‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 2)Chapitre 312 sur 329 · BALE (MISSIONS DE · texte numérisé non relu

BALE (MISSIONS DE

datées de cette troisième période sont des groschen de L595. Après lui frappèrenl encore monnaies: Guillaume Rinck de Baldenstein, Jean-François de Schônau, Jean-Conrad de Roggenbach, Jean-Conrad de Reinacfa et Joseph-Sigismond de Roggenbach, dont les dernières pièces furent frappées à Soleure et à Porrentruy en ! 760 et 1788, — Bibliographie : Trouillat. — Quiquerez : Institutions. — H. Meyèr : Die Denare itnd Bracteaten der Schweiz. — Berstett : Miinzgesch. des Zàhringen- Badischen Fiirstenhauses — II. Dannenberg: Die Miinzen der deutschen Schweiz zur Zcit der sàchs. niai frriiil:. Kaiser. — A. Michaud : Les monnaies des princesévêques de Bàle. — Eug. Demole : Les débuts probables du monnayage épiscopal bàluis. dans BSN XXII. [Alb.M.]

BALE (HEURE DE). Du moyen âge à la fin du XVIIIe s., l'heure de Bàle avançait de 60 minutes sur' l'heure généralement employée. Sur les causes de cette singularité, Stumpf et Wurstisen jusqu'à Pierre Ochs et Jean de Muller entre autres, ont émis deux hypothèses. Les uns faisaient remonter l'origine de l'heure de Bàle à une mesure prise autrefois pour déjouer une attaque de l'ennemi ; les autres l'attribuaient à un événement du Concile de Bàle. Eiles ne sont pas plus soutenables l'une que l'autre. L'explication des savants du XVIIIe s., de Jacob-Christopb Beck et Daniel Bernoulli notamment, est plus fondée quoique également fausse : le premier cadran solaire avançait d'une heure, avance qui se répercuta sur les autres cadrans, puis sur les horloges calculées d'après ceux-ci. En réalité, l'heure de Bàle procède de la façon de compter et de frapper les heures au moyen âge.

Au début de l'année 1779, on tenta vainement de supprimer l'heure bâloise, mais elle subsista jusqu'à la Bévolution. Lorsque, le 5 février 1798, le Grand Conseil de l'ancien Bàle se réunit pour la dernière fois, il décida l'introduction de l'heure générale dans la ville. — Voir M. Fallet-Scheurer : Die Zeitmessung im alten Basel, dans BZ XV. [C. R.]

BALE (MISSIONS DE). (Société évangélique des missions de Bàle.) La Société évangélique des missions fut fondée le 25 septembre 1815 à la cure de Saint- Martin, à Bàle, par un comité de six membres sous la direction du pasteur von Brunn et à l'instigation de Christian-Friedrich Spittler, alors secrétaire de la deutsehe Christentumsgesellschaft. On songea d'abord à instituer seulement une école missionnaire, destinée à former des missionnaires pour d'autres sociétés. Elle fut ouverte le 26 août 1816, avec sept élèves sous la direction de l'inspecteur Blumhardt. Les premiers qui en sortirent furent envoyés à la société néerlandaise des missions, à Botterdam, et un plus grand nombre à la mission anglicane à Londres. Dès 1821 cependant, la mission de Bàle envoya elle-même ses missionnaires chez les Arméniens et Tartares de Transcaucasie, puis en Perse jusqu'à ce qu'un ukase du tsar Nicolas Ier le lui interdit, en 1835. Une mission envoyée dans la république de Libéria en 1827 fui supprimée en 1832. Malgré des pertes importantes, la mission de la Côte d'Or eut de meilleurs résultats ; commencée en 1828 sur les territoires alors danois, elle fut reprise en 1843 après une courte interruption. On pénétra de proche en proche dans l'intérieur du pays jusque chez les Achantis ; de grandes communautés furent créées au cours des années, des écoles s'ouvrirent, deux dialectes du pays furent étudiés, ceux d'Akra et des Achantis, dans lesquels les missionnaires Zimmermann et Christaller traduisirent la Bible et publièrent des ouvrages scolaire et religieux. L'enseignement fut systématiquement organisé depuis l'école primaire à l'école normale pour instituteurs et évangélistes, et un excellent personnel indigène fut ainsi constitué. Le pays fut développé par l'agriculture, l'élevage du bétail et l'industrie. Les ■*\rliers de menuisiers, charrons et serruriers édifiés sur la côte, et dirigés par des maîtres européens, permirent de former un grand nombre d'ouvriers dont la renommée s'étendit le long de l'Ouesl africain. Des routes commerciales furent même ouvertes par la mission entre la côte et l'intérieur. La mission lutta également contre le-, misères sociales du peuple, la paresse et l'immoralité païenne, et chercha à élever le niveau écono-

mique du pays. Pendant plusieurs dizaines d'années, avant que le gouvernement anglais introduisit une administration régulière, elle fut ainsi le seul élément de civilisation de la Côte d'Or. En 1885 fut encore ajoutée une mission médicale, Lorsqu'éclata la guerre européenne, l'église missionnaire bâloise de la Côte d'Or

comptait plus de 25 000 fidèles répartis en 11 stations principales et 185 stations annexes. Les écoles et établissements d'éducation étaient fréquentés par 7800 élèves. Les 55 membres européens de la mission étaient secondés par 266 indigènes dont 21 évangélistes . La mission, malgré la reconnaissance officielle du gouvernement anglais, vit en 1918, à la suite de la guerre européenne, ses missionnaires purement et simplement (liasses du pays, et son œuvre eut ainsi une fin lamentable.

Dès 1834, la mission de Bàle ouvrit un champ d'activité sur les côtes Sud-Ouest de l'Inde, où elle occupa avec les années les territoires de Malabar, Canara, les Mahrattes du Sud, Courg et les Montagnes Bleues. Parmi les nombreux ouvriers de la mission, il faut citer le prédicateur Hebich, les linguistes Gundert, Weigle et Môgling. En 1914 existaient 26 stations principales et 128 stations secondaires ; le nombre des chrétiens était de 20 000. La mission bâloise s'intéressa ici aussi beaucoup aux écoles. La même année, 211 établissements d'instruction étaient fréquentés par plus de 21 000 élèves. A côté des écoles élémentaires, il y avait 6 instituts pour jeunes filles, 6 pour jeunes gens, 4 écoles supérieures. 3 écoles normales d'instituteurs et 2 pour évangélistes. Le Collège de Calicut était fréquenté par environ 300 élèves. La mission bâloise en Inde est caractérisée par ses grandes entreprises industrielles qui ont fourni du travail et une existence assurée aux Hindous chrétiens exclus de leurs castes et de leurs familles. Il faut mentionner d'importantes tuileries, une fabrique de tuyaux, des filatures, un atelier de mécanique, une imprimerie et une teinturerie. Les produits de ces industries sont connus et recherchés dans l'Inde entière ; les tuiles ont même été utilisées pour la couverture des bâtiments du chemin de fer de l'Ouganda en Afrique orientale. La mission a encore atteint de beaux résultats par ses publications en langue indigène. Des vocabulaires, grammaires, traductions de la Bible, livres d'école et de piété ont été rédigés en dialectes canara, malayalam et en tulu ; la publication et la diffusion en sont assurées par une librairie missionnaire. Deux hôpitaux missionnaires sont en rapport avec la mission de Bàle, et desservis généralement chacun par un de ses médecins. Au commencement de 1914, 53 missionnaires consacrés, 2 instituteurs, 1 médecin missionnaire, 33 ouvriers de la mission, 53 dames missionnaires, 15 sœurs pour la mission parmi les femmes, en tout 157 européens travaillaient dans l'Inde. Ils étaient secondés par 1112 collaborateurs hindous. Quand éclata la guerre européenne, tous les ouvriers de la mission de nationalité allemande furent faits prisonniers de guerre ; les Suisses purent continuer le travail, mais non plus sous la direction de la mission bâloise pour laquelle ce champ d'activité est dès lors resté fermé.

La mission de Bàle s'établit en Chine en 1846, dans la province de Canton, parmi les Hakka. L'île de Hong- Kong forma la base et le point de départ des postes dans l'intérieur et sur la côte Nord-Est. 19 stations principales furent fondées au cours des années, et 115 stations annexes. Le nombre des fidèles se montait au 1er janvier 1920 à 14 355. Les écoles furent aussi beaucoup développées. A la même date, on en comptait 94, réunissant 3786 élèves. Il existe en outre 12 instituts pour jeunes gens et 9 pour jeunes filles, 7 établissements supérieurs d'instruction, une. école normale d'instituteurs et une de prédicateurs. Deux stations reçurent chacune un hôpital missionnaire. La. mission étudia le dialecte hakka et enrichit la littérature chinoise de livres

d'école et de piété, enfin d'une excellente traduction de la Bible. Le missionnaire D. Schaub, originaire de Bàle, s'est acquis de réels mérites par son activité littéraire. La mission comptait en Chine, au début de la guerre européenne, 52 missionnaires consacrés, 2 instituteurs, 2 médecins missionnaires, I missionnaire non

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