‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 2)Chapitre 285 sur 329 · BAGNES (VALLEE DE · texte numérisé non relu

BAGNES (VALLEE DE

si:ï

BAGGESEN, Jens, poète danois, * le 15 février 1764 à Korsôr, t le 2 octobre 1826 à Hambourg. Il vint à plusieurs reprises en Suisse où il épousa en 1790 Sophie de Haller, petite-fille d'Albert de Haller, et en 1799 Fanny Reybaz. Une course dans les Alpes lui fournit le sujet de Parlhenais. — Voir Richard Petersen : Jens Baggesen und Sophie von Haller, traduit du danois par Elisabeth Rohr pour le feuilleton du Bund, 1905, n»> 75-107. — Die Berner Woche, 1917, n°* 17 et 38. — [A. Lechner.1 — Karl-Albrecht-Reinbold, fils du précédent, * 27 septembre 1793 à Berne, où il mourut le 10 mars 1873, étudia la théologie à Berne et à Gottingue. Consacré 1815, diacre 1825, pasteur à la Collégiale de Berne 1860. Pendant sa jeunesse, il fut un représentant du modernisme en matière religieuse ; plus tard, il s'occupa des protestants disséminés, de philanthropie et de la formation de la jeunesse chrétienne. Il devint peu à peu le porte-parole du parti évangélique dans les luttes religieuses de 1840, 1860 et 1870. Il édita les œuvres de son père et publia quelques brochures de circonstance et des sermons. — ■ Voir D.-A.Rytz : K. A. R. Baggesen. LE.B.J

BAGGI ou BAGGIO. Famille de Malvaglia (Tessin), que l'on prétend originaire de Baggio près Milan, vge qu'elle aurait eu en fief dès l'époque des Langobards. Vers 1412, les Baggio se seraient dispersés en Italie et une branche s'établit à Malvaglia. De cette dernière, un rameau se fixa en France vers 1750. Armoiries : de ... à un lion rampant d'or tenant un bâton, à une fasce d'azur brochant chargée de trois étoiles de... — 1. vAntonio, fut chef de l'inquisition dans le val Blenio en 1750. — 2. Giacomo-Antonio, nommé en 1798 au Grand Conseil helvétique comme représentant du canton de Bellinzone ; du Grand Conseil tessinois de 1807 à 1814, un des députés qui, le 30 juillet 1811. votèrent la cession, demandée par Napoléon, du Sud du Tessin au royaume d'Italie, f le 21 juin 1814. [C. Trezzini.1

BAGGWIL (C. Berne, D. Aarberg, Corn. Seedorf. V. DGS). Vge mentionné déjà en 1180. Dans le voisinage, on a découvert des traces d'établissement préhistorique ; ainsi des palafittes néolithiques sur le lac de Lobsingen et une pointe de lance en bronze. Jahn présume, sans raisons, qu'il y avait là un castel romain qui devint au moyen âge un établissement burgonde. Baggwil appartint à l'abbaye de Frienisberg jusqu'à la réforme et fit ensuite partie du bailliage de ce nom jusqu'en 1798; de 1798 à 1803 du district de Zollikofen et dès lors du district d'Aarberg. Le droit de justice fut vendu en 1380 par Frienisberg à la ville de Berne qui le fit exercer par le bailli d'Aarberg. — v. Mùlinen : Heimalkunde VI. — Voir Jahn : Kt. Bem 358. [O. T. et H. T.]

BAGNATO, Giovanni-Gaspare, architecte. * à Came, f 1757 à l'île de Mainau. De 1744 à 1749, il construisit le bâtiment de la commanderie de l'Ordre teutonique à Hitzkirch pour 8000 il. L'ancien bâtiment fut transformé en 1780-1786 par son fils F.-A. Ba- GNATO (1732-1810). En 1756, il fit les plans pour la nouvelle église de Saint-Gall, mais à l'exécution on s'en écarta beaucoup. Cependant, la façade Est peut être considérée comme son œuvre. — Voir SKL. [P.-X. W.l

BAGNES (C. Valais, D. Entremont. V. DGS). Commune comprenant plusieurs localités disséminées dont le siège administratif et paroissial est au Châble. Aucune d'elles ne porte le nom de Bagnes. Au moyen âge, l'abbaye de Saint-Maurice, seigneur de la vallée, avait pour la représenter à Bagnes un vidomne et un métrai. Chabert de Morestel paraît revêtir la première de ces charges vers la fin du XIIe s. Vers 1200, sa fille l'aurait apportée en dot à Aymon de la Tour, famille où elle resta jusqu'en 1366. Se succédèrent, dès lors dans la charge de vidomne : Chabert, Pierre, Guillaume, les frères Jean et Perrod de la Tour. Ce dernier étant mort sans postérité, sa veuve Antonie Sarro, d'Aoste, vendit cet office à l'abbaye pour 300 fl. le 15 juillet 1366. Les nobles de Bagnes détenaient dès le XIIe s. la métralie en fief de l'abbaye de Saint-Maurice. Cette charge et une partie de leurs biens passèrent aux Montheolo, majors de Monthey ; en 1526, une branche de cette famille la vendit à Pierre Troilleti, au siècle suivant elle fit retour dhbs — 33

à l'abbaye. L'abbé de Saint-Maurice fit plusieurs concessions à ses sujets de Bagnes: en 1535, il les affranchit de la main-morte ; il consentit ensuite à la suppression des lods, et, le 17 juin 1665, renonça à ses droits féodaux contre payement de 8000 fl. et la livraison annuelle de 96 moutons gras. Au XVe s. surgit un conflit entre Bagnes et Aoste à propos de la Montagne de Durand, appelée depuis Charmontana. Après diverses voies de fait et négociations, les Valaisans adjugèrent définitivement l'Alpe à Bagnes, avec charge d'indemniser les tenanciers déboutés et de défendre la frontière en temps de guerre (1551). La paroisse de Bagnes existait déjà au XI Ie s. L'édifice primitif au Chable fut remplacé vers 1500 par l'église actuelle en style gothique. Le clocher porte la date de 1488. L'abbé de Saint-Maurice nomme à trois bénéfices : à la cure, au vicariat, fondé en 1692, à la chapelle de la Vierge, érigée en 1278 par Nicolas de Bagnes, chanoine de Sion. Registres de paroisse depuis 1853. — Voir Cibrario et Promis : Documenti , sloria di Savoia — ■ Guichenon : Hist. de Savoie — Gremaud. — Charrière : Les sires de la Tour. — Hoppeler : Beitràge — Rameau : Le Vallais historique. ■ — YVirz : Regesten IV, 30 — Rivaz : Topographie — Histoires du Valais par Boccard,Gay, Furrer et Grenat. — Arch. Bagnes. — Arch. locales. TTaJ

BAGNES (VALLÉE DE) (C Valais, D Entremont. V. DGS) Banies 1150, Bannes 1 177, Bagnii 1177. Bagnes 1177 et 1208, Banes 1232, provenant du latin balnea = bains. Ce nom proviendrait d'une source sulfureuse très fréquentée au moyen âge et détruite au XVI0 s. par un éboulement. Armoiries : d'azur à la baignoire d'argent, de laquelle émergent deux baigneurs de carnation, homme et femme, surmontés d'un soleil d'or, deux étoiles du même en chef. La vallée de Bagnes est extraordinairement riche en pierres à écuelle (Chable, Villette, Cotter, Paquier, Verbier et Lourtier). A Brusch on a trouvé des tombes de l'âge du fer avec de lourdes boucles de fer. En 1149, Humbert III de Savoie remit à plusieurs reprises à l'abbaye de Saint-Maurice divers avantages dans la vallée de Bagnes en reconnaissance d'une somme empruntée par son père, Amédée III, pour participer à la croisade. Ces cessions donnèrent lieu à des difficultés, tranchées en 1198 et 1219. Les droits de l'abbaye furent confirmés, mais le comte de Savoie conserva la juridiction seigneuriale quand il se trouvait entre le pont de Brest et le Saint-Bernard, ainsi que la cavalcade et des prestations y relatives. La vallée de Bagnes proprement dite oommence au pont de Sembrancher et s'étend au Midi jusqu'aux frontières de l'Italie. Elle comprenait au moyen âge la seigneurie d'Etiez, le vidomnat de Vollèges-Levron et la communauté de Bagnes avec la petite seigneurie de Montagnier dont le dernier détenteur, François de la Tour de Collombey, fut brûlé vif en 1462 comme hérétique et sorcier. Actuellement, elle renferme deux communes : Vollèges et Bagnes, où l'abbaye de Saint-Maurice se faisait autrefois représenter par un vidomne et un métrai.

La vallée de Bagnes était défendue au moyen âge par le château de Verbier, construit sur les crêts de Saint- Christophe, près duquel aurait existé un village qui fut enlevé par un éboulement. Après la conquête du Bas- Valais par les sept dizains. Bagnes, fidèle à la Savoie, essaya de résister et tenta un coup contre la maison abbatiale. L'abbé appela les dizains à son secours et les Bagnards firent leur soumission et payèrent un tribut, 1476. Mais l'abbé eut à défendre ensuite ses droits contre les Hauts- Valaisans. Il dut subir en 1501 les clauses d'un arrangement imposé par l'évêque Matthieu Schinner, dont voici les principales : 1. L'évêque jouit des droits régaliens, avec la cavalcade, et dispose des mines et cours d'eau. 2. L'abbé conserve la juridiction, qu'il peut faire exercer par ses officiers. 3. Il choisira désormais son châtelain au-dessus de la Morge. L'évêque et les dizains conservèrent la vallée de 1476 à 1798. A ce moment, la révolution rendit l'indépendance au Bas- Yalais et supprima les prérogatives seigneuriales. En

ATrill921

Page 1