‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 2)Chapitre 304 sur 329 · BALE (CONCILES DE · texte numérisé non relu

BALE (CONCILES DE

« Rappenkrieg », mais son œuvre principale est le Circel der Eidgenossenschaft, histoire illustrée des XIII cantons, bailliages et alliés, de 1597. Ce n'est qu'à la suite de l'impulsion donnée aux études historiques par l'humanisme et la Réformation, qu'un historien entreprit d'écrire une histoire de Bàle depuis les origines : ce fut Christian Wurstisen. Sa Basler Chronik, richement documentée, parut en 1580 ; elle avait été précédée en 1577 d'une petite chronique en latin Epitome historiée Basiliensis. En 1624, parut encore la Kurtze Basler Chronik de Johannes Gross, mais pendant le reste du XVIIe s. l'on ne trouve plus à Bâle que des annales de moindre importance, sans grande valeur historique, présentant surtout de l'intérêt pour l'histoire des mœurs. Ce sont de petites peintures de la vie du temps. L'on peut citer entre autres, celles de Matthias Rippel (t 1619), de Friedrich Linder (* 1657) ; pour la période de la guerre de Trente ans celles de Nikolaus Brombach, de Rudolf Hotz et de son fils Johann Caspar. Du XVIIe au XVIIIe s. nous avons les chroniques de l'épicier Rudolf Schorendorf et de Samuel Von Brunn, bedeau de l'Université ; pour le premier tiers du XVIIIe s. celle de Daniel Bachofen, fabricant de chapeaux bàlois ; pour les années 1760 à 1770, celle du bourgmestre Johann Ryhiner ; pour tout le XVIIIe s. une chronique de J.-J. Mùller, secrétaire du Consistoire. La fin du XVIIIe s. et le début du XIXe s., ont été racontés dans la Hauschronik de Johann- Heinrich Munzinger (f 1829) et dans la Pack'sche Chronik, du maître charpentier Jacob-Christoph Pack (t 1841). La création d'une chaire d'histoire à l'Université, en 1659, eut peu d'influence sur l'historiographie ; la fondation de la Deutsche Gesellschaft, au milieu du XVIIIe s., en eut davantage. Elle avait pour programme de répandre le bon goût et entre autres de cultiver la langue allemande par la publication d'anciennes œuvres nationales Dans cette intention Spreng publia en 1752 la chronique du Lucernois Petermann Etterlin ; la même année parurent aussi les Scriptores rerum Basiliensium minores de Johann - Heinrich Brucker. Jacob-Christoph Beck dédia à la Deutsche Gesellschaft en 1757 un kurtzer Begriff der Geschichte Basels, traduction allemande de V Epitome historiée Basiliensis de Wurstisen, tandis que la grande chronique de cet auteur était rééditée en 1765 par Daniel Bruckner. En 1734-1736 déjà, J.-R. Iselin avait, dans un but analogue, édité la chronique d'Aegidius Tschudi. A Daniel Bruckner l'on doit aussi un Versuch einer Beschreibung historischer und natûrlicher Merkwûrdigkeiten der Landschaft Basel, 1748-1763, tandis que Jacob-Christoph Iselin publiait en 1726-1727 un encyclopédique Historisch- und geographisches allgerneines Lezicon, complété par Jacob-Christoph Becket August- Johann Buxtorf en 1742-1744. La fin du siècle fut signalée par l'apparition des huit volumes de la Geschichte der Sladt und Landschaft Basel, 1788-1822, de Pierre Ochs, qui mettait en œuvre une quantité de documents d'archives jusque-là inconnus. Au début du XIXe s., l'historien le plus en vue est Marc Lutz, auquel on doit à côté de diverses descriptions du canton de Bâle : Neue Merkwurdigkeiten der Landschaft Basel, 1805 ; Chronik von Basel, 1809 ; Baslerisches Bûrgerbuch, 1819 et les Moderne Biographien, 1826. En 1836 fut fondée la société d'histoire de Bâle, qui fusionna en 1875 avec celle des antiquaires. C'est sous les auspices de cette société que furent faites la plus grande partie des études et des recherches historiques du XIXe s. En 1839, elle entreprit la publication des Beilrâge zur vaterlândischen Geschichte et en 1901 celle de la Basler Zeilschrift fur Geschichte und Altertumskunde ; la société des antiquaires a publié des Mitteilungen de 1843 à 1882. La société zur Befôrderung des Gulen und Gemeinniitzigen donne chaque année, depuis 1821, un Neujahrsblalt. Les publications historiques se multipliant dès lors, il convient de ne citer que les principaux recueils de sources : Basler Chroniken, dès 1872, 7 vol. ; Urkundenbuch der Stadt Basel, dès 1890, 11 vol. ; Cowiilium Basiliense, dès 1896, 6 vol. ; le périodique Rauracis, publié par Lutz de 1826 à 1831, auquel succéda le Baûer Taschenbuch, 1850-1858 et 1862-1864, et

le Basler Jahrbuch dès 1881 ; enfin trois ouvrages capitaux : la Verfassungs geschichte der Sladt Basel im Mittelalter, d'Andréas Heusler (1860), Handel und Industrie der Stadt Basel bis zum Ende des 17. Jahrh., par Traugott Geerin.g, et la monumentale Geschichte der Stadt Basel, publiée dès 1907 par Rudolf Wackernagel, résumé des recherches historiques bâloises au XIXe s. — Voir Barth. [Cari Roth.]

BALE (CONCILES DE). En octobre 1061 se réunit à Bàle un concile ou synode, en présence du roi Henri IV et de sa mère, afin de désigner un successeur au pape Nicolas II (f 27 juillet 1061). L'évêque de Parme, Cadaloùs, fut élu et prit le nom d'Honorius II ; mais l'année suivante, il fut condamné au concile d'Osbor par tous les évêques d'Allemagne et d'Italie. Le deuxième concile de Bâle fut provoqué par le célèbre décret Frequens du concile de Constance, suivant lequel la prochaine réunion devait avoir lieu dans l'espace de cinq ans et la suivante dans l'espace de sept après ce concile. Le concile de Sienne prit fin sous de futiles prétextes, mais le vœu fut émis d'en réunir un autre hors d'Italie afin de résoudre une série de problèmes relatifs à l'Eglise. Le pape Martin IV accéda à la demande générale et convoqua un concile à Bâle. Il mourut en 1431, et son successeur, Eugène IV, dut confirmer cette décision dès son élection. Il adressa la bulle de convocation à Julian Cesarini, cardinal de Sant' Angelo ; celui-ci donna pleins pouvoirs aux prélats Jean Palomar et Jean de Raguse, qui ouvrirent le concile le 27 août 1431. Les princes de l'église ne parurent qu'avec Cesarini lui-même et l'empereur Sigismond envoya son protecteur à Bâle en promettant des sauf-conduits aux participants à l'assemblée. L'état des esprits fit d'abord entrevoir les plus belles espérances, mais à peine le pape Eugène, ennemi des réformes, connut-il le succès du concile, qu'il envoya une bulle de dissolution au cardinal Cesarini. La lutte éclata entre Rome et l'assemblée, dont le principal but devint la défense de ses droits. Malgré l'ordre reçu, elle ne songea d'abord pas à se dissoudre. L'organisation du travail était très bonne. A l'encontre de ce qui avait été fait à Constance, on évita le vote par nationalités. Les affaires furent remises à quatre députations chargées respectivement des questions de foi, de la paix temporelle, des réformes dans l'Eglise, et des questions générales. L'assentiment unanime était nécessaire pour valider les décisions et décrets. Mais dans sa lutte contre le pape, le concile épuisa ses meilleures forces. Eugène IV ne reconnut ses édits qu'en 1433 ; le procès ouvert contre lui eut déjà alors abouti à sa destitution si l'empereur Sigismond en personne ne fût intervenu à Bâle en sa faveur.

On s'occupa tout d'abord de faire la paix avec les Hussites. Prokopius et Jean Rokyczana, députés de la Bohême, parurent le 4 janvier 1433. Après une série de disputes, les choses s'arrangèrent sur la base des Compactât qui leur accordaient quelques-unes de leurs prétentions à la condition qu'ils rentrassent dans le sein de l'église. Ce ne fut qu'une paix apparente, car aucune des deux parties ne tint ses engagements ; elle fut cependant considérée comme le plus beau résultat du concile.

Les décisions prises au sujet de la réforme de l'Eglise ne répondirent pas à l'attente du monde catholique, car elles étaient inspirées par la haine et la lutte contre Rome. Elles visaient surtout à diminuer la puissance temporelle du pape, à limiter ses bénéfices, elles s'occupèrent aussi des onéreuses appellations à Rome. Des décrets isolés de toutes sortes contre les désordres des moines et des prêtres furent considérés comme accessoires, ce qui n'augmenta pas la popularité de l'assemblée. Il se forma un parti d'opposition au Concile. Les orthodoxes se retirèrent laissant le champ aux radicaux. La scission interne du concile devint inévitable et s'accomplit quand fut agitée la question de l'union des Églises d'Orient et d'Occident.

L'empereur byzantin Jean Paléologue, menacé par les Turcs, s'était adressé dans ce but en même temps au concile et au pape. Des deux côtés, on rivalisa pour aboutir à la fusion des églises, mais le concile se sépara

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