ALCUIN
pas aussi malfaisante que la distillation des fécules. I. 'eaude-vie de fruits coûtait du reste déjà le prix élevé au niveau duquel la taxe de monopole devait faire hausser le prix de l'eau-de-vie de fécule. A côté îles motifs d'opportunité, on ne manquait donc pas de bonnes raisons pour justifier la différence de traitement appliquée aux fruits indigènes. La disposition de la loi qui ordonnait que le quart de la consommation d'alcool de la Suisse devait être fourni par des distilleries privées travaillant pour le compte de la Confédération, avait pour but de faciliter aux agriculteurs avoisinant ces distilleries l'écoulement de leurs excédents de pommes de terre et de leur permet-
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Fac-similé de la Bible d'Alcuin. Préface de f . Hieronymus. (Bibliothèque Centrale, Zurich.)
tre d'accroître, au moyen des drèclies, l'effectif de leur bétail. Les nouvelles distilleries ayant été construites, pour la plupart, au contraire des plus importantes des anciennes, dans des régions qui avaient fréquemment une surproduction de pommes de terre, le monopole a procuré de ce chef à l'agriculture des avantages sensibles.
La répartition intégrale des recettes nettes du monopole aux cantons a heureusement résolu, pour les cantons qui percevaient jusqu'alors des droits d'entrée sur l'importation des boissons spiritueuses, le problème brûlant de la suppression de ces droits à la fin de 1890, en leur procurant une compensation à peu près équivalente. Pour les autres cantons, c'était une recette nouvelle qui mettait fin à l'infériorité fiscale dans laquelle ils se trouvaient depuis 1848 vis-à-vis des cantons a octroi. Une des principales conséquences de la loi fut la mise sous scellés immédiate des distilleries de matières féculeuses, c'est-àdire la suppression d'autant de foyers d'infection. Chadhbs — 11
cun liait dorénavant obligé de payer en espèces l'eau-devie qu'il buvait. D'autre part, le dégrèvement des boissons alcooliques non distillées (vin, cidre, bière), de toute imposition à partir de 2 litres, rendit ces boissons, qui sont bien moins nuisibles que l'eau-de-vie, plus accessibles au consommateur. En conséquence, l'usage immodéré de l'eau-de-vie décrut rapidement et il est certain que sa consommation a diminué des deux tiers depuis 1885, de sorte qu'on ne peut plus parler en Suisse d'une « peste du schnaps ».
La loi fédérale concernant les spiritueux, du 23 décembre 1886, a été remplacée depuis lors par la loi fédérale sur l'alcool du 29 juin 1900 ; mais celle-ci ayant été émise comme l'autre en exécution de l'article constitutionnel 32 bis, elle est basée sur les mêmes principes fondamentaux et ne diffère de la première que par des dispositions accessoires. Le rendement net du monopole de l'alcool s'est élevé en moyenne, jusqu'à fin 1918, à 6 millions de francs par an. [Alfred Cuttat.1
ALCUIN, * vers 735 dans le royaume anglo-saxon de Northumbrie, f 19 mai 804 à Tours. Pendant deux séjours dans le royaume des Francs, ministre de Charlemagne dans les questions qui relèvent aujourd'hui du Département des cultes, il eut très peu de relations avec notre pays ; on peut seulement dire qu'il était en correspondance amicale avec Remedius, évêque de Coire [Monurn. Alcuiniana, Bibl. rerum German. VI, lettres n"* 148, 213, 262, 263 et 264). Son activité rénovatrice dans le domaine des études supérieures à la cour de Gharlemagne et, pendant son deuxième séjour, à Tours où il créa une école modèle, eut aussi sa répercussion sur les centres civilisés du territoire actuel de la Suisse (voir le catalogue de la Bibliothèque de Saint-Gall, édit. Weidmann, dans Gesch. der Bibliothek von St. Gallen, p. 360-400, qui montre combien les livres d'école d'Alcuin étaient estimés). La tradition suivant laquelle Alcuin, au retour d'un voyage en Italie en 781-782, se serait arrêté au couvent de Moutier-Grandval, avant de se rendre à la cour de Charlemagne, et y aurait écrit la Bible dite « Bible d'Alcuin», de Moutier-Grandval, aujourd'hui en possession du British Muséum (voir Lionel O' Radiguet, ASJ 1915, p. 190), est une simple présomption qui repose uniquement sur cette expression « Bible d'Alcuin ». Cette Bible est un exemplaire de la Bible revisée d'Alcuin. En réalité, elle a été écrite par un moine de Moutier- Grandval et est devenue celle du couvent. Lors de l'occupation de l'évêché de Bâle par les Français, à l'époque de la Révolution, les successeurs du couvent de Moutier- Grandval, les chanoines de Delémont, s'enfuirent et la bible resta à Delémont. Elle passa en différentes mains jusqu'en 1822 où elle fut acquise par v. Speyr-Passavant, de Bâle. Ce dernier en publia une description dans laquelle il soutint l'assertion que cette bible avait été écrite de la propre main d'Alcuin et remise à Charlemagne. Il l'offrit en vente dans les principales villes d'Europe, entre autres à Charles X, roi de France, et, en 1836, elle fut acquise par le British Muséum. (Voir de Speyr-Passavant : Description de la bible écrite par Alchuin, de l'an 118 à 800 et offertepar lui à Charlemagne le jour de son couronnement à Borne, l'an 80i, Paris 1829 (avec bibliographie). — List of Additions to the manusc. in the British Muséum in the y cars 1836-1840, Londres, 1843, p. 39. — J.-O. Westwood : P al œog raphia sacra pictoria, Londres 1843-1845. — H.-E. Gaullieur : Mémoire sur quelques livres carolins... dans MIG, I, p. 165. -- Quiquerez : Notice sur le chapitre de Moutier-Grandval , établi à Delémont depuis 1534, ASJ XV, p. 161. — (Juiquerez : Objets d'antiquité provenant de l'abbaye de Moût ier-Grandval (Bull. soc. pour la conservation des Monum. hist. d'Alsace, IIe série, 4e vol. 1865-1866, 2n partie p. 1). — Facsimiles f. Biblical Manusc. in the British Muséum, édité par Frédéric G. Kenyon... Londres, 1900. — A. Daucourt : La Crosse de Saint-Germain. ASJ, 1908, p. 130. C'est par erreur qu'on a dit qu'une deuxième bible carolingienne de Moutier-Grandval se trouvait à Oxford (voir Radiguet, 1. c. ; ASA 1916, p. 252), ce qui ressort clairement de Daucourt, 1. c. La Bibliothèque centrale de Zurich possède une autre «Bible d'Alcuin » provenant de l'ancienne bibliothèquedu chapitre. Elle a passé de tout temps pour être un don de Char-
Oct. 1919
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