AIRE
Pons-de-Tamiers en Languedoc, lui 1393, il renonça à la prévôté du Saint-Bernard el en 1397 fut nommé archevêque de Tarentaiae par l'antipape Benoît XIII. + 140V. Il légua à l'église du Grand-Saint-Bernard une précieuse relique de la couronne d'épines du Christ. Hall. Christ. Ail. — Duc: La Maison du Grand-Saint-Bernard. |i» ■' j aimon, de Genève, lil~ du comte Guillaume, prévôt de Lausanne 1252, évêque île Viviers 1255, f 1263. Reyinoml : Dignitaires de L'église de Lausanne, 344. [M. R | AIMON, AYMON, AIMONIS. Ancienne famille bourgeoise d'Ajent. Vers la fin «lu XIII s., un Aimon d'Ayent s'établit à Loèche où il fut la souche d'une nombreuse famille. Au début celle-ci s'appelait Aimonis (forme génilive) dite de Ayent ; elle s'éteignit au XIXe s. sous le nom de Heimen. Armoiries: tranché de gueules à une pointe d'argent ployée en barre mouvante du flanc dextre et chargée d'une étoile d'or, el d'azur à un croissant contourné d'argent.
- Jean, probablement de Loèche, paraît en 1518 comme bénéficiaire de l'église Collégiale de Valère. Prieur de l.ens, il est élu le 9 oct. 1532 chanoine de Sion et en 1555 installé doyen de Valère.
f au début de décembre 1565 - BWG let Arch. de Valère. [I- Mh. et i>. .).]
AINAY. Saint- Martin
d'Ainay, ancienne abbaye bénédictine, située à Lyon, au conlluent du Rhône et de la oaône et que l'on croit avoir été fondée ou restaurée à l'instigation de Salonius, évêque de Genève vers 440, lils de Saint - Eucher, de Lyon, ('.est là que saint Romain, fondateur de l'Abbaye de Saint -Claude et probablement aussi de Koinainmôtier, se sciait initié à la vie ascétique. Aurélien i8.r>9), abbé d'Ainay. puis archevêque de Lyon, releva les ruines du monastère. L'abbé Gaucerand entreprit la cous truction d'unenouvelle église que le pape Pascal II consacra en 1107. Durant le moyen âge, l'Abbaye d'Ainay
Genève par l'intermédiaire du prieuré de Saint-Jean (voir ce nom). - Voir Grand Carlulaire de l'Abbaye </'.! inay, éd. Gharpin-Peugerolles et Guignes (Lyon, 1883 — Regeste. — J.-l; Vanel,ar(. « linaj > dan- l. Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques, I. col. 1195-1201 Pari-. 191 11- Cal i ib: Genève H. et \ Genève AI. : \ isites pastorales I m 1-1518). | Victoi t .s Bi m hem.]
AINUZZO. Voir Ai. m 7.7.0.
AINWIL. Voir AnDWII .
AÏRE (C. Genève. V. DGS). Le hameau d'Aïre, près Genève, lii partie du pays de Gex jusqu'en IXIG. Pendant toul le yen âge jusqu'en 1536, époque à laquelle le territoire des franchises genevoises fui étendu à la commune actuelle du petit Saconnex, il dép< ndait de la paroisse de Saint-Gervais. On sait que l'église de Sainl-Gervais relevai! du prieuré de Saint-Jean hors les i s. I)'- ce fait,
les habitants il Aire se rendaient à l'église de Saint-Gervais et surtout à celle du prieuré toute proche sur les rives du Rhône, au lieu dit maintenant • Sous Terre ». Après I53"*, le territoire d'Ane fut détaché de Saint-Gervais et réuni à la paroisse de Vernier, plus tard aussi commune de Vernier donl il dépend encore. Outre la dîme, le prieuré de Saint-Jean possédai! en Met une grande partie de
Aire. La maison-forte, dite « Prieuré d'Aïre », d'après l'Ancienne Genève, de J Mayi
exerça une grande inlliience dans la région lyonnaise et dans les pays environnants, grâce aux nombreuses
églises dont la possession lui fut concédée; celle in-
fluence pénétra, dès le XIe siècle, dans l'ancien diocèse de Genève, dans le Valais et, par là, jusqu'en Italie. Vers 1061, Ainay reçut de Conon, lils du comte Gérold de Genève, l'église de Saint-Marcel en Albanais fin pago Gel mnensi).Y.ï\ 1107, Pascal 11 confirma à Ainay la possession de l'église de Saint-Jean près Genève, donnée à la dite abbaye par Guy de Faucigny, évêque de Genève (1078-1120), et de l'église de Saint-Romain d'Ayent, en Valais. Les bulles de confirmation des papes Kugène III (1153) et Innocent IV (1250) où sont énuniérées toutes les possessions d'Ainay, mentionnent près de cinquante églises
dans le seul diocèse de Genève. Voici les églises du territoire actuel de la Suisse qui appartenaient alors à Ainay. Dans le diocèse de Genève: Saint-Jean (prieuré), Saint- Laurent (chapelle, hors la porte Saint-Antoine), Saint- Georges (prieuré, près Lancy), Bardonnex, Confignon, Bouraigny, Meyrin, Maisonnet (Gom. de Meyrin), Meinier Choulex, Collonge (sur Bellerive), Esserlifles sur Rolle (Vaud) : dans celui de Lausanne : Saint-Didier (probablement Saint-Loup, près Eclépens); dans celui de Sion: Saint-Pierre de Clages (prieuré), Saxon, Riddes, Ayent el Granges. Ainay posséda encore, momentanément, les prieurés de Satigny (avant 1134) et d'Aigle (jusqu'en 1259). L'abbaye lyonnaise exerçait sa suprématie sur la plupart des églises i|iii lui avaient été confiées dans la région de
ce hameau. Les chapelles de Saint-Jacques, Saint-Martin, ainsi que la cure el la confrérie du Saint-Esprit à Saint-Gervais et les seigneuries de Floret, d'Orsières, de
Coudrée, J possédaient aussi des droits. La situation
élevée d'Aïre sur un promontoire baigné' par le Rhône, favorisa déjà anciennement l'établissement de maisons d'une certaine importance dont les deux principales furent fortifiées. La première de ces maisons fortes appelée « Château d'Aïre ■• dominait les n Iles » du Rhône : elle appartenait à la fin du XVIe siècle à Benoît Verpillier. Sa veuve, Huguette Mechin laissa cette propriété à son neveu Jaques Perissin, fils de Jean, graveur lyonnais illustre qui composa entre autres les Quarante tableaux ou histoires diverses <jni sont mémorables. En 1635 celle propriété fut vendue à Philibert Viret, puis elle
passa par héritage maternel entre les mains de J.-J. Desgouttes. En 1N06. ce château complètement transformé appartenait à Etienne Duchêne et ses neveux, et de nos jours, les maisons élevées sur cet emplacement sonl la propriété de M. Floquet-Perréard.
La seconde des maisons fortes appelée improprement le «prieuré d'Aire j., probablement à cause d'un pittoresque promenoirà l'italienne qui la décorait, peut-être aussi pour avoir appartenu, comme dépendance, au prieuré de Saint .ban hors les murs, n'était point un donjon comme on l'a dit, mais une maison de plaisance, qui pouvait être mise en état de défense. La construction ancienne se composait de deux corps de logis différents, séparés par
AIKE-LA-VILLE
AlIilCIl
un jardin. Le corps de logis du couchant appartenait au XVIe siècle à la famille Du Villard ; ce n'étail qu'une maison avec pressoir. Léonard Revilliod l'acquit par l'échange d'une autre] propriété à Châtelaine de Louis Du Villard le 27 niais 1635. La famille Revilliod transforma complètement celte demeure et y construisit les arcades bien connues. Tout cet ensemble fut malheureusement démoli en 1882. La propriété appartenait par héritage en 1754 à J.-J. Trembley. De nos juins, l'emplacement est
possédé par la société immobilière « ancien priouréd'Aii e ». Le deuxième corps de logis au levant appartenait au XVII*' siècle à la famille Rossel qui eut quelques alliances avec la famille Du Villard; il fut aussi acquis par Léonard Revilliod le 19 mai 1658 d'Anne Rosset, femme de Pierre Des Ails. Les deux corps de logis furent alors réunis. Nous voyons par l'inventaire après décès de Pierre Revilliod, de 1706, que ce dernier avait réuni là une importante collection de tableaux et œuvres d'art. La maison carrée ou maison haute qui existe encore rappelle par son plan les maisons fortes du XVe siècle. Jaques Mayor en a donné une description complète et soignée. Elle subit des modifications importantes aux XVIIe, XIXe et XXr siècdes. Dans les restaurations de 1917, on a retrouvé un beau plafond à poutrelles décoré à la mode italienne.
En 1754, la maison haute était entre les mains de J. François Revilliod et Ezéchiel Lullin, puis par héritage elle revint à la famille Prévost qui la garda jusqu'au milieu du XIX'- siècle. Lord Stanley d'Ablerley, grand ami du Cardinal Mermilliod, posséda cette propriété, mais l'abandonna ensuite à ses fermiers en la laissant tomber en ruines. De nos jours, elle appartient à M. Charles Rivet qui en lit l'aire une restauration complète. — AE, Genève: France n» 24, fol. 67 et suiv. Pinault notaire. Vol. 21, fol. 19. Pierre Jovenon, notaire, vol. 19, fol. 208-'. Inventaires R. n" 573. Plans du cadastre français. — J Mayor : L'Ancienne Genève. L'art et les monuments. Genève, 1896, 4, f. 79-88. — Id. BSHG t. I (1892- 1897). p. 133-140. — Théophile Dufour : Notice sur Jean Perrissin et Jaci/ues Tortorel, Paris, 1885, 8, p. 21 . [Louis Blondel.]
AIRE-LA-VILLE (C Genève. V. DGS). Ei/ria-Villa, Ayra-Villa (I'i96), centre important de vestiges romains ; ancien fief et baronnie sur la rive gauche du Rhône, en face de l'ancien manoir féodal de Peney. D'après le Sommaire des titres des fiefs de la province de Carouge, t. I, Fiefs avec juridiction (Arch. départementales d'Annecy), les plus anciens possesseurs connus du fief d'Aire sonl : 1338, Jean et Aimé de Marlioz ; 1422, Antoinette de Chàtillon ; 1 462, Guillaume de Viry ; 1497, Pierre de Pesmes; 1534, les île Choudens (Jean et Louis). Les Fabri, famille patricienne genevoise, portèrent le titrede seigneurs d'Aire- Ia-Ville.dii29mai 1613 a la Révolution (Acte d'inféodation : Voir Genève AE. rouleau d'Aire-la-Ville, n» 3). Ils avaient acquis cette seigneurie de Jacques-David, citoyen de Genève, qui l'avait achetée, deux ans auparavant des de Choudens. Au XVIIIe siècle, la Seigneurie de Genève y percevait des dîmes, ainsi que la maison de Viry, les chanoines de Saint-Pierre (alors à Annecy) et les de la Grave. Conquis par les Rémois en 1536, le fief d'Aire retourna, vingt-huit ans plus tard, ainsi que tout le bailliage de Ternier dont il faisait partie, à la maison de Savoie (Départ, de Lau-
sai 1564). A partir de 1601 (Traité de Lyon), il fut réuni
a la Fiance et incorporé au bailliage de Gex. En 1601, Henri IV céda Aire aux Genevois, mais le Parlement de Dijon refusa d'entériner cet acte. Le traité de Turin de 1760 le rétrocéda à la Savoie qui le conserva jusqu en 1816. époque où Aire devint commune genevoise. Au XV ■■-. Aire fit partie de la paroisse de Bernex, plus tard de celle de Cartigny et après la domination bernoise qui marqua l'établissemenl de la loi réformée, les habitants d'Aire retournèrent a l'ancien culte el se rattachèrent à la paroisse de Bernex. lai 1726, Mgr. de Rossillon, évêque de Genève, inaugura l'église actuelle et installa Louis- Joseph Fabrj qui en fut le premier curé. Ce dernier intenta un procès à la Seigneurie de Genève el obtint qu'elle participât aux frais du culte. Le clocher date de 17(52. En l'absence de bien- communaux,, les habitants faisaienl paître leurs bestiaux avec ceux de Bernex el pavaient pour cela une redevance au seigneur de Livron (1666).
Jusqu'au milieu du XIXe siècle, un bac reliait les deux rives du Rhône, entre Peney et Aire. A l'inauguration du
premier pont (poiil suspendu), le tablier s'écroula el il y eut plusieurs victimes (27 mai 1853). Le pont actuel date de l'année suivante ; les arcades crénelées du premier pont furent seules conservées. — Voir Genève AE, spé. R. C. — Gautier: IV et VI. — Brossard : Histoire... du. Pays de Gex. — Th. Claparède : Histoire des Eglises réformées du Pays de Gex. — Reber : Bec/ierches archéologiques. [A. Cz ] AIREBAUDOUZE, ARIBOUDOUZE, AYRE- BODOZE, etc. Noble famille du Languedoc, qui acquit au milieu du XVI'' siècle la seigneurie d'Anduze et dont la descendance protestante à Genève s'éteignit au XVII'- siècle. Armes : De gueules au château d'or sommé de trois pièces du même. — PIERRE, dit M1' d'Anduze, archidiacre à Nîmes élait tils de Jean, sieur du Cesl, coseigneur d'Anduze el de Clairan. trésorier du roi à Nîmes. Passé à la religion réformée, il se réfugia à Genève où il reçut l'habitation le 2 janvier 1552, et la bourgeoisie, le 9 mai I555. Pasteur à Jussy, en celle même année, à Genève en 1560, il poursuivit son ministère à Lyon (1561), Montpellier (1562) et Nîmes (1564). C'est là très probablement qu'il mourut avant 1571. son frère Guillaume, sieur t\u Cest, habitant de Genève le 27 avril et bourgeois le 5 juin 1556, entra au Conseil des Deux-Cents en 1566 el mourut avant 1581. — Pierre, fils de Guillaume, seigneur du Cest, est connu généralement sous ce seul nom de Mr Du Cest, jurisconsulte et humaniste, occupa les premières charges de la magistrature genevoise. * à Genève en 1557, avocat et docteur en droit, il est élu au Deux- Cents, en 1590, au Soixante, en 1599 et devient membre du Petit Conseil, le 9 janvier 1610. Auditeur en 1599, il exerce les fonctions de procureur général de 1605 à son entrée au Petit Conseil, celle de procureur de l'Hôpital, de 1610 à sa mort. Il siège encore au Consistoire comme ancien, de 1603 à 1610, et de 1622 à 1627, à la Chambre de la Santé durant une épidémie de peste de 1615 à 1617 et à partir de 1620 commande la compagnie de Sainl- Gervais. Cette carrière si remplie et que la mort interrompit le 8 mars 1627, ne représente qu'une partie de l'activité de Pierre d'Airebaudouze. Au lendemain de la mort d'Henri IV, en 1611, il avait rempli pour Genève une mission de confiance en recueillant auprès des églises protestantes du Midi de la France des subventions destinées à l'entretien de la garnison et à la sauvegarde de la place. Mais les publications qui parurent sous son nom latin de Pelrus ab Area Baudoza Cestius, méritent surtout de conserver sa mémoire. Ce sont en premier lieu des recueils de textes juridiques comme le Corpus juris civilis, très réputé jusqu'à la fin du XVIII'' siècle et les Institutes deJustinien ; puis les diverses éditions de poètes latins, tel le Thésaurus, imprimé à Genève en 1586, et les œuvres d'Ausone qui parurent en 1588, un précis de géographie en latin, de 1589, enfin des pièces détachées eparses dans divers ouvrages du temps, et des Chroniques. Pierre d'Airebaudouze, malgré les jugemen' sévères de critiques modernes, garde une place honorable parmi les romanistes du XVL siècle. Une inscription dans le vestibule de sa maison (à Genève, 7, rue de l'Evêché) se rapporte aux travaux qu'il y fit. exécuter en 1606 par l'architecte Jean Bogueret (SKL, t. I, p. 169). — Le frère cadet de Pierre, Jacques, seigneur du Cest, * à Genève en 1571, \ mourut le 24 septembre 1623, après être entré au Conseil des Deux-Cents, en 1614. — Voir Genève AE. — France protestante, 2" édit.. t. I, col. 60- 69. - Galiffe : Not. yen., III, p. 7-8. — J.-P. Hugues : Ihsi. de l Eglise réformée d'Anduze. 2|É édit. (1864), p. 20-22. — Sur Pierre d'Airebaudouze et ses œuvres, v. Alphonse Rivier dans Berne de législation, 1870, p. 56- 73. - Eug. Ritter dans MDG XXII, p. 241-273. - BSG IV, p. 185. [P--E. M.]
AIRICH, comte en Thnrgovie. AlRlcts, apparaît vers 736, au plaid de justice de Glati comme gaugrave, après la disparition du duché d'Alémannie due aux Carolingiens. [!>' Gz.]
AIROLM
A1HOLO
AlROLDi, Famille de Lugano el de Gênes, issue, dit- (in, de Airoldo de Bissone, sculpteur (voir ce nom). Aciler: i. Vrsuict&co, de l'unie Capriasca, ancien capitaine îles gardes italiens, joua un grand rôle ru i H 1 4 à l'époque troublée «In changement de la constitution cantonale.
Il fui le chef de la révolte. I-'- '25 août 1811, il esl nommé président de I assemblée réunie à Giubiasco pour demander la revision de la constitution du 10-29 juillet de cette année là ; puis envoyé en délégation au iviii Conseil ; membre de la commission issue de l'assemblée de Giubiasco (26 août); du gouvernement provisoire (27 août) ; arrêté le 12 septembre par le commissaire fédéral Sonnenberg et délivré le 14 par les Luganais. Il organisa aussitôt un nouveau soulèvement des (,'itis du val Colla et de la Capriasca et le '20 septembre il se présentait, avec une milice d'hommes en armes, aux portes de Lugano tenu par un contingent de troupes fédérales. Après quelques petits combats contre les troupes fédérales et la population, le contingent fédéral se retira à Mendrisio (21 sept.) et Airoldi occupa la ville, où il commanda en mailre jusqu'à l'arrivée du commissaire fédéral Salis-Sis, des Grisons, qui traita avec lui (23 sept.). Airoldi publia le 24 une proclamation « aux citoyens armés du canton du Tessin », de rentrer dans leurs maisons pour y procéder à l'élection des députés, qui devaient se rendre à LSellin zone pour élaborer la nouvelle constitution. Le 15 août 1815, condamné à mort par contumace par la cour de justice ilu Tessin munie de pouvoirs spéciaux par la Diète fédérale, il eut ses biens confisqués. Airoldi se réfugia en Italie. Le 20 mai 1821 il envoyait de S. Secondo au Grand Conseil une demande en grâce. Le Grand Conseil refusa d'abord la grâce, le 2 juillet 1822, mais il l'accorda le 15 déc. 1824. - 2. Giovanni, * 1822. f à Lugano 1894, de la vieille famille patricienne de Lugano, 111s d'Antoine, avocat et notaire dès 1847. publiciste, orateur estimé et homme d'Etat. Il représenta à plusieurs reprises le Tessin au Conseil des Etats (1851-52 ; 18H9-73) et Lugano au Grand Conseil tessinois (1850-55: 1867^93). De 1851 à 1853, il fut un des rédacteurs de VOperctio, organe du parti d'extrême gauche, qui venait de se fonder à Bellinzone et qui, pour combattre le gouvernement de G.-B. l'ioda, fusionna en 1854 avec le parti conservateur, ayant comme organe VUninne dcl Popolo. Il publia des nouvelles, des poésies et surtout sept pièces de théâtre. En 1885, Giovanni commença chez Salvioni, à Bellinzone, la publication du Pancacciere, un journal étrange, paraissant irrégulièrement et sans un abonnement fixe. Giovanni en était le propriétaire et l'unique rédacteur et y publia quelques-unes de ses productions littéraires. — Baroffio : Storia dcl C. Ticino. — Tartini : Storia Politica. — Dotta : 1 Ticincsi, etc. — BSlor., 1894, 1907. - Franscini-Peri : Sloria délia Svizzera italiana. Alti dcl Gran Consiglio. Presse suisse. [Br C. T.|
AIROLDO, de Bissone, sculpteur qui travailla en 1387 au Dôme de Milan. De cet Airoldo serait isMie la famille des Airoldi de Lugano el de Gênes, où les Airoldi restaurèrent l'église monumentale de S. Donato. — BStor 1907. — Vegezzi : Esposizione storica. — Pometta : Corne il Ticino vennein potere degli Svizzeri, Locarno 1912. II. p. 215. [! "i' |
AIROLO (G. Tessin, 1). I.éveniine. V. DGS). Anciennement Ariollo, Eriolz, Eriels (nom allemand actuel), Oeriels, Orielz, Oriolo Chef-lieu du cercle Airolo-Bedretto. Le village est très ancien et eut jadis une grande impor tance dans la Léventine. Il remonte certainement à l'époque romaine, comme il est prouvé par la découverte de tombes de l'âge du 1er et par la trouvaille, en 1840-44, de monnaies romaines à Airolo et à Madrano. La vieille tour carrée du Stalvedro (Slabulum relu*', semblable à celle d'Hospenthal, dont on voit encore les ruines, remonte à la domination lombarde: la tradition l'attribue au roi Didier, qui l'aurait bâtie vers 77 4. Madrano avait un château dominant la route du Gothard, qui fut restauré vers la lin du XIIIe s. par la famille des Annexia (\. ce nom). I >ès une très haute antiquité, Valle, par où passait alors la roule, possédait un hospice pour les pè-
lerins. En 1840 Airolo entretenait encore un hospitalier à Valle en laveur des pèlerins. La paroisse existait déjà en 1224. L'église, à cette époque, devait être un édifice déjà remarquable, puisqu elle avait tiois autels de Saint-Nazaire, titulaire, de la Sainte- Vierge et de Sainte- Catherine. Airolo devait former une seule communauléavec Bedretto, mais en 1227 les deux vicinanze parai déjà séparées. Vu XIII s. on constate l'existence à Airolo d 'ni marché déjà ancien, el à partir de 1250 em iron la mesure d'Airolo est généralement employée dans toute la Léventine. Airolo partagea toujours le sort politique et religieux de la Léventine. Pendant la période des seigneuries foncières (XII1 s.) il appartint très probablement aux -<igneurs deGiornico. Il formait avec Bedretto, Prato, Quinto
el A m lu i. un an lissemenl fiscal (la rodariede Intusraon-
leni). pour les chanoines du I >ôme de .Milan, et un arrondissement de dîmes avec Prato, Quinto et Ambrl pour I église prévôtale de Biasca. En 1290 a lieu le soulèvement
Le clocher d'Airolo. Dapn
photographie
d'Airolo et du reste de la Léventine par Alberto Cerro, de Madrano, contre la domination d'Otto Visconti el même contre les droits souverains du chapitre de Milan, qui avait inféodé la vallée aux Visconti. En 1309 autre tentative de soulèvement par Giacomo Annexia. seigneur du château de Madrano. En 1331 Airolo fut détruit, avec Quinto et Faido, par les troupes d'Uri, Schwyz, Unlerwald et Zurich, commandées par Jean d'Attinghausen, qui étaient descendues dans la Léventine pour venger des marchands d'Urseren dépouillés, affirmait-on, par les l.tventincis Tir h tint: lu II juill; 1 14.T ntrelsoSuisses et le dm- de Milan. Airolo devint avec Hospenthal le
siège d'un tribunal inférieur. En 1439 a lieu à Airol te
réunion entre les commissaires d'Uri et du duc de Milan. qui fut suivie de' l'invasion et de la conquête définitive de la Léventine par les Uranais. C'est à Airolo qu'avait été fixé en avril 1512 le rendez-vous des troupes des cantons suisses et de Baden et Bremgarlen en marche pour les guerres d'Italie. Les gens d'Airolo durent participer en grand nombre, avec les Léventinois, à la bataille de Marignan, puisque Airolo y perdit 31 hommes, presque la moitié des morts léventinois. Airolo prit une part très active aux événements de la dernière décade du XVIIIe s. Lois de l'envoi à Bâle, en 1792, des troupes suisses pour la protection de notre neutralité, Airolo demanda de fournir tout le contingent exigé de la Léventine: effectivement la moitié du contingent était composée de gens d'Airolo. — En 179S, lorsque le commissaire Jauch vint au Tessin pour faciliter la nouvelle organisai ion de l'Helvétique, les gens d'Airolo, se faisant les interprètes des sentiments des Lé-
AITL1NC.EN
AJOIE
veatinois, demandèrent à ne plus être détachés du canton d I ri. C'est encore Airolo qui en 1799 donna le signal, avec Ouinto, de la révolte du Tessin contre la domiuaiion française et contre l'Helvétique. Guidés par le jeune Giov. Antonio Camossi, les gens des deux communes désarmèrent, le 27 avril, une bonne partie du contingent des troupes de l'Helvétique, qui, sous le commandement du capitaine Albertolli. devait passer le Saint-Gothard et s'était arrêté à Airolo à cause du soulèvement d'Uri. Airolo et Quinto entraînèrent toute la Léventine à l'exception deChironico. Ils arrêtèrent un convoi français et s'emparèrent des effets du général Lecourbe. Le 9 mai. 400 Léventinois combattaient avec les Crânais et les Valaisans à la défense de Wassen. Ceux d'Airolo s'y distinguèrent par leur bravoure, surtout au combat à l'hospice du Saint-Gothard (12 mai), d'où ils furent délogés par les soldats du maréchal Soult. Les 28 morts que les Léventinois eurent dans ces rencontres étaient presque tous d'Airolo. A leur retour, les Français voulurent se venger sur la vallée en commençant par la destruction d'Airolo, où ils avaient déjà fait les préparatifs pour brûler le village. Ce ne fut que grâce à l'action du curé Pozzi qu 'Airolo fut épargné. Le 28 mai les troupes autrichiennes et russes arrivaient à Airolo et le général H iddik y fixait son quartier général. Airolo devient le théâtre de combats meurtriers : les 27-28 mai, au Slalvedro, entre 14000 Austro-Russes et 3000 Français; le 24 sept., à Cima del Bosco, victoire de Souvarow sur 1000 français; le même jour, autre victoire de Souvarow à la chapelle de Saint-Antoine (près de l'Hospice du Gothard). C'est à Airolo. au mois de septembre 1824, qu'eut lieu la conférence des cantons du Tessin, Bàle, Lucerne et Tri, qui décida la construction de la route du Gothard. — Suivant le témoignage de Saint-Charles Borromée, la population d'Airolo vivait au XVIe siècle du commerce et du transit. Jusqu'à la suppression des barrières cantonales par la C. F. de 1848, Airolo compta parmi les places de douanes les plus importantes du Tessin. En 1832 les droits perçus sur les marchandises en transit (forlettoj furent supprimés par décret du Grand Conseil. La douane rapportait 61500 lires environ vers 1816, 4500 vers 1840. tandis qu'à cette époque le droit de péase rapportait 50 000 lires. — Lors de la visite de Saint-Charles (16 octobre 1567) Airolo ne comptait que 145 ménages (180 l'année précédente) avec 600 habitants. En 1900 il comptait 16i8 habitants. En 1505, et surtout en 1566. il est visité par la peste qui dans celle dernière année lit 115 victimes et anéantit 35 ménages; en 1736 (19sr|>t.) et en 1877 (17 sept.) il est détruit par un incendie. Le 28 déc. 1898. éboulement du Sasso Rosso (voir DGS]. —A remarquer le vieux clocher de style lombard, qui résista à tous 1rs incendies ; belle tour carrée en pierre de taille.
à sis étages. L'église paroissiale des SS. Nazaire et Celso a été bâtie après le désastre de 1877. L'église de Brugnasco possède des peintures de Giov.-Balt. Tarilli et de son lils Gian.-Domenico, de Cureglia. Aujourd'hui Airolo • ■-t important par les fortifications du Gothard et sa gare des i'.VV : c'esl un centre de villégiature très fréquenté ; il possède une école professionnelle pour les garçons. Urolo est la patrie d'Albert Cerro, de Giacomo Annexia, >\u conseiller fédéral Giuseppe Motla, de Sr. Carméla Motta, sœur du précédent, supérieure générale des religieuses de Menzingen. — BStor. 1884', 1885, 1893,1894, [898, 1899. — Meyer : Blenio u»d Leventina, Lucerne, 1911. — Caltaneo: / Leponti, Lugano, 1874. — Pometta : Came il Ticino venue in potere degli Svizzeri. - Pometta : Sunto di Storia Ticinese. -- Baroffio : Storia del C. Ticino. — Baroflio : Dell' Invasione francese. — D'Alessandri : Ani diS. Carlo, Locarno, 1909. — Magistretti : Liber notitiae Sanctorum Mediolani. — Bahn : / monumenti artistici del Medio Evo nel Cantone Ticino, trad. avec adjonctions par E. Pometta, Bellinzona, Franscini : Svizzera Ualimia. — Franscini-Peri : Storia delhi Svizzera italiana, Lugano, 1840. — Rccès fédéraux. — Verzeichnis der bei Marignano gefallenen Lii'iner, dans Histor. Nbl. 1918. [D' Trbzziki.1
AITLINGEN , El T<E)LINGEN, von, famille noble éteinte provenant du château d'Aitlingen, à Aichachthal (Com. Rieteschingen, District Donaueschingen) qui fut détruit en 1499 |)ar les Confédérés. Deux membres d< celte famille furent abbés de Kheinau (Zurich) ; un autre
fut reçu bourgeois de Rheinau dont il devint avoyer par la suite. Armoiries : un héron tenant un poisson dans le bec ; cimier: un héron naissant (armoiries complètes sur le sceau de l'avoyer Conrad 1378-91). — 1. Henri, 1299-1302 grand célérier du couvent de Kheinau, 1302-29 32e abbé sous le nom de Henri IV ; fonda en 1310 une messe perpétuelle sur l'autel de S. Iilaise. D'après Mulinen Helvetia sacra f 23 octobre 1329. Voir son sceau dans Sigelahlrildgn. zum UZ VIII, n" 42. — 2. Jean, frère du n° 1, possède en 1333 la moitié de la dîme de Weissweil comme lief de Rheinau, conjointement avec son neveu Henri; ils prennent en tiers Henri Schnetzer, bourgeois de Schall'house, auquel ils vendirent leur part le 7 janvier 1334. —3. Henri, 1333-82, lils de Hugues et neveu du n" 2 ; en 1357, il loue avec sa femme Vérène An dem Ort, de Schall'house, la terre de Wilchingen. Vérène vit encore avec son lils Jean en 1382 (Rûeger : Chronik, p. 882, n° 4). Le 27 janvier 1362. Henri, domicilié à Rheinau, cède le moulin Obermarthalen, avec les droits du meunier, comme lief des Habsbourg à l'abbaye de Rheinau (AE Zurich, Rheinau n» 59). — 4. Henri, lils du n° 3, célérier du couvent de Rheinau. en 1345, puis abbé sous le nom d'Henri VI vers 1350, successeur d'Henri von Neuenburg. 11 fut un administrateur prudentet un défenseur des franchises du couvent; il rassembla les titres du couvent et les lit confirmer par le bailli de Thurgovie
Sceau de I c.-i il il A i IIiiil
Sceau de Conrad il Aitlingen
en 1374. En 1352, il acheta le bailliage d'Altenbourg qu'il remit en lief à son frère Jean. Henri mourut le 2 mars ou le 2 mai 1380. — 5. Conrad, neveu du nu 4, tit don à Rheinau, en 13.S3, de ses biens à Jestetten pour des œuvres pieuses. Le 3 décembre 1386, il appose son sceau en qualité d'avoyer de la petite ville de Rheinau, et vendit, le23 juin 1391 , à deux nonnes de Paradîes, une autre propriété à Jestetten, appartenant autrefois aux de Randegg. — 6. Jean, lils du n» 5, moine à Rheinau en 1384, custode en 1409 ; comme tel il installa le nouvel abbé Henri de Bettmaringen. Il est encore cité comme doyen en 1418(?) avec son frère Henri. — 7. Jean, lils de Frédéric et neveu du n" 5, prêtre séculier, donna en 1384 au couvent de Rheinau plusieurs vignes à Rheinheim pour fonder un anniversaire en l'honneur des nobles von Aillingen. — Voir Hohenbaum van der Meer : Kurze Gesclt. des Golteshauses Rheinau, 1778, p. 101-14. - Freiburger Diôzesanarchiv XII, p. 281-JS4. — Kindler von Knobloch ; Oberbad. Geschlechterbuch I. p. 5. — US. — Rùeger : Chronik von Schaffltausen. — l'Z VIII-XI. [E\ Hegi.]
AJOIE (en ail. Elsgau). Contrée du Jura bernois, située au N. de la chaîne du Lomont -Mont- Terrible. Elle a porté successivement les noms: Alseaugia, Alsgau, Alsgandia, Alsgaugensis pagus ou comilalus, valle de Ajoia, Elsgaudia, Elisgaugium, Elisangium, Elischowe (c'est-àdire Elisgowe), Elsgôwe, etc. Les vieux documents et la forme allemande nous donnent la signification de ce nom :
gau «contrée, district') (latin pagus); Els- semble avoir été emprunté au nom du pays limitrophe d'Elsoss (du 79 au 8e' siècle Alisalia, aussi Alsatia), tout en méconnaissant ce nom qui est
AJOIE
\.i«)ii-;
composr de Ali -\- soi m , ahd. Eli-sazia, c'est-à-dire les [i étrangers », ceux qui habitent un autre paye [ali-, eli- i trouve aussi dans le mot eli-lenti (ahd.) qui Bignifie un autre pays et qu'on rencontre encore dans le mol «Etend nliil.i: l'affinité primitive avec le mot latin alius, le mot grec ïXaoç « un autre a est établie. .Iihumics : de gueules à la fasce d'argent chargée d'un basilic à enquerre d'or tenant en -on bec i.'i entre ses pattes uni crosse d'évêque brochant d'or. |||! K. v |
Autrefois, l'Ajoie comprenait le bassin hydrographique de l'Allaine, depuis la source de cette rit ière à son confluent avec le Doubs. Plus tard, ce nom a désigné la région de Porrentruy soumise à la souveraineté temporelle du prince évêque de Bâle. Actuellement, l'Ajoie désigne généralement le district de Porrentruy, j compris l'ancienne prévôté de
Saint-Ursanne. L'histoire de cette rég se confond assez
souvent avec celle de la ville île Porrentruy. Pourtant, elle en est assez distincte pour mériter d'être traitée à
Comté l., de '"'■>.
IVlontbéliarrJ \
Frontière de l 'Evèehé deBâle. jusqu'en 1780 +-. + — + * " " " " de.1780àl732 + + +
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neurie d'Ajoie.
part. Le premier document qui en lasse mention est Lacté de 728, par lequel le comte Eberhard, de la maison d'Alsace, donne au monastère de Murbach les terres de son domaine privé in patjo Alsegangensi. Le 19 mars 866, Lothaire, roi de Lorraine, confirme à l'abbaye de Moutier-Grandval ses possessions, entre autres celles situées à Courtemaiche, Curtemque Mietiam in Alsgaugensi. Dans le partage du royaume de Lorraine entre Charles le Chauve et Louis le Germanique, le 9 août 870. ce dernier reçoit, entre autres, l'Ajoie (ElischoweJ. Mais c'est en 999 que l'Ajoie devait revenir, en majeure partie, à l'évêque de Bâle. Le dernier roi de Bourgogne, Rodolphe III, ayant fait don de Moutier-Grandval à l'évêque, y compris le monastère de Saint-Ursanne et ses dépendances, tous les domaines de ces deux églises situés en Ajoie lui lurent, par le fait, octroyés. Vers la lin du XIe siècle, les évèques Bourcard d'Asuel et Bertholde de Neuchâtel accrurent encore les domaines de l'évêché par des donations de terres sises en Ajoie. Un partage étant intervenu, en 1 125, dans la famille des Montbéliard-Ferrette, leurs possessions dans ce pays échurent aux comtes de Ferrette qui les gardèrent durant 111 ans. En 1236, elles furent de nouveau réunies au comté de Monlbéliard par Ulric qui les céda à sun heau-frère, Thierry III. Des contestations
- . lanl élevées entre les maisons de Pi rretle, de Monlbéliard et l'évêque de Bâle, des arbitres attribuèrent, en 1270. I avouerie d Ajoie à ce prélat. Aussi, en 1280, 1 évêque Henri d'Isny la remit-il en Bel inaliénable, el non trans-
missible à ses descendants, au < le Thierrj III. avec
l'avouerie de Bure qui la touchait, moyennant une rede- . mm. annuelle de deux tablettes de cire. En 1281. les comtes de Ferrette, après diverses contestations, renoncèrent en faveur de I Eglise de Bâle à tous leurs droits sur l'avouerie d'Ajoie et le domaine de Bure pour une somme de 180 maies d'argent. Dès lors, les comtes de Fi rrette n'eurent plus aucune autorité en Ajoie. Mais Renaud de Bourgogne, héritier du comte Thierry, revendiqua le Porrentruy el s'empara de la ville. Alors l'évêque appela à son secours Rodolphe de Habsbourg qui as: Porrentruj du 2 mars au 16 avril 1283. Le 17 avril 1283, par un acte daté du camp devant Porrentruy, le comte Renaud déclara remettre à l'évêque de Bâle, à perpétuité, le château de celte ville avec tous ses droit- d dépendances, les bailliages ou avocaties d'Ajoie et de Dure, avec leur territoire, appartenances et droits y annexés; il s'engagea à ne jamais ('lever aucune pi lion -m ces biens et à ne susciter à levé. pie aucun embarras à propos «i.- châteaux qu il avait construits, ou qu'il construirait dans la suite -ur le territoire de l'évêché. De nouvelles difficultés -élevèrent entre Renaud et l'évêqua Pierre Reich de Reichenstein ; elles furent aplanies par la nomination de quatre arbitres: à
partir de 1288 la possession de
l'Ajoie fut définitivement assurée aux évêques de Bâle.
L'histoire de l'Ajoie n'offre aucun fait saillant dans la première moitié du XI V' s. Le 9 décembre 1383, l'évêque linier de Ramstein confirma aux habitants des mairies d Ajoie et de Bure ton- leurs droit-, libertés, us et coutumes. Mais l'évêché était très obéré et le même évèipie vendit a réméré tout le pavs de Porrentruy, le 5 juillet 1386, pour 11000 llorins d'or, à Etienne, comte de Montbéliard et à Henri, son fil-, seigneur d'Orbe, qui confirmèrent la ville et la campagne dans tous leurs droits.
Cependant, le 29 juin 1461, l'évêque Jean de Venningen racheta cette contrée au comte Eberhard de Montbéliard- Wurtemberg pour la somme de 22500 florins. Elle devint ainsi partie intégrante de la principauté et à partir de celle époque, son histoire se confond avec celle de l'Evèché. Il existait pourtant, en Ajoie. encore quelques gneuries qui finirent par être réunies peu à peu à l'évêché. C'est ainsi que celle de Hoche d'Or fut reconquise par l'évêque en 1474. en même temps que Blamont, Clémont et autres lieux. L'évêque restitua ces dernières localités le 19 juillet 1478. mais il se réserva les villages de Grandfontaine, Héclore et Damvant. La seigneurie de Hocourt fut rachetée en 1573 par l'évêque Melchior de
l.iecliteiil'els. Miécourt et lleurnevesin, possession des
comtes de Neuchâtel, lurent acquis par échange contre une pari ie du village de Lignières en 1625.
L'Ajoie souffrit beaucoup de la guerre de Trente Ans. Plusieurs villages, entre autres Aile, Fontenais, Courtedoux, furent incendiés par les Suédois qui ravagèrent tout le pays en 1634 et en 1635; Porrentruy assiégé dut même capituler le 13 juin 1635. L'occupation de la ville dura jusqu'au 3 octobre et lui coûta 80 000 livres bâloises. L'Ajoie ne se releva qu'avec peine de ses ruines.
De 1730 à 1740. l'Ajoie fut troublée par une révolte des
A.IOIU
ÀKERET
paysans. Celle-ci fut causée par une ordonnance du princeevêque, de 1720. C'était une sorte de codiûcation des décrets promulgués précédemment avec un certain nombre de dispositions inconnues jusque-là qui faisaient de ce recueil une véritable constitution nouvelle. Porrentruy, puis l'Ajoie formulèrent leurs griefs. Les Etats de la principauté l'uieni réunis à cinq reprises, de 1730 à 1739, afin d'amener une entente entre la cour et le peuple. I,e prince-évèque, Jean-Conrad de Reinach, mal conseillé par son ministre, le baron de Ramschwag, exigeait la soumission de ses sujets. Mais ceux-ci, forts de leurs anciennes franchises, garanties par les rôles ou coutumiers, s"adressèrent à Vienne. I.à encore, Ramschwag renseignait l'empereur qui éconduisit les envoyés du peuple. La lutte s'envenima. Le chapitre lui-même réclama l'éloignement du ministre qu'on accusait d'être l'auteur de toute l'effervescence. Le prince s'entêta et nomma le baron de Ramschwag conseiller aulique. Ce fut le signal de la révolte. A la tête des mécontents se trouvaient les commis, nommés parles maires d'Ajoie. C'étaient Pierre Péquignat. de Courgenay ; Frideloz Lion, de Cœuve ; Jean-Pierre Riat. de Chevenez ; Germain Prongué, de Buiz, remplacé par Jean-Jacques Vallat de Bure; leur chef incontesté était Pierre Péquignat.
Apprenant que le prince avait l'intention de faire appel aux troupes des cantons suisses, les paysans d'Ajoie réunis en assemblée à Courgenay le 8 septembre 1735 firent le serment de repousser par les armes toute intervention étrangère. Le prince Jean-Conrad mourut en 1737 et il eut pour successeur Jacques-Sigismond de Reinach. Celui-ci. à peine monté sur le trône, tenta un dernier elVort pour ramener le peuple dans la soumission. Il exigeait d'abord l'obéissance et promettait le pardon ensuite.
Jacques-Sigismond se sentant fort d'un traité qu'il avait signé avec Louis XV, en 1739, comptait sur l'appui promis par le roi de France. D'autre part, Péquignat et ses acolytes avaient fait appel aux Bernois, aux Lucernois et aux Bâlois. Mais ils n'obtinrent rien.
Le 27 avril 1740, le comte de Broglie, envoyé par Louis X Y arrivait à Porrentruy avec 400 dragons à cheval et 200 grenadiers. Arrêtés trois jours après à Rellelay, à leur retour de Berne, Péquignat et son compagnon Riat furent emprisonnés au château. Lion et Vallat fuient pris plus tard. Un long procès s'ensuivit. Péquignat, Lion et Riat fuient condamnés à mort le 31 octobre 1740. De plus, le corps du premier fut écartelé et ses membres placés à l'entrée des mairies d'Ajoie, soi-disant pour donner un exemple au peuple. Les biens des commis furent conlisqtlés, et de nombreuses peines infligées à d'autres accusés. Le souvenir de ces événements \it encore dans le chant populaire par excellence de l'Ajoie. les Petignats.
Au point de vue administratif, l'Ajoie fut divisée jusqu'à la tin du XVe siècle en deux avoueries : celle d'Aile et celle de Bure, et le prévôt de Porrentruy était en même temps grand maire d'Ajoie. En cette quaiité, il rendait la justice à Aile avec douze assesseurs. Il y avait, en outre, des plaids généraux à Chevenez et à Bure. A partir du X Vf siècle, l'Ajoie eut cinq grandes mairies ayant chacune sa bannière et ses armoiries, savoir: 1. Mairie d'Aile,
c prenant neuf communes : Aile, Asuel, Charmoille,
C.ornol, Courgenay-Coiii'temautruy. Fregiéeourt, Miécourt, Pleujoiise. Villars-Fontenais, avec la Motte. Montvouhay et Valbert. 2. Mairie de Bure, cinq communes : Bure, Boncourt, Buix, Courtemaîche et Fahy. 3. Manie <!■ Chevenez, six communes: Chevenez, Bressaucourt, Damvant, Giandfontaine et Roche d'Or, Réclère et Rocourt. 4. Mairie de Cœuve, sept communes : Cœuve, Beumevésin, Bonfol, Damphreux, Lugnez, Montignez et Vendlincourt. 5. Mairie de Courtedoux, comprenant Courtedoux et Courchavon-Mormont.
Au point de vue religieux, l'Ajoie était au XVe s un des onze décanats on chapitres ruraux du diocèse de Bâle. Il ne comprenait que seize églises paroissiales auxquelles - en ajoutèrent dix jusqu'en 1839 et. particularité bizarre, tout en dépendant du prince-évêque de Bâle, pour h temporel, la plupart des paroisses relevaient de l'archevêché de Besancon. Aussi, pour mettre fin à cette anomalie, le prince Frédéric de Wangen lit-il un échange avec l'archevêque bisontin. Vingt paroisses passèrent sou- la juridiction de l'évêque de Bâle, tandis que celui-
ci en cédait à l'archevêque vingt-neuf situées dans la partie française de la Haute-Alsace. L'accord conclu en 1779 entra en vigueur en 1781. L'Ajoie subit le sort de l'évêché et. en 1792, elle forma d'abord la République ramai ienne (27 novembre 1792-23 mars 1793); elle fut ensuite réunie au Département du Mont-Terrible, puis au Département du Haut-Rhin (1800 à 1815). — Trouillat : Monuments. — Quiquerez : Hist. des institutions constitutionnelles et juridiques de l'ancien Evêché de Bâle, Delémont, 1871. — Mgr Chèvre: llisl. abrégée du Jura bernois, Porrentruy, 1899. — A. Daucourt : Les armoiries de l'Ajoie iAUS 1905 et 191(5). — G. Viatte : A propos des armoiries de l'Ajoie {AHS 1918). [G. A.|
AKERET et ACKERET. Celle ancienne famille de paysans, aujourd'hui encore florissante, qui paraît déjà dans le rôle des contribuables en 1454, était originaire de Guntalingen et de Waltalingen dans la vallée de Stammheim où elle s'est éteinte; mais elle s'est maintenue à
Nussbaumen (ThurgOVÏe) dont elle avait acquis la b •-
uenisie. Le nom s'écrivait autrefois Ackrer ci Acker ;
il n'avait aucune relation certaine avec les Adouci de
Seuzach, mais avec les Akert de Nussbaumen, depuis 1787 à Aussersihl. Le nom signifiait à l'origine laboureur ou il se rapporte peut-être à Ackeren : cueillette des glands et des faînes. (Voir A. f'ainer: Gescll. der Kirchgem. Stammheim l'.ill.)
— 1. 1 1 ANS-l I.I1ICII ACKE
mi. à Nussbaumen, était en 1685 huissier du tribunal thurgovien. Il vint un jour en manteau rouge à
l'église de Slainniliei ni et
les habitants protestèrent
avec succès. — 2. Jcilll- l 11-
rich, 1837-1902, maître imprimeur ei propriétaire d'un atelier de broderie.
L'avant-dernier d'une famille de onze enfants, et
pauv re orphelin, il se rendit à quatorze ans à Elgg comme apprenti typographe, puis comme ouvrier dans plusieurs localités de
la Suisse allemande, lie 1860 à 1863, il édita le journal Grenzbote à Stein s/Rhin. En 1862 il se lixa à Andelfingen où il reprit .I nzeiget
Jean-Ulrich Akeret 1837-1902
le journal Andelfinger
devenu depuis I.S71 ['Andelfinger Zeitung,
encore aujourd'hui propriété de la famille. Animé d'un robuste e-prit d'initiative, se liant à ses lunes et à l'appui des membres de sa famille, il fonda en 1875 une fabrique de broderies qui fui vendue en 1889. Grâce à une
énergie de fer et à sa Constance, il lil prospérer ses affaires (voir le Wehnthaler 1902, il" 87 avec portrait). - 3. Hermann, * à Andelfingen en 1869, lils du n" 2, entreprit, après des études professionnelles en Suisse et à l'étranger, la rédaction, l'impression et l'édition du journal le Wehnthaler à Dielsdorf, et eu 1902 Die Glatt, à Bassersdorf. Le tirage actuel des deux journaux dépasse 6000 exemplaires. L 'agrandissement ou plutôl la reconstruction de l'imprimerie à Dielsdorf eut lieu en 191 1 . Capitaine dan- les troupes d'administration (quartier-maître), président de la commission de l'école secondaire de Dielsdorf, il est membre du Grand Conseil depuis 1917. membre du comité de l'association cantonale des Arts et Métiers et homme politique actif. — 4. Gustave, 1871-1900, frère du n- 3, naquit à Andelfingen. Jeune homme, il se lit remarquer par son talent
de i nalisie dans plusieurs journaux d'autres cantons.
Co-rédacteur du journal de son père, ['Andelfinger Zeitung, il s'acquit par son caractère, son activité inlassable
et ses capacités professi illes, la considération même
de -es adversaires politiques. Il collabora aussi vaillamment à la consolidation de la ligue des pavsans zuri- COis l'ondée dès 1890. Il OlOUruI pré mal il rémenl à l'âge île
vingt-neuf ans de la tuberculose pulmonaire. (Voir Nécrologies dan- ['Andelfinger Zeitung 1900, n" 52, avec son portrait; le Wehnthaler 1900, a° 50, avec portrait:
i:ts
AKKKM.WN
AI.WIAN
Alali.-iin en 187G
NZZ 1900, no 178.) 5. Paui. * 1884, rrère des n< 3 el 4, qui avail repris, après la morl de Bon père, la direction technique de l'imprimerie, en es) depuis l!ii>7 le propriétaire -éditeur. — li. Fritz (Ackeret), de Nussbaumen, *27 juin 1866 à Rudolfingen (Zurich), beau-fils du M- -2. A la mort de ce dernier, il lui rédacteur de 1.1 «delfinger Zeitung de 19u2- 10, Atteint de tuberculose pulmonaire, il se relira à Benken, et de là rédigea la partie agricole du Winter- Ihurer Tagblatl : il livra aussi des articles politiques à la NZZ el à i'Andelfinger Zeitung. f Ie' février 1914 à Benken (nécrologie dans Andelfinger Zeitung et Winlerthurer Tagblatt). [V. Hegi.] AKERMANN. Voir Ai - KERMANN.
AKERT, famille bourgeoise d'Aussersihl, primitivement originaire de Nussbaumen (voirAKEREl ). Il\\s- II i:\t.i fui reçu bourgeois d'Aussersihl en 1787 (J . Frick :
Gemeimlebuch des Limmatthaïes II, p. 32. — ISùrgerelai de Zurich 1905 el 1911). Des membres de la famille sont établis dans l'Amérique du Nord et dans celle du Sud. — llANs-llF.Mii Akert- Nœf, 1836-1907, apôtre mormon à Sali Lake City (Etals- Unis), [k. II.
AKLI et AKL.IN. Von ACKLl et ACKLIN.
AKUNIAN, lise. Voir Frapan, 1i.sk.
ALA, ALAE. Voir AlGLE.