BAILLAMES COMMUNS
cial ; le premier fut Pierre d'Esta\ ayer En 1475, les Ber- Doia et les Fribourgeois enlevèrent à la Savoie: Morat, Grandson, Orbe el Echallens, puis Aigle et Cerlier furent j>ris par les Bernois seuls.
Au premier moment de la conquête bernoise, en 1536, les nouveaux souverains désignèrent à leur tour un bailli de Vaud dans la personne de Claude de Glane Mai quelques mois plus tard, ils divisèrent le p cinq bailliages : Moudon, Lausanne, Chillon, Avi et Yverdon, auxquels ils ajoutèrent eu 1",:î7 ceux de Homainmôtier, de Morges et de Nyon. Un bailli fut institué à Oron en 1555, el un autre à Aubonne en 1701 à la suite du rachat, de seigneuries particulières. Les baillis de Payerne, d'Aigle e1 de Bonmonl portèrent le titre de gouverneur. Fribourg forma avec les territoires conquis par lui les bailliages de S;mil -Aubin, Bossonens, Bulle, Châlel-Saint-Denis, Cheires, Estavayer, Romont, Rue, Surpierre et Vaulruz.
Les baillis avaient la haute direction militaire, administrative et judiciaire du pays, sous réserve d'appel au Conseil de Chambéry (pendant le régime savoyard), plus tard au Conseil de Berne (sous le régime bernois). Les titulaires des bailliages lurent, choisis exclusivement dans le patriciat bernois, et l'on évalue à 50 000 francs par an les revenus que tiraient, à la veille de la révolution, les baillis de Lausanne et de Romainmùtier. En 1798, au moment de la proclamation de l'indépendance du pays de Vaud, aucun bailli ne résista par la force à l'installation du régime nouveau. La plupart se retirèrent gardant pour leur personne les sympathies de leurs ex-sujets. — Voir DHV 152-157. [M. R.]
BAILLI IMPÉRIAL. Au moyen âge, l'empereur était représenté dans les territoires immédiats de l'empire par des fonctionnaires spéciaux, avoués ou baillis. Ils avaient, en général, pour mission d'administrer les villes, châteaux et domaines impériaux, avec pleins pouvoirs de nommer et destituer les fonctionnaires subalternes et d'exercer toutes les fonctions que le souverain, à cause de son absence, ne pouvait remplir luimême : exercice de la haute justice, perception des impôts d'empire, levée des hommes astreints au service impérial. En Suisse, on trouvait des baillis impériaux dans les petits cantons, les villes d'empire et dans la Suisse 'romande. A Zurich, les fonctions du bailli impérial furent réunies vers 880 à celles des avoués des maisons religieuses. Ce fut l'origine de l'avouerie de Zurich, qui fit de cette ville une ville d'empire, et dont les terres s'étendaient jusque dans les petits cantons, D'abord remplies, à titre héréditaire, par des nobles, les Lenzbourg, les Zâringen, les fonctions de bailli impérial devinrent temporaires et furent attribuées à des bourgeois de Zurich. Ses compétences furent alors bien réduites ; aux XIIIe et XIVe s., il n'était plus qu'un simple membre du Conseil auquel était confié la haute justice. En 1400, le roi Wenceslas vendit à la ville de Zurich le droit de faire nommer le bailli impérial par le Conseil. Celui-ci devint un fonctionnaire de la ville, mais conserva son titre jusqu'en 1798.
Dans la Suisse centrale, les baillis impériaux ne paraissent pas avoir joué un rôle important. Uri. devenu terre immédiate de l'empire, en 1231, eut pour bailli Arnold von Aquis (von Aa ?). Avant 1172, il avait eu des baillis de la famille de Lenzbourg. En même temps qu'Uri, Henri VI fit de la vallée du Hasli un bailliage impérial. Pendant la lutte des guelfes et des gibelins, la politique impériale tendit à placer sous son iniluence immédiate les terres au Nord et au Sud des passages des Alpes. Schwyz eut probablement, de 1241 à la mort de Frédéric II, 1250, le comte Hartmann de Froburg comme bailli impérial.
Les trois Waldstàtten furent réunis en 1309 par le roi Henri VII en un bailliage d'empire sous le comte Werner von Homberg. Après lui, vinrent comme baillis Jean d'Aarberg, 1323, et le comte Albert von Werdenberg, 1331-1332. Les trois cantons prêtèrent même serment de fidélité à ce dernier. Le bailli impérial disparut des cantons primitifs en 1332 ; dès lors, ils furent laissés à eux-mêmes, Louis de Bavière ayant formellement renoncé à eux dans sa réconciliation avec l'Autriche.
A Berne, la puissance royale fut exercée pendant tout
le Xlll- s. par le bailli impérial de Bourgogne. En 1358, Rodolphe l v d'Autriche obtint sa nomination comme bailli de Heine, de Zurich et de Soleure, mai- cette nomination ne lut pas maintenue. Avec lui disparurent le bailli el le tribut d'empire. La ville «le Berne eut, en Bon propre bailli impérial jusqu'en Il'Ik Cette année-là, les fonctions de bailli et d'avoyer furen nies Bur une même tête, celle de l'ai oyer Kuno .Munzer.
Soleure était aussi soumis au bailli de Bourgo Pendant que Berne s'en émancipait, Charles IV nommait en 1353 un bailli ou ammann spécial pour Soleure en la personne du chevalier Bourcard Mûnch von Landskion. La charge consistait seulement dans la perception du tribut d'empire. A Bourcard Mûnch succéda en 1398 son lils du même nom, En 1409, Soleure se racheta de cette sujétion.
A Baie, Rodolphe de Habsbourg substitua, peu après son avènement, au trône, un bailli impérial au bailli de l'évêque. Cette nouvelle charge subsista jusqu'en 1386, où, après la bataille de Sempach, les Bâlois achetèrent du roi Wenceslas le droit de faire nommer le bailli impérial par leur Conseil.
Dans la Suisse romande, le roi Henri IV créa, en laveur de son beau-frère, Rodolphe de Rheinfelden, les fonctions de recteur de Bourgogne (plus tard bailli impérial, procurator Burgundiœ). Cette charge prit fin en 1090, puis fut confiée aux Zâringen de 1156 à 1218. Au XIVe s., le comte de Savoie obtint, de 1356 à 1376, d'être le représentant de l'empereur dans ses États avec le titre de vicaire impérial. A cette occasion, il entra en conflit avec l'évêque de Lausanne, comme l'avaient été déjà plus tôt les ducs de Zâringen — Voir aussi l'art. Avouerie et les art. des cantons cités ici. — Voir Œchsli : Die Beziehungen der schweiz. Eidgenossenschaft zutn Reiche, dans PJ V. — Le même : Les origines de la Confédération suisse, 127. — Dândliker : Gesch. der Stadt... Zurich. — Zurcher Stadtbûcher I. — K. Geiser : Gesch. der bernischen Verfassung, dans Festschrift zur VII. Sàkularfeier. — R. Durrer, dans Hist. militaire suisse I. [H. Tr.]
BAILLIAGES COMMUNS. On entend sous ce nom les bailliages administrés en commun par les Confédérés par opposition aux bailliages possédés par un canton seulement. Us se distinguent des bailliages ordinaires en ce qu'ils ont plusieurs souverains qui, à tour de rôle, désignent le bailli. Les premiers bailliages communs furent créés le 18 décembre 1415 dans le Freiamt et à Baden (ci-devant possessions autrichiennes) ; les derniers en 1512 à Locarno, Lugano et Mendrisio et Val Maggia. Mendrisio ne devint définitivement bailliage qu'en 1521. Les premières tentatives d'administrer en commun certains territoires ne furent pas de longue durée et n'entrent pas en ligne de compte ici : la Léventine de 1403 à 1422 ; le val d'Ossola de 1410 à 1414. Neuchâtel fut également occupé et administré en commun de 1512 à 1529 par les douze cantons.
D'après le nombre des cantons souverains, les bailliages communs se divisent en bailliages appartenant à la majorité des cantons et en bailliages appartenant à quelques cantons seulement.
I. Bailliages communs appartenant à la majorité des cantons : Locarno, Lugano, Mendrisio, Valle Maggia (aux XIII cantons sauf Appenzell) ; Baden (aux VIII anciens cantons) ; Rheintal (aux VII cantons orientaux et Appenzell) ; Thurgovie (aux VII cantons orientaux, et pour la ville de Diessenhofen, aussi à Schaffhouse) ; Freiamt et Sargans (aux VII cantons orientaux).
II. Bailliages communs appartenant à quelques cantons : Bellinzone, Riviera, Val Blenio (aux 2 cantons et 1 demi-canton d'Uri, Schwyz et Nidwald), Echallens, Orbe, Grandson, Morat, Schwarzenbourg (à Berne et Fribourg), Gams, Gaster, Uznach (à Schwyz et Glaris).
La quatrième Paix nationale du 13 août 1712 changea la situation en ce sens que Berne eut part à l'administration du Rheintal, de Sargans et de la Thurgovie ; que Baden appartint désormais aux seuls cantons de Zurich, Berne et Glaris, et que le Freiamt fut divisé : la partie supérieure devint un bailliage des VIII anciens
BAILLIFARD