ÉGLISES
BALE
stein de Karlstadt, y mourut en 1541 comme pasteur et professeur ; c'est de là que Sébastien CasteUion adressa à l'humanité cette question : De hœreticis, ansint persequendi. Après le massacre de la Saint-Barthélémy eut lieu la fondation de la paroisse française de Bâle. Pendant que ces hommes et d'autres comme Sébastien Franck, Jakob Acontius, Fausto Sozzini et David Joris jouissaient de l'hospitalité de Bâle, l'Eglise avait à subir une violente tourmente. Le troisième antistès, Simon Sulzer, qui était en même temps superintendant. de la partie supérieure du margraviat de Bade, chercha à rapprocher Bâle des luthériens. Il fit échouer l'adhésion de Bâle à la deuxième confession helvétique, mais travailla en faveur du concordat de Wittenberg. Le successeur de Sulzer, Grynâus, fit rentrer l'Eglise dans sa tradition réformée et la consolida définitivement en rééditant, en 1590, la confession de Bâle.
b) Période orthodoxe. Dans les cent vingt années suivantes, on s'efforça de conserver rigoureusement les fruits de la Réformation. En 1610 Araandus Polanus de Polansdorf, écrivit son célèbre Syntagma theologine christianse et prit la défense de l'orthodoxie de la Faculté de théologie. En 1618-1619, Wolfgang Meyer et Sébastien Beck contribuèrent à préciser le dogme calviniste au synode de Dordrecht. L'antistès Gernler lutta avec le professeur Johannes Buxtorf contre l'universalisme de Saumur et de Sedan. Le premier dota l'Eglise de Bâle d'une liturgie qui fut employée jusqu'en 1826 ; il prit en outre part aux travaux préparatoires de la Formula consensus. Avant et après la révocation de l'Edit de Nantes, Bâle s'efforça de venir en aide de toutes manières aux coreligionnaires de France. A l'intérieur, l'Eglise s'efforça de dénoncer la corruption du haut de la chaire, ce qui provoqua le soulèvement de 1691.
c) Piétisme et influence philosophique. Dès 1686, l'Eglise de Bâle n'exigea plus l'adhésion à la Formula consensus. Un esprit nouveau se faisait jour parmi les théologiens à l'instar de ce qui se passait à Neuchâtel et à Genève. Les efforts des piétistes, qui voulaient pour eux la plus grande part des biens célestes, conquirent les Bâlois, de sorte que Joh. -Friedrich Rock, qui se disait inspiré, trouva en 1736 un groupe d'adhérents prédisposés. Dans la suite, le mouvement s'accentua sous l'influence de deux hommes, le comte de Zinzendorf, le fondateur des Frères moraves en 1740, et Hieronymus Annoni, pasteur à Muttenz en 1749. Dans leur entourage, Joh. Aug. Urlsperger trouva des partisans, de sorte que Bâle, après la fondation de la Deutsche Christentumsgesellschaft, en 1780, devint le véritable centre piétiste du continent. Mais la ville d'Isaac Iselin, le fondateur de la société d'utilité publique, ne pouvait se fermer à l'influence de l'esprit philosophique. Cette tendance nouvelle atteignit son point culminant au moment de la République Helvétique.
d) 1803-1921. Les XIXe et XXe s. sont dominés par la lutte entre les tendances de régénération et de destruction qui avaient pris naissance dans les périodes précédentes. A Bâle, on se libère de l'étroitesse dogmatique et rompt les liens qui unissaient l'Église et l'État en même temps que se manifeste une vie et une foi chrétienne plus intense.
La confession de foi fut battue en brèche par Joh.- Wilhelm Rumpf et Franz Hôrler, et malgré de puissants défenseurs tels que le professeur Christoph-Johann Riggenbach, l'antistès Immanuel Stockmeyer, les pasteurs S. Preiswerk, E. Stœhelin et Jacob Riggenbach, elle cesse d'être obligatoire en 1873. L'année suivante, le premier pasteur réformiste fut installé. Trente ans plus tard, la question de la séparation de l'Église et de l'État fut posée à l'occasion d'une demande de subvention annuelle par les catholiques romains. Après sept ans de luttes pénibles, la séparation fut acceptée. Elle n'est pas complète en ce sens que, en vertu de la constitution de 1910, l'État conserve la haute surveillance sur l'Église qui s'administre elle-même. La nouvelle organisation est entrée en vigueur le 1er avril 1911.
La vie religieuse prit un grand essor pendant le
\IV s. En 1804 fut fondée la Société biblique de Bâle : en 1815, la Société des Missions de Bâle. Différents instituts furent également créés: celui de Beuggen en 1820; de Hiehen, pour sourds-muets, 1830 ; de Chrischona, 1840 ; la maison des diaconesses <le Hiehen, 1852 ; la Société évangélique de la ville, 1859 ; l'école de prédicateurs, 1876.
De nombreuses sectes ont fait leur apparition à Bâle : les .Nazaréens, à la suite des révélations de Johann-Jakob Wirz ; les Mennonites en 1847, successeurs des anabaptistes du temps de la Réforme ; les Darbystes, les Frohlichianer. les Baptistes, les Adventistes, les Sabbatistes et d'autres. Le séjour à Bâle de William Caird en 1849 donna naissance à la communauté catholique-apostolique des Irvingiens, actuellement existe encore à côté de cette dernière une communauté néo-apostolique ; puis on trouve encore l'Église des saints des derniers jours, l'Église méthodiste, fondée en 1860, l'Armée du salut, les Scientistes, 1911, et les Etudiants de la Bible. — Voir : Ed. Blœsch : Gesch. der Schweiz. re/ormierten Kirchen. — Wilh. Hadorn : Kirchengesch. der reformierten Schweiz. — Herm. Henrici : Die Entstehung der Basler Hirchenverfassung, dans STZ 1918. [Emst St>eiielin.J
2. Église catliolique romaine (après la Réformalion). La paroisse catholique romaine compte dans la ville de Bâle environ 41 000 membres dépendant de l'évêché de Bàle-Lugano (siège épiscopal à Soleure). Le libre établissement dans la ville fut interdit aux catholiques depuis la Réformation jusqu'en 1848 et le droit de bourgeoisie leur fut refusé jusqu'en 1860 s'ils ne s'engageaient pas à faire baptiser leurs enfants protestants. Un culte catholique eut lieu pour la première fois de nouveau en 1766 dans la chapelle particulière du résident impérial. On toléra par la suite tacitement que les 400 catholiques établis en ville y assistassent. Les sacrements pouvaient également y être administrés ; le premier baptême eut lieu en 1768, le premier mariage en 1784, le premier enterrement en 1798. Le Conseil céda en 1792 l'église de Saint-Martin au culte catholique ; le service était fait par les capucins de Dornach. La jeune communauté s'augmenta de nombreux émigrés lors de la Révolution française, et parmi les troupes suisses complétant la garnison se trouvaient aussi nombre de catholiques des petits cantons. En 1798, le nouveau gouvernement assigna comme lieu de culte le magasin du Clarahof, local contenant environ cent personnes. La même année encore, les catholiques eurent part à l'église de Sainte-Claire (Clarakirche) qui leur fut définitivement abandonnée en 1817. Les protestants y tinrent cependant leurs cultes hebdomadaires jusqu'en 1853. De 1814 à 1817, cette église ayant servi de magasin militaire, les catholiques durent retourner à l'église de Saint-Martin. A la suite de deux agrandissements, il devint possibleen 1859 de reprendre Sainte-Claire, après avoir utilisé en 1858 la Predigerkirche. La paroisse s'organisa en 1797, avec Roman Ileer, comme premier curé. Elle a construit trois églises avec leurs cures : Sainte-Maria, à la Holbeinstrasse, 1885 ; Saint-Joseph, dans l'Amerbachstrasse, 1901 ; l'église du Saint-Esprit, dans la Thiersteinerallee, 1912.
La paroisse avait décidé en 1875 de demeurer libre et indépendante de l'État. Elle a constitué ainsi une société privée au sens de l'article 28 du Code fédéral des obligations,, sous le nom de Paroisse catholique romaine de Bâle. Les statuts et leurs modifications datent de 1876, 1903, 1919. Le comité est formé de 12 à 20 membres élus en nombre à peu près égal par les diverses paroisses.
La paroisse a fondé des asiles, des homes, des orphelinats, ainsi qu'une école privée catholique qui comptait lors de sa suppression en 1884 : 792 garçons, 929 filles, 40 maîtres et maîtresses. L'hôpital catholique, 1880- 1909, dut être fermé pour des raisons sanitaires et financières. Journaux : Basler Volksblatt (1873), Pfarrblatt (\913). [I. A. H.]
3. Église catholique-chrétienne. Les décrets du concile du Vatican du 18 juillet 1870 au sujet de l'infaillibilité du pape et de sa haute autorité épiscopale provoquèrent dans la paroisse catholique de Bâle, comme en d'autres
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