‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 2)Chapitre 319 sur 329 · BAN.MOOS · texte numérisé non relu

BAN.MOOS

BANNIIOLZEH

La Société s'est intéressée à plusieurs trusts financiers, etc. : Société Fiduciaire Suisse (1906). Société Suisse pour Valeurs de Placement (1907), Banque Suisse de Chemins de fer, Bâle, et Société d'Applications Industrielles, Paris, Crédit Foncier de Bâle (1909), Société Suisse pour Valeurs de Métaux (1910), Société Suisse pour Valeurs de l'Amérique du Nord (1912).

Capital-actions. Parallèlement au développement des affaires, la Société accrut ses moyens d'action en portant graduellement son capital social de 6 à 120 millions de francs. [Stucki.!

BANMOOS ou BANNMOOS. Voir Balmoos.

BANNERET. Le terme de banneret, ou banderet (en ail. Venner), désignait à l'origine le porte-drapeau dans la milice ( Fâhnrich). A cette charge d'honneur était attaché très souvent le contrôle des affaires militaires et de la troupe, ainsi qu'un siège au conseil de guerre. Dans la suite les compétences du banneret furent étendues, et ses fonctions devinrent parmi les plus importantes de l'administration civile.

A Berne, les quatre bannerets furent probablement introduits lors de la révision de la constitution en 1295. Chacun d'eux avait dans l'un des quatre quartiers de la ville ayant bannière, le contrôle de la milice, la perception de l'impôt et la direction de la police du feu. Ils formaient jusqu'au XVIe siècle une sorte de commission militaire permanente. Au conseil ils prenaient place immédiatement après l'avoyer, plus tard après les trésoriers et jouissaient dans les anciens temps de compétences en matière de finances et de construction. Les bannerets étaient nommés pour quatre ans ; chaque année, le lundi de Pentecôte, ils devaient toutefois être reconfirmés comme les autres hauts fonctionnaires. Plus tard ils furent choisis exclusivement dans les quatre corporations des boulangers, des bouchers, des forgerons et des tanneurs. Après la conquête du pays de Vaud les compétences financières des bannerets furent augmentées. Avec les trésoriers des pays allemands et français ils formaient la chambre des bannerets ( Vennerkammer ) , une commission financière permanente. Enfin les bannerets étaient chargés chacun de l'administration d'un des quatre Landgerichte de Konolfîngen, Seftigen, Sternenberg et Zollikofen. — Voir LL. — Festschrift zur VII. Sàkularfeier Berns. [H. Tr.l

Dans l'ancien Evêché de Bale, Porrentruy, Delémont, Saint-Ursanne et La Neuveville avaient des bannerets dont les fonctions étaient purement militaires. Dans la Prévôté de Moutier-Grandval, par contre, le bandelier était le chef militaire du pays. C'est lui qui levait les troupes, convoquait et présidait l'assemblée des députés du pays où l'on traitait des intérêts généraux de la Prévôté. Mais il était surtout chargé de veiller à la conservation des droits du peuple, de ses coutumes, franchises et libertés, de faire respecter les traités et de repousser les empiétements des fonctionnaires de l'évêque. Dans l'exercice de ses fonctions, il était indépendant du prince-évêque. Il était nommé à vie.

A Bienne, le banneret, nommé par la bourgeoisie réunie, était le commandant des milices de la ville et de celles de l'Erguel. Il était le gardien des clefs de l'arsenal, recevait !e serment des milices et prêtait, de son côté, celui de défendre les droits du peuple dont il était le tribun. — Voir Quiquerez : Institutions. — Bridel : Course de Bâle à Bienne. [G. A.]

Fribourg avait également quatre bannerets placés à la tête de chacun des quartiers du Bourg, de l'Auge, des Hôpitaux et de la Neuveville. Ils furent nommés dès 1347 par la communauté, dès 1553 par le Grand Conseil et choisis parmi les membres du Petit Conseil, puis dès 1566 parmi les Soixante. Ils assistaient aux séances du Petit Conseil, exerçaient la police de la ville et présidaient la chambre secrète ; mais un seul d'entre eux siégeait au conseil de guerre. — Voir AF 1919 et 1920.

Estavayer-le-Lac avait trois bannerets, institués par Fribourg en 1576. Ils étaient les représentants de la Communauté au sein des Conseils et de la Justice ; ils devaient faire « serment d'avoir égard et soin sur

les revenus, finances et affaires de la ditte Ville et Comunité, procurer le bonheur et le profit d'icelle, et ne permettre rien être au dit Conseil passé, ny fait à son désavantage et sans son consentement ». Les bannerets devaient être choisis dans la Grande Bourgeoisie et étaient nommés pour trois ans et rééligibles. [H. v.J

Glaris. La charge de banneret, mentionnée pour la première fois en 1456, était à vie; dès le traité de 1623 elle dut être occupée alternativement par un protestant et un catholique. Chez les protestants depuis 1638 et chez les catholiques depuis 1646, ce fut le sort qui décida entre les concurrents. Le nouvel élu devait acquitter diverses taxes envers l'arsenal et envers chacun des habitants. La bannière lui était remise en une fête particulière appelée Pannertag. Le banneret venait le troisième en rang des fonctionnaires, immédiatement après le landammann et le vicelandammann, et siégeait au Conseil ainsi que dans le comité appelé Schranken. La charge de banneret fut supprimée par la constitution de 1837. — Voir JHVG, cahier. [Nz.]

Grisons- Voir l'art. Bandières.

Lucerne avait deux bannerets, dont les attributions étaient purement militaires. [H. Tr.]

A Neuchâtel, le banneret était le chef de la milice et le chef des bourgeois. Homme du peuple, il exerçait un droit de veto lorsque les droits des bourgeois étaient attaqués ou menacés dans les conseils. Il faisait partie des Quatre-Ministraux et présidait le Petit Conseil dans certains cas; c'était également un des juges aux audiences. La durée de ses fonctions, de trois ans au XVIe s., fut fixée à six ans dès 1690. Le banneret présidait encore la chambre des orphelins. — Voir Chambrier : Mairie de Neuchâtel. [L M.]

Sch-wyz. Le banneret était toujours le landammann en charge ou un ancien landammann. Il avait la garde de la bannière du pays et la portait au combat — Voir A. v. Beding-Biberegg : Die Landesomler Schuyz. [B-r.l

Soleure avait un banneret de la ville qui prenait rang immédiatement après l'avoyer. Il siégeait au conseil de guerre, présidait le conseil de l'orphelinai, la direction du sel et la chambre du commerce. 11 exerçait la surveillance des pauvres, de l'hôpital, du Thuringerhaus, et avec le secrétaire de ville, celle des écoles. En temps de guerre, il portait la bannière de la ville. — Voir LL. TH. Tr.]

Valais. Chaque dizain avait son banneret, qui siégeait au conseil et au tribunal du dizain.

Vaud. Lausanne était aussi divisé en cinq quartiers ayant un banneret à la tête de chacun d'eux. Ceux-ci, désignés en 1483 sous le nom de capitanei, devaient porter la bannière de leur quartier et tenir un contrôle des habitants. En 1529, ils obtinrent de siéger au conseil des 24 avec voix consultative, et en 1592 ils firent partie de la Cour des soixante pour les extrêmes appellations. Pendant la première partie du XVIIIe s. les bannerets étaient nommés à vie, dès 1774 pour douze ans.

A Payerne, le banneret était à la tête du Conseil de ville et fonctionnait comme syndic, tandis que l'avoyer, nommé par le gouvernement bernois, représentait celui-ci.

A Vevey, le .banneret, jusqu'alors simple chef militaire, devint au XVIe siècle le chef de l'administration communale. De même à Nyon et dans plusieurs autres villes du Pays de Vaud. — Voir DHV. [M. R ]

A Zurich, le banneret, sorte de chef d'état-major, avait siège au conseil de guerre. Il ne devait porter la bannière que dans les cas très importants. |E. H.]

BANNERHANDEL. Voir Pannerhandel.

BANNEVILLE, Gaston-Borert Morin, marquis de. Diplomate français, * 26 avril 1818, f 13 juin 1881. Il prit part, comme deuxième plénipotentiaire, aux négociations de Zurich en 1859, entre la France, la Sardaigne et l'Autriche, et fut ambassadeur de France en Suisse du 2 décembre 1866 au 16 septembre 1868. [A. H.]

BANNHOLZER. Ancienne famille éteinte de lObwald, paroissienne de Lungern et mentionnée dans les documents du XVe au milieu du XVIIIe s — Voir

BANNWART

BANQUE (MONOPOLE DES BILLETS DE) 385

Kuchler : Manuscrit. — Gerichls- und Rathsprolokolle

von Obwalden. [Al. T.]

BANNWART. Ancienne famille bourgeoise établie

dans plusieurs cantons de la Suisse

allemande et dont diverses branches

sont éteintes. Ce nom signifie forestier.

A. Canton de Lucerne. Cette famille fut répandue aux XIVe et XVe s.

à Lucerne, Willisau, Sursee, Reiden et dans les villages voisins.

B. Canton de Soleure. Famille bourgeoise de Soleure depuis 1688.

Armoiries : d'or à trois monts de sinople surmontés de trois sapins du

même, à une fasce d'argent brochant. — 1. Peter, 1798-1871, étudia à Soleure et Fribourg, prêtre et professeur à Zoug 1824, Lucerne 1841, chapelain dans le Muottatal 1848, professeur à Baar 1851, chapelain de l'hôpital de Soleure, auteur de Die St. Oswaldskirche in Zug, Gfr. 1845 : Geschichte der Schweiz, 1837 ; Marin zum Schnee auf dem Rigiberg, Gfr. 1859 ; en collaboration avec Fiala et Scherrer-Boccard : Salats Chronik, dans Archiv fur schweiz. Reform. Gesch. 1808 ; membre fondateur de V Historischer Verein der V Orte. — 2. Heinrich, 1827-1881, conseiller communal 1864, du Grand Conseil 1866, major à l'état-major du commissariat helvétique, fabricant de blouses. — Voir P. Protas Wirz : Bûrgergeschlechter. — P. Alex. Schmid et L. Schmidlin : Kirchensàtze 1857 et 1908. — Gfr. [v. V.]

C. Canton de Schwyz. Ancienne famille éteinte de Kussnach. — Hans, ammann de Kussnach 1473 ; il conclut le 20 déc. 1473 le rachat de toutes les redevances et dîmes dues au couvent de Lucerne pour 820 fl . — Voir Kameramlsrodel St. Leodegar, à Lucerne. — Rôle d'impôts de la ville de Lucerne. — Archives du district de Kussnach. — Berglade Kussnach. — Gfr. 21, 35. [Al. T.l

D. Canton d'Unterwald. Famille de l'Obwald, à Schwàndi. La famille a donné jusqu'à nos jours six conseillers et trois religieux. — Johann, prieur de Klingnau 1622-1631, puis maître d'école et sacristain à Sarnen, curé de ce lieu 1637-1638, f 1644. — Voir Kuchler : Chronik von Sarnen. — Obituaire de Sarnen. — Gerichts- und Ratsprotokolle Obwalden. — Durrer : Die Einheit Unterwaldens. [Al. T.]

E. Cantons de Thurgovie et de Saint-Gall. Diverses familles, les unes de Kirchberg en Toggenbourg, les autres de Bichelsee en Thurgovie. Les Bannwart sont mentionnés au XIVe s. comme sujets saint-gallois à Rohrbach (Berne) et à Schwànberg (Com. Hérisau) ; nombreux dans le Toggenbourg au XVe s., dans l'Alte Landschaft, surtout à Uzwil, ainsi qu'à Amtzell (Heiligkreuz, C. Thurgovie). — Josef-Sebastian, * 20 janvier 1840, f 6 août 1916, avocat en 1S66 à Wil, plus tard ammann de cette ville, membre du tribunal du district, qu'il présida de 1891 à 1899, membre du collège catholique. — Voir St. gall. Nbl. 1917, 75. [Bt.l

BANNWART (AFFAIRE). Emeute survenue en 1803 à Aarwangen parce que le bannwart (= gardechampêtre ou forestier) nommé par cette commune ne fut pas confirmé par le nouveau grand bailli Sigm. Em. Hartmann. La commune décida de refuser le sermentde fidélité. Le gouvernement envoya immédiatement le conseiller réactionnaire Mutach:en qualité de commissaire investi de pleins pouvoirs. Les chefs du mouvement furent arrêtés et conduits à Berne ; ils durent faire une rétractation publique et furent exilés — Voir Paul Kasser : Gesch. des Amtes und des Schlosses Aarwangen, dans AB 1909, p. 337-339. — Emil Giider : Die Kirche von Aarwangen, dans BBG 1916, p. 231-233. [H.Br.l BANNWIL (C. Berne, D. Aarwangen. V. DGS) Vge et com. politique. Armoiries : de gueules à une étoile d'or surmontant une feuille de trèfle de sinople. Rùchihôlzli, Moosbann et Bânnliwald sont particulièrement, riches en tumuli de la période de Hallstatt. Vers 1850, Albert Jahn et G. de Bonstetten y avaient déjà entrepris des fouilles, poursuivies en 1893 et 1900 par Edmond de Fellenberg. Les tumuli ren-

fermaient des foyers d'incinération et des objets typiques de l'époque de Hallstatt, tels des urnes, bracelets de bronze et quelques épées et poignards en fer. La juridiction de Bannwil passa par succession de Johann von Aarwangen aux Griinenberg, et, par suite de l'achat de la seigneurie d'Aarwangen, à Berne en 1432. Le patronage de l'église, donné en 1320 par les comtes Johann et Hermann von Froburg au couvent de Schôntal, passa, probablement peu avant la Réformation, à Berne, qui avait déjà des droits sur elle Bannwil devint en 1577 une annexe d'Aarwangen ; l'église fut reconstruite en 1494, 1528 et 1678-1679. Le maître d'école Ulrich Marti, à Bannwil, a laissé une petite chronique des années 1659 à 1707. Population : 1653, 25 ménages ; 1764, 333 hab. ; 1800, 402; 1818, 485 ; 1850, 686 ; 1880, 643 ; 1920, 593. — Voir A. Jahn : Grabhilgel bei Langcnthal und Bannwil, dans AHVB I. — Bericht ans Muséum Bern 1893. — Jahresbericht Historisches Muséum Bern 1900. — BBG XI. — v. Miilinen : Heimatkunde V. — Jahn : Chronik. — Lohner : Kirchen. — AHVB XI. — BBG XI (Chronik V. B ). [O. T. et H. M.l

BANQUE (MONOPOLE DES BILLETS DE)

Provoquée par un mouvement économique déjà intense, l'apparition des billets de banque en Suisse remonte à la 3e et à la 4e décade du XIXe s. Le premier billet de banque suisse fut émis en 1826 par la Depositokasse de la ville de Berne. Dans la suite, à côté de quelques banques officielles nouvellement fondées, des banquiers privés émirent également des billets (bons au porteur). Alors que la Depositokasse cherchait à faciliter la circulation de l'argent sur la place grâce à son émission, les banquiers privés, avec leurs billets, visaient plutôt la facilité des paiements d'une place à l'autre. Les émissions de billets furent au début des essais timides qui se limitaient à de petites coupures et à des sommes tout à fait modestes. Ces billets jouissaient du reste d'un crédit également fort restreint, d'une circulation toute locale et d'une durée très courte. Les premières banques d'émission (Zetlelbanken) donnèrent quelque essor à l'émission des billets. La Banque Cantonale de Berne, fondée en 1834, fut en Suisse le premier établissement public qui émit des billets. En 1836 l'exemple fut suivi par la Banque de Zurich, 1837 par la Banque de Saint-Gall, 1844 par la Banque de Bàle, etc. Malgré l'apparition de ces institutions, la circulation fiduciaire resta relativement faible ; il faut en rechercher la raison surtout dans la confusion monétaire de cette époque. En 1850, avec huit banques d'émission, la circulation du papier ne dépasse pas encore le montant de 7 % millions de francs. On ne vit pas encore une amélioration après l'unification des monnaies 1851-1852, quoique la Suisse économique fût déjà régie par la Constitution de 1848 et travaillât vigoureusement au développement de son réseau de voies ferrées. En 1864, vingt banques avaient une circulation fiduciaire de 15,7 millions seulement. Mais avec l'essor du commerce et de l'industrie qui suivit la guerre franco-allemande, la circulation du papier s'accentua en Suisse. Elle était en 1870, avec 24 banques, de 18,1 millions (soit 6 fr. 90 par tète de population), en 1881, avec 36 banques, de 99,4 millions (34 fr. 85 par tête).

Depuis l'apparition des billets de banque en Suisse jusqu'en 1881, date de la promulgation de la loi fédérale sur l'émission et le remboursement des billets de banque, l'émission ne fut soumise à aucune prescription spéciale de la part de l'État. Au reste, les cantons n'y voyaient qu'un intérêt fiscal. Et quand on prenait des dispositions légales en la matière, elles étaient généralement diverses et insuffisantes. Elles visaient la limitation de l'émission, la quantité et la nature de la couverture métallique, le non-remboursement des billets, les impôts sur ceux-ci, la participation de l'État aux bénéfices de la banque, etc. Jusqu'en 1881, dans aucun canton, l'émission des billets ne dépendait de l'assentiment de l'État. Et faute d'unité dans les dispositions légales, les prescriptions sur les billets étaient aussi diverses que le formulaire et le texte de ces papiers de valeur. Avant l'unification monétaire, on voyait circuler en Suisse des billets représentant toutes les mon-

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Spécimens d'anciens billets de banque.

5. Billel de Sun fr. de la Banque Cantonale Neuchâteloise. — 6. Billet de 100 fr. de la Banque Cantonale du Valais — 7 Billet

de Uni tr. do la Caisse d'épargne du Canton d Cri. — 8. Billet de 50 fr. de la Banque du Commerce de Genève. — 9 Billet de

50 fr. de la Banque de Baie. — 10. Billet de 50 fr. de la Caisse d épargne et de Prêt du Canton d'Unterwald. — 11. Billet de 50 fr.

du Crédit Agricole et Industriel de la Broyé. — 12. Billet de 25 fr. de la Banque Cantonale Fribourgeoise

:i88 BANQUE (MONOPOLE DES IMLLETS DE) BANQUE (MONOPOLE DES IHLLETS DE;

Banque?opulai(\e de laBhoyf ; V2. <l

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