‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 2)Chapitre 63 sur 329 · AGNELLUS · texte numérisé non relu

AGNELLUS

Armoirie dos Aglio d'Arzo.

ton de Vaud, et celle de Corbière, dans le canton de Fribourg. Elle disparaît des annales genevoises à la fin du XVIe siècle, tout en subsistant en Italie. Le dernier de ses membres qui nous soit connu, à Genève, est Pierre de Saint-Martin d'Aillé, encore vivant en 1569. — Galille : MS, aux AE de Genève. — Ad. Gautier : Familles genevoises d'origine italienne, Bari, 1893. — P. H. 331 aux AE de Genève. [H. Revilliod.]

AGLIO, ALLIO. DALLIO, de ALLIO, LAGLIO, ou dell'AGLIO. Aujourd'hui le nom de la branche de Arzo (D. Mendrisio) s'écrit toujours A Mo. Famille noble et très ancienne de Bissone, de laquelle tire probablement son origine la famille du même nom, que l'on trouve déjà au XVIII» s. à Arzo et qui nous donna le sculpteur et peintre Andréa Salvatore.

Vegezzi voudrait faire dériver les Aglio de Bissone de la famille des Aglio de Val d'Intelvi. Les Aglio de Bissone s'allièrent, probablement vers la moitié du XVIe s., avec l'ancienne famille noble des Garovo, elle aussi de Bissone, et constituèrent ainsi la famille des Garovaglio (voir ce nom). — 1. Domenico, architecte, de Bissone. Par diplôme du 22 juin 1558 l'empereur Ferdinand l l'anoblit, ainsi que ses frères Andréa et Giovanni et leur concéda en même temps une augmentation d'armoiries. Domenico travaillait à celte époque-là pour l'empereur dans la Croatie et la Slavonie. — BStor. 1893.

— Voir la description des armes des Aglio de Bissone dans AHS 1918, p. 66. — 2. Giacomo j aglio d'Arzo travaillait avec d'autres compatriotes, vers 1605, à l'ornementation de la chapelle principale du dôme de Côme. — 3. Paolo de A LLIO, artiste qui travaillait au commencement du XVIIe s. à l'Abbaye de St-Florian, en Autriche.

— 4. Anurea Sai.vatore* 1736, f 1786, d'Arzo, sculpteur et peintre sur marbre. 11 vécut presque toujours à l'étran-

fer, surtout en Saxe. La tradition veut qu'il soit revenu en 780 au village natal. 11 inventa de nouvelles machines pour scier le marbie et aurait trouvé moyen de peindre le marbre. Il copia sur marbre des tableaux célèbres : la Vierge de Bovilli, pour la reine de Sardaigne ; la naissance de Marie de Médicis, de Buhens, pour le comte Firmian, résident impérial à Milan, etc. En 1752 il va à la cour de Dresde et y reste 22 ans. En 1784 il réussit à imiter l'albâtre foncé. Oeuvres principales : une table avec petits amours et méandres pour le roi de Sardaigne ; l'autel en marbre, de style rococo, de l'église de Borna (Saxe), 1756. Il était aussi marbrier de la cour et avait la garde des statues en marbre du grand jardin de Dresde. — 5. Andréa, curé d'Arzo, * à Arzo le 18 septembre 1802, -j- le ^'novembre 1861. D'abord vicaire, ensuite, de 1828 à 1861, curé d'Arzo. Député au Grand Conseil tessinois de 1844 à 1852, où il représenta le cercle de Biva S. Vitale. Aumônier du I bataillon tessinois à la guerre du Sonderbund. Il fut renommé comme bon orateur. — 6. Francesco Antonio, sculpteur sur bois et architecte du XIXe s. On lui doit la chaire en bois sculpté que l'on admire dans l'église paroissiale de Meride (D. Mendrisio) et les travaux de restauration de l'église de l'Immaculée Conception de Lugano. — ALBK. — Bianchi : Artisti Ticinesi. — Oldelli : Dizionario. — Weiss : Die tessin. Landvogteien. — Vegezzi : Esposizione storica. — Dotta : / Ticinesi... — Bossi // Sonderbund nel Tici)in.

AGNADINA. Voir EngADINE.

AGNAS (ALLAS). Abréviation l>. Maloja, Com. Bevers. Y. DOS).

bord de l'Iun. entre Devers et Ponte. Ce nom proviendrait de bouquet d'aulnes, désinence romanche allas Anas aux aulnes », et de .marécage, désinence allemande .-te. C'était autrefois l'auherge la plus renommée de l'Engadine, à cinq heures des hospices de l'Alhula et de la Bernina. C'est là que s'assemblait autrefois, tous les deux ans, la landsgemeinde de la Haute-Engadine, que les délégués des communes se réunissaient en tribunal suprême dans les cas importants et que depuis les temps les plus anciens les hommes et les jeunes gens de la milice de la vallée étaient passés en revue avant le départ. C'est à las Agnas que chaque semaine les notables du pays se donnaient rendez-vous, et un jour

[Dr G. Trezzini.]

: las Agnas (G. Grisons, Ancienne auberge au

même les francs-maçons de la Haute-Engadine y tinrent leurs assises. On y vit même souvent des bals élégants. Dans le voisinage se trouve la Fontaine des merles (fontana merla) qui fait la frontière, entre Sur Fontana merla et Stiot Fontana merla, des deux juridictions de la Haute-Engadine. Les archives de la Haute-Engadine possèdent quelques documents intéressants sur A. Le 15 avril 1555, Sébastien Nuot, propriétaire de la maison de l'Au, annonce à la landsgemeinde réunie à Zuoz qu'il a nouvellement installé dans son immeuble une belle chambre chauffable à l'usage et pour la plus grande sécurité du tribunal de la juridiction. Ayant demandé une contribution aux frais, il lui est alloué vingt florins du Bhin. En 1556 la justice de Samaden prononce, dans un différend entre Sébastien Nuot et la localité voisine de Bevers, que cette dernière mettra à ban la forêt de Churing de telle sorte que la maison de Sébastien dans l'Au soit protégée contre les avalanches ; en outre Bevers lui fournira le bois pour une conduite d'eau. En 1717, les représentants de localités de la juridiction de la Haute-Engadine décident que les propriétaires de l'Au recevront de la juridiction vingt florins pour lesquels ils s'engagent à toujours à chauffer « la belle chambre neuve » à chaque injonction du landammann. — Voir Z. Pallioppi : Ortsnamen des Kl. Graub. 1862,1, n» 223 C. - U. Campell : Rritisc/ie Gescli. (Ausg. Mohr) I, 70. — H.-L. Lehmann : Die Bepublik Graub. histor. geograph. statist. dargest. Magdeburg 1797 I, 332. — E. Lechner : Piz Languard u. die Bernina Gruppe, 2e édit. Leipzig, 1865, p. 129. — M. Caviezel : Das Oberengadin, Coire, 1876, p. 101. — J. K. v. ïscharner : DerKant. Graub. fiist geog. stal. dargest. Coire, 1842, p 281. — J. Bobbi : Ver erste Winlerkurgast im Oberengadin. S. A., Samaden, 1913, p. 15. — Begesten des Kreisarc/iirs Oberengadin, n" 45, 50, 87. I"K. P.]

AGNELET. Famille bourgeoise de Neuchàtel au XIVe siècle. — Othenin fils A. figure dans la reconnaissance de cette ville en 1353 Six ans plus tard, un nommé A., probablement le même, était boursier de Neuchàtel. — En 1406, Nicolet était maire de Neuchàtel. — AE Neuchàtel. - MAM905, p. 53. [L. M.]

AGNELLI. Famille d'origine milanaise, établie à Lugano, où elle fonda sous son nom la première imprimerie du Tessin. On ne sait pas précisément à quelle époque les Agnelli s'établirent à Lugano. Suivant les Becés fédéraux, un Giacomo Antonio A. était huissier de Lugano en 1709. En 1745, les douze cantons souverains accordaient à deux frères Agnelli, de Milan, le monopole de l'imprimerie dans les quatre bailliages «avec la liberté d'imprimer toute espèce de livres qui sont imprimés dans les autres pays catholiques ». Le privilège fut accordé pour vingt ans et renouvelé en 1765 et 1785. La maison A. imprima de nombreux ouvrages religieux, scientifiques i't politiques. Elle joua un certain rôle dans les troubles politiques de la fin du XVIIIe s. et fut secrètement subventionnée par l'empereur Joseph II. A partir de 1746, elle imprima surtout une feuille hebdomadaire portant jusqu'en 1797 le titre Nuove di diverse corli e paesi, puis de 1797 à 1799 celui de Gazzelta di Lugano, rédigée par G. B. Agnelli et par l'abbé Vanelli, qui devint plus tard la Gazzelta Ticinese. Depuis 1756 les Agnelli publièrent aussi le Carrière Zoppo n Mercurio Slorico epolitico, revue mensuelle semblable au Mercure suisse de Neuchàtel et au Mercurio storico-politico, de Venise. L'imprimerie fut détruite le 29 avril 1799 dans l'émeute qui avait éclaté à Lugano contre le gouvernement de la Bépublique helvétique. A cette famille appartiennent : Jean-Baptiste, propriétaire de l'imprimerie à l'époque de sa destruction ; rédacteur de la Gazzelta di Lugano, partisan de l'union à la république cisalpine et de la république helvétique unitaire, lors des troubles de 1799 il sauva à grand'peine sa vie par la fuite. — Antoine, de Lugano, député de 1808 à 1813 au Grand Conseil tessinois. - Weiss : Die tess. Landvogteien. — BStor. 1882. — Dotta : / Ticinesi. — Baroffio : Dell 'Invasionc Francese. — Franscini-Peri : Storia délia Svizzera italidna. — Vegezzi : Esposizione storica. — Recès fédéraux. | D' C. 'IV KZ/IM.j

AGNELLUS. Serait d'après la Synopsis annalium monasterii Disertinensis, le huitième abbé de Disentis. Le fait n'est cependant pas prouvé par les documents ;

AGNENS

AGNO

toutefois le nom figure dans l'index du Codex de Reichenaii de 820 ; et comme dans cette liste, entre l'abbé I cin et Agnellus personne d'autre n'est nommé, il faudrait placer son règne déjà dans le VIIIe siècle. La chronologie 818 à 836, admise habituellement, paraît pour la première fois dans la Synopsis qui comble ainsi la lacune dans l'ordre de succession des abbés. — Voir Eichhorn : Episcopatus Curiensis, p. 225. — Schumacher : Album hesertinense, p. 5. [N. G.]

AGNENS. Voir Asnkns.

AGNER. Ancienne famille du Nidwald, participant aux corporations de Biiren, ob et nid dem Bach. Armoiries : coupé de gueules à une marque de maison de sable, et fascé d'or et de sable de quatre pièces. — 1. Bartli et — 2. Martin, tombèrent à la Bicoque, 1522, ou à Pavie (1525) suivant les obituaires des batailles du Nidwald. — 3. Mei.CHIOR, juge et du Conseil en 1554, architecte cantonal en 1560 ; il construisit cette année-là l'ossuaire de Stans. En 1563, avoué de la chapelle de Nieder-Rickenbach. Il mourut le 7 février 1593, après avoir assigné par testament une somme importante pour la reconstruction de la chapelle de Biiren.

— 4. Barti.i, fils du n° 3, acheva la chapelle de Bùren en 1596. — 5. Joseph-Antoine, prêtre 1879, suffragant à Beckenried, 1880, nuis curé de ce lieu de 1882-1903. f en 1905 chapelain a Biberegg. — B. Durrer : Arch.-u. Kunstdenkm. Unterwalden, p. 75 et 437. — JAS. — Odermatt : Kollektaneen irn hist. Muséum Nidwalden.

— Slammbùc/ier de Nidwald. — B. Durrer : Unterwalduer Vrk.-Buch, p. 1. [R. D.l

AGNÈS. * 1281, f 11 juin 1364, tille du roi Albert I", mariée au roi de Hongrie, André III, f 1301. C'est à tort que la tradition lui attribue une grande part dans la poursuite des régicides de son père ; pendant ces événements, elle était au contraire en Autriche. Ce n'est qu'en 1317, après la mort de sa mère Elisabeth, qu'elle se rendit dans sa fondation de Konigsfelden, qu'elle développa par des dons et la construction d'un hôpital et d'un asile de pauvres. Elle lit des dons également à l'hôpital de Baden et au couvent de Tôss. A Konigsfelden, elle habitait sa propre maison et s'y occupa, pendant plusieurs décades, activement et avec adresse de la politique des Habsbourg. Selon Egide ïschudi, c'était une femme «singulièrement adroite et active », et l'âme de la maison de Habsbourg. Souvent elle joua le rôle de médiatrice dans les difficultés entre les Habsbourg et les Confédérés. Le 24 mars 1331 elle lit aboutir un arrangement entre l'Autriche et le fratricide Eberhard, au château de Thoune ; en février 1333, elle réussit à mettre fin à la guerre de Guminen entre Berne et ses alliés d'une part et les villes et pays autrichiens d'autre part. En 1340, elle réussit à faire un arrangement entre Zurich et les conseillers de cette ville qui s'étaient réfugiés à Bapperswil pendant la révolution de Brun. En 1342, après la bataille de Laupen, elle fut l'intermédiaire de Berne pour conclure avec l'Autriche une alliance de dix ans, à laquelle se joignit aussi Soleure. En 1350, elle s'entremet dans le différend entre Bâle, Fribourg, Strasbourg et Zurich et amena, en été 1350, Zurich et Bapperswil à signer un armistice. Après le premier siège de Zurich, elle s'entremit encore entre le duc Albert le Boiteux et Zurich et conclut une paix, à la vérité tout en faveur de l'Autriche, puisqu'elle rétablissait les droits seigneuriaux des Habsbourg dans les Waldstâtten et interdisait aux Confédérés de s'allier désormais avec des pays sujets de l'Autriche; aussi les Waldstâtten refusèrent-ils de reconnaître son verdict. Elle mourut à Konigsfelden et sa mort fut une grande perte pour la diplomatie des Habsbourg. Portrait dans : J. Millier : Merkii'ùrdige Ueberbleibsel, 1773, I, 6. pi. 9. — Voir AS I, n" 270, 271, 403, 409. - Kopp : Urk. I, 162. -Tschudi : I, 364. — Lùthy : Sol Wochenblalt 1826, p. 361. - Kopp- Lùtolf : Eidq. Blinde, liv. 12, p. 282 s. — Wattenwyl : Stadt Bern ÏI, 67 s, — LL I, p. 83. — Hermann von Liebenau : Lebensgeschichte der Kônigin Aqnes v. Viigcirn, Regensburg, 1868. — H. von Liebenau : Hundert Vrkunden zu der Gescliichte der Kônigin Agnes, Regensburg, 1869. — Stammler, dans A rgovia, t. 30. — Dàndliker : Stadt

>i. Ki. Zurich, p. 139s. — Dftndliker : Ge*c/,. derSchweii I, W6b.- Dierauer: [,p. 154b.— MAGZXX\l,p. 133. [N*.]

AGNO (Ç. Tèssin, I). Lugano. V. DGS). Il faut distinguer l'histoire de la pieve d'Agno de l'histoire du village pour simplifier l'exposé.

1. Pieve d'Agno. La pieve d'Agno est très ancienne. Le premier document qui en parle (dont l'authenticité toutefois est mise en doute par quelques auteurs), est un diplôme de 818 de I empereur Louis le Débonnaire; il établit que, à côté de la pieve à Agno, existait aussi celle de Lugano. L'abbaye de Cielo d'Oro de Pavie posséda dans la pieve d'Agno des droits de propriété et de redevances, dont l'existence cependant fut fortement menacée vers la fin du XII" s. par les privilèges, tantôt faux, tantôt authentiques, de papes et de rois. On ne peut dire exactement en quelle année les droits de la célèbre abbaye se sont éteints. Ils disparurent, probablement par aliénation dans la première moitié du XIII' siècle ; c'est ainsi qu'un document de 1244 ne parle déjà plus des droits que l'Abbaye avait à Astano. Il est prouvé par un document de 1352. conservé aux archives paroissiales de Sessa, et par les relations des visites pastorales des évêques de Côme en 1571 et en 1591, que la pieve d'Agno était très étendue et embrassait 36 de nos paroisses sur territoire suisse et 10 paroisses sur territoire italien. En 1633 la pieve d'Agno perdit toutes les paroisse:et chapelles sur territoire italien, à l'exception de Cremenaga, qui fit partie de la paroisse de Sessa jusqu'en 1842. Ce fut par ordre de l'empereur qu'en 16113, Marchirolo avec Lavena fut détaché et constitué en pieve indépendante. En 1661, on constate l'existence du décanat de Rironico; en 1746 ou 1747 est fondé le décanat de Sessa ; en 1910 celui de Breno. Politiquement, la pieve d'Agno appartint d'abord à la ville-république de Côme, ensuite au duché de Milan et, après la conquête suisse, elle fit partie du bailliage de Lugano. Avant le XII0 siècle la vallée de Marchirolo et de Lavena appartenait au comté de Seprio ; en 1196 après de longues discussions entre Côme et Milan, elle fut cédée à cette dernière ville. Pendant la guerre de dix ans (1116-1127) entre Côme et Milan, la valle Carvina île territoire de l'ancienne paroisse de Bironico) semble avoir fait cause commune avec Milan et s'être détachée de la pieve d'A., à laquelle elle ne fut rendue qu'en 1181. Isone et Medeglia furent détachés d'Agno en 1501 pour être incorporés au comté de Bellinzone. Le reste de la pieve d'Agno partagea toujours le sort politique de Lugano et constitua, avec les pievi de Lugano, C.apriasca et Riva S. Vitale, la communitas Yo.lt i* Lugani. Cette communauté de la vallée de Lugano ne fut jamais une commune au vrai sens du mot, indépendante comme les communes lombardes ; ce fut un pays sujet de Côme, de Milan et des Suisses (voir LUGANO). Pendant la domination suisse, la pieve d'Agno comptait 37 communes, elle était placée avec la C.apriasca sous la surveillance d'un fiscal ou d'un chancelier et devait fournir une compagnie de 200 soldats. A cette époque la pieve d'Agno nommait 36 ou 37 des 96 ou 97 membres du Conseil général du bailliage. Aux XVIe et XVII>' s., suivant Fàsi et les Recès fédéraux, elle nommait trois des 13 (suivant Heusler, 12) procureurs composant le conseil de la communauté; vers 1680 ce conseil ayant été réduit à 7 membres, la pieve d'Agno n'en nomma plus que deux. — Les rapports entre la pieve d'Agno et les autres pievi constituant le bailliage de Lugano ne furent pas toujours exempts de difficultés et de malentendus. Suivant les Recès, en 1592 la pieve d'Agno prétend, contre Lugano, d'être exempte des charges de manutention des routes et en appelle aux privilèges concédés par le duc Sforza de Milan et confirmés en 1545, 1567, 1570, 1588 et 1590 par les cantons souverains. En 1598 elle se sépare des autres pievi jusqu'en 1608 alléguant le trop de charges fiscales qu'elles lui avaient imposées ; de 1658 à 1663, nouvelle séparation ; en 1680, Agno cherche encore à se séparer, mais sans y réussir. Agno et sa pieve, en 1798, protesta de son attachement à la Suisse dans une nombreuse assemblée tenue à Agno le 14 février. La pieve fournit aussi un gros contingent de volontaires qui aidèrent ceux de Lugano à chasser les cisalpins le 15 février. A la cessation de la domination suisse en 1798, la pieve d'Agno nomma 3 des 21 membres du gouvernement provi-

AGNO

A60STINI

soire de Lugano qui remplaça le 20 mars 1798 le Conseil provisoire qui gouvernait l'ancien bailliage. A la proclamation de l'Helvétique, la pieve d'Agno perdit toute signification politique et fut incorporée au district de Lugano. Mais pendant les troubles de la période de l'Helvétique le commissaire Zschokke redonna à la pieve d'Agno, comme d'ailleurs à toutes les autres du bailliage, son importance politique d'autrefois dans son projet, avorté cependant, de concentrer toutes les communes du bailliage en quatre grandes communes : Lugano, Agno, Riva S. Vitale et Bidogno. En 1802 le préfet national de Lugano, Franzoni, revient à la circonscription par pievi lorsque, sur la demande des deux pievi de Lugano et d'Agno, il ordonne les assemblées par pievi pour l'élection des députés, — ceux d'Agno devaient en nommer six — qui auraient dû procéder à la reconstitution des autorités de district ; ce qui amena le soulèvement contre l'Helvétique, la proclamation de l'indépendance et de la souveraineté de l'ancien bailliage et la lutte, dont on parlera plus bas. Ce n'est qu'en 1803 que la pieve d'Agno et toutes les autres en général perdirent définitivement leur importance politique. 2. Village d'Agno. L'histoire du village (anciennement Aniitm) se confond un peu avec celle de sa pieve. La paroisse remonte vraisemblablement au VIe ou au VIIe s. ; elle existait certainement au IXe s. Une tradition, qui subsistait encore lors de la Visitation pastorale de 1684, veut que le chapitre des chanoines ait été fondé et doté par l'empereur Othon II (973-983), lors de sa descente en Italie. Le premier document qui mentionne le chapitre de la collégiale est de février 1192. Le premier prévôt, dont on connaisse le nom, est Guglielmo da Marchirolo (1288-1301). En 1591 la paroisse comprenait encore Magliaso, Neggio. Bioggio et Pura. Elle comptait 166 ménages, dont 81 pour la commune actuelle. L'église collégiale de Saint-Jean-Baptiste remonte à l'an 1760 et fut bâtie sur l'emplacement d'une ancienne chapelle. En 1585, il était déjà question de la construction de l'église collégiale, puisqu'on trouve dans les Recès qu'à cette date Agno demandait aux cantons souverains la permission de lever un impôt pour aider à la construction. L'imposante façade est de l'architecte Giuseppe Pastori, de Turin ; l'intérieur est de l'architecte Antonio Boffa, de Cassina d'Agno ; elle renferme des peintures des frères Torricelli, de Lugano, des stucs de Ghezzi, de Lamone et de Soldati, de Neggio. Le maître-autel, en marbre, est du prof. Ferdinando Albertolli et il fut exécuté par les sculpteurs Gaetano Giorgioli et Pietro Ferroni. — Le village aurait été une colonie romaine. Au moyen âge il a le rang de bourg. Les archevêques de Milan y avaient des fiefs ; ainsi la curie milanaise investit en 1363 un certain Andriolo de Morcote de la pêcherie d'Agno. Ce droit de pêche dut passer ensuite aux évêques de Côme, qui le conservèrent jusqu'au commencement du XIXe s. où ils le cédèrent à des particuliers. La pêcherie, très mal vue des habitants et cause de désordres, passa ensuite à l'Etat qui en 1837 en tirait 1900 lires cantonales ! Elle a disparu à la suite du décret du 1" décembre 1843, qui en ordonnait la destruction. La vieille famille des Castagna de Lugano eut la régale de la pêche sur le lac d'Agno (embranchement de celui de Lugano). — De la domination «les Visconti on sait seulement que, au temps du duc Philippe-Marie (f 1447), Agno fournissait 17 hommes d'armes aux troupes ducales et qu'en 1498, pendant la peste de Lugano, le marché avait été porté de Lugano à Agno. En 1518 Agno obtint des XII cantons le privilège d'avoir chaque mois une foire et un marché. En 1619, il y a la concession d'un nouveau marché au 13 octobre"; mais la concession fut aussitôt retirée sur les réclamations des deux cantons et demi. En 1798 Agno prit une part active aux mouvements de l'indépendance tessinoise ; sous la conduite de Battista Vicari, ceux d'Agno accoururent à l'aide des volontaires de Lugano. Lors du passage des Austro-Russes en 1799 quelques maisons d'Agno furent pillées et les plaines d'Agno devinrent le théâtre de plusieurs combats contre les Français, qui y furent battus (17-24 mai). En 1802, lors du soulèvement contre l'Helvétique (v. plus haut), Agno devint le quartier général des troupes paysannes. C'est au pont d'Agno que les troupes de l'Helvétique furent battues le 4 octobre, ce qui eut pour conséquence la capitulation de ces troupes et l'aban-

don par celles-ci de Lugano (5 octobre). Le 18 août 1809 Agno devint le siège d'un des cinq péages conservés dans le Tessin. Par le décret de mai 1806 Agno et son cercle devaient faire partie de l'arrondissement judiciaire de Magliaso. — Politiquement Agno est aujourd'hui cheflieu du cercle de justice de paix avec les communes d'Agno, Bioggio, Bosco, Cademario, Cimo, Gentilino, Iseo, Montagnola, Muzzano, Vernate ; au point de vue ecclésiastique, c'est le chef-lieu du décanat embrassant les paroisses d'Agno, Bioggio, Bosco, Cademario, Gentilino- Montagnola, Iseo-Cimo, Magliaso, Muzzano, Neggio, Pura, Vernate. La foire traditionnelle de S. Provino (8, 9 et 10 mars), qui est la plus caractéristique du canton, est célèbre ; elle attire à A. une foule énorme. A. possède aujourd'hui un établissement de pisciculture ; depuis 1869 une école moyenne et une école de dessin, aujourd'hui professionnelle, due à la générosité du chanoine Alberto Lamoni, de Muzzano. — Maspoli : La pieve d'Agno, Como 1917. — Weiss : Die tessin. Landvogteien. — Monti : Atti délia visita pastorale di F. Ningaarda, vesc. di Como, vol. II et III de la Raccolta storica comense. — Tamburini : Guida del Malcantone, Lugano 1911. — Baroffio : Storia del C. Ticino. — BStor. 1883, 1884, 1888, 1890, 1904 et 1915. — Meyer : Blenio u. Leventina. — Franscini : La Svizzeraitaliana. — Franscini-Peri : Storia délia Svizzera italiana. — Baroffio : Dell'Invasione francese nella Svizzera. — Recès fédéraux. — Vegezzi : Esposizione stoi'ica. — Atti del Gran Consiglio del G. Ticino. [D* G. Tre/zim .]

AGNOLO, MlCH. Voir ANGELUS, M.

AGNOZZI, Jean-Baptiste. Chargé d'affaires du Saint- Siège en Suisse de 1869 à 1873. L'encyclique papale Etsi multa luctuosa, du 21 novembre 1873, renfermant des accusations contre les autorités de la Confédération, le Conseil fédéral remit le 12 déc. de la même année à Agnoz/.i une note où il déclarait qu'une représentation diplomatique permanente du Saint-Siège en Suisse était devenue sans objet. Le chargé d'all'aires transmit alors au Conseil fédéral, le 17 janvier 1874, les objections du Souverain Pontife et quitta la Suisse en février après avoir séjourné quelques jours à Lucerne à titre privé, [p. x. \V.]

AGNUZZO ou AINUZZO (anc. Amitium)(C. Tessin, D. Lugano, Com. Muzzano. V.DGS). Hameau de la paroisse d'Agno. L'empereur Louis le Débonnaire, par diplôme de 818, donne la cour (curtis) d'Agnuzzo au clergé de Sant Abondio de Côme. — Maspoli : La pieve d'Agno. — Brentani : Lugano e il Ceresio. — BStor. 1885. [Dr c. t.]

AGO. Ancienne famille de Kussnacht (Sehwyz). — Ulrich, témoin en 1302 dans le différend entre le chevalier Eppo de Kussnacht et l'abbesse de Zurich au sujet des bailliages du lac et des pêcheries au Kiemen. C'était un homme de l'abbaye de Murbach. H (Heini ?), fermier en 1325 de la pèche que l'abbaye de Munster possédait à Bôschenrot. — AE Zurich, doc. CF. 57. — Kelleramtsrodel Beromiinster. [Al. T.]

AGOBERUS. Abbé de Saint-Maurice du temps du roi Dagobert III (env. 713). — Gall. Christ. XII. [D. J.j

ÀGŒRN (C. Valais, D.Conches). Plus tard Gereu, hameau dans le voisinage de Geschenen (près Munster), siège de la famille de ce nom, éteinte au XVIe siècle. — Karolus, cité notaire à Naters en 1370, puis à Naters et Goms. Il fonctionne dans des contrats concernant les héritiers des comtes de Blandrate. En 1373, il se dit vicaire à Naters ; 1376, notaire, vicaire et chancelier (employé de chancellerie?); 1374, reçoit de l'évêque G. Tarrelli l'autorisation de fonder un autel de la Trinité à Naters. Curé à Munster de 1383-1389, puis à Naters jusqu'à sa mort 1409. - BWG I, 272. [L. Mr.]

AGOSTINI. En 1680, un Agostini était un des délégués des trois pievi de Agno, Capriasca et Riva S. Vitale dans le conflit qu'elles avaient depuis longtemps avec Lugano, à cause de l'administration du bailliage de Lugano. — AS I 1680. — 1. DONATO, Stucateur de Lugano ; en 1765 il étudiait à l'Académie des Beaux-Arts à Barme et fut le disciple du prof. Benigno Bossi. — SKL. — 2. LuiGi. avocat de Cassina d'Agno, membre du Grand Conseil tessinois ; de 1827 à 1830 député du district de Lugano; de 1834 à 1839 représentant du cercle d'Agno. Ami du landammann G. B. Quadri, mêlé aux événements concernant ce personnage, il fut procureur fiscal et co-

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