disparut complètement de l'histoire, et c'est seulement sous les carolingiens que ce nom réapparaît. Après diverses pér péties, sous les empereurs saxons, les Zâhringen administraient l'Aargau et les Nellenbourg le Zurichgau. En 1077, ces derniers perdirent leurs droits de gaugraves du Zurichgau par suite de la querelle des investitures, ces droits passèrent aux Lenzbourg. A l'extinction de cette famille et de la branche collatérale, les comtes de Baden, la ville passa aux Kibourg qui y envoyèrent leurs avoués (procurateurs). Ceux-ci habi taient au Niderhus. Les avoués connus sont Ulrich (t 1244), représentant des deux comtes Hartmann de Kibourg, et son successeur Rudolf de Hettingen ; Ls portaient les titres de minister, procurator, officialis. A l'extinction de l'ancienne branche des Kibourg parla mort de Hartmann l'Ancien (1264). les terres de sa maison passèrent à son neveu Rodolphe de Habsbourg. Par suite de l'extension des propriétés des Habsbourg vers l'Est, la Reuss cessa d'être la frontière entre l'Aargau et le Zurichgau et Baden passa dans ] Argovie habsbourgeoise De cette époque, milieu du XIIIe s., date la dénomination de Baden im Aargau. La ville de Baden jouit constamment de la faveur du futur roi. Quand Rodolphe alla habiter Vienne, ses fils administrèrent les « hauts pays », mais lui-même s'arrêta souvent encore à Baden ; ainsi en mai 1288, lorsqu'il conclut la paix avec Berne

Baden sous la domination autrichienne (1291- 1415). — Mentionné encore comme village dans un rôle duroiBodolpheen 1281, Baden est déjà nommé notre nouvelle ville dans un acte du 10 avril 1298 II obtint peutêtre ses franchises en cette année-là, en même temps que Mellingen, ou peu après, car les deux villes ont à peu près les mêmes franchises que Winterthour. Le successeur de Rodolphe, le roi Albert (1298-1308), soutenu parles Argoviens et les bourgeois de Baden dans sa lutte contre Adolphe de Nassau s'y arrêta souvent, y signa des actes encore le 25 avril 1308 ; c'est de là qu'il partit le 1er mai 1308. Le soulèvement général attendu contre la maison d'Autriche échoua, car les villes argoviennes, Baden la première, restèrent fidèles. La présence du jeune duc Léopold à Baden dans les années suivantes fut motivée parles luttes pour le trône et par les préparatifs contre les Waldstâtten, qui eurent au Morgarten une si malheureuse fin Le duc Léopold recourut souvent à l'aide financière de Baden Pendant la guerre de Zurich, la ville fut la place d'armes et la porte de sortie de l'armée autrichienne ; le duc y tenait 16 otages zuricois sous une étroite surveillance Le 25 décembre 1351, Rodolphe Brun entreprit sa razzia dans le Siggentai jusqu'à l'Aar ; les Zuricois incendièrent les petits bains, mais furent entourés et violemment attaqués au retour près de Dàttwil : le combat se termina à leur avantage devant la porte du haut de Baden, après le coucher du soleil; Baden déplora la perte de 31 bourgeois En 1396, un incendie détruisit beaucoup d'anciens documents, de chartes et de sceaux Le duc confirma cependant les anciens droits de Baden (Lins la même année. La ville dhbs — 32 v

eut, ainsi que Wettingen, beaucoup à souffrir de l'invasion des Gugler en 1375 et 1376. lui 1386, le duc Léopold y réunit sa puissante armée qui fut défaite près de Sempach le 9 juin 1386. La chanson d'Albert Suter parle aussi « de ceux de Baden » ; la ville avait de nouveau à regretter la mort de quelques-uns des siens, comme aussi après Nâfels, mais sa bannière put être sauvée à Sempach. Après la trahison de Weesen, la guerre prit un caractère sauvage. Les incursions des Schwyzois et des Zuricois causèrent de grands dommages à Baden ; ]es grands et les petits bains furent incendiés en grande partie et les deux corps dévastèrent complètement la cam-

tùtkyJ Us

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Baden 1712 M

1 Baden en 17/2

Baden 1320 ES Baden en 1320

Grosse Bader G B Grands bains

Stadthaus

1 Hôtel de ville

Spital

Hôpital

Kath. Kirche

2 agi. catholique

Bahnhof

Gare

Schulhâuser

3 Ecoles

Post

Poste

ndvogteischlos

s 4 fine château bail/ival

Réf. Kirche

fgl réformée

Plan de la ville de Baden.

pagne environnante. Baden soupirait en outre sous la charge croissante des impôts et les emprunts répétés de la maison d'Autriche épuisaient ses finances. On ne peut donc pas accuser Baden d'infidélité si elle conclut avec le chevalier Hermann de Sulz et sept villes argoviennes une alliance de combourgeoisie avec Berne. Cette alliance n'empêcha pas, le 25 avril 1415, les troupes des VIII anciens cantons, moins Berne, de paraître sous les murs de la ville. Burckhart de Mannsberg était déterminé à défendre le Stein et la cité, bien que celle-ci eût préféré capituler à de bonnes conditions comme Mellingen et Bremgarten. Une partie des murailles ayant été démolies, la ville et le fort du bas se rendirent le 8 mai à la condition que leurs anciens droits et franchises fussent confirmés. Mannsberg s'enferma dans le Stein et repoussa toutes les demandes de reddition. Ce château ne put être pris que grâce à la grosse bombarde des Bernois, et fut incendié le 20 mai 1415. Les archives autrichiennes ainsi que l'important Habsburger Urbar de Burkhart de Frick furent emportés à Lucerne. L'année suivante, l'empereur abandonna le territoire occupé à ti-

ÀTril 1921

UAI)K.\

La ville île Baden vers 1GS0. (D'après une gravure sur cuivre de M. Merian).

La ville de Baden vers 1835. iD'après un dessin rehaussé de couleurs de .1. B. Isenring).

BADEN

BADEN

tre de gage d'empire. Celui-ci ne pouvait être racheté par l'empereur qu'avec l'assentiment de Zurich et moyennant 10 500 il. La ville de Baden fut l'objet d'un acte spécial qui punissait d'une amende de 20 marcs d'argent celui qui la molesterait dans ses droits et libertés Le 2 décembre 1421, l'Autriche remit formellement aux Confédérés, à Aarau, les territoires qu'ils occupaient, Aarau, Baden, Mellingen, etc.

Baden sous la domination des Confédérés (1415- 1798). — Le passage de Baden aux VIII cantons (Berne eut part à son administration en 1426 et Uri seulement en 1445) valut à la ville des avantages ec des inconvénients. En 1424, les Confédérés décidèrent, de tenir toutes les années à Baden, le jour de Pentecôte, une Diète pour la

en 1529, les cantons catholiques surveillèrenl attentivement Baden. Les gardes delà ville furent renforcées, car on craignait une attaque de la part des Zuricois. Une demande de Berne et Zurich de leur accorder un prédicant, à leurs frais, pendant la Diète de Baden, fut repoussée par le conseil. Après la deuxième paix natio nale, 1531, la politique de Baden lui dirigée par les V cantons. Baden prit peu de part à la guerre des paysans : dans ses murs siégeait la Diète d'une façon presque ininterrompue ; 40 hommes accoururent au secours de Mellingen menacée par les paysans. Baden se tint également aux côtés des catholiques pendant la première guerre de Villmergen, et, malgré la protestation de Zurich, accepta une garnison de 300 hommes. C'est

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BadeD, vue prise en avion à l'altitude de GOO m. au-dessus du soljpar l'Aéro-Zuricb, Comte, Mitlelholzer et Cic, en juillet 1910.

reddition des comptes. Les droits de la ville furent respectés, et même au début Baden fut intéressé par les cantons dans leurs conflits ; ainsi en 1437 dans la succession du Toggenbourg. Baden fut souvent le siège de tribunaux arbitraux (en 1469 à l'occasion de l'alliance des cantons avec l'évêque de Constance) et d'une façon permanente dans les conflits entre Bâle, Schaffhouse et Appenzell ; plus tard entre Bottweil et les Confédérés. Pendant la guerre de Zurich, la ville reçut une garnison et devint une place importante pour l'armée des cantons. La garnison répondit parfois courageusement aux incursions des Zuricois. Les conditions de paix, négociées à Baden en mars 1444, furent repoussées avec passion par Zurich. Seule la paix du 12 juin 1446 déchargea Baden et la campagne d'un lourd fardeau. En 1499, pendant la guerre de Souabe, Baden servit de nouveau de place de rassemblement contre le Fricktal autrichien. Les progrès de la nouvelle religion à Zurich firent impression sur Baden. Une émeute fut provoquée par le cure Stàhli à Weiningen ; poursuivi par le bailli, il fut défendu vaillamment par les paysans de sa commune. Après la conversion de Bremgarten au protestantisme,

encore à Baden que fut signée la troisième paix nationale des 26 février-7 mars 1656. Malgré la protestation de Berne et de Zurich à la Diète, la reconstruction du Stein fut poussée énergiquement et, en 1670, cette flère forteresse était de nouveau debout. Pendant la deuxième guerre de Villmergen, 1712, les Bernois et Zuricois commencèrent le 25 mai le siège de la ville et de la forteresse, défendues par plus de 1000 hommes des V cantons et du Freiamt et 63 canons. Le 1er juin, elles se rendirent ; la garnison sortit avec les honneurs de la guerre, en conservant ses bannières et ses armes, mais non l'artillerie. Baden fut occupée par 800 hommes sous les ordres du colonel Hackbrett, de Berne. Après de longues négociations, Berne se rendit le 9 juin à la demande de Zurich de démolir le' Stein, et le même mois déjà la forteresse était réduite en ruines. La ville prêta serment le 3 juin aux deux cantons et dut livrer son argenterie. Le 5 juin eut lieu le premier service divin réformé. Après la défaite des catholiques à Villmergen, les V cantons durent renoncer, dans la quatrième paix nationale du 25 juin, à la ville et au comté de Baden en faveur des protestants. A la suite du refus des cal holiques de siéger

BADEN

BADEN

à Baden, la Diète fui transférée à Frauenfeld, ce qui causa un grand Inrl à la \ ille. Le 16-19 mais 1 798, la souveraineté des cantons prit fin, Zurich, Berne >•( Glaris j

Le

Hein de Baden d'après une gravure ^ir cuivre de 1700 environ. D'après W. \lerz: Burganlagen.

ayant renoncé formellement. Baden cessa ainsi d'être pays sujet et devint, tôt après, la capitale du nouveau canton, qui exista jusqu'en 1803. L'Acte de médiation créa le canton d'Argovie dans ses limites actuelles. Baden, après qu'on lui eut enlevé les communes protestantes de Schlieren, Dietikon, Œtwil, devint le chef-lieu du district du même nom, et il l'est resté jusqu'à présent.

Divers. Le plus ancien document concernant l'église date de 1300 ; elle appartenait alors à l'archidiaconat de Zurich, décanat de Rapperswil. En 1363, elle fut donnée par l'Autriche aux von Hewen ; en 1408, le couvent de Wettingen en obtint la collation. La cure date de 1617, et en 1624 fut décidée la construction d'une église collégiale, agréée par l'évêque en 1649. La paroisse fut détachée du chapitre de Regensberg, mais incorporée à nouveau en 1875. Cinq chapelles existent encore : la chapelle Saint-Nicolas, primitivement chapelle du château des Habsbourg, celles de Maria de Wyl, de Saint- Sébastien (autrefois ossuaire), des Trois Rois et de Sainte-Anne. Le couvent des capucins fut érigé en 1593, reconstruit en 1654 et supprimé en 1841, il fut démoli peu après. Jusqu'en 1612 exista un couvent de femmes ; en 1618 fut construit dans le faubourg une petite église et couvent du couronnement de Marie, agrandi en 1623, supprimé en 1841, réouvert l'année suivante et définitivement supprimé en 1876. C'est aujourd'hui un asile catholique privé pour enfants nécessiteux. L'église réformée a été bâtie en 1713 avec les matériaux du Stein, et la cure acquise en 1726. L'hôpital fut fondé par la reine Agnès, la fille du roi Albert, et en 1351 déclaré franc d'impôts. En 1677, il possédait toutes les dîmes du Rohrdorferberg. Sa fortune dépassait le million en 1810 ; en 1819, à l'occasion de la séparation de Baden et d'Ennetbaden, on en préleva près d'un demi-million en faveur de différents fonds. Un maître d'école est mentionné en 1400 ; en 1650 trois ecclésiastiques remplissent ces fonctions. Une nouvelle maison d'école fut construite en 1857 sur l'emplacement de l'ancien couvent des capucins ; le nouveau collège primaire date de 1903. Les registres de paroisses datent pour les catholiques : naissances 1573, mariages 1586, décès 1588; pour les protestants : naissances 1718, mariages 1792, décès 1716.

Institutions. La ville de Baden avait déjà de grandes franchises sous la domination autrichienne. Sa situation privilégiée lui fut confirmée par Zurich et Berne qui déclarèrent qu'elle conserverait tous ses droits de juridiction civile et criminelle ainsi que son administration. Les premiers étaient aussi applicables à Ennetbaden. L'organisation civile de Baden avait pris avec le temps un caractère aristocratique. A la tète de la ville il y avait un Petit Conseil de 12 membres et un Grand Conseil de 40 membres, chacun avec un avoyer

à la tête. Les (onctions de conseiller étaient à vie au XVIII" b.; le Petil i recrutait lui-même. L'a-

voyer <lu Petil Conseil était confirmé chaque année; cette confirmation, ou éventuellement Domination, avait lieu par Le Grand Conseil el 60 représentants de la bourgeoisie. L'avoyer du Grand Conseil, dit avoyer des (Juarante, était désigné par le Grand Conseil lui-même. Le Petit Conseil détenait la plus grande partie des pouvoirs ; c'esl parmi ses membres que les deux conseils choisissaienl les principaux fonctionnaires de Baden.

TRIBUNAUX. Baden avait Unis sortes de tribunaux. 1 . Le tribunal pour dettes (6 membres du Grand Conseil el 2 représentants de la bourgeoisie). 2. Le tribunal pénal, sous la présidence de l'avoyer. Les instances de recours étaient le Petit et le Grand Conseil, pui- le "Syndicat» et enfin les cantons. 3. Le tribunal criminel, composé des deux conseils réunis. Dès 171-!, la ville dut prêter serment tous les dix ans, le plus souvent avec Breingarteri et Mellingen, à Baden même. Dès cette époque aussi, les cantons exercèrent une certaine surveillance sur la ville, le bailli possédait un double de la clef de la tour et devait assister à toutes les séances du Grand et du Petit Conseil.

Le Niderhus ou le château du bas (appelé aussi «Stein.) plus tard château du bailli, était à l'origine un petit château sur la rive droite de la Limmat. Il commandait le passage du fleuve et fut le siège des baillis des Lenzbourg, des Kibourg et des Habsbourg. Il fut construit de 1363 à 1486, agrandi en 1579, el servit de bâtiment de l'école secondaire de 1807 à 1857. 11 abrite aujourd'hui le musée historique. Sur l'emplacement du Stein, forteresse du haut ou ancien château, les Bomains avaient déjà une tour d'observation. Le Stein fut brûlé le lundi de Pentecôte 1415, reconstruit de 1655 à 1670 et définitivement démantelé en 1712. La porte supérieure (Oberlor), fut démolie en 1874 ; la porte inférieure, appelée aussi porte de Brugg, aujourd'hui Stadtturm, fut manifestement reconstruite en 1440 avec d'anciens matériaux, et rénovée en 1509. 1572, 1755, 1823 et 1899.

Le château baillival de Baden d'après une photographie.

Le pont près du château baillival était connu déjà en 1242 ; en 1649 fut élevé un pont suspendu, brûlé par les Français en 1799et reconstruit en 1809-1910. Baden était relié à Ennetbaden au moyen d'un bac ; le pont existe

BADEN

BAUEN (ARTICLES DE)

depuis 1819 et a été remplacé en 1879 par un autre à tablier métallique. La Limmai était autrefois une roule commerciale très fréquentée à cause des foires de Zurzach et des bains de Baden. Dans les années 1830 eneore, le bateau des bains faisait tous les jours le trajet jusqu'à Zurich. En 18't7, la ligne Baden-Zurich, la Spanisch-Brôtli-Bahn, la première ligne de chemin de fer de Suisse, fut ouverte. Baden comptait en 11)20 9600 habitants.

Voir Welti et Merz : Die Stadtrechte von Baden und Brugg. — J.-J. Hôcble : Gesch. der Reformatiort und Gegenrelonnation in.. Baden. — II. -K. Kreis : Die Grafschaft Badin im 1S. Jahrh. — K.Landolt : Der Wiederaufbau des Steins :u Baden. — J.-G. Guggenbiihl : Zurichs Anteil ani zweiten Villmergerkrieg. — A. Marner: Der Freiàmtersturm, 1830-1S31. ■ — Festschrift zur Erôf/'iiiiiiii des neueii Krankenhauses... Baden. - — W Merz, pasteur : 17 14-1014. Zur Geseh der reformierten Kirche.

— W.Merz. Oberricbter : Burganlagen und Wehrbauten des Aargaus. — Le même : Wappenbuch der Stadt Baden.

— Fricker : Gesch. der Stadt und der Bâder zu Baden. — Le même : Gesih. der Badener Stadlschulen. - — Gebenstorfer : Chronik, III — Fritz Albrecht : Rechtsgesch. der Bàder zu Baden im Aargau. — David Hess : Die Badenfahrl, Zurich 1817. — Badener Kalender, 1916, 1918. — Argovia V, XIX. — KSB IV et 1898. — AHS 1889, 1895, 1900, 1902, [O. Z.]

BADEN, von. I. Famille de Baden qui remonte à l'amtmann Ulrich mentionné en 1244 au Niderhus ou château inférieur de Baden et s'éteint avant le XIVe s. Ses membres ne se rattachaient pas du tout aux « comtes » de Baden, mais étaient des ministériaux des Kibourg. L'avoué Wernher von Baden, dont le sceau de 1293 porte une tête de taureau, appartenait à la famille de Wolen, selon Merz, tandis que son successeur l'avoué Heinrich (1304) s'appelait Henricus Villicus (maire). [Az.]

II. Famille de ministériaux des Zàhringen, puis des comtes de Fribourg, qui tirait son nom du château de Badenweiler. Armoiries : échiqueté de sable et d'argent. Elle posséda pendant quelques années, avant 1384, le château de Wildenstein ; à la fin du XIVe s. ou au début du XVe s. elle devint bourgeoise de Bâle et le resta jusqu'en 1499. Elle s'éteignit en 1830 à Fribourg en Brisgau. — Voir Tableau généalogique dans Merz : Sisgauer Burgen IV, sous Wildenstein. [H.T.]

III. A Mellingen, Thoune et aussi ailleurs l'on trouve des familles bourgeoises von Baden ; leur nom est une désignation d'origine et n'a pas de rapport avec la famille des ministériaux. Il est possible que la forme Bader dérive de von Baden, mais elle signifie plutôt tenancier de bains. — Voir Merz : Burganlagen. — Wappenbuch der Stadt Baden. — FBB. — ZUB. [Az.]

BADEN (ARTICLES DE). Sur l'initiative de Gallus-Jakob Baumgartner, de Saint-Gall, et de Edouard Pfyffer, de Lucerne, les cantons de Berne. Lucerne, Soleure, Bàle-Campagne, Argovie, Thurgovie et Saint-Gall se réunirent à Baden, du 20 au 27 janvier 1834, pour régler en commun les rapports de l'État et de l'Église. Le résultat de la conférence fut les 14 articles dits de Baden. Ils réclamaient : la transformation de l'évêché de Bâle en archevêché ; éventuellement, le rattachement des évêchés suisses à un archevêché étranger ; des réunions synodales sous la surveillance de l'État pour permettre une inspection de l'État dans les affaires d'Église ; la protection des évêques dans leurs droits pastoraux (contre la papauté) ; le placet de l'État pour les mandements de l'Église ; le contrôle de l'État sur les séminaires de prêtres et sur les ordres religieux ; l'imposition des couvents ; la limitation de la juridiction ecclésiastique en matière de mariages ; l'établissement de faibles taxes de dispense de mariage ; la garantie des mariages mixtes et la limitation des jours de fête.

Les articles furent d'abord ratifiés par les Grands Conseils de Lucerne, Bàle-Campagne, Saint-Gall, Argovie et Thurgovie. Mais l'on ne parvint pas à les introduire dans les législations cantonales. Ils furent célébrés dans le camp radical comme « la barrière protégeant la liberté contre le despotisme de l'Église ». Le clergé

catholique libéral avait piis une grande part à l'établissement des Articles de Baden, mais lorsque l'encyclique papale du 17 mai 1835 prononça leur condamnation, une tempête générale s'éleva contre eux dans le camp catholique, et des associations catholiques dé-

î.e Stadtturm de Baden, d'après une photographie.

fensives se constituèrent. L'Argovie dut employer les armes contre le Freiamt en 1835, Berne contre le Jura en 1836, ce qui mit en mouvement la diplomatie étrangère. Le Grand Conseil bernois chercha alors à nouer des relations avec le Saint-Siège au lieu d'appliquer les articles de Baden. Les autres cantons firent de même, de sorte que les Articles de Baden disparurent dans l'espace de quelques années. En 1841, l'Argovie dut aussi les abandonner. La papauté demeura victorieuse. — Voir Dierauer V. — Schnyder : Gesch. der Badener-

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