‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 2)Chapitre 311 sur 329 · BALE (ÉVÊCHÉ DE · texte numérisé non relu

BALE (ÉVÊCHÉ DE

la partie germanique de l'évêché par 2000 soldats, ■.dus les ordres du général Custine. Les Autrichiens se retirèrent el le prince-évâque s'enfuil à Bienne (nuit

du 28 au 29 avril 1792), après avoir institué un Conseil du régence pour expédier les affaires. Rengguer qui s'étaii sauvé en France, revint aussitôt à Porreptruy, protégé par les soldats français. Il tenta vainement de s'emparer du château (17 mai) et se réfugia de nouveau en France d'où il lança une proclamation au peuple d'Ajoic. Iles arbres de liberté furent plantés partout (21 octobre). Le 25 octobre arrivèrent trois commissaires de la Convention qui déclarèrent que la troupe appuierai! le vœu des habitants, libres de se donner une constitution. Le lieutenant-colonel Delmas, appelé à Porrentruy, y arriva le 27 et se lit le complice des intrigues de Rengguer et de Gobel devenu archevêque constitutionnel de Paris.

III. La République rauracienne (27 novembre 1792- 23 mars 1793). Ne se sentant plus en sûreté à Bienne, l'évêque Roggenbàch alla se fixer le 3 décembre à Constance où il mourut en 1794. Le 27 novembre, Rengguer et les anciens députés s'érigèrent en assemblée constituante au château de Porrentruy. Le 9 décembre, proclamation du général Biron, annonçant au peuple qu'il pouvait destituer ses anciens maîtres et se choisir telle forme de gouvernement qu'il lui plairait. Des simulacres d'élections eurent lieu le 16 décembre et l'assemblée des États se réunit pour la première fois le lendemain. Le 18, on proclama définitivement la République rauracienne qui comprenait l'Ajoie, Saint-Ursanne, la vallée de Delémont et Laufon. On vota une constitution copiée sur celle de la France. Mais des rivalités mesquines et des jalousies provoquèrent des discussions au sein de la jeune république. On en voulait surtout au Triumvirat qui exerçait sa tyrannie, soit à Rengguer, Gobel et Demars. Une députation de leurs amis fut envoyée à Paris, soi-disant pour remercier la république de sa protection, en réalité pour lui demander une alliance et des subsides. Dès lors, on organisa la république ; on imita toutes les institutions de la grande sœur voisine, on réduisit à 48 les membres de l'assemblée nationale devenue la Convention. Bref, Rengguer et Gobel régnaient en maîtres. Mais, le 7 janvier 1793, Gobel fut rappelé à Paris. Les luttes continuèrent à Porrentruy et bientôt un club des patriotes soutenus par les volontaires nationaux, mit. les triumvirs en accusation. Demars proclama alors l'état de siège dans le pays et faussa les nouvelles élections qui eurent lieu, en privant, du droit de vote les trois quarts des citoyens. Ses excès le firent rappeler (4 février) et il fut remplacé par le général Desprez-Crassier et plus tard par Mieskowski. Le 7 février, trois commissaires de la Convention française arrivèrent en Ajoie pour informer au sujet de la réunion de Porrentruy à la France. Un vote fut organisé ; sur 115 députés, 77 en furent exclus et 38 seulement admis à voter. Avec 3 autres qui se rallièrent à la France, la réunion fut votée par41 voix. Là-dessus, la Convention rendit un décret acceptant «le vœu librement émis par le peuple souverain de Porrentruy» (23 mars).

IV. Le Département du Mont-Terrible (23 mars 1793-17 février 1800). Le pays forma le 84e département français sous le nom de Département du Mont-Terrible. L'Ajoie, réunie à la prévôté de Saint-Ursanne et aux Franches-Montagnes, forma le district de Porrentruy avec 8 cantons : Porrentruy, Cornol, Chevenez. Cœuve, Saint-Ursanne, Epauvillers, Saint-Brais et Saignelégier, tandis que la vallée de Delémont et celle de la Birse formèrent le district de Delémont comprenant 5 cantons : Delémont, Vicques, Glovelief, Laufon et Reinach. Le nouveau département fut occupé par des volontaires de la Drôme sous les ordres du général Ferrières et la Convention envoya trois commissaires : Laurent, Monnot et Ritter, qui, le 4 avril, lancèrent une proclamation prescrivant d'organiser des élections en assemblées primaires, des autorités municipales, administratives et judiciaires et rendant obligatoires pour le pays les lois de la république française. Les élections eurent lieu le 23 avril et donnèrent une majorité aux partisans de Rengguer qui devint procureur-généralsyndic. Des fêtes furent organisées pour animer le zèle

des patriotes ; un Comité de salut public et un club jacobin Furent créés à Porrentruy; enfin, la guillotine arriva elle aussi. Mais la rareté des vivres et une réglementation du commerce causèrent un grand mécontentement. Bientôt la lutte éclata entre le Directoire départemental et la municipalité de Porrentruy ; Delémont appuya les jacobins ajoulots.

Dans la vallée de Laufon, éclata une insurrection, de même qu'à Delémont ; elles furent durement réprimées. La Constitution de 1793 fut acceptée par 1597 oui contre 1007 non. Ignace Rougemont et Antoine I. émane lurent élus députés à la Convention. Un bataillon de 1000 volontaires devait être constitué, mais les Rauraciens préférèrent déserter et l'on n'arriva pas à trouver un nombre suffisant de soldats. De nombreux émigrés complotaient un coup d'état à la frontière pour rétablir le prince-évêque, mais celui-ci refusa d'y prête! la main. Bientôt Rengguer et Lémane, suspects aux commissaires français, furent mis en accusation. Ils triomphèrent cependant et Rengguer obtint une indemnité. De nouveaux événements se produisirent ; c'est d'abord la Terreur avec son cortège de persécutions, d'intrigues et de condamnations à mort. Le culte de la déesse Raison est introduit partout, les biens du clergé et les objets du culte sont confisqués et vendus comme bien de la nation. Mais Gobel tomba à son tour, entraînant son neveu avec lui: il fut exécuté à Paris le 24 avril 1794. Le représentant Bernard crée le tribunal révolutionnaire qui juge sans pitié les gens prévenus de «délit public». Rengguer veut imposer sa domination au Comité de surveillance. Il ne réussit pas et se fait nommer commissaire des grains. Comme il avait touché 133 000 lb. sans rendre aucun compte, il prit le parti de s'enfuir. Il mourut dans la misère en 1818.

L'évêque Xavier de Neveu, successeur de J.-S. de Roggenbàch dès le 2 juin 1794, reçut une indemnité pour la perte de ses Etats. Le rôle politique des évêques de Bâle était fini ! Le 9 thermidor marque aussi la fin du Comité de Porrentruy. Le Directoire réussit à rétablir l'ordre et la paix religieuse, puis il réforma l'administration. Les déserteurs furent amnistiés, tes églises rouvertes les prisons vidées ou presque. Enfin, le 23 mars 1795, le bataillon du Mont- Terrible fut dissous. Le département s'accrut, le 29 février 1797, du pays de Montbéliard avec trois arrondissements : Montbéliard, Audincourt et Dessendans, au total 47 communes.

Jusqu'à cette époque, le reste de l'ancien évêché était resté dans une situation politique assez incertaine ; comprises dans la neutralité helvétique, les différentes régions formèrent des républiques assez indépendantes. Le traité de Campo-Formio (17 oct. 1797) eut pour conséquence l'annexion de ces différentes contrées au Mont-Terrible : Erguel, La Neuveville, Bienne, Moutier-Grandval, Bellelay. Orvin et la Montagne de Diesse formant cinq cantons : Moutier, Malleray, Courtelary. Bienne et Neuveville, en tout 22 communes, et 27 000 âmes. Le département entier comprenait 210 communes, 21 cantons et 77 000 hab. Une nouvelle administration fut imposée ; on supprima les droits féodaux, on accorda la liberté civile, la liberté du commerce et de l'industrie, on abolit les corporations d'artisans, on réforma l'enseignement, le pays fut compris dans le concordat, les communes municipalisées et enfin les bourgeoisies supprimées. A Porrentruy, l'école centrale remplaça l'ancien collège des Jésuites et un jardin botanique fut créé. Mais les impôts directs et indirects accablaient le peuple ; des emprunts forcés furent émis, les frais d'administration étaient élevés, le papier-monnaie déprécié. Malgré les agrandissements de 1797, le département était considéré comme trop peu étendu. Le commissaire Perrot envoyé à Porrentruy en 1799 fit un rapport très défavorable sur l'état d'esprit de la population, si bien que le premier consul supprima le département par une loi du 17 février 1800 et le réunit au département du Haut-Rhin.

\ Le Département du Haut-Rhin (17 février 1800-27 janvier 1814). Chef-lieu : Colmar ; Porrentruy, devenu sous-préfecture, forma le 3e arrondissement (4 cantons : Ajoie, Saint-Ursanne, Franches-Montagnes et

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Montbéliard) et Delémonl le 4« arrondissement (5 cantons : Delémont, Laufon, Moutiër, Courtelary el Bienne). L'histoire de cette période comporte peu d'événements politiques et se réduil à des conscriptions el à

des réquisitions. Le pays donna à Napoléon les généraux et officiers: Voirol, de Tavannes, Comman, de Courgenay, Hoffmeyer, de Bassecourt, Gressot, Theubet et Jaquet, de Porrentruy, Samuel-Goltlieb Gross, de la Neuveville qui servit aussi en Prusse e1 à N api es. En 1813-1814, il connut le passage des Alliés. Napoléon tombé, une nouvelle destinée attendait l'ancien évèché : le 27 janvier 1814, le baron d'Andlau- Birseck en prit possession au nom des puissances alliées, en attendant que le sort en lût lixé.

VI. Gouvernement du baron d'Andlau-Birseck. (•27 janvier 1814-23 août 1815). L'évêque Xavier de Neveu crut pouvoir à ce moment reprendre possession de l'ancien évèché, appelé le plus souvent pendant celte période Principauté de Porrentruy. 11 envoya un mémoire aux puissances alliées pour revendiquer ses droits sur les bailliages protestants ; on ne l'écouta point. On a attribué au baron d'Andlau l'ambition de garder ce pays pour lui. Quoi qu'il en soit, il en transforma complètement l'administration, bouleversa la législation civile et pénale et fit rentrer les impôts avec une grande dureté. Dans la partie catholique, son gouvernement fut accepté sans trop de récriminations mais dans la Prévôté, dans FErguel, à Bienne et à I ?. Neuveville, il fut très combattu. Du reste. Berne eh jchait à rétablir ses droits sur ses anciens combouigeois. Dans le pays même, de grosses divergences existaient au sujet du sort futur d 1 ancien évèché ; les uns demandaient à rester unis L la France, d'autres voulaient former un nouveau canton s iisse ; d'autres enfin demandaient sa réunion à Berne uu à Bàle. Sans consulterla population, le Congrès de Vienne décida, le 23 mars 1815. de réunir ia plus grande partie de l'ancienne principauté épiscopale au canton de Berne. Un petit territoire à Lignières l'ut donné à Neurhàtel et un district d'environ trois lieues à Bâle (Birseck). Le 23 août 1815, le commissaire fédéral Jean-Conrad Escher, de Zurich, en prit possession au nom de la Diète fédérale. L'acte de réunion fut discuté et signé à Bienne, le 14 novembre et. le 21 décembre de la même année, à Delémonl, Berne prenait possession de son nouveau territoire.

VII. Institutions. Les institutions de ce pays étaient aussi compliquées que ses États étaient bigarrés. Les princes-évêques possédaient le droit de souveraineté sur toute la principauté, mais les coutumiers de chaque région y apportaient bien des restrictions. L'évêché relevant de l'empire, la nomination de l'évêque devait être agréée par l'empereur. Le prince recevait de l'empereur l'investiture féodale pour les « fiefs ecclésiastiques, les mines et minerais, les pays, les gens, bourgs, châteaux, villes, villages, hameaux, haute et basse justice, le droit de prononcer dans le cas de peine capitale, les droits de chasse et de pacage », etc. Il s'engageait à respecter les droits, statuts, privilèges, libertés, de même que les biens et les personnes. Du reste, de tout temps, mais surtout depuis Christophe Blarer, les évèques cherchèrent à concentrer le pouvoir entre leurs mains et à se détacher le plus possible de l'empire. Ils avaient le droit de faire la paix, de déclarer la guerre, de conclure des alliances, de lever des troupes, de décréter les droits d'entrée, desortie et de transit, de s'attribuer la régale de la chasse, de la pêche, de battitmonnaie, du sel, etc. Les lois, ordonnances, règlements de police administrative émanaient du prince, ou des conseils ou officiers. Les lois financières étaient préparées en collaboration avec ses États ; mais elles devaient respecter les privilèges et constitutions de chaque région. Les lois civiles étaient, en général, basées sur le droit romain ; pour celles qui régissaient la partie germanique, il y avait droit d'appel devant la cour d'empire à Wetzlar ou celle de l'empereur à Vienne. Les bailliages avaient à leur tête des baillis, des châtelains ou des maires. Quant à l'administration même du pays, elle comprenait le haut Chapitre qui comptait 24 membres avant la Réformation et 18 après. Les titulaires en étaient nommés par le pape lorsque la vacance

se produisait dans les mois impairs et par le chapitre lui-même dans les autres cas. L'évêque elail choisi parmi les chanoines en présence d'un commissaire impérial. Les candidats devaient faire preuve de seize quartiers de noblesse. Le haut Chapitre formait la cour du prince : les dignitaires en étaient le prévôt, le doyen, le chantre, le gardien et l'archidiacre. Sans l'assentiment du Chapitre, l'évêque ne pouvait aliéner les domaines et les droits de l'Eglise par rente ou engagement hypothécaire. Après le haut Chapitre venaient les grands officiers héréditaires ; c'étaient des nobles qui remplissaient dans la maison du prince les fonctions d'écuyers tranchants, chambellans, échansons. La principauté avait en outre quatre conseils : 1" Le Conseil intime ou Conseil des ministres de 4 ou 5 membres ecclésiastiques ou séculiers, choisis parmi les trente-deux familles nobles encore vassales de l'évêché et dont l'un présidait le Conseil ecclésiastique, un autre le Consistoire et un troisième le Conseil d'État ; 2° La Cour é/iiscopale ou Tribunal consistorial, composé de 19 mi mbres dont le président était le suffragant de l'évêque ; 3° Le Conseil aulique ou Conseil de justice de 18 membres, dont le nombre fut réduit plus tard à 7, et formé d'hommes de loi, bourgeois pour la plupart ; 4° Le Conseil de la Chambre des comptes ou des finances. Le président ou le secrétaire de ces conseils ainsi que les autres fonctionnaires étaient nommés et rétribués par le prince. De nombreuses commissions étaient rattachées à ces conseils (par ex. celles des fiefs, du commerce et des péages, des limites territoriales, des tabellions et des notaires, des eaux et forêts, de la chasse, de la pêche, des forges, de police, etc.). Le siège de ces différents conseils ou commissions était à Porrentruy.

États de L'ÉVÊCHÉ. L'origine de cette Assemblée n'est pas connue ; les États de l'Évêché datent probablement de la fin de la féodalité et ils se sont constitués à travers les siècles. La présidence en revenait d'habitude à l'abbé de Bellelay. Ils furent réunis assez régulièrement pour discuter des affaires importantes de l'évêché, en particulier pour voter les impôts et autres charges. A la suite de contestations entre le prince et ses États, la cour impériale de Vienne décida le 18 janvier 1736 que ceux-ci ne pouvaient s'assembler ni formuler aucune proposition sans l'autorisation du souverain, que l'évêque avait seul le droit de convoquer les États et de fixer les objets à traiter. Des statuts furent élaborés de 1744 à 1752 pour en régler l'organisation intérieure. En voici quelques dispositions : le prince nomme le président, choisi dans le haut clergé, mais il est libre dans son choix ; il peut ratifier ou rejeter les décisions de l'assemblée ; les États ecclésiastiques, ceux de la noblesse et du tiers-état, les villes et les bailliages ne peuvent nommer chacun qu'un ou deux députés. Les États de l'Évêché furent réunis pour la dernière fois le 25 avril 1791.

Composition et ordre de préséance. — 1. État ecclésiastique : 1° Chapitre de Moutier-Grandval, un député occupant la première place ; 2° Chapitre de Saint- Ursanne ; 3° Chapitre de Saint-Imier (avant la Réformation) ; 4° Abbaye de Bellelay ; 5° Chapitre ou Confrérie de saint Michel à Porrentruy ; 6° Prévôt d'Istein ; 7° Chapitre de Salignon, district du val de Delémont — II. Noblesse : Toutes les familles nobles possédant des terres dans la principauté nommaient un député qui ne devait pas être un des officiers assermentés du prince. — III. Tiers-Etats : 1° Ville de Bienne ; 2° La Neuveville ; 3° Ville de Delémont ; son député votait indépendamment de celui des treize francs villages ; 4° Porrentruy ; 5° Saint-Ursanne (rien de commun avec, la Prévôté de ce nom) ; 6° Laufon (indépendant de celui de Zwingen) ; 7° Château et seigneurie de Pfefïingen ; 8° Château et seigneurie de liirseck ; 9° Château et seigneurie d'Erguel ; 10° Seigneurie d'Ajoie ; 11° Vallée de Delémont ; 12° Prévôté de Moutier-Grandval (Siir-lc- lioches et Sous-les-Boches) ; 13" Franches- Montagnes ou Montagne des Bois; 14° Bailliage de Schliengen. La Montagne de Diesse etla petite seigneurie d'Orvin ne figuraient pas aux États. Quand ceux-ci ne comprenaient pas la partie helvétique, ils comptaient seulement 1 8 députés.

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Impôts. Les parties du pays dépendant de l'empire devaienl payer au souverain un impôt spécial ; les Étal ; 1 1 1 i <'■ s aux divers cantons suisses en furent exonérés par le traité de Westphalie, 3auf La Prévôté de Moutier- Grandval qui ne réussit pas à s'en affranchir. In impôt spécial, l'accise, fut i 1 1 > 1 1 1 1 n- à certaines époques ~m les denrées, mais dans la partie germanique seulement. Les mois romains un petits mois étaienl une contribution d'empire servanl en partie à l'entretien de la garde du prince, an payemenl des Irais d'investiture de i empire, des bulles de confirmation d'élct ion de la raur de Rome. des traitements des ministres accrédités près des cours étrangères, etc. L'angal étail un impôt sur les boissons. Le total des impôts et des redevances féodales procurait à l'évêque nu revenu d'environ 300 000 fr.

Militaire. Les États suivants seulement avaient nue bannière, avec leurs propres armoiries : 1. Ville de Porrentruy ; 2. Pays d'Ajoie (Bailliage de Porrentruy) ; :i. Ville de Delémonl : ï. Vallée de Moutier ; 5. Ville de Saint-Ursanne et 1rs Franches-Montagnes : 6. La Neuveville ; 7. Ville de Laufon ; 8. District ou bailliage de 7,w ingen ; 9. District un bailliage de Pfeffingen ; lu. Ville de Bienne el l'Erguel : 11. Bailliage de Birseck, Le prince-évêque avait le droit de lever des hommes seulement dans les bailliages catholiques. Dans les bailliages protestants, il ne pouvait exiger des troupes que pour la défense de l'évêché. Enfin, les cantons alliés pouvaient y recruter des soldats, sauf lorsqu'ils étaient en guerre avec la principauté. Les troupes de Moutier- Grandval marchaient sous leur propre bannière ; celles de l'Erguel, sous la bannière de Bienne ; celles delà Montagne de Dii'sse. sous la bannière de La Neuveville II y avait un arsenal au château de Porrentruy. Cette résidence avait une garde de 42 hommes, dont 28 recrutés dans les VII cantons catholiques. Plus tard, elle fut portée à 60 hommes, originaires de l'évêché. Les princesévêques conclurent des capitulations avec les rois de France : en 1744, pour la levée d'une compagnie des États de l'évêché, à incorporer dans un régiment suisse. En 1758, un traité autorisa la France à recruter dans la principauté un régiment qui porta successivement le nom de régiment d'Eptingen, de Schônau et fie Reinach, et qui se distingua à Corbach, en 1760, et dans File de Corse en 1768 et 1769. Le traité fut renouvelé en 1768 et le régiment licencié le 25 septembre 1792.

VIII. Alliances et combourgeolsies. Les princesévêques de Bâle conclurent, à partir du XVe s., diverses alliances avec les Suisses. C'est ainsi qu'au début des guerres de Bourgogne, le 31 mars 1474, fut fondée, à l'instigation de l'archiduc Sigismond d'Autriche, une ligue entre les évèques de Bâle et de Strasbourg, les villes de Colmar, de Schlestadt, de Bâle, de Strasbourg et les Confédérés. Cette ligue fut renouvelée pour 50 ans en 1493.

A partir de la Réforme, les évêques de Bâle cherchèrent à se rapprocher des VII cantons catholiques, et le 28 septembre 1579, Jacques-Christophe Blarer signa avec ces derniers une alliance à Lucerne. Dès lors, une garde suisse de 28 hommes fut installée au château de Porrentruy. Le traité de 1579 fut renouvelé le 5 juin 1610 à Porrentruy, sous le prince Guillaume Rinck de Raldenstein, le 28 septembre 1632 à Delémont sous Jean-Henri d'Ostein, le 18 octobre 1655 à Porrentruy sous Jean-François de Schônau, le 20 octobre 1674 à Lucerne, sous Jean-Conrad de Roggenbach, le 11 octobre 1695 à Porrentruy, sous Guillaume-Jacques Rinck de Baldenstein. Le dernier renouvellement eut lieu en 1715 pour une durée de 20 ans, sous Jean-Conrad de Reinach. Quoique allié des sept cantons catholiques, l'évêché de Bâle fit partie du Défensional de Wil, conclu en 1647 et renouvelé en 1652 pour cinq ans. Les alliances suisses n'ayant pas eu pour les princes-évèques les résultats qu'ils en attendaient, ils se tournèrent résolument vers la France. C'est ainsi que pendant les troubles d'Ajoie, en 1739, Jacques-Sigismond de Reinach conclut avec Louis XV un traité qui fut renouvelé en 17NII. En outre, Joseph-Guillaume Rinck de Baldenstein signa, en 1744, avec Louis XV, une capitulation militaire renouvelée en 1768.

De leur côté, quelques États de l'évêché conclurent

des traités de combourgeoisii avec des cantons suissi s. En 1279. la ville de Bienne avec Berne; le il septembre 1388, l.a Neuveville avec Berne; en 1414, l'abbaye de Bellelay avec Berne el Soleure; le l \ mai l 186, Moutier-Grandval avec Berne; en 1525, la valléi de l.. mil, h avec Bâle ; en 1554, la ville avec le- treize francs villages du val de Delémonl el le- Franches- Montagnes avec Bâle : en 1610, au traité de Baden, les

droits de l'évêque sur liieune el l'Erguel lurent déterminés définitivement. Enfin, en 1706, une convention lui signée à Nidau entre les Bernois et l'évêque Jean- Conrad de Reinach au sujel de la combourgeoisie de Moutier-Grandval; en 1711, à Aarberg, un nou traité divisa cette contrée en Prévôté Sur-les- Roches, protestante, el Prévôté Sous-les-Roches, catholique. Bibliographie: Trouillat. — V. Rossel : Hist. du Jura bernois. — Vautrey : Hist. dis évêques <l<j Bâle. More] : Abrégé de l'hist. du ci-devanl Évêché de Bâle-,

— Quiquerez : Hist. des Institutions. - Chèvre : Hist. abrégée du Jura bernois. — Gautherot : Lu République rauracienne. — Le même : Le Département du Mont- Terrible. — Junod : L'ancien éoêché de Bâle à l'époque napoléonienne. — Beuchat : L'évêché de Bàh' sous le gouvernement général du baron d' Audi au . — Arthur Daucourt: Dictionnaire historique des paroisses de l'ancien évêché de Bâle. — Folletête : Le régiment de l'évêché de Bâle. — Stouff : Pouvoir temporel des évêques de Bâle.

— H. Rohr : Die Entstehung der weltl. — insbesondereder grundlierrl. — Gewaltd. Bischofsv.Basel,l9[r>. [G. Amweg.]

IX. Monnayage des princes -évêques de Bâle. Le droit de battre monnaie fut une des plus anciennes prérogatives des évêques de Bâle. Le premier acte qui en fasse mention date de 1146 ; mais bien antérieurement ils avaient déjà obtenu ce droit ou l'avaient plutôt usurpé, ainsi que beaucoup de seigneurs laïques ou ecclésiastiques, lesquels avaient profité, soit pendant la vieillesse de Rodolphe III, dernier roi de Bourgogne, soit pendant le désarroi qui accompagna le partage des Etats de Charlemagne, de s'arroger certains droits régaliens. M. Eug. Demole : Les débuts probables du monnayage épiscopal bàlois au Xe s. envisage un denier frappé à Bâle au nom de Conrad le Pacifique (937-993) avec un temple accompagné des lettres S-S (sancta sedes ?) comme le point de départ du monnayage épiscopal bâlois. Peu après, l'évêque Adalbero II (999- 1025) frappa des pièces à son nom et inaugura les demi-bractéates sur lesquelles nous relevons encore les noms d'Adalric ou Udalric II (1025-1040), Théodoric (1041-1055), Bérenger (1057-1072) et Rodolphe de Homburg (1107-1122).

A partir du XIP s. apparurent les bractéates unifaces qui caractérisent la seconde période monétaire. Ces petites pièces portent la tète mitrée de l'évêque accompagnée de différents signes : étoiles, anneaux, roses, lis, calices, crosses, globes, tours, etc. Ces monnaies sont presque toutes anepigraph.es : quelques-unes portent des lettres indicatrices de noms d'évêques connue P-E (Peter), 1-0 (Iohan). H-S (Henricus), d'autres H- A (Basilea) ou B-R (Brisach) lieux de la frappe. L'n seul nom figure en toutes lettres, celui de Lutold. On désignait ces bractéates ou deniers sous le nom vulgaire de Mônchskappen à cause de la tête mitrée. On en frappa jusque vers la fin du XIY1' s., mais il n'est pas possible de les classer avec certitude à tel ou tel règne.

Les évêques de Bâle, dans leurs embarras financiers, durent à maintes reprises engager et même aliéner certains de leurs revenus temporels. En 1373. Jean de Vienne engagea son droit de monnaie à la ville de Bâle pour 4000 fi., avec droit de rachat. Le droit fut racheté, mais en 1385 l'évêque lmier de Ramstein l'engagea de nouveau pour la somme de 1000 IL, puis il fut racheté une seconde fois et aliéné définitivement dans le cours du XVe s., ou même plus tôt, à la ville, qui dès lors le conserva exclusivement .

Après la réforme religieuse, le siège épiscopal ayant été transféré à Porrentruy, l'évêque Jacques-Christophe Blarer considérant qu'il n'y avait eu renonciation du droit de monnayage que dans la ville de Bâle. lit battre de nouveau des monnaies dans sa principauté, à Delémont et à Saint-Ursanne. Les plus anciennes pièces

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