AFFRY
ment sur les serfs. Les statuts de Blenio du XIV1' siècle défendent qu'un homme de la vallée acquière des droits seigneuriaux sur un autre homme. — Meyer : Blenio u. Leventina. Meyer : DieCapitanei ion Locarno. |.Dr G. T.] 7. Vaud. Le plus ancien acte d'affranchissement connu dans le pays de Vaud est celui que le prévôt de la cathédrale de Lausanne, Adalbéron, accorda en 1059 à un serf nommé Burcard et qui pourra désormais, dit le pré- \ôt. s'en aller à sa volonté aux quatre coins du monde (ire in 't partes mundi). A partir de ce moment, et surtout dès le XIIIe siècle, les affranchissements sont de plus en plus nombreux. Ils sont favorisés à cette époque par les franchises que l'évêque de Lausanne, le comte de Savoie et d'autres seigneurs accordent à différentes villes. A la fin du XIIIe siècle, on voit l'abbé de Montheron créer un village nouveau, Froideville, en y attirant des hommes libérés de la taille ; même procédé un peu plus tard pour la reconstitution du village de Boulens. Les affranchissements individuels se succèdent dès lors sans interruption. Au milieu du XVe siècle, nous assistons à une recrudescence d'affranchissements collectifs. Le 1er août 1450, l'évêque Georges de Saluce affranchit de la taille les habitants du village de Saint-Saphorin, de Chexbres, moyennant versement d'une somme de 1000 livres. Les couvents suivirent ce mouvement ; de même les seigneurs. Il restait cependant encore un grand nombre de taillables au moment de la conquête bernoise. Berne favorisa l'affranchissement dès 1573 et fixa enfin en 1678 aux seigneurs un dernier délai d'une année pour s'accorder avec leurs taillables sur l'affranchissement. - Voir MRD VI et XIX. - AE Vaud. [m. R.j
AFFRY, l'une des plus anciennes et des plus illustres familles de Fribourg. Elle portait, au début, les noms d'Avril, Avri, Avry, Aprils, qui furent changés à la fin du XVe siècle en Affry pour se confor mer à la prononciation allemande généralement en usage à Fribourg. Les d'Affry sont originaires d'Avry-sur-Matran et vinrent s'établir à Fribourg vers la fin du XIIIe siècle.
Guillaume du Willerme d'A.
était maître de l'hôpital vers 1300 et mentionné bourgeois en 1322. L'on ne peut préciser la date d'anoblissement de la famille d'A. ; Molsheim, dans sa Freiburger Chronik, mentionne déjà Guillaume A. défenseur de Morat, noble en 1486. Cependant, c'est à partir de 1556 que les d'A. portèrent le qualificatif de noble. Armoiries : chevronné d'argent et de sable de six pièces, ou, d'argent à trois chevrons de sable. Devise : Invia virtuti nulla est via. Cimier : un bonnet, haut de forme, aux pièces de l'écu, sommé de trois plumes d'autruche d'argent et de sable. 1 . Jacques, fils de Guillaume susdit, moine à Hauterive en 1320. — 2. Guillaume, frère du n° 1, également moine à Hauterive en 1320. — 3. Pierre, élu abbé d'Hauterive en 1405 ; le 23 juin 1418, le pape Martin V lui accorda, ainsi qu'à ses successeurs, le droit de porter la mitre et les autres insignes pontificaux. U assista au Concile de Bàle en 1446. Pierre d'A., considéré comme second fondateur du couvent d'Hauterive, résigna ses fonctions d'abbé en 1449 et mourut quelques mois après, le 4 novembre. — 4. Jean, frère du n° 3, Conseiller d'Etat en 1425, f vers 1429. — 5. Guillaume, fils de 4, Conseiller d'Etat en 1472. Il commandait le détachement fribourgeois de la garnison de Morat et prit une part glorieuse à la défense de cette ville et à la bataille de Morat, le 22 juin 1476. Bailli de Grandson en 1476 ; avoyer de Morat en 1482 ; bailli de Pont-en-Ogoz en 1487. En 1491, député avec Thierry d'Englisberg pour mettre fin aux différends entre l'Etat de Berne et les habitants du Gessenav. Guillaume d'A. mourut en 1493. — 6. Louis I, du Conseil des Deux- Cents en 1487, et de nouveau en 1518 ; du Conseil des Soixante en 1491, et en 1519 bailli de Pont-en-Ogoz 1494, d'Estavayer 1499, d'Illens 1506, f vers 1530, fondateur de
l'école des choralistes de Fribourg en 1503, prit part à l'expédition des Suisses en Italie en 1511 et en lit le récit. Première femme, Catherine d'Avenches ; deuxième, Elisabeth Matter. — 7. Hélène, fille de 6, futabbesse de la Maigrauge et f 23 juin 1548. — 8. François I, fils de 6, * 1495, porta l'un des drapeaux du corps de 1000 à 1200 hommes que le canton de Fribourg accorda au roi de France en 1536 pour repousser, en Provence, les troupes impériales. Conseiller d'Etat 1541, bourgmes-
Tombeau de l'abbé d'Affry (n° 3) -J- 1449 (Abbaye d'Hauterive).
tre 1543. Il mourut en 1570 ou 1571. — 9. Louis II, lils de 8, seigneur de Givisiez. Il fut au service du roi de France et combattit aux batailles de Dreux (1562), Jarnac (1569) et Moncontour (1569). En 1567, il avait reçu le commandement d'une compagnie de 400 hommes pour aller défendre la ville de Lyon contre les entreprises des réformés. Du Conseil des Soixante 1564, Conseiller d'Etat 1571, Louis d'A. fut élevé à la dignité d'avoyer en 1572 et en remplit les fonctions pendant 29 ans. Il mourut le 14 février 1608. — 10. François II, fils de 9, * 1590, seigneur de Givisiez. Il fut successivement du Conseil souverain en 1611, avoyer d'Estavayer 1613, du Conseil des Soixante' 1616, Conseiller d'Etat 1618, bourgmestre et conseiller de guerre 1618. En mai 1624, il obtint le poste de lieutenant des Cent-Suisses de la garde du corps du roi de France, qu'il occupa jusqu'en 1644. Il fut, en 1630, pendant quelques mois, colonel d'un régiment suisse au service de France, qui servit en Lorraine et ne tarda pas à être réformé. Cinq ans plus tard, il leva un nouveau régiment avec lequel il se rendit en Picardie, ce qui lui valut le collier de l'ordre de Saint-Michel et le brevet de gentilhomme ordinaire de la chambre du roi. François
ait m
Ai-Fin
d V. devint, en 1630, lieutenant d'avoyer ci rolom»! du pays, (mis en 1644, il revêtait les fonctions d'avoyer de Fribourg. Il mourut l'année ru i vante, le 15 mai 1645, alors qu'il prenait les eaux du Bourbonnais, et fut enterré à Moulins. A la morl <l<> Jacob Wallier, François d'A. remplit de 1 < >28 à 1045 les fonctions de gouverneur <'t lieutenant-général de la principauté « I* - Neuchâtel et Valangin, 11. Jean-Louis, li ls d<- 10, seigneur de Givisiez. Il devint capitaine dann le régiment suisse de Gredei1, au service de France ; en mai 1635 servit en Valteline sous le duc de Rohan, se distingua le 10 novembre au combat de Morbegno, Il entra ensuite au régiment des gardes suisses, dont il devint capitaine en 1644. Il fut Conseiller d'Etat à Neuchâtel de 1049 à 1679. A Pribourg, il obtint une place au Sénal en 1656, 12. Prani ois- Pierre, lils de 10, * le 6 mai 1620, fut fait lieutenant de la compagnie de Praroman aux gardes-suisses en 1648. Il se signala comme volontaire en 1652 à la défaite de 400 Espagnols près de Catelet, et obtint une compagnie franche en 1600. Du Grand Conseil île Fribourg dès 1644, du Conseil des Soixante 1647, bailli de Romonl 1653, conseiller d'Etat 1083. il mourut le 14 mai 1690. François- Pierre lit aussi une brillante carrière dans la principauté de Neuchâtel, Châtelain du Landeron en 1646, il devint.
en 1008. conseiller
d'Etat, et deux ans
plus lanl. gouverneur de la principauté. Il devait cette faveur à la duchesse de Longueville, mécontente du gouverneur de Lullv ; à la mort de cette dernière, en 1079, Marie de Nemours ayant obtenu la curatelle de son frère l'abbé d'Orléans, d'A. fut congédié.
Trois ans plus tard, en 1082, la curatelle de l'abbé d'Orléans ayant passé aux mains du prince de Condé et de son fils, François-Pierre d'A. fut rétabli dans ses fonctions de gouverneur qu'il conserva jusqu'en 1686. — 13. Son fils, Joseph-Nicolas, lui succéda comme gouverneur de Neuchâtel. En cette qualité il renouvela, en 1093. la combourgeoisie avec les villes de Berne et de Lucerne. L'année suivante, l'abbé d'Orléans étant mort, Marie de Nemours devint princesse de Neuchâtel. Irritée d'apprendre que d'A. avait pris parti pour le prince de Conti dans le procès de succession, elle le révoqua. Conseiller d'Etat à Fribourg en 1691, il devint général d'artillerie du Corps helvétique et mourut en 1729. — 14. François-Pierre, frère de 13, bapt. 6 mai 1067. Cadet aux gardes-suisses en octobre 1683, major du régiment Surbeck en 1693, chevalier de Saint-Louis le 1el janv. 1705, colonel du régiment Greder, 1714, il fut fait maréchal de camp le 1er février 1719. Il perdit la vie le 19 septembre 1734 à la bataille de Guastalla. — 15. ioiiis-AuGUSTE-Avoustin, tils de 14, comte d'A., seigneur de Prévondavaux, Bretigny et Saint-Barthélémy, * le 28 août 1713 à Versailles ; cadet aux gardes-suisses 1725, chevalier de Saint-Louis 1740, brigadier 1744, maréchal de camp 1748, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire du roi de France auprès des Etats-Généraux (novembre 1755). Lieutenant général en 1758, il devint, de janvier 1759 à 1762, ambassadeur ordinaire auprès des Etats-Généraux ; colonel du régiment des gardes-suisses 1767, administrateur général des Suisses et Grisons 1771, grand croix de Saint-Louis 1779, commandeur de l'Ordre du Saint-Esprit 1784 (cordon bleu). Tl est le seul Suisse qui ait été honoré de cette distinction. Son rôle dams la défense des Tuileries, les 9 et 10 août 1792 fut complètement négatif. Lorsque, le 9 août, son régiment eut pris position aux Tuileries, il était malade depuis quelques jours ; il se lit
François-Pierre .1 Allr\ (1667-1734)
D'après un périrait.
Propriété de M»* de Diesbach.
mener au corps .mêla l'ordre donné amté-
emenl de n'agir que sur ordre écrit du roi ou sur réquisition du commandant eénéral ou de la municipalité, puis il remit le commandement au lieutenant-colo-
m ) de Maillardoz, se retira dans son domicile et ,„■ reparut plus au château.
Dans la matinée du 10 août, après la prise des Tuileries, le peuple Se porta en foule à son domicile et lui demanda raison des ordres lionnes aux Suisses : il pan inl à l'apaiser en répondant qu'il n'avait point donné d'ordres et qu'il ignorait même qu'il dût > avoir aucun acte Je violence Le soir même, cependant, il dut se constituer prisonnier avec plusieurs de ses officiers, dans les [irisons .le l'Abbaye Saint -Germain. Le 23 août . il obi ml du Tribunal révolutionnaire son élargissement en faisant la preuve qu'il n'était pa- aux Tuileries le 10 août. Le 27 août, H fui de nouveau emprisonné, eeiie fois à la Conciergerie; mais dans la nuit du 2 au 3 septembre, tandis que se- officiers étaient massacrés, il fui extrait de la prison par le peuple et porté en triomphe dans une maison voisine pour \ passer le reste de la nuit. Définitivement acquitté, le 18 octobre, il se retira en son château de Suint-Barthélémy où il mourut le 10 juin 1793. — 10. Lou/s-Auguste-Philippe, lils de 15, * à Fribourg le 8 lévrier 1743. Lorsqu'il eut dix ans, son père l'appela à Paris pour le faire étudier au collège Louis-le-Grand. Lu 1758, il entra dans la compagnie colonelle du régiment des gardes-suisses en qualité d'enseigne. Aide-major à l'armée du Rhin de 1761 à 1762, capitaine en 1766, brigadier 1780. maréchal de camp 1784, commandeur de l'ordre de Saint-Louis. En 1791, lors des préliminaires de la guerre entre la France et l'Allemagne, il commande toutes les troupes dans le département du Haut-Rhin. Sentant sa position ébranlée par les idées révolutionnaires, il demanda son remplacement pour reprendre son service dans le;
i. - .i \iti\ (1713 t:
li après un portrait.
Propriété Je M11' .le Diesbach.
.1 Uirv ilT'eMMUi Landamiiiaa 'te la
tinsse
jardes-suisses. Au 10 août il était à Fribourg, où il vécut dès lors fort retiré les premières années de la révolulion, ainsi qu'à Presles près de Moral. Dans sa ville natale, d'A. occupait un siège au Grand Conseil. Lors de la révolution de Chenaux Louis (1781). il joua un rôle consi- Premier dérable en présidant les assemblées du corps de la noblesse et en conduisant plusieurs négociations auprès des représentants des cantons médiateurs. Avec la chute de l'ancienne Confédération commence son rôle dans les affaires suisses. En mars 1798, il fait partie, pour quelques jours, du gouvernement provisoire de Fribourg, puis, en 1801, du comité fribourgeois qui préparait, de concert avec les comités secrets d'autres cantons, la chute du régime unitaire. L'année suivante, il est un des trois délégués de son canton à la Consulta helvétique qui se réunit à Paris pour fixer les bases de la médiation de Napoléon. Le 19 février 1803, le premier consul défère à d'A. les fonctions de Landammann de la Suisse. Comme tel, il présida la Diète qui se réunit à Fribourg de juillet à septembre