‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 2)Chapitre 298 sur 329 · IULE · texte numérisé non relu

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lieux, une forte opposition. Les opposants se groupèrent en Union des catholiques libéraux ; ils organisèrent des conférences et entrèrent en relations avec leurs coreligionnaires du reste de la Suisse. Ils crurenl tout d'abord pouvoir s'opposer au nouveau dogme avec l'appui de l'État. Quand cet espoir dut être abandonné, ils émirent des prétentions sur l'église et la fortune de la paroisse catholique aiin de célébrer un culterégulier. Mais exclus des services religieux et des sacrements, ils se décidèrent à s'organiser pour leur propre compte. 350 signatures des deux sexes ayant été réunies, la paroisse fut constituée le 18 octobre 1873, et le 1er mars 1874 eut lieu le premier culte, à l'église de Saint-Martin, cédée dans ce but par le gouvernement pour trois ans. Le 14 octobre de la même année, le Dr Watterich en fut élu curé. Quelques réformes furent introduites dans le service et dans la vie religieuse ; la langue allemande fut employée pour la messe et toutes les cérémonies cultuelles, la confession obligatoire remplacée par une contrition commune, le célibat des prêtres supprimé. La paroisse prit une part très active à la constitution de l'église catholique-chrétienne suisse et se rattacha à l'évêché constitué par cette église. En 1877, la paroisse obtint son propre lieu de culte : la P rédiger kir che restaurée par l'État. Elle fut inaugurée le 23 décembre par un service solennel célébré par l'évêque E. Herzog. La loi du 24 juillet 1878 reconnut officiellement à la paroisse la qualité d'église nationale-catholique. L'État se chargea des frais du culte. Dès 1879, le curé Otto Hassler s'occupa avec tant de zèle de l'extension de la paroisse que bientôt un second curé devint nécessaire ; à sa mort, en 1896, Karl YVeckerle lui succéda, puis Adolf Kùry. La réorganisation des relations entre l'Église et l'Etat bàlois, en 1911, fut d'une importance capitale. La suppression du budget des cultes fut compensée par la munificence de l'État qui paya 150 000 francs à la paroisse. L'église et la cure devinrent sa propriété. Les quelque 3000 membres de la paroisse payent en 1920, 18 394 francs de contributions et la fortune, non compris l'église et la cure, se montait à 209 910 francs. [A. k.]

4. Juifs. Communauté Israélite,. La présence des Juifs à Bàle est signalée dans la première moitié du XIIIes.Ilest cependant probable qu'ils s'établirent dès la fin du XIIe s., lors des émigrations qui conduisirent les Juifs vers le haut Rhin après les premières croisades.

L'histoire des Juifs à Bâle se divise en quatre périodes nettement délimitées : — I. Des origines aux persécutions de 1348-1349. — II. De 1302 à 1397. — III. Période de séjours temporaires, 1397-1800. — IV. De 1800 à nos jours.

I. Les Juifs habitaient presque tous des maisons dépendant du chapitre de Saint-Léonard, au Rindermark (actuellement Untere Gerbergasse) et aux environs ; quelques-uns étaient établis même au l'etit-Bàle. Il n'existait pas de quartier juif ( ghetto). La synagogue se trouvait dans la maison Zum alten Safran ou dans la Kùrsnerlaube, au Rinderrnarkt. Le cimetière était situé hors de la ville : Judengarten zu Spalon, sur une partie du futur Werkhof, près de la place de Saint-Pierre. Les Juifs étaient alors prêteurs d'argent, mais s'occupaient aussi du trafic des terres. En droit public, ils étaient sous la protection, non de l'évêque, mais de l'empire. La communauté fut victime des persécutions suscitées par l'accusation d'avoir empoisonné les fontaines lors de l'épidémie de peste qui ravagea l'Europe en 1348 et 1349. Le 10 janvier 1349, les Juifs furent livrés au feu sur une ile du Rhin près de l'embouchure du Birsig.

II. Quoique les bourgeois et le Conseil eussent juré de ne plus recevoir de Juifs durant des siècles, ceux-ci furent admis à nouveau dès 1302 et on ne s'opposa pas à leur établissement jusqu'à la fin du XIX" s. Ainsi se constitua la seconde communau lé. Ses membres habitaient les mêmes lieux que précédemment et leur situation sociale et juridique resta la même. La synagogue était, dans la maison qui s'appela encore longtemps Judentchule,a.\iGriinpfahlgâssleini,oiisetTouvea.c\ uellementla Banque populaire suisse. La communauté ne pul recouvrer Mm ancien cimetière. Pendant quelque temps, elle enterra probablement dans une autre ville; dans la der-

nière décade du XlY's., un nouveau cimetière fut créé hors des murs, à Spitalscheuren, entre AZschcngrabrn et Sternengàsslein. Plusieurs Juifs furent médecins, ainsi maître Gutleben qui devint médecin de la ville. En 1397, accusés à nouveau d'avoir empoisonné les fontaines, les Juifs quittèrent spontanément la ville. III. De 1397 au commencement du XIXes., iln'yeut plus de Juifs établis à Bâle. Des textes qui semblaient affirmer le contraire ont été reconnus inexacts. Quelques personnes furent parfois tolérées temporairement ; mais il n'est pas fait mention d'établissements durables. Au XVIIe s., de nouvelles colonies juives se formèrent dans leSundgau, probablement comme conséquence delà guerre de Trente ans. Par la suite, Bâle entra avec elles en relations étroites qui durèrent sans interruption pour

Le .Spalentor à Bàle.

D'après une lithographie de A. Merian.

ainsi dire jusqu'à la dissolution deces communautés. La ville leur servit en quelque sorte de centre commercial et plus tard aussi d'asile, surtout en 1789, lors des persécutions en Alsace. La Révolution française provoqua de grands changements ; le péage personnel, en particulier, imposé aux Juifs, fut supprimé en 1797.

IV. Le droit de libre établissement reconnu aux Juifs par la constitution helvétique ne provoqua d'abord à Bâle que l'arrivée de quelques personnes isolées. Les arrivées devinrent plus nombreuses sous l'Acte de Médiation, qui ne connaissait pourtant plus ce droit, mais on n'osait s'y opposer à cause des accords conclus avec la France. 41 familles s'établirent ainsi dans la ville jusqu'en 1814, et la troisième communauté se fonda en 1803 ou 1804. Le culte eut lieu successivement dans la maison Zum Venedig au Scltlûsselberg et à la Lys; puis dans une maison de VUnterer Heuberg, et enfin, dans la synagogue de la même rue. La communauté dut lutter drs 1815 contre de nombreuses difficultés; elle lui menacée d'expulsion totale ou d'extinction. Même sous les gouvernements réactionnaires de Louis XVIII et Charles \, la fiance intervint en sa faveur et exigea que les Israélites français établis fussent tolérés ; mais elle renonça pour le moment à exiger l'ad-

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