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hommes et L'artillerie de Baie. Cette ville se rendit le !i août, laissant un riche butin aux assiégeants qui la détruisirent. Le 6 octobre suivant, les Bâtais étaienl de nouveau Bur pied, 600 fantassins et 50 cavaliers, pour aller au secours de René de Lorraine.
Pendant les années 1476 el 1477, qui devaienl être fatales au duc de Bourgogne, les troupes de Bâle se rencontreront dans toutes Les batailles aux côtés de- Confédérés. A Grandson, 800 liàlnis se trouvaient dans l'arrière-garde ; à Morat, ils étaient 1500 fantassins el lui) cavaliers, et enlin à Nancy au nombre de 500.
Pendant les guerres de Bourgogne, le Conseil el la bourgeoisie de Bâle avaient montré beaucoup de décision à consentir les sacrifices en hommes et en argent qu'exigeaient les circonstances. Dans les années qui suivirent, ce bel entrain tomba, en même temps que disparaissaient les circonstances qui l'avaient fait nail n. La grande coalition : villes du Rhin, Autriche et Confédération suisse, se disloqua et Bàle se retrouva isolée entre les villes du Rhin, avec lesquelles elle désirait rester en étroites relations, les Suisses qui étaient sur le point de se diviser, et l'Autriche. A la fin de 1478 mourut l'évèque Johann von Venningen, qui fut remplacé par Gaspar zu Rhein. Celui-ci reprit immédiatement le procès que son prédécesseur avait engagé contre la ville et prétendit entre autres vouloir racheter la charge d'avoyer qui avait été aliénée pour 2000 11. La question devenait importante pour Bâle qui non seulement aurait dû renoncer à nommer son avoyer, mais encore à légiférer en matière de basse justice. La ville refusa l'offre de l'évèque qui porta l'affaire devant l'empereur. Elle fit de même et accusa l'évèque d'avoir voulu la détourner de son devoir envers l'empire.
Bâle était une des sept villes libres qui ne payaient point de tribut et ne devaient point de service à l'empire, excepté pour le couronnement du souverain et la guerre contre les infidèles En 1488, l'empereur Frédéric ÎII décréta une levée générale pour punir la ville de Bruges qui détenait son fils Maximilien prisonnier. Bàle refusa d'abord parce que ville libre, puis, se ravisant, envoya 150 hommes sous les ordres de Peter Offenburg. Celui-ci reçut pour instruction d'obtenir de l'empereur qu'il garantît à la ville le droit d'imposer tous les habitants, et que le tribunal de l'avoyer ne fût plus soumis à l'appel de la Cour impériale. L'empereur se rendit aux désirs de la ville et lui accorda ce qu'elle demandait le 19 août 1488. A cette époque, Bâle, ainsi que la basse Ligue d'Alsace, s'éloignait de plus en plus des Confédérés. La cause de la séparation résidait dans leurs vues opposées sur les affaires de Bourgogne et leur situation à l'égard de la France. La ville souffrait d'un malaise général dû en partie aux forts contingents en hommes et en argent que réclamait l'empereur au nom de l'empire à toute occasion, à sa situation mal définie à l'égard des villes du haut Rhin et à son procès avec l'évèque. Il en résulta du mécontentement contre la direction des affaires publiques et contre la tendance oligarchique de quelques membres du Conseil. Un parti se forma qui, par opposition à ces derniers, était hostile à l'empire et poursuivait la reprise des bonnes relationsavec les Confédérés La guerre de Souabe (1499) mit les deux partis en présence. Bâle reçut l'ordre de se rallier à l'empire, et les Confédérés, après le combat du Bruderholz. lui offrirent l'entrée dans la Confédération avec des droits égaux à ceux des VIII anciens cantons. Entre les partisans de l'empire et ceux de la Confédération, un grand nombre de bourgeois restaient neutres et attendaient de voir comment les choses tourneraient. Ils l'emportèrent, et le Conseil proclama la neutralité de la ville. Ses raisons furent les suivantes : à l'empereur, elle déclara que si elle prenait le parti de l'empire son territoire serait la proie des Confédérés qui auraient ainsi une porte ouverte sur le Sundgau ; aux Suisses, que son honneur l'empêchait de prendre les armes contre l'empire dont la ville était membre, pour un parti envers qui elle n'avait aucune obligation. Après la victoire de Dornach, les Confédérés demandèrent encore à Bâle de prendre part à une expédition projetée dans le Sundgau, mais la ville conserva fidèlement sa neutralité. Au début de septembre commencèrent à Bâle les pourparlers de
paix, ei celle-ci lut signée le -i-i septembre. Bâle y étail compris, mais le- hostilités contre la ville et son terrilune ne cessèrent pas cependant. La garnison autri-
chienne de Rheinfelden continuait léprédations aux
environs de Bâle; de nouveaux péages, très élevés, étaienl prèles es aux front ières, la navigation sur le Rhin et l'importation des produits alimentaires entra l..i campagne bâloise, à l'instigation de Soleure, inclinait pendant la guerre à se séparer de la ville et à s'affranchir de son autorité.
Grâce à ces circonstances et au sentiment d'isolement où se trouvait alors la ville, le parti suisse, gagna du terrain. Les deux nobles qui siégeaient encore au 1 ni i il furent éloignés ou s'en allèrent volontairement. Le bourgmestre Hans Imer von Gilgenberg, suspect de relations secrètes avec l'Autriche, fut déposé, et son collègue Hartung von Andlau résigna ses fonctions. Leurs charges furent remplies dès lors par des lieutenants : Leonhard Grieb et Ludwig Kilchmann. Ces deux hommes avec Peter Offenburg, Oberstzunftmeister, menèrent à bien les négociations pour l'entrée de Bâle dans la Confédération. Le 14 février [501, les Confédérés entendirent en diète extraordinaire, les députés de Bâle leur exposer la situation critique de leur ville ; ils ne parlaient pas d'entrer dans la Confédération, mais de conclure une alliance avec elle. A la Diète du 9 mars, la plupart des députés des cantons apportaient une réponse favorable à l'inclusion de Bâle, et le 17 mars une nouvelle Diète discuta des conditions de cette admission. Les Bâlois ne voulaient pas, en effet, entrer sans autre dans la Confédération ; ils demandaient à être mis sur le même pied que les anciens cantons, ce qui souleva de l'opposition de la part de Soleure et de Fribourg qui ne jouissaient pas de pareils avantages. Les négociations se poursuivirent jusqu'en été, et le 13 juillet i 51 1 1 fut jurée l'entrée de Bàle dans la Confédération. [A. B.]
III. Histoire de 1501 âl921. — 1. XVIe SIÈCLE. L'entrée de Bâle dans la Confédération marque une date importante de son histoire. Dès lors la ville, limitée dans sa politique extérieure, par suite de sa nouvelle alliance, concentra son activité sur le développement de sa vie intérieure. Celle-ci, à la vérité, avait atteint au milieu du XVe s. un degré que la ville ne devait plus guère connaître dans la suite. La profonde influence du Concile et de la fondation de l'Université a déjà été mentionnée. Elle valut à la ville le renom d'une cité intellectuelle et d'un centre de haute civilisation, et fit de Bâle le rendez-vous de savants et de représentants des arts industriels, surtout de l'imprimerie. Tôt après la mort de Gutenberg, si ce n'est auparavant déjà, des adeptes du nouvel art s'établirent à Bâle, et dans l'espace de quelques années leurs produits atteignirent un degré de perfection qui les mettaient de pair avec ceux des plus célèbres imprimeurs. Bàle subit fortement l'influence de l'humanisme. Un grand nombre de savants remarquables, porteurs des idées nouvelles, s'y rencontrèrent dans des séjours plus ou moins longs : l'helléniste Johannes Reuchlin, le réorganisateur de la faculté des Arts de Bâle et futur recteur de l'Université de Paris Johannes Heynlin.le Strasbourgeois Sebastien Brant. le poète de la Nef des fous, et le plus illustre de tous, Erasme de Rotterdam, autour de qui s'était formé tout un cercle d'admirateurs parmi la bourgeoisie de Bàle. Au premier rang de ces derniers figuraient Johannes Amerbach et ses fils Boniface et Basile.
Le culte des beaux-arts, les arts industriels et l'architecture reçurent également une impulsion féconde de cette riche vie intellectuelle.
Par suite de son entrée dans la Confédération, Bâle put s'occuper de la question toujours plus urgente du règlement de ses affaires intérieures. Les bases de la constitution du Conseil étaient depuis longtemps reconnues insuffisantes, et le procès avec l'évèque au sujet de son droit de souveraineté devait arriver à sa fin. Tout d'abord de longues négociations avec l'évèque Christoph von Utenheim, élu en 1502, aboutirent en 1506 à la confirmation provisoire des franchises. Puis ce fut la suppression du privilège de la «Chambre Haute» (hohe Stube). c'est-à-dire des familles des Achlburger, pour
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la nomination des fonctionnaires. En 1521, la ville s'affranchit de l'obligation de prêter serinent à l'évêque et lui enleva toute participation dans la nomination <\n Conseil. Ce fut en vain que l'évêque s'opposa à ces mesures. La Réformation qui s'annonçait allait bientôt reléguera l 'arrière-plan ces questions litigieuses, en présence d'un danger autrement plus grand. Lors des discussions soulevées par la Réforme, le Conseil agit avec prudence et circonspection, car il n'y avait pas que i\^s intérêts spirituels en jeu. mais aussi beaucoup d'intérêts matériels, entre autres la liquidation des biens des couvents et des chapitres. Le parti des modérés eut d'abord la haute main, et obtint une déclaration de tolérance dans les deux mandements des 21 octobre 1527 et 28 février 1528. Mais les partisans de la Réforme l'emportèrent. Un mandement du 5 janvier 1529 remit la décision sur l'introduction de la nouvelle foi à une dispute publique et à un vote des corporations. .Mais le 8 février déjà, une assemblée des bourgeois au couvent des Cordeliers imposa la Réformation par des menaces et voies de fait : la foule se livra à une sauvage destruction d'images à la cathédrale et dans les églises de Saint-Ulrich et de Saint-Alban, puis dans toute la ville. Une quantité d'oeuvres d'art, bâloises ou du haut-Rhin, d'une valeur inestimable, furent ainsi anéanties ' e chapitre de la Cathédrale se transporta à Fribourg-en-Brisgau, où Erasme et quelques professeurs de l'Université le rejoignirent. L'ordonnance de Jean Œcolampade du 1er avril 1529 fixa la forme et l'organisation de la nouvelle église. A la demande de Zurich, Bàle fournit un contingent de 500 hommes lors des luttes religieuses entre .Confédérés ; 14 jours après la bataille de Cappel, il perdit le 24 octobre 1531 sur le Zugerberg 140 hommes et 4 pièces d'artillerie.
Par suite du départ de la plus grande partie des professeurs, restés attachés à l'ancienne foi, une réorganisation de l'Université s'imposait. Elle fut dirigée par Boniface Amerbach Le 15 septembre 1532, l'Université reçut de nouveaux statuts et son corps enseignant fut complété par des hommes comme Sébastian Munster, Simon Grynaeus, Oswald Myconius Dans la seconde moitié du XVIe s. l'Université posséda encore le célèbre juriste français François Hotmann, le Lombard Cœlius Secundus Curio, le chroniqueur Wurstisen, le médecin Félix Platter, ainsi que les premiers représentants des célèbres familles de savants Bauhin et Zwinger.
Cependant les rapports avec l'évêque ne s'étaient pas éclaircis. De nouveaux griefs s'étaient ajoutés aux anciens. Le grand soulèvement des paysans allemands eut aussi sa répercussion sur le territoire bàlois, mais le Conseil de Bâle s'entendit aussitôt avec ses sujets. Il chercha aussi à conclure un traité de combourgeoisie avec les bailliages épiscopaux de Birseck et de la vallée de la Birse, favorables à la Réforme, et obtint d'eux, le 27 septembre 1525, malgré les protestations de l'évêque, un serment de fidélité, qui fut immédiatement suivi du passage à la nouvelle foi. Les négociations avec l'évêque. occasionnées par cette affaire, traînèrent jusqu'au 15 août 1547 où fut conclu un accord appelé nouvelle charte. Ce dernier cependant ne dura pas. L'évêque, Jakob-Christoph Blarer von Wartensee, ordonna à ses sujets réformés de retourner à l'ancienne foi. A ce propos et au sujet d'autres exigences démesurées de la part de l'évêque, un tribunal arbitral composé de six arbitres désignés moitié par Bâle et moitié par l'évêque fut convoqué sur l'ordre de la Diète. La sentence, sévère et humiliante, rendue le 11 avril 1585, fut acceptée par le Grand Conseil de Bâle dans le sentiment que la continuation de la lutte serait sans profit. La ville dut rompre sa combourgeoisie avec les communes du Birseck, et partant abandonner entièrement leur administration à l'évêque. L'évêque promit de laisser les habitants dans la foi réformée, et dès lors toutes les tentatives de la ville pour modifier cette situation demeurèrent infructueuses.
Le payement des indemnités dues à l'évêque pour le rachat de ses droits, imposé par la sentence, obligea la ville à élever ses impôts. Invités à se soumettre à cet le mesure, qui concernait les seuls intérêts de la ville, les campagnards s'y refusèrent. Une émeute, le Itappen-
krieg, eu1 lieu lorsqu'on leur augmenta de un rappen, l'ancien ohmgeld du vin (1594). Ce a'esl que grâce à la sage intervention d'Andréas Iîyf que le danger d'un soulèvement général put être écarté.
Le long différend entre le Conseil et l'évêque exerçait de fâcheux contre-coups sur la politique de la ville et sa position dans la Confédération. La faiblesse de Bàle se manifesta particulièrement dans ses relations avec la France et à propos du traité d'enrôlement conclu avec Cette puissance. La ville n'osa pas, à l'exemple de Zurich, rompre ce traité, de peur des cantons catholiques qui pouvaient devenir un danger pour elle dans son différend avec l'évêque Elle oscilla ainsi constamment entre des permissions et des défenses d'enrôler et renouvela finalement le traité, en 1564, avec la réserve que ses soldats ne pouvaient être astreints par le roi à servir contre les huguenots. Le passage constant de troupes que les princes allemands envoyaient au secours des huguenots parla Haute-Alsace obligeait Bâle d'être constamment sous les armes. Puis après la Saint-Barthélémy (24 août 1572) de nombreux réfugiés huguenots, parmi lesquels le prince Henri de Condé, affluèrent à Bàle. Par leurs menées et leur conduite, ils mirent la ville dans une situation désagréable ; mais à d'autres égards, ces réfugiés furent un bienfait pour Bàle. Des représentants de la haute culture et d'habiles artisans s'établirent ainsi dans la ville et l'enrichirent au point de vue intellectuel et. économique. Il est vrai que les corporations, à qui la concurrence d'éléments étrangers était très désagréable, commençaient à se fermer et qu'elles avaient obtenu du Conseil, en 1546, que seules les personnes riches ou exerçant un art seraient reçues à la bourgeoisie. Aux pauvres gens on n'accordait qu'un séjour de courte durée. Mais après les atrocités de la Saint-Barthélémy, la bourgeoisie fit bon accueil aux réfugiés. Elle leur accorda l'exercice du culte dans leur langue maternelle et leur céda en 1614 l'église des Prêcheurs. Les réfugiés n'étaient pas tous Français ; il y avait parmi eux des Hollandais, des Italiens, des Locarnais. Ils donnèrent à l'industrie de la soie un grand essor.
2. XVIIe siècle. L'histoire de Bâle au XVIIe s. est dominée par la guerre de Trente Ans. La ville même ne connut pas les horreurs de la guerre, mais sa campagne eut à souffrir du passage et des irruptions des différentes armées. C'est pourquoi Bâle, dans sa situation exposée aux confins de la Confédération, vécut dans le souci constant de maintenir sincèrement sa neutralité entre ses voisins en guerre. De la Confédération divisée par la religion, elle ne pouvait guère espérer de secours.
L'intérêt propre de Bàle, en même temps que son devoir de confédéré, était de ne pas pousser à la division entre cantons protestants et catholiques. C'est dans ce sens que travaillèrent à la Diète après 1630 le conseiller Johann-Rudolf Fàsch et le directeur de l'arsenal Johann-Rudolf Wettstein ; ce dernier allait bientôt prendre une grande influence comme homme d'État. Afin d'augmenter fa sécurité, les fortifications de la ville furent renforcées et étendues ; mais on renonça à la reconstruction projetée des fortifications, par manque d'argent et aussi parce que des experts mettaient en doute son utilité. Lorsque dans la deuxième partie de la guerre, le théâtre des opérations se rapprocha et que les belligérants se disputèrent violemment Brisach et Rheinfelden, la ville de Bâle courut un très grand danger. Il est vrai qu'elle put échapper au péril, mais les souffrances et les privations, conséquence des réquisitions opérées dans le voisinage, furent très sensibles à la bourgeoisie. En outre, après la défaite des Suédois à Nôrdlingen, 1634, de nombreux fugitifs apportèrent dans Bàle des épidémies qui causèrent, uvec la famine, de grands ravages parmi la population. La ville, qui avait rempli loyalement ses devoirs d'humanité, se vit alors dans la nécessité d'exercer un contrôle sévère sur les étrangers.
Lorsque les pourparlers de paix commencèrent à Munster et à Osnabruck, Bâle engagea la Confédération, quoique n'étant pas belligérant, à envoyer une députation à Munster afin de régler la situation du pays vis-à-vis de l'empire et de la Chambre impériale. Car
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Bâle et le Confédérés devaienl se considérer comme partie de l'empire, suivanl la réserve expresse du de 1501. Pour la Suisse primitive, cette dépendance di i empire n'avait, en pratique, qu'une importance minime; pour Bâle, au contraire, elle était la sourci di maintes difficultés. La ville h la bourgeoisie entretenaient avec L'Alsace et le Brisgau des relations écono iniques i ri-v suivies, d'où résultaient des a devant la Chambre et le Conseil impérial et devant le i ribunal ro^ al de li"i I w eil
Le •ionscil de Bâle fondait -a demande sur la i site d'obtenir dans le traité de paix la séparation de la 5ui e d'avec l'empire et particulièrement la Chambre impériale. Les cantons évangéliques consentirent voi d'une députation el laissèrent a la ville de Bâle le
soin de désigner le délégué. Celle-ci choisit -<>n l rg-
mestre, Johann-Rudolf Wettstein, dont les efforts furent couronnés d'un plein succès. Même la Chambre impériale, récalcitrante au premier abord, dut finalement cesser son opposit nui.
Le malaise économique continuant après la guerre el même augmentant par suite «le l'élévation des impôts, un soulèvement des paysans suisses se produisil en 1653. La campagne hàloise lui entraînée dans le mouvement, mais il n'y eut pas à regretter de rencontres entre gouvernement et paysans, ces derniers s'étant soumis volontairement après la défaite des Lucernois et des Bernois. Le gouvernement, cependant, estima qu'il ne fallait pas user «le clémence envers les chefs du mouvement et confirma sept condamnations à mort.
Depuis la Réformation, l'organisation du Conseil reposait uniquement sur les corporations. En fait, mais non légalement, il se renouvelai! par moitié chaque année, par simple confirmation. Il comptait en tout :îii conseillers (Ratsherreri) et 30 prévois de corporations, et nommait quatre magistrats, les deux bourgmestres et les deux Oberstzunftmeister. Chaque corposration axait à sa tête des Sechser, nommés nonparelle, mais par les deux conseillers et les deux prévôts qui ta représentaient au Conseil, et par douze Sechser (six anciens et six nouveaux). Les Sechser formaient le Grand Conseil, qui, à cause de son effectif de 180 membres, était très rarement convoqué. Le Petit Conseil avec ses 64 membres était déjà lui-même trop nombreux pour l'expédition des affaires journalières ; c'est pourquoi les branches les plus importantes de l'administration étaient confiées à des commissions et des collèges. Le plus important de ceux-ci était au XVIIe s. celui qu'on appelait les Treize ou Conseil secret, le véritable gouvernement, sous la présidence des quatre magistrats. Il possédait un pouvoir presque autocratique. Le Petit Conseil avait, à ses côtés, peu d'importance, et le Grand Conseil, grâce à son système d'élection, manquait trop d'indépendance pour avoir une opinion. Dans les nominations des conseillers, le choix des magistrats et des Treize, les quatre corporations de la Clef (grands négociants), de l'Ours (banquiers), de la Cuve (négociants en vin) et du Safran (grands commerçants en denrées alimentaires) acquirent peu à peu une influence prépondérante. Sur les 73 magistrats nommés de 1529 à 1798, plus des deux tiers appartenaient à ces quatre corporations, et sur ces deux tiers, presque la min lié à la seule corporation de la Clef.
Ces tendances oligarchiques devinrent un danger lorsque, au milieu du XVIIe s., le pouvoir public fut concentré en mains de quelques familles, entre autres les Burckhardt et les Socin. L'on en était arrivé, en effet, à considérer toute élection et: toute nomination de fonctionnaire du point de vue de l'intérêt des familles, ce qui conduisait à la corruption et autres pratiques illicites
Le clergé ne manquait pas d'attaquer violemment ce système, et contribua par là à provoquer les troubles de 1691 qui avaient pour but d'y mettre fin. Des comités particuliers de Sechser, sous la direction de Jakob Henric- Petri et de Johann Fatio exigèrent non seulement des modifications à la Constitution, mais encore l'expulsion d'un grand nombre de conseillers impopulaires. Ils retinrent le Conseil prisonnier à l'hôtel de ville jusqu'à ce qu'il eut fait droit à leurs demandes. Mais dans les comités mêmes se produisit une scission ; on trouvait
(pu- i> lux con eilli i - n'était ni pas meilleur!
nue L ani iens. La désillusion provoqua un revirement «le l'opinion; Patio, -on beau-frère Johann-Konrad \!"-i-. ci le mégissier Johann Miiller, furent exécutés : d'autres condamnés à des amendes, au bannissement ou aux travaux forcé-. Le résultat de tout ce mouvi lui pitoyable. Le Compromis du 23 juillet 1691 apporta il e-1 vrai quelques améliorations à la Constitution: il spécifiai! (pie dan- le- affaires de grande importance, les alliances, le- traités avec d'autn États, les lois nouvelles, le Grand Conseil devait être l'autorité supn Mai- ce- concessions, arrachées pendant la période de trouble, furent bientôt limitée: 1 1 même retirées. D'une manière générale, toul resta sur l'ancien pied.
On chercha à remédier au -caudale des corruptions par l'« ordonnance des ballotages de ITIîs. renforcée eu I7'iu. qui rendait les nominations dépendantes du -"il. On obtint un certain uccès qui fut considéré comme une améliorât ion sur la situation antérieure.
Si la bourgeoisie n'offre à ce momenl qu'un spectacle peu réjouissant, il n'en e-t pas de même de l'immigration des familles de réfugiés qui donnèrent à la vie économique et intellectuelle de la cité une nouvelle impulsion. Parmi les étrangers reçus au \\ Il - se trouvent les fondateurs de nombreuses familles encore existantes de commerçants, d'industriels ou de -axants: les Mixille. Sara-in. Vischer, de Bary, Bernoulli, Buxtorf.
3. XVIIIe -M (M. L'issue des troubles de 1691 parait avoir complètement paralysé Les derniers ressorts de la bourgeoisie. La vie publique, el même la xie privée, présentera peu d'intérêl au XVIIIe - : il est vrai que la situation extérieure y contribuera beaucoup La guerre de succession d'Espagne se déroula aux eux irons de Bâle et interrompit complètement, au débul du siècle, les relations que la ville entretenait avec Le Sundgau. Cellesci d'ailleurs avaient déjà passablement souffert de l'incorporation de l'Alsace à la France. A L'intérieur de la Confédération, la tension cuire catholiques et protestants, même après la paix d'Aarau conclue sur La médiation de Bâle. offrait un spectacle peu réjouissant. Bâle ne poux ail trouver un grand secours dan- La Confédération, et ne pouvait d'autre part en qualité de canton poursuivre une politique propre. L'intérêt pour la chose publique et les grande- questions disparut de plus en plus pour taire place à un esprit corporatif très étroit, qui cherchait à conserver leur situai ion aux bourgeois de la ville, en éloignant non seulement les étrangers mais aussi les bourgeois de la campagne ou en ne leur accordant aucun droit. Les tribunaux, l'Université et l'église témoignaient également de l'influence de cette baisse de l'esprit public.
Dans quelques petits cercles cependant, riches et instruits, subsistaient, encore vivaces, des besoins supérieurs. Ils trouvèrent leur expression dans un nouvel essor de l'architecture. Dans les autre- arts, la musique axait la préférence, mais la poésie el la littérature n'étaient pas complètement négligées. Elles avaient trouvédans la maison de Jakob Sarasin, au Rheinsprung, un centre de ralliement. Le représentant le plus remarquable de cet état d'esprit fut au XVIIIe s. Isaac Iselin. Par son exposé sincère des défauts de la vie publique et de l'absence d'esprit civique, par ses propositions d'améliorer les institutions publiques et son attitude en faveur d'une bourgeoisie rendue plus accessible, mais surtout par la fondation de la Société d'utilité publique et sa participation à celle de la Société helvétique, il a été l'instigateur d'une nouvelle vie intellectuelle de Bâle.
4. RÉVOLUTION FRANÇAISE ET RÉPUBLIQUE HELVÉ- TIQUE. Dès le début, la Révolution française secoua les esprits. Grâce à l'influence que s'était acquise La France au XVIIIe s., les nouvelles idées venues de ce pays trouvèrent également à Bâle un terrain propice. Lorsque la campagne commença à s'agiter, le Grand Conseil proclama, le 20 décembre 1790, la suppression de la mainmorte. Comme le servage n'existait plus, il faut entendre par là que les finances de sortie et d'établissement imposées aux sujets qui passaient d'un bailliage dans un autre étaient supprimées. D'une égalité
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