‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 2)Chapitre 287 sur 329 · BAILLI DE VAUD · texte numérisé non relu

BAILLI DE VAUD

1815, 1821-1830. — 4. Guseppe, fils du n° 2, * 15 décembre 1776, t 23 août 1837 à Rovio, prêtre et éducateur. Il fonda une école populaire à Cassano d'Adda, puis devint archiviste de la congrégation de la charité à Milan ; ami du P. Girard de Fribourg, il publia en 1820 divers travaux de pédagogie, entre autres le Saggio suite scuoledi mutuo insegnamento , qui jouit d'une grande autorité en Italie. Bagutti fut le fondateur et le premier directeur de l'institut de sourds-muets à Milan. Il avait été ordonné prêtre en 1799. — 5. Abondio, fils du n° 2, * 1788, t 4 octobre 1850, élève de son père et de l'Académie de Milan. Il a peint plusieurs fresques dans les églises de Mendrisio et de Rovio ; à l'Académie de Milan, il a laissé un tableau représentant le héros Pietro Micca qui lui valut la médaille d'or. En 1830-1832, il décora la salle du Grand Conseil dans l'ancien palais du gouvernement à Locarno. — 6. Gaetano, ingénieur, fils du n° 2, * 1791, t 1855, un des fondateurs de la typographie helvétique de Capolago. Ingénieur cantonal jusqu'en 1837, il prit une part très active à la construction des routes ; premier auteur du projet de chemin de 1er reliant le lac Majeur à celui de Constance par le Lukmanier, en 1845 ; fit en 1847 le projet de chemin de fer de la Camerlata (Côme) à Lugano. Il fut mêlé à la révolution tessinoise de 1839 et aux troubles qui suivirent, dont il eut beaucoup à souffrir. — 7. Giovanni, fils du n° 2, chirurgien dans l'armée de Napoléon, mourut à Vienne en 1805. — Voir BStor. 1886, 1893, 1898, 1909. — SKL. — ALBK. ■- Bianchi : Artisti ticinesi. — Pometta : Corne il Ticino... — Baroffio : Storia del G. Ticino. — Vegezzi : Esposizione storica. — Weiss : Die tessin. Landvogteien. — Curti : Racconti ticinesi. — Gubler : Gesch. des Kts. Tessin. — Dotta : I Ticinesi. — AHS 1914, p. 14. [C. Trezzini.] BAHNMAIER, Joh.-Cliristoph. Fils d'un libraire wurtembergeois, * le 23 octobre 1834 à Bâle, fréquenta de 1852 à 1856 l'École polytechnique de Karlsruhe et de 1857 à 1858 l'Académie des arts de Munich. Il travailla ensuite comme architecte à la construction de la ligne ferrée Wallenstadt-Coire. De 1859 à 1860, il fit un voyage d'étude en Italie et s'établit ensuite comme architecte à Schaffhouse. En 1865, il fut nommé architecte cantonal, charge qu'il occupa pendant 53 ans. Pendant plusieurs décades il fut président de la Société des Arts, de la Société d'Histoire et des antiquaires, de Vlmthurneum, membre zélé du Club alpin suisse, enfin membre fondateur et pendant plusieurs années président de la section Randen. Il mourut le 17 novembre 1918. — Voir : Nécrologie dans le Tagblatt fur den Kt. Schaffhausen 1918, n° 271, et Schaffhauser Intelligenzblatt 1918, n°271. — SKL. iwanner-Keller.]

BAILLETS (LES) (C.Genève, Rive droite, Corn. Russin). Hameau appelé quelquefois Dcsbaillets, faisant partie au XVe s. du village de Malval, et plus tard, rattaché à Russin. C'est là que s'élevait le célèbre château de Malval dit le château de la Motte. — Voir Arch. d'État Genève : T et D : Evêché, Dardagny et Château vieux, de Lugrin. — BHG IV. [L. B.]

BAILLI, BAILLIAGE. Sous le titre de bailli, on désignait sous l'ancien régime le représentant du souverain, au nom duquel il agissait et gouvernait. Le bailliage était le territoire dans lequel il exerçait ses fonctions.

I. Bailli, en allemand Vogt. Tandis que Vogt dérive du latin (ad) -vocatus, bailli vient probablement du vieux français baillir, forme du verbe bailler = administrer. Le bailli était avant tout le gouverneur placé par la ville ou le canton souverain ; il avait ainsi toute l'administration sous ses ordres. Il nommait les fonctionnaires, pour autant que les franchises locales ne s'y opposaient pas, percevait les redevances et les amendes, et en rendait compte aux cantons intéressés. Il était également le juge en première et même en dernière instance, dans la mesure des privilèges locaux ; dans les Landgerichte (plaids généraux) il prononçait les peines capitales avec le concours de jurés, c'est-àdire d'assesseurs assermentés, et comme juge unique sur les délits de peu d'importance. Il avait encore la charge de l'exécution des ordres du souverain et des sentences judiciaires. Cette dernière attribution lui valait

la plus grande partie de ses revenus, qui, dans bien des endroits, se composaient surtout du produit des amendes et pour une petite partie seulement de taxes fixes, foncières ou de métiers L'on ne connaissait en général pas de traitement fixe pour les baillis, qui étaient ainsi laissés à eux-mêmes pour tirer de la répartition des impôts un salaire plus ou moins élevé. A ce point de vue, les baillis les plus mauvais furent ceux des Bailliages communs. Dans les deux années de leurs fonctions, ils prétendaient vouloir s'enrichir, lorsqu'une surveillance étroite, comme celle qui était exercée par les bourgeois des cantons-villes, ne les en empêchait pas. Cependant les postes de baillis, même ceux des cantons-villes, passaient pour rémunérateurs et étaient réservés aux familles patriciennes. Les quelques exceptions où les sujets pouvaient élire eux-mêmes leurs baillis concernaient les villes dites municipales et quelques territoires privilégiés, comme le Oberhasli bernois ou le Hunenberg zougois.

Avec le temps, l'office de bailli acquit une réputation d'arbitraire et de mauvaise administration, de sorte qu'en 1798, on s'empressa de le supprimer. Lorsqu'on restaura l'ancien état de choses dans les années 1803- 1815, l'on n'osa pas reprendre le terme de bailli. Il a donc disparu avec l'ancien régime, et sert aujourd'hui à caractériser l'époque où Leurs Excellences régnaient en Suisse. A titre de curiosité, notons encore queles Confédérés désignaient au XVe s. le bailli de Vaud sous le nom de Beli. — Voir LL. ■ — Dierauer.

II. Bailliage. On appelait bailliage le district administré par un bailli. En opposition au district actuel, le bailliage n'était pas toujours une expression géographique. Outre un certain territoire, déterminé par des frontières politiques, il comprenait plusieurs autres droits situés parfois en dehors du territoire. D'autre part, les compétences du bailli étaient également limitées dans son propre district. L'on avait ainsi des bailliages « incomplets » portant des noms divers : à Zurich, bailliage ; à Berne, bailliage sans juridiction ; Lucerne avait une Schlossvogtei (Wikon) et une Seevogtei (Sempach) ; Fribourg, les bailliages extérieurs (Illens, sans territoire) ; Soleure, le bailliage intérieur du Bucheggberg, où la haute juridiction, soit la souveraineté en propre, appartenait à Berne ; enfin l'évèque de Bâle était le seigneur nominal de Bienne, et ses droits sur le Val de Moutier étaient limités.

Dans son district, le bailli devait tenir compte non seulement des droits de l'État, mais aussi des droits privés. Au premier rang de ceux-ci, il faut citer les couvents dans les cantons catholiques, et les barons, qui tous deux ne reconnaissaient que le suzerain au-dessus d'eux ; ils possédaient la juridiction criminelle, le droit de lever les impôts et même l'armée. Ensuite venaient les détenteurs de droits judiciaires, qui avaient la bassejustice et quelquefois la moyenne, et des droits de chasse et de pêche, la perception de petites redevances et amendes, etc. Sur tous ces droits, seuls les Terriers (Urbar) ou les Rôles (du latin rotulus) tels que les dressaient autrefois tous les baillis, peuvent donner des renseignements exacts. Parmi les rentiers, les deux plus importants à nommer sont le Kiburger Urbar, de 1260 environ, et le Habsburger Urbar, de 1305 environ. Les rôles, par contre, sont très nombreux et remontent très haut, en particulier ceux des couvents. — Pour la Bibliographie, voir les articles des cantons. [A.Zesiger.] BAILLI DE VAUD. Les comtes de Savoie conquirent la plus grande partie du pays de Vaud de 1150 à 1292. Ils placèrent tout d'abord à la tête de l'administration des châtelains établis dans différentes villes. Puis, au milieu du XIIIe s., Pierre de Savoie ayant réorganisé l'administration du comté sur le modèle anglais, institua à Moudon un bailli de Vaud pour l'ensemble du pays. Le plus ancien, Hugues de Palézieux, apparaît en 1263. Vevey et la région à l'Est de cette ville, jusqu'à Villeneuve et Bex, ne furent pas rattachés à ce bailliage, mais à celui du Chablais dont le titulaire s'installa au château de Chillon. Le premier bailli du Chablais connu est Guillaume de Septème en 1256. En outre, Lausanne, ville indépendante, sous la souveraineté de l'évèque, eut dès 1313 un bailli épiscopal spé-

BAILLI IMI'KItlAL

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