‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 2)Chapitre 290 sur 329 · IULE · texte numérisé non relu

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Vue perspective en 1575. (D'après une gravure sur cuivre de Braun et Hogenberg : Urbes Totius Universij.

Vue de Bûle du Nord-Est/à vol d'oiseau, de 1642. (D'après une gravure de la Topographie de M. Merian)

BALE

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La lutte de la noblesse autrichienne contre Bàle reprit alors, plus violente que jamais Une puissante coalition se forma, ayanl à sa tête le duc Albert d'Autriche, el la guerre fut déclarée en 1445 Ce fut une guerre de razzia et de dévastations. Le seul fait d'armes important fut la prise du château de Rheinfelden, le Stein, par Bàle, Soleure et Berne .Mais les deux adversaires épuisés convinrent de se soumet ire à un arbitraire. L'Autriche estimait ses pertes à 600 000 11. el Bàle à un million de florins Pendant que le tribunal arbitral siégeait à Colmar, le baron de Grùnenberg s'empara de Rheinfelden par la violence. Ce fut le signal de la reprise des hostilités, pendant lesquelles Bàle détruisit le château de Blochmont appartenant à Hermann von Eptingen. La paix put être définitivement conclue le 14 mai 1449 à Brisach et fut complétée par une alliance de dix ans entre Bàle et le duc d'Autriche.

La présence du concile à Bàle avait éveillé chez beaucoup d'habitants des besoins intellectuels et le goût des études supérieures. C'est alors que surgit la première idée de l'université de Bàle qui allait être inaugurée le 4 avril 1460, grâce à la persévérance et à l'énergie de quelques bourgeois et prélats. En même temps qu'il s'occupait de l'université, le conseil poursuivait une autre affaire politique vitale pour la ville : l'acquisition de la seigneurie de Farnsbourg avec le comté du Sisgau. Ce comté avait été donné à l'évêque de Bàle en 1041 par l'empereurHenri III. avec tous les droits souverains. L'évêque avait fait exercer ses droits par les comtes de Homberg. de la branche aînée, aux mains desquels le comté était devenu un fief héréditaire : celui-ci passa aux comtes de Thierstein qui avaient formé la seigneurie de Farnsbourg de terres héritées des Homberg et des Frobourg, et construit le château. Farnsbourg avait été un solide point d'appui pour toutes les attaques autrichiennes parties de Rheinfelden contre Bàle. aussi la ville désirait-elle en faire l'acquisition. Son propriétaire était en 14(31 Thomas von Falkenstein qui. très endetté, vendit la seigneurie de Farnsbourg et le comté à Bâle, le 13 août, pour 10 000 florins.

Dans les années suivantes, Bâle acquit encore Zunzgen, Sissach. Bôckten et Itingen pour- 6670 fi., et en 1470 et 147'.». Mônchenstein ; mais il hésitait à se rendre possesseur du village et château de Dornach qui passa à Soleure.

Le milieu du XYL s. marque pour la ville de Bâle une époque de transition. De ville industrielle et commerçante qu'elle était, elle tendait à devenir aussi un centre intellectuel. Le Concile n'y avait pas séjourné impunément 17 ans et l'Université allait être créée. Dans son organisation intérieure, des changements profonds s'étaient introduits peu à peu. Au milieu du XIVe s., la noblesse et les bourgeois notables fAchtburger) étaient prépondérants dans le Conseil. Mais les guerres que Bâle eut à soutenir contre l'Autriche nécessitèrent de gros sacrifices financiers ; la ville commença alors à lever des impôts auxquels la noblesse, en vertu de ses privilèges, prétendit ne pas se soumettre. Les corporations répondirent que quiconque habitait la ville et jouissait de sa protection devait en supporter les charges. La méfiance s'éleva entre les deux parties de la population, d'autant plus que les nobles tenaient des fiefs de l'Autriche. Les nobles quittèrent peu à peu Bâle et renoncèrent à leur bourgeoisie, de sorte que. vers 1450, la plupart de leurs sièges étaient vacants au Conseil. A ce moment-là. on peut dire que Bàle était devenu une ville à régime corporatif. Dans le domaine politique, la guerre contre l'Autriche eut encore pour conséquences une nouvelle orientation de Bàle dans ses relations et ses alliances. Jusqu'alors tournée vers les villes d'Alsace et du Rhin, elle se rapprochera dorénavant des Suisses, de Soleure et de Berne surtout, qui était devenu son \ oisin immédiat depuis la conquête de l'Argovie. A l'égard de l'évêque. la ville avait une tendance de plu- en plu- marquée (l'indépendance. La charge d'avoyer lui ayant été concédée, h' tribunal de l'avover était devenu celui de la ville ; dès lors un Conflil axait surgi entre ce tribunal el celui de l'official, au sujel de leurs compétences respec-

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tives. Ell 1462, il entra à l'état aigu, el en l'ilili fui soumis à un arbitrage. Entre autres motifs de plaintes, l'évêque voulail contester à Bàle le droit de lever des impôt-. Mais les guerres de Bourgogne allaient reléguer toutes ces petites querelles à l'arrière-plan. Placée entre les deux adversaires, la ville de Bâle étail très menacée : elle ne devait pas jouer un rôle en vue dans ce duel, mais son sort etail lié à l'issue de la guerre.

Par le I rail é de Sain I -() mer. 0 mai 1469, le duc Sigismond d'Autriche hypothéquai! à Charles-le-Téméraire le Sud de la Forêt-Noire, Laufenbourg, Rheinfelden, Sàckingen et Brisach. le landgravial de la Haute-Alsace et le comté de Ferrette pour 50 ooo 11. Le voisinage immédiat de la Bourgogne suscita .des difficultés à Bâle peu après l'occupa lion de l'Alsace par le bailli bourguignon, Pierre de 1 1 agenba ch . En vertu de la paix de Brisach. Bàle devait avancer à l'Autriche 26 000 fl., dont 4 DUO étaient déjà payés. Le duc d'Autriche offrit alors à Bàle la ville de Rheinfelden en hypothèque pour le solde de 22 (lui) fl., mais à condition de rembourser encore 14 000 11. à Marquard von Baldegg pour sa créance sur Rheinfelden.

Bâle déclina l'offre. L'Autriche offrit alors les villes de Sàckingen, Laufenbourg, Waldshut et Hauenstein avec la Forêt-Noire. La ville fut très désireuse, un moment, de s'agrandir par l'acquisition de ces territoires importants, mais au dernier moment elle y renonça. L'Autriche hypothéqua alors à la Bourgogne ces pays, ainsi que des droits sur Rheinfelden. Il fallut discuter à ce sujet avec Bàle. ce qui provoqua un conflit et, de la part de Pierre de Hagenbach, des menaces contre la ville.

Dans ces circonstances, le Conseil de Bâle projeta une grande coalition des villes d'Alsace, de l'Autriche et des Confédérés dans le but de libérer les territoires aliénés à la Bourgogne. Le 4 avril 1474 fut ainsi constituée la Basse-Ligue par opposition à la Haute-Ligue des Confédérés. Le 6 avril, le traité de Saint-Omer était dénoncé, et le duc de Bourgogne informé que la somme nécessaire au rachat de sa créance était déposée à Bâle. Cependant cette ville s'était préparée à la guerre. Pendant toute l'année 1473, elle avait fait de gros approvisionnements, remis en état son artillerie et ses murailles. Le 3 septembre, elle avait reçu l'empereur qui se rendait à Trêves pour une entrevue avec Charles-le-Téméraire ; elle lui avait fait une magnifique réception, quoiqu'il eût hésité à venir et exigé que Bâle lui prêtât serment. La ville ne s'y était pas soumise, disant qu'elle était libre sous la suzeraineté de l'évêque. Pendant son séjour à Bàle, l'empereur eut une entrevue avec le duc d'Autriche et les députés des Confédérés. La paix ne fut pas encore signée, mais la bonne entente qui régna entre les deux adversaires fut sans doute le prélude de la « paix perpétuelle » signée un an plus tard.

Quelques jours après la dénonciation du traité de Saint-Omer. la population de Brisach se soulevait contre Pierre de Hagenbach et le faisait enfermer, 1 1 avril 1474. Sitôt la nouvelle connue à Bâle, le Conseil donnait au comité des « Treize » les pleins pouvoirs d'un Conseil de guerre. Le 20 avril, le duc Sigismond avec 400 Confédérés à sa solde entrait à Bâle pour- aller prendre possession de ses biens engagés à la Bourgogne. Sa présence entraîna la décision du Conseil, qui, le 22 avril, déclara la.guerre au duc de Bourgogne en qualité d'allié du duc Sigismond.

Les Confédérés ne déclarèrent la guerre que le 25 octobre 1474 el entrèrent aussitôt en campagne. Le 31 octobre et jours suivants leurs troupes, à l'exception de celles de Berne el Soleure qui passaient par le Porrentruy, se réunirent à Bâle aux forces autrichiennes des villes du Rhin et delà Forêt-Noire. En ton! lo ooo hommes, dont environ 2000 lîàlois. Quelques jours plus tard eut lieu l'expédition d'Héricourt qui prit fin le 17 novembre par la reddition de la ville.

Le 11 avril 1475, Bâle envoya 200 hommes à l'empereur qui se préparai! à libérer Neuss. Quelques jours plus tard, environ 500 lîàlois rejoignaient à Neuchâtel les Confédérés qui. le -'m avril, marchèrent sur le pays de Vaud savoyard. Lu juillet suivant étail décidée l'expédition contre Blamont, à laquelle participèrent 600

Juillet 1921

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