ACADÉMIQUES, SOCIÉTÉS
dangereuse, soit une doublure inutile. Le projet fut retiré et dès lors abandonné. — Voir Archives fédérales. C. III. Instruction publique. — Alex. Daguet : La création d'un Institut national et subvention fédérale (l'Educateur, Lausanne, 1889, p. 237 et s.). [M. Godet.]
L'idée dune Académie fédérale de commerce ou école des hautes éludes commerciales, a aussi été agitée à diverses reprises sans résultat. Voir en particulier l'article de Léo Gomberg dans La Suisse universitaire, Genève, 1897-1898, p. 40 et s. [M. G.]
ACADÉMIE SUISSE. C'est Pli. -A. Stapfer, alors ministre helvétique des Arts et des Sciences, qui, le premier, projeta la création d'une Académie suisse. Cet Institut national central devait constituer le couronnement de l'édifice scolaire helvétique, embrassant les écoles populaires industrielles, des arts et métiers, et les gymnases. Tout à la fois Université et Haute Ecole technique, il était destiné à former des médecins, théologiens, instituteurs, juristes, hauts fonctionnaires, savants, artistes et techniciens de tout ordre. D'autre part, à côté du développement et du perfectionnement de tous les arts et des sciences utiles, l'Académie devait avant tout créer un esprit d'union patriotique. Cet institut, dit le projet, sera le foyer intellectuel de notre nation, le creuset où viendront se fondre ses diverses nationalités restées toujours encore isolées les unes des autres, le centre de la civilisation des trois nations qui entourent l'Helvétie. Il est peut-être destiné à unir la profondeur de l'esprit allemand à l'aisance française et au goût italien. La création de ce grand établissement d'instruction devait s'effectuer essentiellement au moyen des subventions allouées aux établissements d'instruction disséminés jusqu'alors et ne pas grever sensiblement les finances de l'Etat. Mais le projet de Stapfer, qui devançait de beaucoup les temps, dut céder le pas à l'enseignement primaire. Soumis d'abord aux conseils législatifs, à un moment inopportun (c'était la veille de la guerre, le 12 février 1799) il fut transmis ensuite à une commission et tomba dans l'oubli. — Voir ASHR III. 605-607 ; 1081-1085. - C. Hilty : Oeffentliche Vorlesungen uber die Helvetik, Berne 1878. — R. Luginbùhl : Ph.-A. Stapfer, Basel 1887.— W. Oechsli : Gesch. der Schweiz im 19. Jahrh. I. 1903. — J. Dierauer : Hist. de la Conf. Suisse, V. 1917. [H. B/]
ACADÉMIQUES, SOCIÉTÉS. Les Sociétés académiques suisses ont été fondées au XIXe siècle pour soutenir les Universités deBâle, Fribourg, Genève, Lausanne et Xeuchâtel au point de vue financier et moral. Les sociétés se composent d'éléments savants et laïques qui s'intéressent au développement des institutions universitaires. 1. Société académique de Bàle. Le 17 août 1833. la Diète décida de séparer définitivement Bâle-Ville et Bâle-Campagne. Cette décision eut pour conséquence le partage des biens de l'Etat, qui, ensuite du verdict du tribunal arbitral fédéral, se fit sur la base de la population des deux nouveaux demi-cantons. La fortune de l'université que la ville revendiqua en vain comme biens d'une corporation, fut également comprise dans le partage ensuite de la sentence du surarbitre, le Dr F.-L. Keller. De ce fait, l'existence de l'université, ainsi que celle de toutes les autres institutions scientifiques de la ville, fut mise sérieusement en question. Pour combler ce déficit, il fallait faire appel à tous ceux qui disposaient des moyens d'augmenter leur contribution. L'appel fut entendu, particulièrement pour l'université, qui jouit dès lors de l'appui désintéressé et chaleureux de quantité de personnes de toute condition, enthousiastes pour soutenir l'œuvre. En même temps naquit l'idée de l'association et de la coopération pour la poursuite d'un grand but commun. Et comme la sécurité des biens des corporations et des dons qui leur parvenaient avait été ébranlée par la sentence du surarbitre, le sentiment de dévouement à la chose publique se manifesta par la fondation d'une association libre et indépendante.
Déjà en mars 1833, donc avant que la séparation eût été prononcée, et en prévision des événements qui se préparaient, il s'était constitué un comité qui adressa un appel au grand public pour la fondation d'une société académique libre et indépendante. Cependant l'on n'arriva pas à chef; les courants opposés battirent le projet en brèche el le conduisirent au bord de l'abîme ; il fallut
attendre des temps plus tranquilles et se rendre exactement compte de ce qui pouvait être fait ou atteint avant d'entreprendre une nouvelle action dans cette direction. .Mais, lorsqu'en avril 1835, le Grand Conseil décida le maintien de l'université et accorda les moyens de le faire, le moment était venu de reprendre et de réaliser les projets de 1833. Le '20 avril 1835, l'appel pour la fondation de la société académique fut lance, el déjà le 17 septembre l'assemblée constitutive se réunit ; à la lin de l'année elle comptait 96 membres, dont la moitié était des profanes, ce jqiu est du reste encore le cas aujourd'hui ; et c'est précisément pour cette raison que l'université a des liens si étroits avec la bourgeoisie. A la lin de 1835, la fortune de la société était de 30 000 francs ; aujourd'hui elle a dépassé le million depuis longtemps. L'activité de la société se manifeste de deux façons; en subventionnant les nombreuses institutions universitaires et en soutenant ou même en prenant entièrement à sa charge les frais de certaines chaires. — Voir Karl-Felix Burckhardt : Geschichte der freiwilligen Ac'ad. Gesellschafl in Basel wàhrend der ersten 50 Jahren, Basel 1885. \ B.
2. Société académique de Fribourg. D'après l'appel lancé de Lucerne en août 1890, son but est de prêter un appui moral et financier à l'Université de Fribourg « en tant qu'Institut supérieur où la science est cultivée en accord avec la foi de l'Eglise catholique romaine ». Statuts du 19 janvier 1891 et 7 novembre 18112. Initiative de la création prise en juillet 1890 par le Président central de la Société des Etudiants suisses, M. Antoine Augustin, à Berne, et appuyée par ses six prédécesseurs dans cette charge : MM. Franz Schmid-Arnold, et J. During à Lucerne, D' Th. Holenstein, à Saint-Gall, V. Gottofrey et G. de Montenach, à Fribourg, H. Gentinetta à Louèche. Première réunion le 19 janvier 1891 à l'Hôtel suisse à Fribourg. En décembre 1891, 149 membres, en 1898, 255, en 1918 environ 500. Présidents successifs : A. Augustin à Berne; Rod. de Reding-Hiberegg, conseiller aux Etats, Schwyz ; G. de Montenach, cons. aux Etats, et E. Perrier, conseiller d'Etat, Fribourg. La société a une fortune actuelle d'environ 14 000 fr. ; elle fournit chaque année un subside d'environ 2000 fr. à la Bibliothèque de l'Université (jusqu'à maintenant environ 45 000 francs). — Voir les rapports annuels, dont le premier est de juillet 1892. Voir surtout le neuvième rapport 1901-02, art. E. Bise et G. de Montenach, l'Université de Fribourg et la Soc. acad. Discours prononcé à Romont le 15 juin 1911. [F. Ducrbst.]
3. Société académique de Genève. Fondée le 16 mai 1888, sous l'impulsion de M. Eugène Choisy, et d'un Comité d'initiative présidé par M. Charles Borgeaud. Elle a pour but de « grouper tous les amis des éludes supérieures à Genève et se propose de contribuer de tout son pouvoir au progrès du haut enseignement dans tous les domaines, et particulièrement au développement de l'Université » (Art. 3 des statuts). Elle est dirigée par un comité de douze membres élus pour deux ans par l'assemblée générale des sociétaires, laquelle se réunit une fois par année.
Deux tentatives avaient été faites précédemment pour la fondation d'une société poursuivant le même but que la Société Académique. L'une en 1873, par M. Georges Fazy, qui proposait la création d'un « Fonds académique », géré par une « Société de l'Université », l'autre en 1880, par M. Emile Ador qui voulut créer une « Fondation de l'Université de Cenève». Ces deux tentatives échouèrent. Celle de 1888 fut plus heureuse, puisque la « Société académique » actuelle comptait, à la lin de 1917, 646 membres et se trouve à la tête d'un capital de 221 325 francs, sans parler des fonds spéciaux formant actuellement un total de 379 318 francs.
Indépendamment des dépenses des fonds spéciaux, les allocation- l'.uies par cette Société s'élèvent en 1917 à
128000 francs, Elles sont destinées tant à faire c laître
à l'étranger les ressources intellectuelles de (lenéie qu'à
subventionner des délégations, accroitie les bibliothèques
3 Facultés ou des divers laboratoires, faciliter
i ion d "in i âges concernant l'I fniversité, no
laminent l'Histoire de l'Université de M. le Prof. Ch.
Borgeaud, aider à la création de nouvelles chaires, Ibur-
i\ professeurs les moyens d'acquérir des inslru-