BAINS
cantons, la partie inférieure resta à Zurich, Berne et Glaris. Comme curiosité, il faut encore mentionner que Zurich et Berne avaient fait du petit village de Hurden près de Rappersvvil une sorte de bailliage commun administré par le bailli zuricois de Wàdenswil.
Les baillis étaient changés tous les deux ans, à l'exception de ceux des bailliages bernois-fribourgeois, dont la durée des fonctions était de cinq ans. Ils n'étaient pas élus par la Diète, mais par les cantons à tour de rôle. Le chapitre de l'administration des bailliages communs n'est malheureusement pas une des pages les plus glorieuses de l'histoire suisse; particulièrement pour les petits cantons, où la charge de bailli était adjugée au plus offrant. La situation resta sans changement jusqu'en 1798, où les cantons souverains donnèrent « volontairement » la liberté à leurs sujets. — Voir LL. — Dierauer. [A. Zesiger.J
BAILLIFARD. Famille de Bruson (Bagnes) ; elle existe encore nombreuse dans la commune et surtout dans ce village ; une branche s'établit à Sion dont elle devint bourgeoise le 26 janvier 1641. Armoiries : d'argent à la bande de gueules chargée de trois besants d'argent, accompagnée de deux étoiles à six rais d'or. — 1 . Etienne, notaire et huissier de la ville, t 1695. — 2. Jean-Chrétien, fils du n° 1, notaire, syndic de Sion, châtelain de Granges 1728. — 3. Joseph, fils du n° 1, abbé, professeur au collège, t 13 janvier 1742. — 4. Joseph-Arnold, fils du n° 2, curé-doyen d'Ardon 1743, f chanoine de Sion en 1743.
— Cette branche s'éteignit au début du XIXe s.; une autre, venue également de Bagnes, existe à Troistorrents. — Voir H. Furrer : Statistique. — Rivaz : Hist. du Valais. [Ta.]
BAILLOD, BAILLODS, BAILLOT. Nom de trois familles neuchàteloises originaires de Travers, Bôle et Saint- Aubin.
C'est à Travers que l'on trouve la plus ancienne mention de ce nom : WilleriMET, fils de Baillod des ouches est reçu en commandise par Louis de Neuchâtel en 1351. Cette famille, fixée à Môtiers au XVe s , s'est éteinte au XIXe s.
Un rameau illégitime existe encore à Couvet. Armoiries : de gueules aux entrelacés d'argent, dont l'un renversé. La tradition a enrichi la famille Baillod d'un personnage légendaire : un nommé Bailliod, ou Bellenot, aurait défendu seul en 1476 le pont de Saint-Jean au Landeron contre une bande de pillards du comte de Bomont. Créé chevalier après cet exploit, Baillod aurait reçu une médaille portant un porc-épic avec cette devise : Vires agwinis unus habet. Un tableau dans la salle du Grand Conseil neuchâtelois illustre cet exploit. A citer dans la famille de Môtiers : — 1 Perrod. * vers 1410 à Travers, receveur et châtelain du Val-de- Travers de 1458 à sa mort 1478. ■ — 2. Antoine, fils du n° 1, notaire impérial et receveur de Neuchâtel 1466, notaire de l'officialité de Lausanne 1467, commissaire de Rodolphe de Hochberg 1474, succède à son père comme châtelain du Val-de-Travers en 1478. Secrétaire des comtes Bodolphe et Philippe de Hochberg, Baillod fut encore receveur de Neuchâtel jusqu'en 1484 et maire de cette ville de 1489 à 1501. En 1508, il était encore châtelain duVal-de-Travers, 1 1509. En 1470, il avait fondé la chapelle Baillod dans l'église de Môtiers. Antoine Baillod n'avait qu'une fille, tandis que sa sœur Jeanne, femme de Girard Petitpierre, laissait un fils Claude, auquel son oncle laissa sa fortune et son nom.
— 3. Claude, neveu du n° 2, notaire dès 1512, secrétaire d'État pendant l'occupation de Neuchâtel par les Confédérés, châtelain du Val-de-Travers, conseil! erd 'Et » t dès 1530, anobli en 1538, t 1558. —4. Jacques, fils du n° 3, maire de la Côte de 1554 à 1558, année de sa mort. Il est peut-être identique au chanoine du même nom cité en 1537, et qui aurait laissé, d'après l'auteur des Mémoires attribués au chancelier de Montmollin, un manuscrit sur l'histoire de Neuchâtel. — 5. Bal-
deux chevrons
THASARD, fils du n° 3, notaire 1559, du Petit Conseil de Neuchâtel 1593, lieutenant de cette ville 1601, maître bourgeois 1605, maire 1607, conseiller d'État 1611, t 1621. — 6. Jean, fils du n° 3, notaire 1577, greffier de la justice de Neuchâtel, capitaine au service de France, t avant 1598. — 7. Jonas, fils du n° 5, notaire, maire et greffier de Bovaix en 1595, f avant 1614. — 8. David, * vers 1570, fils du n° 6, notaire 1587, greffier de Neuchâtel, du Petit Conseil 1601, maître bourgeois 1610, 1615, 1619, 1623, 1627, lieutenant 1630. f 16^avril 1632. Baillod est l'auteur d'un cjoutumier conservé à la Bibliothèque des pasteurs. On attribue en outre à un David Baillod, mais sans raison apparente, la chronique dite les Entreprises du duc de Bourgogne. — 9. Abram, du Conseil des Quarante 1623., du Petit Conseil 1635, maître bourgeois de Neuchâtel 1642, 1650, f 1er mars 1661. — 10. Jean, maire de Lignières 1638-1645, procureur général de Valangin 1643, maire de Valangin 1655 à sa mort 1660. ■ — 11. Claude, major de la milice neuchâteloise, maire des Verrières 1671-1680 et 1682- 1694, destitué. — 12. Daniel, maire de Travers 1704- 1731. — 13. Henri, fils du n° 12, succède à son père comme maire de Travers le 13 août 1731, démissionne 1742. — 14. Charles-Henri, maire de Travers de 1742 à sa mort 1755. — Dans la famille de Bôle : 15. Charles-Philippe, * 17 juillet 1821, f 18 avril 1897, notaire à Boudry dès 1845. — 16. Charles- Emile, fils du n° 15, * 1er juin 1850, f 28 août 1891, étudia à Heidelberg, notaire à Boudry, député au Grand Conseil 1877-1883, membre de la Cour de cassation pénale 1879-1886, juge de paix de Boudry 1886-1891 . Il appartint également au Conseil municipal puis communal de Boudry de 1876 à sa mort. — Voir Biographie neuchâteloise. — Quartier-la-Tente : Les familles bourgeoises de Neuchâtel. — Arch. d'État Neuchâtel. [L-M.]
BAILLOD, Jean. Chapelain 1379, chanoine de Lausanne 1387, chanoine de Sion 1394, curé de Gressy 1419, t Ie 20 septembre 1419. — Voir Beymond : Dignitaires de Lausanne. [M. R.l
BAINS. La Suisse doit à sa configuration géologique de posséder de nombreuses sources thermales. Les plus anciennement connues paraissent devoir être celles de Saint-Moritz en Engadine ; des transformations faites en ce lieu en 1853 et 1897 amenèrent au jour de nombreux objets de l'âge du bronze. Des trouvailles préhistoriques ont été faites aussi à Louèche, Baden et Yverdon. Les Bomains développèrent beaucoup les bains et en firent un usage méthodique ; leurs principales stations, Baden, Louèche, Yverdon, Worben et Stabio, disparurent presque complètement lors des invasions, à tel point que certaines sources durent être redécouvertes plus tard (Baden et Ragaz). Les premiers documents du moyen âge datent de l'époque de Charlemagne. Le couvent de Saint-Gall possède dans ses archives le dessin d'une installation balnéaire avec hypocaustes. Les bains étaient employés dans le traitement de la lèpre et des épidémies. Leur usage se développa au point que l'Église dut interdire les bains à titre de punition ecclésiastique. La description que Le Pogge donne des bains de Baden en 1417 montre la place qu'ils tenaient dans la vie de la société du temps. On trouve la première mention de Pfâfers en 1038 et 1382, Louèche 1315, Yverdon 1385, Lostorf 1412, Fideris 1464, Alvaneu 1474, Tarasp, Nuolen et Le Prese avant 1550, Wengi 1553, Bex source saline 1554, source sulfureuse 1717, Gurnigel 1561, Tenigerbad 1580, Weissenbourg 1604, Schinznach 1658, Rheinfelden, source minérale 1664, Meltingen 1666, Eptingen 1693, Stachelberg 1714, San -Bernardino 1717. Certains établissements autrefois célèbres ont disparu, tels celui d'Urdorf près de Dietikon et celui de Brigue. Le développement des sciences, de l'analyse physique et chimique des eaux, eut la plus heureuse influence sur la balnéothérapie. La douceur du climat et la beauté des sites eurent aussi leur part dans le renom qui s'attacha aux bains suisses dans toute l'Europe au XIXe s. De nouvelles stations furent découvertes, Lavey 1819, Bex eauxmères et Bheinfelden 1846, Val Sinestra 1853 (connue déjà cependant au XVe s.), Passugg redécouverte en 1863, Surley 1873, Chasellas 1898, Ardez 1911. Des
BAISSEY
BALCUS
sources gypseuses furent découvertes lors du percement du Simplon el en 1914 près de Zurzach. La source de Rheinfelden décrite en 1664 a été utilisée à nouveau depuis 19 I 8 sous le nom de « Source des Capucins ».
Les principales sources «indifférentes» sonl Aigle, Bex, Pfâfers ei Ragaz : Passugg, Tarasp et Henniez onl des eaux alcalines: Montreux, Louèche el Weissenbourg des eaux sulfatées ; celles de Bex, Rheinfelden, Schweizerhall, sont chlorurées sodiques ; celles de Champéry, Gurnigel, Heustrich, La Lenk, Baden, Schin/.nach el Yverdon sonl sulfureuses; celles d'Acquarossa, Blumenstein, Gimel, Rothbad, Rotenbrunnen, Sainl -Moril /. Schuls el Tarasp sont ferrugineuses. Les détails intéressants au point de vue historique seront donnés aux différents noms que nous venons de rappeler. — Voir H. Keller : Zur Gesch. der schweizer. Heilquellen. — Le même : La Suisse balnéaire. [L.S.]
BAISSEY ou BESSEY, Antoine de, sieur de Longecourt, baron de Thil-Châtel, * au milieu du XV' s. + 1508. Ecuyer de Charles-le-Téméraire, il passa, à la mort de celui-ci, au service de la couronne de France, devint bailli de Dijon, capitaine général des Suisses, gouverneur de Côme. A plusieurs reprises, il fut ambassadeur extraordinaire auprès de la Confédération, et prit part aux négociations qui aboutirent à l'alliance du 1er novembre 1495. 11 revint en Suisse en 1498 et en 1499, où il recruta une armée de 12 000 Confédérés qu'il conduisit par le Gothard pour conquérir la Valteline. En 1500, il conclut avec les dizains du Valais le traité de Lyon (9-20 mai) et conduisit par le Saint-Bernard une nouvelle armée suisse à Novare. Il négocia en 1503, à Arona, avec les représentants des Confédérés, la cession de Bellinzone à Uri, Schwyz et Unterwald. Mécontents de ses enrôlements clandestins, les Suisses l'arrêtèrent peu après à Altdorf et lui interdirent formellement en 1507 l'entrée de la Confédération. — Jean, baron de Beaumont, sieur de Charmes, gouverneur de Côme, frère du précédent, * au milieu du XVe s. f 1516 Il fut également chargé de plusieurs missions diplomatiques auprès des Confédérés. D'août à octobre 1510, il assista à la Diète de Lucerne, où sa proposition d'alliance fut écartée ; de même en janvier 1511. En février 1513, il retourna en Suisse pour conclure la paix entre son maître et les Confédérés, mais ne put réussir. Après la campagne de Dijon, lorsque les Confédérés contraignirent Louis de la Trémoille, lieutenant-général du roi, au traité du 13 décembre, Baissey eut pour mission d'obtenir des conditions plus douces, mais il échoua dans ses négociations. — Voir AS I, III, 2. — Rott : Représentation diplomatique. — Gagliardi : Der Anteil der Schweizer an den italienischen Kriegen I. [A. R.]
BA1TER. Famille originaire de Ehingen (Wurtemberg), bourgeoise de Stallikon (Zurich) en 1810 et de la ville de Zurich en 1852. — [J. F.l — Johann-Georg, philologue, * 31 mai 1801, f 10 oct. 1877 à Zurich, étudia à Tubingue, Munich, Gôttingue et Kônigsberg. Vicaire au Collegium Humanitalis à Zurich en 1830; 1833-1870 professeur de grec à l'école cantonale, 1833-1849 professeur extraordinaire à l'université de Zurich. C'était un critique de textes distingué qui publia de bonnes éditions de classiques anciens. — Voir ADB 46 p. 190. [C.B.]
BAJOIRE. Terme de numismatique donné à des monnaies et médailles portant deux tètes accolées, c'est-à-dire deux tètes superposées, celle de dessous se profilant seulement, ou deux tètes affrontées. Ce nom viendrait de l'ancien français bajouere, corruption de baisoire et signifierait baiser. Il a été employé pour désigner des monnaies hollandaises, françaises et savoyardes. En Italie, il a été donné à des écus de Genève d'une valeur de 13 fl. 1 ljt sols. Dans les AS I. on trouve la mention de bachoir de 1667, trop légers, que quelques cantons voulaient décrier. — Voir Schmieder : Handwôrterbuch. — Halke : Handwôrterbuch. — Martinari : Lamonela. — AS I, VI, 2, p. 548. [E. H.]
BAJOL. Ancienne famille de Delémont. — 1. Jean- Henry, châtelain de Saint-Ursanne, f 1630. — 2. Jacques-Christophe, chanoine et prévôt du chapitre de Moutier-Grandval à Delémont de 1660 à sa mort 1662. — -3 Georges-Joachim, 1726-1800, major au régiment Eptingen au service de France. — 4. Germain,
1 726-1 822, continuateur de la Basilea sacra. — 5. Jean- (.i ■.orges-Joseph, bourgmestre de Delémont 1748-1754
— 6. JOSEPH, grand bailli de Moutier-Grandval 1763.
— Un lîajol du XVIII" s. est l'auteur d'une carte de l'évêché de Bâle. — Voir Chèvre : ]Iist. de Saint-Ursanne.— Folletête : Régiment de l'évêché de Mile, au service de France. [G a )
BAKOUNINE, Michel, 1814-1876, d'une famille noble russe. II vint en Suisse vers 1840 et dans les années 1860-1870, il fut à la tête de la propagande anarchiste en Suisse. II séjournait le plus souvent à Genève et à Locarno. — Voir art. Anahciiisme. — Voir Langhard : Die anarchistisclte Bewegung in der Schweiz. | B w .
BALANDRET, Cil tRLES, jésuite, * à Grandfontaine s /Creuse (Doubs) le 17 décembre 1782, professeur à Pétrograde et à Polotsch, enseigna la philosophie, les mathématiques, la théologie et le droit canonique à Frïbourg de 1828 à 1840. t à Lyon le 7 juillet 1861. — Voir Sommervogel I, 790. [f. d.1
BALARD. Famille reçue à la bourgeoisie de Genève en 1487. — 1. Jean, * à (ienève vers 1490, marchand de fer, du Conseil des Cinquante de 1515 à sa mort en 1555 ; il entra au Petit Conseil et fut syndic en 1525 et 1530. En 1527, il fut nommé trésorier ou contrôleur et en 1529 auditeur des comptes et assesseur du lieutenant destiné à remplacer le vidomne. Balard écrivit un Journal qui offre un intérêt historique de premier ordre, en particulier pour la période d'avril à juillet 1526. Ce journal, qui comprend les années 1525 à 1531, a été publié par J.-J. Chaponnière. — 2. Jean, fils du n° 1, marchand de fer ; auditeur en 1543, il fut chargé d'intimer dans le Dauphiné des lettres du roi de France supprimant la traite foraine. Elu au Conseil des Deux-Cents en 1549, nommé chapelain du chapitre, il devint en 1553 juge aux procès criminels et procureur île l'Hôpital II mourut peu de temps après son père. — 3. Jean, fils du n° 2, périt en 1582 sur l'échafaud, accusé d'avoir participé à un complot tendant à faire rentrer le duc de Savoie dans Genève. — 4. Baudissart. fils du n° 2, prit part à la prise du château d'Etrembières, 1589, et se fixa dans le pays de Gex. Ses descendants restèrent en Fiance. — Voir Journal du syndic J. Balard, publ. par J.-J. Chaponnière. — MDG X. [Paul Chapon-mère.]
BALASTER, GlAN-P. Poète rhéto-romanche, 1833- 1894. * à Zuoz, sa commune d'origine, il partit pour l'Italie dès l'âge de 16 ans, fut employé, puis directeur dans plusieurs commerces jusqu'en 1879, puis revint à Zuoz. Il se fit connaître comme poète lyrique et épique et a publié entre autres: Avannt 6 seculs, o palria rnia ; O mia citera Engiadina ; Bened. Fontana. [L. J.]
BALBANI. Famille originaire de Lucques, connue dès le XIIe s., émigrée à Genève, éteinte au XVIIe s.
— Nicolas, 1521-1587, réfugié à Genève en 1557, reçu à la bourgeoisie en 1560; pasteur de l'église italienne à Genève de 1561 à 1587. Il est l'auteur d'une vie de Galeas Caracciolo, écrite en italien, dont le Petit Conseil autorisa l'impression en 1587. Plusieurs membres de cette famille prirent part aux affaires publiques comme officiers, membres du Conseil des Deux-Cents, députés, etc. Armoiries : d'argent à trois bandes d'azur chargées chacune de trois aiglettes d'or. — Voir Galiffe : Not. gen. III, 26. — Heyer : Eglise de Genève, 421. — Galiffe et Gautier : Armoriai. — Gautier: Hist. de Genève. [H.Da.]
BALBER, ancienne famille de la ville de Zurich, éteinte en 1890. Armoiries : d'or à une croix potencée de sinople, le pied fourchu et terminé par des feuilles. La famille est originaire ou de Ufenau, dont quatre ab der lialb furent reçus bourgeois de Zurich en 1423, ou de Rapperswil dont un Balber devint également bourgeois de Zurich en 1447. — • 1. Heinrich, intendant de Kùsnacht 1609-1614, et Obmann des couvents 1625-1629. — 2. Hans-Heinrich, fils du n° 1, bailli d'Eglisau 1635-1640, d'Andelfingen 1651-1652. La famille a donné aussi toute une série de pasteurs. — Voir LL. — Keller- Escher : Promptuarium genealogicum. [E. Hsr.]
BALCONUM ALTUM. Voir HOHENBALKEN.
BAL. CUS. Auteur, aujourd'hui inconnu, d'une description de la Suisse de 1500 à 1504. Originaire de Milan, où il faisait partie du Sénat et devint chancelier en
BALDAMUS
BALDEGG
1504 ; il descendait vraisemblablement de la famille des Calci. Sa Descriptio Helvetiae suit de très près celle d'Albrecht von Bonstetten, qui porte le même titre, et avait visiblement pour but de renseigner son roi et son pays sur le caractère et la puissance des Confédérés en s'appuyant sur ses observations personnelles et les rapports des ambassadeurs milanais en Suisse. — Voir QSG VI, 73. [A. BùcHi.l
BALDAMUS, Gustav. Musicien, * le 15 novembre 1862 à Brunswick, fréquenta le Conservatoire de Leipzig et devint en 1886 maître de piano et de théorie musicale à l'école de musique de Winterthour, et en 1889 à l'Ecole cantonale de St.-Gall. Il est connu pour ses compositions chorales. Membre de la Commission fédérale de
trouve à Venise en 1463-1464 travaillant à l'église de Saint-Zacharie; en 1480, il achève, avec son compatriote Alberto di Pietro, la façade de l'église de Saint-Venance à Camerino ; en 1492, il travaille à la basilique de Loreto avec son frère Bernardino et un Gasparino de Carona.
— 5. Baldassare, de Lugano, stucateur. Il travailla à la chapelle de Saint-Grégoire dans Saint-Pierre de Borne ; pour ses travaux, il est payé le 23 juil. 1580 — Voir BStor. 1885. — Karl Meyer:Die Capitanei von Locarno.
— Barofflo : Memorie. — Simona : Note di arte antica.
— Vegezzi : Esposizione storica. [C. Trezzinl] BALDEGG (C. Lucerne, D. Hochdorf. V. DGS).
Eck = arête, crête depuis le XIIe s. environ s'emploie comme nom de château; bald = téméraire. Le château.
Baldegg en 1832 (d'après un dessin de J. Schwegler).
musique, il est depuis 1905 bourgeois de St.-Gall. [P. Bt.] BALDAMUS, Karl, D' en droit, * 1784 à Bossla dans le Harz, vint en novembre 1834 à Berne après avoir été employé d'administration et écrivain à Kassel, Hambourg, Leipzig, Vienne, Stuttgart et Munich. Il sollicita la place de professeur d'histoire à la nouvelle université de Berne, mais sans succès. En juin suivant, il dut quitter Berne et se vengea en publiant immédiatement après, à Leipzig, sous le pseudonyme de Eugen von St. Alban, un pamphlet intitulé Bern, wie es ist, qui souleva l'indignation des cercles gouvernementaux. Le nom véritable de l'auteur fut découvert immédiatement par le professeur Kortum. — Voir ADB I, 780. — Arch. d'Etat Berne. [H. T.]
BALDASSARE ou BALDESSARE. Nom de différents personnages tessinois, dont on ignore la famille. — 1 . Baldassare, de Biva San Vitale, notaire et chancelier de l'évêque Lucchino de Côme ; en 1397 il rédigea l'acte d'investiture aux Muralti des fiefs que l'évêque avait à Locarno et dans les alentours. — 2. Baldassare, de Bellinzone, fit partie de la conjuration qui aboutit à l'assassinat du duc Galeazzo-Maria Sforza dans l'église de Saint-Etienne à Milan, le 26 décembre 1476. — 3. Un Baldassare, peintre du XVe s., nous a laissé, avec Thomas, les fresques de l'abside de l'église de Croglio. Les deux artistes finirent leur œuvre le 24 juillet 1440. — 4. Baldassare, de Carona, sculpteur ; on le
mentionné pour la première fois en 1236 sous le nom de Baldecke, était le berceau des nobles de Baldegg. En 1386, Budolf von Hùnenberg possédait le château principal, auquel il donna son nom; le Vorbourg, par contre, était en mains des Markwart von Baldegg. Les deux bâtiments furent détruits cette année-là. Les Baldegg vendirent probablement alors leurs biens à Hans von Wildberg, qui reconstruisit le château et la chapelle. En 1491, Balthasar von Hertenstein était propriétaire du château, puis ce fut l'avoyer Peter Thammann. Il passa dès lors en différentes mains jusqu'à ce qu'en 1719, Johann-Budolf Mayr von Baldegg le vendît au duc Léopold I de Lorraine, qui le donna en 1725 au capitaine de sa garde, Johann-Kaspar an der Allmend. Un institut y fut installé en 1830 et en 1865, le reste des ruines fit place à de nouveaux bâtiments. La chapelle qui avait été bâtie en 1327, fut détruite en 1352, reconstruite en 1401 et 1511, transformée en 1680. — Voir Th. von Liebenau : Urk. Gesch. der Ritter von B. — Estermann : Gesch. der allen Pfarrei Hochdorf. — G/r. 67, 118. [v.v.]
BALDEGG. Institut d'éducation et école normale d'institutrices, fondé en 1830 dans l'ancien château de Baldegg par les sœurs de Saint-Jost, du troisième ordre de Saint-François. Cet établissement, confirmé par le Petit Conseil de Lucerne en 1833 et par l'évêque de Bâle en 1844, fut supprimé en 1848-1849 et transféré
BALDEGG-VOM SEE
IJALDKIi.N
en 1853 à Chain. Il revint à Baldegg en 1804. En 1894, un asile pour la vieillesse lu i fondé. Les nouveaux statuts de la congrégation furenl agréés en 1877 par l'évêque de Bâle et en 1901 par le pape. — Voir Esterrnann : Gesch. der alten Pfarrei Hochdorf. — Gfr. 07, 123. Prospectus de l'institut de Baldegg, 1916. [v.v.]
BALDEGG- VOtVI SEE, von. Famille de ministériaux des Habsbourg, éteinte vers
— -. 1513, habitant le château du même
( /7/7\\m ; nom à l'extrémité Sud du lac de Ball(vi\ l) ri/) f'eK£- Elle apparaît en 1199 avec II un - LvV* M 'JA MANN MILES DE LACU. Son fils probable, Hartmann von Baldegg, vivail
611 1230; son sceau portait HARTMANN vom See Le château familial fut détruit pendant la guerre de Sempach en 1380 et ne fut plus habité. Armoiries : de gueules à deux demi-vols d'argent. — 1. Hartmann, 1236-1256, lits de l'ancêtre sus-nommé, chevalier en [238. — 2. MARKWART, 1238-1205, frère probable du n° 1, chanoine de Beromunster 1257, custode 1205, dut mourir au couvent de Wettingen. — 3. Hartmann, 1250-1292, iils du n° 1, chevalier 1250, fut au service des comtes de Kibourg et de Habsbourg, bailli d'Empire à Bâle, burgrave de Rheinfelden et administrateur des Pays supérieurs 1275-1289, bailli en Bourgogne 1282, dirigea en 1287 le siège de Rappoldstein et la guerre contre l'abbé de Saint-Gall, f 1295. — 4. Markwart, 1250, f 1287, frère du n° 3, chanoine de Munster 1257, quitta l'église en 1204 et devint chevalier en 1271. — 5. Hartmann, 1204-1329, fils du n° 3 ; par son mariage avec Gepa von Elgg, il reçut le château d'Elgg qu'il tint en fief de l'Autriche en 1289, chevalier avant 1294, arbitre à Zurich en 1310, député du duc Léopold auprès du pape en 1324, en 1330 ou 1331. — 0. Johann, 1323- 1300, chanoine de Beromunster 1323, curé de Neudorf et de Kirchberg, doyen du chapitre du Frickgau. — 7. Markwart, 1338, f 1380, survivancier à Beromunster 1338, capitaine des Sterner en 1371. chevalier, tomba à Sempach. — 8. Markwart, 1440-1474, fils de Rudolf, créancier hypothécaire de Thann en 1445, prisonnier de Pierre de Hagenbach 1448, chevalier et seigneur de Schenkenberg en 1451, conseiller autrichien en 1453, créancier hypothécaire du château et du bailliage de Rheinfelden en 1455, de la ville de Bheinfelden et de la Farnsburg en 1457, f en 1470. — 9. Hartmann, mentionné dès 1431, f 1402, frère du n°8, professeur de droit canon et de droit impérial en 1452, chanoine de Constance en 1453, de Coire en 1454, de Bâle en 1402. —
10. Johann, 1457-1513, fils du n° 8, capitaine à Tungen pendant la guerre de Souabe, dernier de sa famille. -
11. Johann, fils de Johann, chanoine de Bâle en 1408 et de Beromunster en 1480. — Voir von Liebenau : Urkundliche Geschichte der Bilter von Baldegg. — Estermann : Gesch. der alten Pfarrei Hochdorf. — GHS III, 293. — Merz : Herren von Baldegg. [v. V.]
BALDEGGER. Famille uranaise éteinte, établie à Altdorf et à Burglen du XVe au XVIIe s. — 1. Jakob, grand-sautier dès 1544, bailli de là Léventine en 1505. — 2. Sébastian, fils du n° 1, prit part à l'expédition de Rome en 1557, bailli de la Léventine 1507-1508, puis grand-sautier, baillide Locarno 1580-1582 où il eut à lutter contre des bandits, fut membre du Conseil de guerre, député à la Diète dès 1583 — 3. Walther, son fils, capitaine, bailli de Bellinzone 1008-1010, député à. la Diète, banneret du pays, vice-landammann 1033 ; député au Valais en 1008, il fit un rapport aux cantons catholiques en 1009 sur les troubles religieux de ce pays, t 1034. — Voir Archives paroissiales d 'Altdorf : Nekrologium der Grysen und Straussengesellschaft. — Obituaire d'Altdorf ■ — AS I. — Wymann : Die Schlachtjahrzeit von Uri. — Historisches Nbl. von Uri, 1910, 149 ; 1918, 10-11. [Joseph Muller.]
BALDENSTEIN (C. Grisons, D. Heinzenberg, Corn. Sils. \.DGS). Château près du confluent de l'Albula et du Rhin postérieur, il commande les routes du Splugen et du Septimer. On ne sait rien de précis sur la date de sa construction ni sur celui qui le fit bâtir. Le nom permet de croire qu'il date de la fin du moyen âge : stein = château ne remonte pas au-delà du XIe s. ;
liulil (comme dans Baldegg) = hardi. Ebo von BALDIN-
parait en 1246 dans un contrat entre l'évêque
Volkard von Nuwinburch (près d'Uutervaz) cl \\ aller
Le château de tialdenstein, d'après une photographie.
von Vaz : en 1252, il remplaça l'évêque Hugo von Montfort dans ses négociations de paix avec Egon von Matsch. Baldenstein fut en 1289 en possession du chevalier Hartwig von Luvenstain, et en 1349 de Wilhelm von Uebercastels qui doit l'avoir hérité du précédent. La haute juridiction de Baldenstein, qui faisait partie du comté de Schams, appartenait aux Werdenberg-Sargans. tandis que les Uebercastels dépendaient de l'évêque. Cette situation fit, le 10 juillet 1349, l'objet d'une convention entre Wilhelm et le vicaire épiscopa] Ulrich von Montfort, qui fit de Baldenstein une maison ouverte del'évêché. Le chat eau passa ensuite par mariage ou par vente, dans les familles vom Stain ou de Petra, Ringg (1412), Ruinelli (1562), Rosenroll (1627), Salis-Sils (1739), Conrado (1782). Il est encore en possession de la famille Conrado. Un violent incendie détruisit à peu près tout en 1877, bâtiment, meubles et documents. — Voir Mohr: Urbar des Domcapitels. — Thommen : Urk. aus bslerreich. Archiven. — QSG X. — LL. — LLH. ■ — Arch. épiscopales de Coire. [U.-C. B.]
BALDENSTEIN, Hhom.-ComiKl von. * 28 janvier 1784 à Chiavenna, f à Baldenstein le 14 septembre 1878. Il étudia à Reichenau et Erlangen, prit du service au régiment sarde Christ et y resta jusqu'au licenciement en 1818. A la mort de son père, il s'établit au château de Baldenstein. Grand connaisseur des oiseaux des Alpes, il en réunit une riche collection et publia sur eux, entre autres dans la Neue Alpina, une série de monographies intéressantes. Il a laissé deux volumes manuscrits de notices illustrées sur nos oiseaux. — Voir Jahrbuch der Nalurforsch. Ges. Gravbiïnden, XXII, 13. [I.. J.l
BALDERN (C. Zurich, D. Affoltern, Com. Stallikon. V. DGS). Ruines de château et commune civile Medikon-Baldern. Suivant la tradition, rapportée par la chronique de Brennwald, Louis-le-Germanique aurait résidé au château de Baldern ; un cerf portant des cierges allumés entre ses bois aurait éclairé un jour la route devant ses deux filles. Cette légende est illustrée par un tableau du Fraumunster, et le cerf porteur de cierges figure sur le sceau du chapitre déjà en 1316. L'avoué impérial de Zurich, le comte Cuno de Lenzbourg-Baden, est appelé dans l'obituaire de la prévoté, le 5 janvier 1268-1269, cornes Cliuono de Baldern. Les Ziircher Geschlechter bûcher lui donnent pour armoiries d'azur à deux bois de cerf et une étoile d'or. On ne sait rien sur l'histoire ultérieure du château. Le castellvm in monte Albis des barons de Regensberg, détruit en 1267 ou 1268, était d'après Vitoduranl'Uetliburg etnon, comme l'ont cru les chroniqueurs zuricois postérieurs, le château de Baldern. — Voir F. Losch : Balder und der weisse Hirsch. ■ — F. Kauffmann : Balder-Mythus. —
BALDESCHI
BALUUNG
A. Boissier : Le culte de Diane en Suisse et l'origine du Fraumunster à Zurich. — MAGZ XXV. — SA V 1913. — Mon. germ. Necr I. — ASG 1887, 3 et 43. — UZ I,
Partie d'une iresque dans l'église du Fraumunster représentant la légende de Baldern.
(D après G. Wyss : Gesch. der Abtei Zurich
n° 301 — W. Merz : Die Lenzburg. — Le même : Bargen des Aargaus [F. Hegi.]
BALDESCHI, Frédéric. Archevêque de Césarée, nonce auprès de la Confédération du 15 juillet. 1665 au 30 janvier 1668. Il intervint en 1666 pour éviter un conflit entre les Confédérés et le gouvernement milanais .au sujet des bailliages ultramontains. Il représenta et assista en 1669 les députés des cantons catholiques à Rome à la béatification de Nicolas de Flue. Il devint cardinal en 1674. — Voir Balthasar : Helvetia VIII, 150. — ASl. [P.-X. w.]
BALDINGEN (G. Argovie, D. Zurzach. V. DGS). En 972 Baldinga = près des gens de Baldo (diminutif formé de bald = audacieux). La haute justice appartenait aux landgraves du Zurichgau, c'est-à-dire aux comtes de Kibourg puis aux Habsbourg, et dès 1415 aux Confédérés. Baldingen fit partie du bailliage commun de Baden, district Ehrendingen. Les Habsbourg inféodèrent l'avouerie de Baldingen à leurs ministériaux, les seigneurs de Liebegg, qui en devinrent propriétaires par la suite ; en 1390 Henmannvon Liebegg remit Baldingen à titre de fief masculin à Claus Eschlin, de Kaiserstuhl. En 1407, le fief était tenu par Hans et Kaspar Eschlin, de Klingnau, en 1418 par Hans Huser, de Klingnau. L'avouerie passa en 1486 à Ulrich von Sonnenberg et en 1506 au couvent Sion de Klingnau. Ce dernier l'acquit en 1600 pour 600 fl. du successeur des von Liebegg, Augustin von Luternau, et l'inféoda au haut bailli Zwyer de Klingnau. A sa mort, elle passa à des personnes de Bâle. L'église appartenait en 1275 au décanat de Kloten, évêché de Constance ; en 1365, elle était en possession du couvent de Rheinau qui la vendit cette année-là, avec les terres, le cimetière et le droit de patronat, au chapitre de Sainte-Vérène à Zurzach pour 172 fl. d'or. Elle fut incorporée à la chapellenie des S. Martyrs. Depuis 1828, elle fait partie de l'évêché de Bâle et forme une paroisse depuis 1883. — Voir Merz : Die Gemeindewappen des Kts. Aargau. — Huber : Die Urkunden des Stiftes Zurzach. [F. W.]
BALDINGEN, Alwin von. Voir Meier, P„ Gabriel.
BALDINGER. I. Famille éteinte de la ville de Zurich, de laquelle Hans von Baldinger s'est distingué dans la guerre de Zurich. LL. — II. Famille de la ville de Baden (Argovie), dont Diebolt, chirurgien herniaire, de Tàgermoos (Lengnau) acquit la bourgeoise en 1580.
Armoiries : d'or à 3 feuilles de tilleul de sinople, 2 et 1. — 1. Bernhart, 1604-1672, docteur en théologie, chanoine et custode à Baden. Il est l'auteur de Fides tum Catholica lum Acatholica resoluta (1654). — 2. Carl, 1626-1678, frère du n° 1, docteur en théologie, curé, puis prévôt de Ba-
Emil-Albert, chef forestier
den, protonotaire apostolique. Auteur de deux disputations lalines. — 3. Johann-Ludwig, 1661-1727, fondateur de la bourse et fidéicommis Baldinger en 1727 Le seul ayant droit à cette bourse est Joseph Baldinger, à Hambourg, * 1840, qui en 1889 renonça à la bourgeoisie de Baden. A sa mort, le fidéicommis prendra fin. — 4. Carl, auteur de la fondation Carl Baldinger, destinée à faciliter les études aux membres de la famille. Elle subsista jusqu'en 1866. — 5.HANS-LUDwig, 1760, — 6 Franz-Joseph, 1772, et — 7. Jos.-Dom. (1788), furent tous trois avoyers de la ville de Baden. — 8. Johann-Ludwig- Aloys, 1769-1860, juge à la Cour d'appel, membre du Sénat helvétique ; il fut envoyé en missions diplomatiques en Hollande et à Paris.
— 9. Cabl-Ludwig, 1800-1881, fut pendant 55 ans juge cantonal et conseiller national pendant quelques années. — 10. Wilhelm, 1810-1881, avocat et conseiller national. — 11.
1838-1907, ingénieur, puis forestier, du canton d'Argovie dès 1887 et rédacteur du Praktischer Schweiz. Forstwirt. Vers 1880, le canton du Tessin fit appel à lui pour résoudre la question de la protection de ses forêts. Il déclina un appel de maître général des forêts royales à Athènes- En 1876 Baldinger succéda à Welti au Conseil national, auquel il appartint jusqu'à sa mort. En 1880, il devint colonel d'infanterie. — Voir Merz : Wappenbuch der Stadt Baden. — Vaterland 14-15 janv. 1907 fO. Z.] BALDIRON, AIoïs, général autrichien. A la tête d'une forte armée, il envahit la Basse-Engadine le 26 octobre 1621 pendant que le colonel Brion attaquait Klosters et que les Espagnols sous les ordres du duc de Féria marchaient sur Chiavenna et le val Bregaglia. De l'Engadine, Baldiron traversa la Fluela et contraignit les gens de Davos et du Pràtigau à livrer leurs armes. En avril 1622, ces derniers se soulevèrent et lui infligèrent une défaite, le 26 mai, à la Molinâra près Trimmis. Le 17 juin, Baldiron fut obligé de capituler avec ses troupes à Coire, mais obtint de pouvoir se retirer librement dans la Basse-Engadine. Le 8 juillet, les gens de Davos infligèrent encore une défaite à Baldiron à Sas, de sorte qu'il fut contraint de se retirer par l'Ofen dans la vallée de Munster ; mais il reçut là un renfort de vingt compagnies, et le 31 août il reprit l'offensive. La Basse-Engadine, Davos et le Pràtigau furent reconquis, tous les villages pillés et réduits en cendres ; les vieillards, les femmes et les enfants même ne furent pas épargnés. Le traité de Lindau, du 30 septembre 1622, arrêta pour quelque temps les hostilités et mit un terme à l'activité de Baldiron. — Voir P.-C. Planta : Gesch. von Graubunden, 3e éd., p. 238. — Dierauer III. [L. J.]
BALDUFF, BALDAUF, BALELOF, Michael, fondeur de cloches de 1454 à 1487. Originaire de Berne, il était cependant domicilié à Lucerne vers 1454, mais peu après, il revint dans sa ville natale. En 1471, il fondit des cloches pour Gessenay et Rougemont, et en 1479 pour Auvernier ; en 1477, il entra au Grand Conseil. Le Conseil de Berne le recommanda en 1480 au gouvernement de Fribourg. En 1487, il fut chargé de livrer les deux petites cloches de l'église de Thoune. Ce fut probablement son dernier travail, car depuis l'on ne sait plus rien de son activité ni de sa vie. — Voir SKL. — MN 1915, p. 163. [J. K.-R.]
BALDUIN. Famille bourgeoise éteinte de Zofingue, venue probablement de Hollande. A citer les peintresverriers suivants : Peter, l'aîné, 1575-1602. — Berniiard, 1578. — Josua, dès 1595 ; était mort en 1625, — Peter, le jeune, 1601-1602. — Jôrg, 1608. — Hans, 1702, membre du Petit Conseil de Zofingue, f 1713. — Heinrich est mentionné en 1712 dans le livre de la corporation d'Akerleuten. [Gr^nicher.]
BALDUIN, Franz. Voir Baudoin.
BALDUNG, Hieronymus, Dr ès-arts et en méde-
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cine. Mentionné comme médecin zuricois par Conrad Gessner et Leu, il vécut à la fin du XVe s. Il était probablement originaire de Gmiind en Souabe et frère aîné du peintre Hans Baldung, dit Grien. Immatriculé en 1473 à Heidelberg, il séjourna aussi à Strasbourg et fut appelé à Berne en 1407 comme médecin de La Ville. Il aurait composé de nombreux ouvrages, parmi lesquels : Aphorismi compunctionis theoloqicales et De Podayra, parus tous deux en 1497 à Strasbourg. — Voir C. Gessner : Biblioth. universalis, p. 328. — LL. — Diction, des sciences médicales, Paris 182(1, p. 526. — F.- A. Fluckiger : Beitray zur àlteren Geschichte der Pharmacie in Bern, 15. — ■ Meyer-Ahrens, dans Arch. fur path. Anatom. XXIV (2e série, IV), p 477. — Ober-
c entrai du Rhin), ainsi que les conditions naturelles de la contrée devaient inviter très tôt à habiter près de l'embarcadère. Une vallée flanquée de deux collines et dans laquelle coule le Birsig, débouche ici sur le Rhin. C est dans l'espace entre le Birsig et la colline à droite (sur laquelle s'élève aujourd'hui la cathédrale) qu'il faut chercher les premières habitations des passeurs, des charretiers, des pêcheurs et des bateliers. Ce n'est certainement pas un hasard, si précisément dans le fond de cette vallée l'on a trouvé une inscription gallo-romaine dédiée à Epona, la déesse protectrice des chevaux et du trafic (au Musée historique de Bâle).
Un deuxième établissement se trouvait du IIe au Ier s. av.J.-C. plus en aval, près de la frontière d'Alsace. Les découvertes faites depuis 1911 surl'emplacement del'usine à gaz et des fabriques voisines ont fourni de précieux renseignements, sur cette bourgade galloraurique Cet établissement, placé près du Rhin, se composait d'habitations creusées dans le sol de graviers et recouvertes de toits. Tout autour courait une forte palissade de pilotis entourée d'un fossé. Près du village de vastes enclos contenaient le bétail : bœufs, porcs, brebis, chèvres et chevaux, tandis que les poules et les oies couraient autour des huttes. Les habitants s'adonnaient à l'agriculture, à la chasse et principalement à la pêche. L'importance de la localité résidait dans le fait qu'elle servait de lieu de transbordement aux vins rouges que la Gaule centrale expédiait dans des amphores ; celles-ci étaient chargées sur des bateaux et conduites à destination du Rhin moyen et inférieur. Parmi les industries, la poterie
Coupe et schéma d'habitations souterraines découvertes à Bàle dans le gravier près de lusine à gaz. (D'après ASA, 1913).
bad. Geschlechterbuch I, p. 38. — A. Tillier: Gesch. des eidgen. Freistaates Bern II, 579. [G. W.]
BALDWIL. Voir BALLWIL.
BALE. Canton et Ville (V. DGS). Onzième canton de la Confédération depuis 1501, Bàle se réduisait primitivement à la ville et à son territoire immédiat qui, sous Charlemagne, s'étendait jusqu'à Buschwciler et Hagental (Alsace). A partir du XIVe s., elle s'agrandit aux dépens de l'évèque de Bâle, mais le territoire du canton ne fut définitivement constitué qu'en 1815. A ce moment, la réunion de l'ancien évèché de Bàle au canton de Berne lui valut l'incorporation, par le congrès de Vienne, de neuf communes des anciennes seigneuries de Birseck et de Pfeffingen. En 1833, la campagne se sépara de la ville, et dès lors existent les deux demi-cantons actuels.
I. Epoques préhistorique et romaine. Bâle est situé sur une très ancienne voie de communication. Le Rhin qui fait ici un coude vers le Nord, a perdu son caractère sauvage et une coupure naturelle dans ses rives escarpées permet de le traverser facilement. Dès les temps les plus reculés un service de bac a dû •exister pour relier les différentes routes du Jura, de la Bourgogne et de l'Alsace à celles de la Forêt-Noire. Le long d'une de ces anciennes routes commerciales, hors de ce qui sera plus tard la rue Sainte-Elisabeth, on découvrit en 1858, lors de la démolition du Hirtenturm, un dépôt d'objets de l'âge du bronze, outils, armes, objets de parure (au Musée historique de Bâle).
La concentration du trafic que provoquait le passage du bac (à l'endroit où se trouve aujourd'hui le pont
venait en première ligne. Un gisement argileux exploitable fournissait la matière première pour la grossière vaisselle de cuisine confectionnée à la main, comme pour la poterie polie faite au tour. Ces vases les plus divers, de l'époque de la Tène III, témoignent d'une richesse de forme surpassée à peine par l'abondance de l'ornementation, obtenue cependant par des procédés les plus simples. A côté de la poterie indigène brillaient les vases peints importés de Séquanie, dont les fougueux dessins géométriques sont inconnus ailleurs en Suisse. De nombreux objets de parure, retirés en partie des habitations, en partie, en 1917, du cimetière au Nord de l'établissement : bracelets et anneaux en verre de couleurs, bracelets, bagues, boucles d'oreilles, fibules et pendants en bronze, ainsi qu'un joli couteau recourbé en bronze, dont la poignée se termine par une tête d'homme, attestent la richesse de la population. Comme toutes ces trouvailles appartiennent à l'époque de la Tène III, sans aucun mélange d'objets romains, et que diverses circonstances témoignent d'un abandon volontaire de l'établissement détruit par les flammes, après enlèvement de tout ce qui était utilisable, il est permis de supposer que ces habitants étaient une tribu des Rauriques qui en 58 av. J.-C. se joignirent aux Helvètes pour pénétrer en Gaule.
Lorsque les habitants revinrent après la bataille de Bibracte, diminués en hommes et en biens, ils ne s'établirent plus sur le terrain ouvert près de l'usine à gaz; par contre, l'établissement qu'ils avaient probablement fondé eux-mêmes en face, sur la rive droite du Rhin, à Klybeck (Petit-Bâle), subsista jusque vers l'an 30 av.
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J.-C. Mais comme lour nouvel emplacement devait leur offrir les mêmes conditions d'existence que le précédent, on est tenté d'admettre qu'ils se réunirent avec les restes de leurs compagnons d'armes fixés entre le
terie qui y fut trouvée et les types des fibules appartiennent aux dernières manifestations de la Tène III telles qu'elles apparaissent encore à côté des types romains pendant les premiers temps de l'époque impériale .
Couteau gaulois en bronze, trouvé prés de l'usine à gaz de Baie. (Musée historique de Baie.)
Birsig et la colline de la cathédrale. Là ils pouvaient se livrer à la pêche non seulement dans le Rhin, mais aussi dans le Birsig, ils trouvaient l'eau nécessaire à leur subsistance et à leur industrie, et, à la place nommée plus tard « Schifflânde» (débarcadère), un excellent endroit pour amarrer leurs bateaux.
La pénétration continue des Romains ne manqua pas de faire naître une nouvelle colonie dans la vallée du Birsig. La grande route militaire menant d'Augusta Raurica à Arge.ntoratum (Strasbourg) longeait le pied de la colline de la cathédrale, franchissait le Birsig non loin du Rhin, grimpait sur la colline à gauche et continuait droit son chemin par Cambete (Kembs). Bientôt la rive droite du Birsig se couvrit le long de la route de maisons romaines qui ne tardèrent pas à former une localité ; celle-ci s'étendit au pied de la colline de la cathédrale et peu à peu se mélangea avec l'ancien établissement
t. Vase gaulois peint île l'époque de la Tene III trouvé près de l'usine à gaz de Bâle. — 2. Objet de parure alémanne en ar-
fent du IV« s. ap. J.-C. trouvé dans les sépultures du Ootterarmweg au Petit-Bàle. — 3. Bas-relief romain en calcaire du IIe s. ap. J.-C. (Musée historique de Baie).
gaulois. La route militaire devint l'artère vivifiante de la florissante cité gallo-romaine Basilia.
Pour se protéger contre les irruptions des ennemis, la population gauloise avait établi en son temps un refuge fortifié sur le sommet de la colline de la cathédrale. Dans la suite ce refuge porta le nom latin de Bobur. Ses huttes subsistèrent jusqu'à l'époque romaine; la po-
Cette fortification gauloise protégée au Sud-Est par un large fossé devint à l'époque gallo-romaine la résidence des magistrats, l'acropole de la nouvelle ville, et fut ornée de bâtiments publics dont quelques fragments nous sont parvenus. Cet établissement eut pour couronnement le castel de Robur que l'empereur Valentinien fit construire en 374 ap. J.-C. et qu'il habita temporairement. Rectangulaire comme les castels romains en général, celui-ci était bordé sur un côté par un mur longeant le sommet de la colline escarpée vers le Rhin ; du côté opposé deux portes s'ouvraient vers la bourgade, et les deux côtés étroits avaient chacun une porte par où passait le chemin traversant la colline
Ce fort, dominant le passage du Rhin et servant de refuge à la population de Basilia, était très à sa place alors que, de l'autre côté du fleuve, une riche tribu alémannique, exercée à la guerre, avait fixé sa résidence, ainsi qu'on en peut juger parles magnifiques objets de parure en argent doré et les armes garnies d'argent et de pierres trouvées en 1916 dans les sépultures du Gotterbarmweg (Petit-Bâle). A ce moment, les Romains pouvaient encore braver les attaques des Germains. De plus en plus l'ancien établissement raurique se transformait en ville romaine, de sorte que vers 400 la civitas Basiliensium pouvait rivaliser avec Avenlicum, Noviodunum et Vesontio.
Lorsque la domination romaine prit, fin et que les Alémannes de la rive droite du Bhin et de l'Alsace eurent conquis le pays, les Rauriques romanisés de Basilia se mélangèrent aux conquérants, dans lesquels ils se fondirent lentement. De cette époque date le cimetière romain-alémannique qui s'étend sur la hauteur entre le faubourg d'/Esch et l'Elisabethenstrasse.
Bibliographie : K. Stehlin : Bibliographie von Augusta Raurica und Basilia, dans BZ X. — R. Wackernagel: Gesch. der Stadt Basel I. — Die prâhistor. (gall.) Ansiedelg. bei d. Gasfabrik Basel dans ASA XVI, XIX, XX, XXI, XXIII. — E. Major : Basel, dans Stàtten der Kultur n° 28. — Le même : Im Galiischen Basel, dans Die Schweiz 1918, p. 437. ■ — Le même : Auf den àltesten Spuren von Basel, dans Anz. fur Schweiz. Gesch. 1919, p. 144. — K. Schumacher dans Pràhistorische Zeitschrift VI, p. 240. [E. Major.]
II. Histoire de 374-1501. Bâle est mentionnée pour la première fois en 374, sous le nom de Basilia, à l'occasion d'un séjour qu'y faisait l'empereur Valentinien I. Basilia signifie probablement ville au bord de l'eau (Wasserstadt), de même que Wesel. Le transfert du siège de l'évêché, au VIIe s., d'Augst, détruit par les Alémannes, à Bâle, fut important et décisif pour le développement ultérieur de la ville. Dès lors, celle-ci prit le rang et l'aspect d'une cité. Mais auparavant déjà, Bâle comptait une population chrétienne ; la plus ancienne église, l'église paroissiale, dédiée à saint Martin, était située sur la colline vers le Rhin, où fut également placé le siège épiscopal. Au pied de la colline se trouvait la ville ; le tout fut entouré d'un mur et appelé auf Burg. De profondes ténèbres recouvrent les siècles suivants. Nous savons cependant qu'en 917 Bâle fut victime d'une razzia des Hongrois. La ville fut saccagée et l'évêque, avec une grande partie de la population, fut tué. C'est à l'empereur Henri II que l'on doit la reconstruction de l'église de Bâle. De même, c'est par lui que la domination temporelle de l'évêque sur la ville fut sinon fondée du moins rétablie dans ses principaux
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droits, i lès lors, l'évêque apparaît comme Le seigneur de la vilir ; il nomme les juges : l'avoué pour la justice cri minelle, l'avoyer pour la justice civile. Les ressources nécessaires à l'administration de la ville, il les tire du droit de monnayage et du produit des péages ; il perçoit l'impôt d'empire sur ceux des bourgeois qui ne sont plus astreints au service militaire de l'empire.
Le XIe s., particulièrement la deuxième moitié, fut une période d'agrandissements pour la ville. Dans tout l'empire, la guerre faisait rage entre l'empereur Henri IV et le pape Grégoire VII au sujet de ta querelle des ln\ estitures. L'évêque d'alors, Bourcard, prit le parti de l'empereur, attitude qui valu! à la bourgeoisie de gros avantages. La ville s'était considérablement accrue à cel l e époque ; sous les murs du bourg une nouvelle ville de négociants et de marchands avait surgi dans la vallée du Birsig. Elle fut entourée d'un mur par l'évêque Bourcard. Peu après cette grosse entreprise, il l'onda en 1083 le couvent de Saint- Alban, le premier de Bâle. Ce monastère, destiné à favoriser la vie spirituelle de la cité, devait en outre lui apporter de nouvelles forces au point de vue économique. En 1118 eut lieu la construction de l'église Saint-Léonard, avec maison de chanoines dans le voisinage, comme cela avait été le cas pour Saint- Alban. Ainsi se constitua un nouveau quartier de la ville, soumis tout d'abord à l'autorité du couvent, et habité primitivement par des artisans non libres.
A côté des négociants et marchands, d'une part, et des artisans de l'autre, la population de la ville comprenait encore deux catégories d'habitants, d'un côté le clergé ayant à sa tête le chapitre de la cathédrale, et de l'autre les ministériaux de l'évêque. Ce dernier groupe se mélangea très tôt aux riches et puissants commerçants, surtout depuis que ces derniers eurent obtenu du roi, en 1227, le privilège d'acquérir des terres en alleu. Bâle fut entraîné par ses évêques dans la vie politique allemande et apprit ainsi à jouer un rôle politique. Parmi les évêques du XIIe s., deux sont importants, Adalbero et Ortlieb, 1137-1164, de la puissante maison des comtes de Frobourg. Us acquirent une place en vue dans l'histoire politique de l'empire et jouirent d'une haute considération auprès du souverain à titre de conseillers fidèles et éprouvés.
Une conséquence de cet élargissement de l'horizon politique fut la création d'un conseil de ville et sa transformation lente en organe de l'administration bourgeoise autonome. Les origines de ce conseil sont entourées d'obscurité ; il n'est mentionné qu'occasionnellement. Le Conseil du XIIe s. était un Conseil de l'évêque ; il était nommé par lui et consulté, à côté des chanoines et de la noblesse, sur les affaires du chapitre et de la ville. Et, au début du XIIIe s., lorsque le Conseil voulut étendre 'ses compétences et gouverner par luimême, il fut maîtrisé par l'évêque aidé de l'empereur et de l'empire. En 1218, l'évêque Henri de Thoune obtint de l'empereur Frédéric II et de l'assemblée des princes à la Diète d'Ulm, que le privilège accordé par ce même souverain six ans auparavant à la ville de Bâle d'avoir un Conseil indépendant de l'évêque, fût cassé. Il en fut de même de l'impôt, appelé Ungeld, que la ville, en vertu de ce privilège, avait immédiatement levé à son usage exclusif. L'évêque laissa subsister le Conseil, mais comme Conseil épiscopal placé sous les fonctionnaires du chapitre et présidé par l'avoué du chapitre et l'avoyer, qui tenaient tous deux leurs fonctions de l'évêque. Son activité était en conséquence limitée aux intérêts de l'évêque. Bâle dut à Henri de Thoune la construction du premier pont sur le Rhin et l'extension des murs de la ville englobant les faubourgs. Cet évêque enrichit encore la ville par la fondation d'une maison de chanoines à l'église de Saint- Pierre, par l'établissement des ordres des pénitentes au couvent de Marie-Madeleine, des cordeliers et des dominicains. C'est par lui également que furent créées les premières corporations.
Un an après sa mort, 1239, éclata la lutte entre l'empereur et le pape. A Bâle, l'évêque Lutold de Rothelin prit le parti du pape ; la bourgeoisie, imitant celles d'autres villes, tenait pour l'empereur. Elle fut constamment menacée de ban et d'interdit et à l'occasion
entra en campagne contre les nobles du voisinage. En 1 247, les bourgeoi latt aquèi en I même l'hôtel de l'évêque et le détruisirent. L'année suivante, la cause de l'empereur était perdue et la bourgeoisie, matée par un interdit, dut se soumettre. Le chapitre de son côté avait beaucoup souffert. C'est dans ces circonstances difficiles que, en 1262, Henri de Neuchâtel fut élevé à la dignité d'évêque. Il acquit au chapitre la seigneurie de Rheinfelden ainsi que de nombreuses possessions et droits, ce qui le lit entrer en conflit, avec le comte de Habsbourg. La guerre qui s'alluma entre eux prit dès h début une mauvaise tournure pour L'épiscopat, car dans la ville même une scission se produisit parmi la noblesse, paralysant ainsi l'action de l'évêque. Ce fut la lutte entre les deux clans de l'étoile et du perroquet. Le premier, qui avait à sa tête les seigneurs von Eptingen, comprenait d'anciens nobles devenus ministériaux de l'évêque : dans le second se rencontraient les familles des anciens fonctionnaires de la cour épiscopale, élevées à la noblesse. Les Schaler et les Miinch étaient à leur tête. Les « Perroquets » vainquirent leurs adversaires et les chassèrent de la ville ; ces derniers se réunirent à l'armée avec laquelle Rodolphe de Habsbourg menaçait l'évêque et la ville. Pendant le siège de la ville, Rodolphe de Habsbourg fut élu roi, sur quoi Bâle conclut immédiatement un armistice Les proscrits rentrèrent en ville et dès lors, des représentants des deux partis revêtirent alternativement la charge de bourgmestre.
Bâle fit alors retour à l'empire, et le roi fit du bailli de l'évêque un bailli d'empire. Le règne de Rodolphe de Habsbourg fut pour la ville une période heureuse et brillante. Cependant, la bonne entente avec l'Autriche prit fin sous l'évêque Pierre d'Aspelt à l'occasion d'un différend avec le duc au sujet de la seigneurie de Frobourg- Homberg dans le Sisgau, c'est-à-dire de Liestal et Hombourg. Le roi Albert les convoitait pour relier ses terres d'Argovie à ses bailliages du Sundgau, mais l'évêque le prévint et les acquit d'Ita, la dernière des Homberg, pour 2100 marks. Là-dessus, Albert acheta aussi des Homberg la seigneurie de Wartenberg avec Muttenz et le Hardwald. La ville ne voyait pas sans appréhension l'Autriche s'établir dans son voisinage immédiat ; aussi se tint-elle délibérément aux côtés de l'évêque dans cette lutte. La nomination de l'évêque Pierre au siège archiépiscopal de Mayence et son remplacement par Otton de Grandson, nommé par le pape, envenima le conflit. Les choses allèrent si loin que l'évêque, à qui le roi refusait l'investiture des droits régaliens, forma le projet d'assassiner Albert ; son interprète, grâce à sa présence d'esprit, l'empêcha d'en arriver aux actes. Après l'assassinat du roi Albert par son neveu, dans les environs de Brugg, la lutte continua de plus belle entre les partisans de l'évêque et la noblesse du parti de l'empereur. Dans les années suivantes, la ville commença à s'émanciper de la domination de l'évêque ; le mouvement fut encore accéléré par le fait qu'elle ne prit pas le même parti que celui-ci dans la lutte entre Frédéric d'Autriche et Louis de Bavière pour la couronne royale. Finalement la ville qui avait pris le parti du duc de Bavière fut mise en interdit. Mais précisément ces temps troublés renforcèrent la bourgeoisie et lui valurent une grande prospérité, qui ne fut interrompue que par deux effroyables catastrophes très rapprochées : la peste et le grand tremblement de terre du 18 octobre 1356 qui anéantit une grande partie de la ville.
Quelques années plus tard, la ville acquit les principaux droits souverains de l'évêque, soit le droit de péage et de monnayage et l'office d'avoyer, à l'exception de la charge de bailli qui, depuis Bodolphe de Habsbourg, dépendait de l'empire. En 1375. l'Autriche s'établit aux portes de la ville, l'évêque ayant dû hypothéquer Petit-Bâle au duc Léopold pour payer des dettes de guerre. La tension entre la bourgeoisie et la noblesse favorable à l'Autriche s'accrut encore, de sorte que la plus petite occasion pouvait servir de prétexte aux deux parties pour en venir aux mains. Cette occasion se trouva la veille de mercredi des cendres de l'année suivante. Le 26 février 1376, le duc et les siens firent un tournois sur la place de la Cathédrale ; après le
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Bàle en 1493 il après Hartmann Schedel : Weltchronik.
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Vue de Bàle du Sud-Ouest, âjvol d'oiseau. (D'après une gravure de M. Merian entre 1615 el 1622).
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tournois, ils se tournèrent, par plaisanterie, contre les spectateurs, lance en avant, dans le but de les effrayer. La bourgeoisie crut à une al laque sérieuse, courut aux armes et sonna le tocsin. Dans la mêlée, quelques nobles autrichiens furent tués Le duc exigea des peines Bévères pour les coupables et de lourdes satisfactions ; douze des principaux coupables furent exécutés, le Conseil dut s'humilier et s'obliger à le servir, lui pa yer l'impôt et en outre 10 000 il. à titre d'amende et de dédommagements.
La ville devenue sujette de l'Autriche, les nobles expulsés y rentrèrent avec leurs anciens privilèges et usèrent de tout leur pouvoir pour faire exécuter et poursuivre les chefs du peuple. La noblesse gouverna de nouveau dans la ville, et se lia d'une étroite amitié avec les seigneurs autrichiens du voisinage.
Cependant, la bourgeoisie regagnait peu à peu la confiance et en 1382, les prévôts des corporations furent admis dans le Conseil. Celui-ci se composa dès lors de quatre chevaliers, huit bourgeois, d'où l'expression Achtburfjer, 15 membres et 15 prévôts de corporations. Le président du Collège des prévôts, appelé Oberzunftmeister, était à côté du bourgmestre la deuxième tète de la ville. A la mort de Jean de Vienne, survenue à cette époque, le chapitre de la Cathédrale procéda à son remplacement. Une scission se produisit. Les partisans de l'Autriche choisirent l'archiprètre Werner Schaler, tandis que leurs adversaires élisaient Imer de Ramstein, qui, après une lutte passionnée, obtint l'appui du pape et de la ville. Les conséquences de cette élection furent la reprise des relations avec les villes du Rhin ; en 1384 une alliance fut conclue avec la ligue des villes de Souabe et la même année encore avec celles du Rhin et la Confédération. La réaction contre l'Autriche et la noblesse relevait la tête. Le bourgmestre ayant essuyé le reproche de trahir les décisions du Conseil et de violer la correspondance que d'autres villes adressaient à l'Autriche, on voulut soumettre son activité publique à un contrôle sévère. Le Conseil créa donc en 1385 la charge d'Ammeister, en présence de qui le bourgmestre devait ouvrir toutes les lettres. Tandis que ce dernier était très souvent un vassal de l'Autriche, VAmmeister ne devait être vassal ni de cette puissance, ni de l'évêque, ni d'aucun autre noble. Il était nommé pour une année par le Conseil et choisi soit dans le Conseil soit parmi les bourgeois ou les corporations ; il avait la milice à sa disposition. Le premier Ammeister fut Heinrich Rosegg.
En juillet 1386, le duc Léopold d'Autriche rassembla au Petit-Bàle une brillante armée de chevaliers, venus du Brisgau, d'Alsace ou de Bourgogne, qui devait succomber à Sempach. Le Conseil de Bâle s'empressa de profiter de cette défaite. Au 1er août suivant, il obtint la concession de la charge de bailli impérial de Bâle, devenue vacante par la mort du duc, et en 1392 il acquit le Petit-Bàle.
Le Petit-Bâle appartenait à l'évêque de Bâle qui en et a i t le seigneur foncier et le souverain avec droits de justice et de péages II les avait probablement reçus du roi. Après la fondation du couvent de Saint- Alban, l'évêque Bourcard céda à ce dernier ses droits fonciers sur le Petit- Bàle. Ceux-ci se composaient des cens et des prestations dus par les habitants. L'évêque était le maître de la ville ; il lui donnait un avoyer pour l'exercice de la justice et l'administration locale. Un conseil, issu du tribunal de l'avoyer, s'empara peu à peu de l'administration et eut son propre sceau, au nom de Minren Basel. Après la mort de Léopold d'Autriche, à qui l'évêque avait hypothéqué le Petit-Bàle, le Conseil de Bâle racheta cette hypothèque des fils du duc pour 7000 fl. (13 octobre 1386). Cette transaction fut un sujet de regrets pour l'Autriche, qui, en 1393, fit valoir encore des prétentions au sujet du carnaval de 1376 ; elle obtint du Conseil 10 000 fl. En 1392, l'évêque renonça à tous ses droits sur le Petit-Bâle moyennant une indemnité de 7300 fl. que lui paya la ville de Bâle. Les deux localités ne formèrent plus qu'une commune ; le Conseil du Petit- Bâle cessa d'exister, mais non le tribunal de l'avoyer.
Quelques années plus tard, Bâle posa les fondements de son extension territoriale. Il acquit en 1400 de l'évêque Humbert, à titre d'hypothèque et pour 22 000 il.,
la ville et le château de Waldenburg, la forteresse de Homburg et la ville de Liestal. Depuis Jean de Vienne, les évêques de Bâle, écrasés de dettes, marchaient à la banqueroute. La ville chercha à sauver du naufrage tout ce qui étail possible, en faisant des prêts à l'évêque ; en 1407, elle dégagea Olten de l'hypothèque du duc Frédéric d'Autriche, et reçut le serment et l'hommage de ses habitants ; la même année, elle admit au nombre de ses bourgeois externes les habitants de la ville et de la vallée de Delémont et du val de Moutier.
Le début du XVe s. fut une époque de conflits intérieurs. La noblesse et quelques riches familles bourgeoises étaient non seulement autrichiennes de cœur, mais encore entretenaient des relations secrètes avec l'ennemi. Les corporations étaient inquiètes et méfiantes : elles prétendaient que la noblesse estimait trop bas les impôts, tandis que les artisans les trouvaient trop élevés ; qu'elle soutenait le duc d'Autriche par des prêts d'argent, que le bourgmestre et l'Oberzunftmeister terrorisaient le Conseil, etc. Une émeute s'ensuivit, dont le Conseil fut maître à grand'peine. .Mais la situation devenait toujours plus tendue sous le régime autocratique du bourgmestre et de l'Oberzunftmeister, qui s'étaient rendus odieux. En 1410, la charge d'Ammeisti r fut rétablie par les prévôts de corporation ; immédiatement après, le tribunal prononça l'expulsion du bourgmestre et de l'Oberzunftmeister.
Le rétablissement de la charge d'Ammeister provoqua le départ pour Rheinfelden de la noblesse et d'une partie delà bourgeoisie, qui renoncèrent à leur qualité de bourgeois jusqu'au rétablissement de leurs anciens droits. Sur la médiation de Strasbourg et de Rodolphe de Hochberg, un accord intervint et les exilés rentrèrent à Bâle. La charge d'Ammeister fut supprimée par l'empereur et disparut pour toujours en 1417.
En 1422, Jean de Fleckenstein fut nommé évêque par le pape Martin V ; il devait être le restaurateur du chapitre de Bâle. Son premier soin fut de dégager les parties de l'évêché qui avaient été hypothéquées par Jean de Vienne. Parmi les créanciers se trouvait le comte Thiébaud de Neuchâtel en Bourgogne, qui détenait Saint-Ursanne et les Franches-Montagnes. Sur son refus d'accepter le rachat de sa créance, l'évêque lui fit la guerre, aidé de la ville de Bâle qui lui fournit des troupes et de l'artillerie de siège. Héricourt fut pris et le château détruit, ainsi que les villages voisins (1423). Dans la paix qui suivit, Bâle n'obtint rien. Au contraire, en 1434 une sentence de la cour impériale annula sa combourgeoisie avec Delémont.
En 1431 s'ouvrit à Bâle un concile qui devait durer jusqu'en 1447. En 1439, il élut à la papauté Amédée, duc de Savoie, qui prit le nom de Félix V. Le 24 juin de l'année suivante, ce dernier fut couronné en grande pompe dans la cathédrale de Bâle. Pendant ce temps, une armée de mercenaires français, les Armagnacs, avaient pénétré en Alsace et la dévastaient. Bâle menacée fit alliance avec Berne en 1440; l'année suivante, l'alliance fut étendue à Soleure et renouvelée pour vingt ans. En 1444, les Armagnacs s'approchèrent de Bâle, et le 26 août eut lieu la bataille de Saint-Jacques sur la Birse. Les Français victorieux renoncèrent à poursuivre leur campagne contre les Confédérés, mais non à leurs visées sur Bâle. Le Conseil envoya au dauphin une députation à laquelle s'étaient joints les membres les plus influents dû concile, mais les généraux français avaient des exigences que la ville ne pouvait admettre. Dans une deuxième conférence à Bâle même, ils parlèrent de soumettre la ville par la force : ils voulaient qu'elle rendît hommage au dauphin puisqu'elle avait toujours appartenu à la France. Les négociations furent reprises à Ensisheim, où s'était retiré le dauphin. Les députés de Bâle étaient entourés de ceux du concile, des ambassadenrs de Berne et de Soleure, et de l'évêque Frédéric zu Rhein. Leur attitude résolue, l'intervention de Louis de Savoie et du seigneur de Valangin, et le fait que le roi Frédéric ordonna au dauphin de quitter le pays, finirent par déterminer ce dernier à céder. Un armistice de vingt jours fut accordé le 20 sept., puis la paix fut signée le 21 oct. à Zofingue, mais acceptée par Bâle le 25 nov. seulement.
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Bàle. Vue du pont avec la terrasse de la cathédrale, d'après la Topographie de M. Merian (16 42
Baie. Vue perspective de 1 Est en 1612. Partie d une gravure de la Topographie de Merian.